Mary à tout prix

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Mary à tout prix
Titre québécois Marie a un je-ne-sais-quoi
Titre original There's Something About Mary
Réalisation frères Farrelly
Scénario frères Farrelly
Edward Decter
Acteurs principaux
Sociétés de production 20th Century Fox
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre comédie romantique
Durée 119 minutes
Sortie 1998

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Mary à tout prix, ou Marie a un je-ne-sais-quoi au Québec, est un film américain réalisé par Peter et Bobby Farrelly, sorti en 1998, avec Ben Stiller, Cameron Diaz et Matt Dillon dans les rôles principaux. Cette comédie romantique déjantée se joue du bon goût comme du politiquement correct. Elle est le plus grand succès des frères Farrelly.

Mary est aussi bonne que belle, pleine d'attentions envers ceux qui souffrent. Aussi, tous les cabossés de la vie sont-ils amoureux d'elle : un fétichiste de la chaussure, un timide maladroit, un assureur inepte, un handicapé mental, un livreur de pizzas, un clochard… C'est par des impostures, en exploitant sans vergogne le filon de sa bonté, que certains d'entre eux espèrent investir la place.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Portrait en costume cravate, cheveux grisonnants.
Ben Stiller (Ted) en 2010.

Empêtré dans sa timidité, affligé d'un appareil orthodontique, Ted, seize ans, est rejeté par les filles. Même les laiderons n'en veulent pas. Pourtant, comme tous les garçons du lycée, il est en extase devant l'« éblouissante et désirable[1] », la sublime et inaccessible Mary.

Un jour, un balourd maltraite le handicapé mental Warren, sans que nul ne bouge. Ted intervient, et se fait jeter à terre à son tour. Mary surgit, elle a vu la scène de loin. Ce que tout le monde ignorait jusque là, c'est que Warren est son frère. Pleine de gratitude envers Ted, Mary sympathise avec lui. Elle lui confie qu'elle aime le football américain et qu'elle est une fan des 49ers. Son petit ami — un certain « Woogie », que Ted n'a jamais vu — avait un comportement malsain. Elle a rompu. Elle demande à Ted de l'accompagner à la boum du lycée.

Au jour dit, Ted va chercher Mary, mais un terrifiant accident de braguette l'expédie aux urgences. Après quinze jours de soins, il découvre que la jeune fille a quitté la ville.

Portrait en plongée,blonde, très souriante.
Cameron Diaz (Mary) en 2002.

Treize ans plus tard, obsédé par le souvenir de Mary, Ted met sur sa piste un enquêteur d'assurances miteux, Pat Healy. Celui-ci retrouve Mary à Miami. Elle a changé de nom pour échapper à un maniaque. Devenue chirurgienne orthopédique, elle est toujours belle, inlassablement gentille, et chouchoute les laissés pour compte de la société : clochards et handicapés. Tombé amoureux à son tour, Healy ment à Ted : il lui raconte que Mary pèse maintenant 110 kilos, qu'elle a quatre enfants de trois pères différents et qu'elle est partie se marier au Japon. Se faisant passer pour un architecte, puis pour un philanthrope investi depuis 17 ans dans l'action humanitaire, Healy réussit à séduire la jeune femme. Mais il a un rival jaloux, Tucker, un architecte infirme qui fait croire à Mary, fausses preuves à l'appui, que Healy est un assassin.

Ted apprend que Healy lui a menti. Mary est « toujours canon », toujours célibataire et toujours à Miami. Ted se rend en Floride en compagnie de Dom, l'ami qui l'a poussé à recruter Healy. Il reprend contact avec Mary. Elle lui parle de sa liaison avec Brett, un joueur de football américain. Elle a rompu quand elle a su par Tucker que Brett ne comptait pas l'épouser parce qu'elle avait son frère Warren dans sa vie. Comme Ted est dans les meilleurs termes avec Warren, l'affaire semble bien engagée pour lui, jusqu'au jour où Mary reçoit une lettre anonyme l'informant de ce que Ted a engagé Healy pour l'espionner. Très déçue, elle demande à Ted de ne plus jamais la revoir.

Healy, de son côté, découvre que Tucker n'est ni un architecte ni un infirme. Il s'appelle Norman Phipps, il est livreur de pizzas, et lui aussi amoureux de Mary.

Dom, le copain de Ted, s'est introduit chez Mary. Il n'est autre que « Woogie », son petit ami des années lycée, un fétichiste qui en veut à ses chaussures. C'est à cause de lui que Mary a disparu et changé de nom. Il se trouve d'ailleurs sous le coup d'une ordonnance restrictive. Il avoue avoir écrit la lettre anonyme chargeant Ted. Alertés par les cris de Mary, Healy et le livreur de pizzas font irruption. Ted arrive à son tour. Il a fait venir Warren et Brett, le joueur de football américain, l'ex de Mary. Tous les prétendants de Mary sont donc réunis, tous ceux qui croient l'aimer parce qu'elle les fait se sentir meilleurs, comme dit Ted. Celui-ci a découvert que Brett n'a rien contre Warren : c'est le livreur de pizzas qui a inventé cela. Selon Ted, le seul qui n'a pas menti, le seul qui est digne de Mary, c'est Brett. Ferme et digne, laissant Mary et Brett dans les bras l'un de l'autre, Ted quitte la maison.

Une première fausse fin laisse Ted en larmes dans la rue, tandis qu'en incrustation et en musique défilent des images du film paraissant des images de générique. Une deuxième fausse fin montre Mary courant après Ted, mais, terrible déception, ce n'est que pour lui rendre des clefs oubliées. Ted poursuit tristement son chemin. Puis Mary le rappelle pour lui dire que ce n'est pas Brett qu'elle aime, puisque Brett ne joue pas dans les 49ers, son équipe préférée[2]. C'est avec lui, Ted, qu'elle sera heureuse. Ted embrasse enfin Mary, mais il est mis en joue par un clochard jaloux qui vient de coucher avec la vieille Magda, la voisine de Mary. Il n'a séduit Magda que pour s'introduire chez Mary, qu'il était déterminé à « se faire ». Le fusil est peut-être dévié par Magda : c'est le guitariste commentant le film en chansons qui est atteint.

Moments forts[modifier | modifier le code]

L'accident de braguette[modifier | modifier le code]

Venu chercher Mary pour la conduire à la boum, Ted enchaîne les catastrophes dans la maison de la jeune fille. Dans la salle de bains, refermant précipitamment sa braguette, il est victime d'un spectaculaire accident[3]. Le beau-père et la mère de Mary, un policier, un pompier armé d'une hache, tout le monde entre dans la salle de bains pour contempler l'effroyable tableau. L'initiative du policier cherchant à rétablir la situation tourne à la boucherie. La scène s'inspire d'un incident survenu lors d'une boum organisée par les sœurs de Peter et Bobby Farrelly : leurs parents durent venir en aide à un jeune invité[4].

L'arrêt cardiaque de Puffy[modifier | modifier le code]

Portrait, sans la moustache du film. T-shirt noir, blouson de cuir noir.
Matt Dillon (Pat Healy) en 2009.

Puffy, le border terrier de Magda, est particulièrement teigneux. Magda soutient pourtant qu'il ne déteste que les mauvais humains. L'apprenant, Pat Healy glisse par la boîte aux lettres une croquette fourrée d'un calmant. Quand l'ignoble individu se présente un peu plus tard au domicile de Mary, Puffy se laisse câliner par lui sans manifester la moindre agressivité. Magda et Mary, enchantées de l'issue positive du test, s'isolent dans la cuisine pour conférer. Pendant ce temps, Puffy fait un arrêt cardiaque. Affolé, Healy se multiplie en mouvements de réanimation désordonnés, associant compressions thoraciques et bouche-à-bouche. Il improvise un défibrillateur avec le fil de la lampe de salon. Une série de chocs électriques ne produit aucun effet. Tandis que Healy cherche vainement une solution, Puffy prend feu. Healy doit renverser un vase de fleurs pour éteindre les flammes, ce qui réanime enfin le chien.

L'auto-stoppeur inquiétant[modifier | modifier le code]

L'odieux imposteur Healy file le parfait amour avec Mary. Pendant ce temps, Ted embarque un auto-stoppeur qui paraît un peu dérangé, puis il fait halte sur une aire de repos pour se soulager la vessie. Il trébuche sur un des innombrables homosexuels qui encombrent les pelouses. La police surgit à ce moment-là, trouve Ted à genoux aux pieds d'un homme qui remonte son pantalon. Tout le monde est embarqué, sauf l'auto-stoppeur, qui se fond dans la nuit, abandonnant un lourd paquet dans la voiture de Ted. Le paquet contient un cadavre en morceaux. Ted est passé à tabac par un policier horrifié. Emprisonné, il doit subir les assauts sexuels d'une horde de détenus enthousiasmés par sa présence. Il finit par être innocenté.

Tucker veut ramasser ses clés[modifier | modifier le code]

Ayant les pires difficultés à se mouvoir malgré ses béquilles, l'architecte Tucker laisse tomber ses clés. Il tient absolument à les ramasser lui-même, ce qui donne lieu à d'invraisemblables contorsions désarticulées tenant à la fois du pathétique et du désopilant[5]. Le spectateur n'apprend que beaucoup plus tard que Tucker est parfaitement valide.

Mary trouve du gel[modifier | modifier le code]

Dom convainc Ted de se masturber pour éliminer la pression, avant d'aller dîner avec Mary. Ted s'exécute, mais, au terme de l'opération, il ne trouve pas la moindre trace de sperme, ni sur ses mains ni sur ses vêtements ni au plafond. Et déjà Mary est là. Elle voit tout de suite le sperme à l'oreille de Ted. Croyant que c'est du gel, elle s'en sert pour coiffer sa longue mèche de devant. Durant le dîner, la mèche se tient dressée à la verticale[6].

Puffy sous amphétamines[modifier | modifier le code]

Healy et le livreur de pizzas Norm se liguent pour empêcher Ted de séduire Mary. Ils veulent le faire échouer au test du chien hargneux. Ils lancent par la fenêtre de la jeune femme des croquettes fourrées d'amphétamines. L'une tombe dans le verre de Magda. Les autres sont mangées par Puffy. Lorsque Ted et Mary arrivent, Magda est en train de passer frénétiquement l'aspirateur, tandis que Puffy, fou furieux, est enfermé dans la salle de bains. Mary charge Ted de le prendre en main. Ted ouvre la porte. Puffy le mord au visage, puis le traîne sur le parquet par la cheville, puis le mord à la gorge, puis aux testicules. Quand il se jette derechef au visage de Ted, celui-ci baisse la tête et Puffy passe par la fenêtre. La scène obtient le prix du meilleur combat aux MTV Movie Awards 1999[7].

Warren pêche au lancer[modifier | modifier le code]

Grand moment, Ted va enfin embrasser Mary. C'est compter sans Warren, qui pêche le gros tout près de là, et s'apprête à lancer. Ted est soudain tiré en arrière, un gigantesque hameçon crocheté dans la lèvre.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Les deux frères côte à côte, en buste, de trois quarts. Ils se ressemblent beaucoup. Peter a les cheveux longs. Bobby a les cheveux courts.
Peter (à gauche) et Bobby Farrelly en 2009.

Distribution[modifier | modifier le code]

Les réalisateurs ont su choisir leurs acteurs[12]. Ben Stiller et Cameron Diaz, peu connus jusque là, sont pour beaucoup dans le charme de Mary à tout prix. Ce film les propulse au rang de stars[6]. Il reste d'ailleurs, en 2015, le plus gros succès de Cameron Diaz en tant qu'actrice[13]. Quant à Matt Dillon, il s'agit de sa première apparition dans une pure comédie[10]. Il assume sans complexe son rôle de beauf lourdaud parfaitement ridicule.

Cameron Diaz n'oublie pas son premier rendez-vous avec Peter Farrelly, dans un restaurant chic de Los Angeles : « Peter m’a montré son pénis, raconte-t-elle. Il faut reconnaître le génie créatif d’un réalisateur capable de faire ça[12]. »

Portrait, souriant, avec casquette et écharpe noires.
Lee Evans (Tucker) en 2004.
Portrait en tenue vert et blanc de joueur, avec le casque de football américain.
Brett Favre en 2008, sous les couleurs des Jets de New York.

Bande originale[modifier | modifier le code]

Chante sur scène, en chemise rose, jouant de la guitare semi-acoustique.
Jonathan Richman, le coryphée mélancolique du film.
  • Let Her Go Into The Darkness, interprété par Jonathan Richman
  • There’s Something About Mary, interprété par Jonathan Richman
  • Build Me Up Buttercup, interprété par The Foundations
  • Everyday Should Be a Holiday, interprété par The Dandy Warhols
  • History Repeating, interprété par Shirley Bassey
  • They Long to Be) Close to You, interprété par Sally Stevens
  • If I Could Talk I’d Tell You, interprété par The Lemonheads
  • Mary’s Prayer, interprété par Danny Wilson
  • The Way, interprété par William Goodrum
  • How to Survive a Broken Heart, interprété par Ben Lee
  • Everything Shines, interprété par The Push Stars (en)
  • This is the Day, interprété par Ivy
  • Speed Queen, interprété par Zuba (en)
  • True Love Is Not Nice, interprété par Jonathan Richman
  • Get A Life, interprété par John Cafferty (en)
  • Temptation, interprété par Ray Conniff
  • Deep Purple, interprété par Ray Conniff
  • Rondo de Petite Musique de nuit de Mozart, interprété par l'Ensemble Mozart de Vienne.
  • Brazil, interprété par Ray Conniff
  • Hey Batter (Mary’s Remix), interprété par Susan Sandberg
  • Bad Boys, interprété par Badd Eli
  • Ahora es Mejor, interprété par Jonathan Richman
  • All These Days, interprété par Bret Reilly
  • Is She Really Going Out with Him, interprété par Joe Jackson
  • « Danse Bohème », de Carmen Suite no 2, musique de Georges Bizet, interprété par l'Orchestre philharmonique slovaque
  • I’ve Got You Under My Skin, interprété par Ray Conniff
  • I Get the Message, interprété par Ivy
  • Stranger On the Shore, interprété par Acker Bilk
  • Summertime, interprété par Ray Conniff
  • Margo’s Waltz, interprété par Lloyd Cole
  • Talking to You, interprété par Tom Wolfe[16]

Réalisation[modifier | modifier le code]

Contexte[modifier | modifier le code]

En 1994, les frères Farrelly écrivent et réalisent leur premier film, Dumb and Dumber, film que d'aucuns jugent « navrant[12] », mais film culte au succès stupéfiant : il rapporte 127 millions de dollars aux États-Unis et 247 millions dans le monde entier, pour un budget de 17 millions[17]. Leur deuxième film, Kingpin (1996), fait un flop : il ne rapporte que 25 millions de dollars aux États-Unis[18], pour un budget estimé à 27 millions[19]. Après un tel désastre, les deux frères sont persuadés que leur prochain film va être le dernier. Aussi décident-ils de lancer leur chant du cygne : ils veulent réaliser le plus dément des films politiquement incorrects qu'ils seront capables d'imaginer[4]. Le triomphe de Mary à tout prix, en 1998, sauve leur carrière[4]. Ce film reste en 2015 leur plus grand succès[20].

Tournage[modifier | modifier le code]

vue d'une tour en contre-plongée
Le 701 Brickell Avenue, à Miami, où Mary a son cabinet médical.

Le travail sur le scénario s'effectue à Los Angeles et à Boston[21]. Le tournage commence début décembre 1997. Il dure dix semaines[21]. Les acteurs soulignent la parfaite entente des frères Farrelly, tant dans l'écriture du scénario que dans la réalisation. Sur le plateau, Peter dirige les acteurs, tandis que Bobby supervise la technique[21].

Lieux de tournage[modifier | modifier le code]

Quelques scènes sont d'abord tournées dans l'État du Rhode Island[21]. En revanche, les scènes du lycée de Cumberland (la ville natale des Farrelly, dans le Rhode Island) sont tournées en Floride, dans le parc de l'hôtel de ville de Plantation. Après avoir visionné un rough du film, les conseillers municipaux demandent que Plantation ne soit pas créditée au générique[4].

La plus grande partie du film est tournée à Miami ou aux alentours. Des scènes d'intérieur (dans le logis de Mary, par exemple) sont tournées aux Greenwich Studios[22]. Healy retrouve son indicateur Sully devant le restaurant Big Pink, sur Collins Avenue, au sud de Miami Beach[23]. La maison de Mary, au 2066 North Bayshore Drive à Miami, est rasée en 2008 après un grave accident de chantier[23]. L'exposition d'architecture a lieu dans le Miami-Dade Cultural Center[22]. Le cabinet de Mary se trouve à Miami, au 701 Brickell Avenue[24]. Le Cardozo Hotel de Miami Beach, où Ted « décharge son fusil », existe bien[25].

Accueil[modifier | modifier le code]

Critique[modifier | modifier le code]

On retrouve dans Mary à tout prix la trivialité, la lubricité, les provocations en tout genre qui plaisent tant aux Farrelly, mais imbriquées cette fois dans une véritable narration[12]. Le film réussit l'alchimie improbable entre les délires scabreux et « une intrigue vraisemblable avec des sentiments authentiques[26] ». Qualifié de « comédie romantique dégoûtante[27] » ou de « comédie romantique constamment hilarante[26] », il porte aussi un message de tolérance et de droit à la différence. Il est donc plein d'humanité, sensible[12], dynamique, pétillant de trouvailles et d'humour. Les critiques se montrent très favorables. Sur le site Rotten Tomatoes, Mary à tout prix réunit 83 % de critiques satisfaits[1]. En France, sur Allociné, il recueille une note moyenne de 4 sur 5 de la part des critiques[10].

  • lesinrocks.com : Jean-Daniel Beauvallet insiste sur le passé de losers des frères Farrelly. Il les soupçonne de régler des comptes « personnels et viscéraux ». Car, dans les comédies déjantées, avant les Farrelly, on n'avait jamais encore « senti à ce point des hommes et leurs obsessions intimes, jamais croisé, au détour de leurs vannes calibrées pour le rire collectif, de tels nuages noirs, remontés en tornade des profondeurs de l’âme[12] ». Beauvallet fait remarquer que, dans ce film que la rumeur puritaine annonçait comme « le plus politiquement incorrect jamais fait », on se permet certes des plaisanteries sur les handicapés, mais avec « cette tendresse, […] cette solidarité des losers dont restent capables les Farrelly[12] ».
  • Télérama : « Il arrive que la verdeur devienne carrément dérangeante. On pense à une catastrophique partie de base-ball jouée par des handicapés, ou aux contorsions risibles d’un infirme à béquilles cherchant à ramasser ses clés. Faut-il rire ou se scandaliser ? Et si l’on rit, doit-on en être gêné ? Ce sont exactement les questions que les frères Farrelly attendent que l’on se pose. Ils marchent alors, sans le savoir, sur les traces du Lars von Trier des Idiots, l’appareil théorique en moins. Il faut rire, bien sûr, et cette transgression fait toute la singularité du film[5]. »
  • Première : « Le film est littéralement miné de part en part d'explosions comiques difficilement résistibles et d'autant plus inattendues qu'elles puisent à pleines mains dans du matériel qui ne vous amuse probablement plus depuis l'école primaire[28]. »
  • Libération : « Mary à tout prix ressort la panoplie destroy des premiers Monty Python et toute l'armurerie désopilante d’Y a-t-il un pilote dans l'avion ?[29] »
  • Le Monde : « Mary à tout prix est drôle, mais uniquement par moments, le temps d'un gag qui transgresse son scénario plutôt qu'il ne le sert ni ne s'en sert[30]. »
  • Planetcinema.com : « La vérité est que l'on rit vraiment énormément devant ce film. Il y a même une sorte de jubilation à se gondoler avec ces grosses blagues grasses[31]. »
  • Positif : « Ce n'est pas tous les jours qu'il nous parvient d'outre-Atlantique une comédie à la fois iconoclaste et désopilante. Ce n'est déjà pas si mal[32]. »

En salle[modifier | modifier le code]

Sorti le aux États-Unis, où il est classé R, le film fait beaucoup mieux que Dumb and Dumber. Sur le site Rotten Tomatoes, il réunit 60 % de spectateurs ayant aimé le film[1]. D'un budget de 23 000 000 dollars, il en rapporte 176 484 651 sur le sol américain (l'équivalent de 312 571 700 dollars au prix du ticket de 2015) et 369 884 651 dans le monde entier[11].

La version américaine et les versions proposées sur les vols internationaux, même ceux d'Air France, sont censurées de plusieurs scènes :

  • le gros plan atroce où testicule et pénis de Ted ne forment plus qu'un affreux salmigondis broyé dans la fermeture Éclair ;
  • le gros plan où, s'armant de jumelles plus puissantes pour examiner les seins de Mary, Healy se trompe de fenêtre et découvre avec effroi les gants de toilette de Magda.

En France, le film est d'abord présenté hors compétition au Festival du cinéma américain de Deauville, en [33]. Sorti en salle le , classé tous publics, il obtient une note moyenne de 3,5 sur 5 de la part des spectateurs[34], et il enregistre 3 369 536 entrées[10].

Récompenses[modifier | modifier le code]

  • Nomination au Golden Globe de la meilleure comédie et de la meilleure actrice dans une comédie (Cameron Diaz) en 1999[33].
  • Prix du meilleur film, meilleure actrice (Cameron Diaz), meilleur combat (Ben Stiller contre Puffy le chien) et meilleur méchant (Matt Dillon), lors des MTV Movie Awards 1999[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d (en) « There's Something About Mary », sur rottentomatoes.com (consulté le 19 novembre 2015).
  2. Cette année-là, en 1998, les Packers de Green Bay (l'équipe de Brett) ont éliminé les 49ers de San Francisco (l'équipe dont Mary est fan) en NFC Wild Card. Le quarterback Brett Favre (qui joue son propre rôle dans le film) a disputé le Super Bowl quinze jours avant le tournage de la scène où il apparaît. (en) « Trivia », sur imdb.com, 2015 (consulté le 19 novembre 2015).
  3. (en) « Most Popular "Penis Caught In Zipper" Titles », sur imdb.com, 2015 (consulté le 19 novembre 2015).
  4. a, b, c, d, e, f, g et h (en) « Trivia », sur imdb.com, 2015 (consulté le 19 novembre 2015).
  5. a et b Aurélien Ferenczi, « Mary à tout prix », sur telerama.fr, 11 novembre 1998 (consulté le 17 novembre 2015).
  6. a et b « Ben Stiller : curieuse incohérence dans la scène culte de Mary à tout prix », sur purepeople.com, 6 novembre 2013 (consulté le 18 novembre 2015).
  7. a et b (en) « Awards », sur imdb.com, 2015 (consulté le 19 novembre 2015).
  8. a, b et c (en) « Overview », sur imdb.com, 2015 (consulté le 19 novembre 2015).
  9. a et b (en) Michael O'Sullivan, « Something Funny About 'Mary'  », sur washingtonpost.com, 17 juillet 1998 (consulté le 20 novembre 2015).
  10. a, b, c, d, e et f « Mary à tout prix », sur allocine.fr (consulté le 18 novembre 2015).
  11. a et b (en) « There's Something About Mary », sur boxofficemojo.com (consulté le 16 novembre 2015).
  12. a, b, c, d, e, f et g Jean-Daniel Beauvallet, « Mary à tout prix », sur lesinrocks.com, 30 novembre 1998 (consulté le 19 novembre 2015).
  13. (en) « Cameron Diaz », sur boxofficemojo.com (consulté le 25 novembre 2015). Cameron Diaz connaît par ailleurs d'importants succès en prêtant sa voix à la princesse Fiona dans la version anglophone de la série d'animation Shrek.
  14. « Mary à tout prix : Matt Dillon porte une Rolex Dadejust en or », sur montres-de-luxe.com, 2015 (consulté le 20 novembre 2015).
  15. (en) Steve Young, « 'Why I'm a Mormon': Steve Young », sur deseretnews.com, 10 février 2012 (consulté le 22 novembre 2015).
  16. (en) « Soundtracks », sur imdb.com, 2015 (consulté le 19 novembre 2015).
  17. (en) « Dumb and Dumber », sur boxofficemojo.com (consulté le 19 novembre 2015).
  18. (en) « Kingpin », sur boxofficemojo.com (consulté le 19 novembre 2015).
  19. (en) « Kingpin », sur imdb.com, 2015 (consulté le 19 novembre 2015).
  20. (en) « The Farrelly Bros », sur boxofficemojo (consulté le 27 novembre 2015).
  21. a, b, c et d (en) « About The Production », sur cinemareview.com, septembre 2015 (consulté le 23 novembre 2015).
  22. a et b (en) « There's Something About Mary », sur sffl.comcastbiz.net, p. 156 (consulté le 23 novembre 2015).
  23. a et b (en) « There's Something About Mary », sur sffl.comcastbiz.net, p. 155 (consulté le 23 novembre 2015).
  24. (en) « There's Something About Mary », sur sffl.comcastbiz.net, p. 157 (consulté le 23 novembre 2015).
  25. « Filming Locations », sur imdb.com, 2015 (consulté le 21 novembre 2015).
  26. a et b David Kronke, « Mary à tout prix », sur amazon.fr, 2015 (consulté le 21 novembre 2015).
  27. (en) Maitland McDonagh, « There's Something About Mary », sur tvguide.com », 2015 (consulté le 20 novembre 2015).
  28. Christian Jauberty, Première. Cité par « Critiques presse », sur allocine.fr (consulté le 19 novembre 2015).
  29. Didier Péron, Libération. Cité par « Critiques presse », sur allocine.fr (consulté le 19 novembre 2015).
  30. Jean-François Rauger, Le Monde. Cité par « Critiques presse », sur allocine.fr (consulté le 19 novembre 2015).
  31. Sarah Taylor, sur Planetcinema.com. Cité par « Critiques presse », sur allocine.fr (consulté le 19 novembre 2015).
  32. Franck Garbarz, Positif. Cité par « Critiques presse », sur allocine.fr (consulté le 19 novembre 2015).
  33. a et b « Récompenses », sur allocine.fr (consulté le 18 novembre 2015).
  34. « Critiques spectateurs », sur allocine.fr, 2015 (consulté le 20 novembre 2015).

Lien externe[modifier | modifier le code]