Martyrs de Cordoue

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Les martyrs de Cordoue étaient quarante-huit martyrs chrétiens mozarabes du IXe siècle, à l'époque d'Al-Andalus. Ils furent exécutés par les autorités musulmanes pour avoir confessé leur foi chrétienne, en infraction à la charia qui était en vigueur depuis la conquête islamique du VIIIe siècle. Les exécutions eurent lieu principalement à Cordoue entre 850 et 859, par décapitation.

Les actes détaillés de ces martyrs, principalement des moines, furent notamment décrits par Euloge, l'un des deux derniers à être exécutés.

Histoire[modifier | modifier le code]

La position musulmane se durcit vis-à-vis des dhimmis, avec une pression fiscale accrue. Le pouvoir musulman refuse de reconstruire les églises détruites durant les émeutes du faubourg de Cordoue en 818. La révolte la plus emblématique fut celle des martyrs de Cordoue[1].

Pour les conquérant musulmans de l'Andalousie, la révolte des martyrs de Cordoue a été considéré comme un mouvement de provocation. Certains historiens [réf. souhaitée] expliquent que cette révolte serait due à une société chrétienne se sentant culturellement menacée :

Selon l'historien français Pierre Guichard[2],

« On peut donc penser que c'est la prise de conscience de l'étouffement progressif, à la fois physique et culturel, de leurs communautés qui conduisit une partie des élites chrétiennes au mouvement de provocation connu sous le nom de "Martyrs de Cordoue", des années 850 à 859, même si d'autres cas peuvent être relevés en deça et au-delà de ces dates. Le premier martyr de cette période fut un prêtre, Perfectus, desservant d'une église de Cordoue. Discutant dans la rue avec des musulmans qui étaient "désireux de s'informer sur la foi catholique et de connaître son opinion sur le Christ et sur le Prophète Muhammad", il se serait laissé aller, au cours d'un débat, à d'imprudentes critiques envers l'islam et son fondateur, pour lesquelles il fut traduit en justice et puni de mort conformément à la loi islamique. L'épisode semble révélateur à la fois d'une réalité quotidienne de convivencia en principe assez paisible, où les fidèles des deux religions se côtoient et, apparemment, peuvent engager un dialogue y compris sur des problèmes religieux, et d'un certain durcissement de l'attitude des musulmans et de la condition des dhimmis [les non musulmans, placés par la loi dans un état d'infériorité] (...).

Dans la majorité des cas connus, cependant, l'initiative vient non pas des musulmans mais de chrétiens exaltés, qui se livrent publiquement et délibérément à des attaques contre l'islam passibles de mort [selon la loi du vainqueur], mais qui étaient susceptibles à leurs yeux de réveiller la conscience endormie de leurs coreligionnaires. Les autorités religieuses et politiques réagirent par la convocation d'un concile célébré [en fait : réuni] en 852, au cours duquel les évêques présents interdirent aux chrétiens de rechercher désormais le martyre[3] [le martyre volontaire et le suicide étant normalement étrangers à la doctrine de l'Église]. Pour mettre fin au mouvement, il fallut cependant attendre l'exécution de son principal instigateur, le prêtre cordouan Euloge, élu métropolitain de Tolède, qui ne fut martyrisé qu'en 859. »

Liste alphabétique des martyrs de Cordoue[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]