Martine Ouellet

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Martine Ouellet
Illustration.
Fonctions
12e cheffe du Bloc québécois

(1 an, 2 mois et 24 jours)
Élection 18 mars 2017
Prédécesseur Rhéal Fortin
Successeur Mario Beaulieu (Intérim)
Députée de Vachon
En fonction depuis le
(8 ans, 3 mois et 14 jours)
Élection 5 juillet 2010 (partielle)
Réélection 4 septembre 2012
7 avril 2014
Législature 39e, 40e et 41e
Prédécesseur Camil Bouchard
Ministre des Ressources naturelles

(1 an, 7 mois et 4 jours)
Premier ministre Pauline Marois
Gouvernement Marois
Prédécesseur Clément Gignac
Successeur Pierre Arcand
Biographie
Date de naissance (49 ans)
Lieu de naissance Longueuil (Canada)
Nationalité Canadienne
Parti politique Bloc québécois
Diplômée de Université McGill
HEC Montréal
Profession Ingénieure

Martine Ouellet, née le à Longueuil[1], est une ingénieure mécanicienne et une femme politique québécoise.

Elle représente la circonscription de Vachon à l'Assemblée nationale du Québec sous la bannière du Parti québécois de 2010 à 2018. Elle a été Ministre des Ressources naturelles dans le gouvernement de Pauline Marois entre le 19 septembre 2012 et le 23 avril 2014.

Le 18 mars 2017, elle devient cheffe du Bloc québécois, et est la première femme à diriger le parti[2]. Le 3 juin 2018, elle est défaite lors d'un vote de confiance ouvert à l'ensemble des 15 000 membres du parti : elle ne recueille alors que 32 % de suffrages favorables et annonce sa démission de la chefferie du Bloc québécois[3].

Biographie[modifier | modifier le code]

Née à Longueuil, Mme Ouellet a complété des études de baccalauréat en génie mécanique à l'Université McGill à Montréal en 1992 puis complété un MBA de l'École des Hautes études commerciales de Montréal en 1998[4].

Carrière à Hydro-Québec[modifier | modifier le code]

Elle entreprend en 2010 une carrière d'ingénieure de réseau de distribution au service d'Hydro-Québec[5]. Elle occupe ensuite différents postes au sein de la division Distribution de l'entreprise, dont un passage à titre de responsable des ventes – Mines, métallurgie et fabrication, un secteur qui regroupe une centaine d'entreprises dont les ventes annuelles de 36,5 térawatts-heures représentent 20 % de l'électricité vendue par le distributeur québécois[4].

À titre de chef, Efficacité énergétique Grandes entreprises, elle est responsable de l'élaboration, de la mise en œuvre, du marketing et du suivi des programmes d'efficacité énergétique mis en place par Hydro-Québec dans le marché industriel. Elle intervient en outre auprès de la Régie de l'énergie du Québec dans le cadre des dossiers reliés au Plan global en efficacité énergétique (PGEÉ) entre 2004 et 2008[4].

En 2006, elle est mutée à la division Production de l'entreprise, à titre de chef des projets spéciaux. Elle y a notamment participé à l'élaboration du plan stratégique 2010-2020, en plus de coordonner la « revue diligente »[4] menée par Hydro-Québec dans le cadre de l'acquisition avortée de la plupart des actifs d'Énergie NB en 2009 et 2010. Cette revue diligente a été évoquée par le premier ministre libéral Jean Charest le comme motif de l'abandon de la transaction, d'abord chiffrée à 4,75 milliards de dollars[6].

Carrière politique[modifier | modifier le code]

C'est sous le mandat de Pauline Marois, Première Ministre du Québec que Martine Ouellet deviendra Ministre des Ressources naturelles.

C'est plus particulièrement sous le Gouvernement du Pauline Marois au Québec que Martine Ouellet prendra de l'importance en devenant Ministre des Ressources naturelles du 19 septembre 2012 au 23 avril 2014[7]. Puis, le 5 février 2017, Martine Ouellet se lance officiellement dans la course à la chefferie du Bloc québécois[8]. Finalement devenue cheffe du Bloc québécois le 14 mars 2017, Martine Ouellet succède à Gilles Duceppe[9]. Elle devient ainsi la première femme à être cheffe du Bloc Québécois[2].

Engagement communautaire et politique[modifier | modifier le code]

Martine Ouellet en 2014.
  • Membre du conseil d’administration de SPQ-Libre (2004-2007)
  • Présidente, vice-présidente et porte-parole de la Coalition québécoise pour une gestion responsable de l’eau Eau Secours! (2001-2010)
  • Participante à la tournée Relève pour la promotion des carrières scientifiques de l’Association de la recherche industrielle du Québec (ADRIQ) (2001-2007)
  • Membre du conseil d’administration et responsable de la rédaction et de la négociation de la première convention collective du Centre de la petite enfance Mon petit Édouard (1999-2000)
  • Membre du conseil d’administration et du conseil exécutif de la Société québécoise d’assainissement des eaux (SQAE) (1995-2002)
  • Membre de l’exécutif national du Parti québécois et responsable du dossier de l’eau (1995-2000)
  • Présidente et cofondatrice du Comité sur l’écologie et l’environnement du Parti québécois (1991-1995)
  • Membre du comité national des jeunes du Parti québécois (1989-1991)
  • Membre du Conseil régional de la Montérégie du Parti québécois (1989-1991)
  • Membre, vice-présidente et conseillère de l’exécutif de la circonscription de Taillon (1987-1988)

Le 27 mai 2016, elle annonce sa candidature à la chefferie du Parti québécois, à la suite de la démission de Pierre Karl Péladeau.

Engagement social et environnemental[modifier | modifier le code]

Mme Ouellet milite au sein du Parti québécois depuis 1987. Elle a été membre de l'exécutif de l'aile jeunesse du parti et a occupé des fonctions au sein de son association locale ainsi qu'au niveau régional. Elle a été membre de l'exécutif national du Parti québécois entre 1995 et 2000[4]. Parallèlement à cet engagement politique, elle a siégé au conseil d'administration de son centre de la petite enfance en plus d'être active depuis 1995 dans des organismes à vocation environnementale. Dans le cadre de son engagement politique, elle s'intéresse notamment aux questions environnementales et énergétiques[4].

Intéressée à la question de la protection de l'eau, elle est responsable du mémoire déposé par le Parti québécois lors de la commission parlementaire sur la gestion de l’eau au Québec, en novembre 1999[4], un texte qui allait devenir la Politique nationale de l'eau, adoptée en 2002 sous la gouverne du ministre de l'Environnement, André Boisclair[1]. Elle milite ensuite, de 2000 à 2010, au sein de la Coalition Eau Secours, dont les deux dernières à titre de présidente. À ce titre, elle est la porte-parole de cet organisme dans les dossiers de la gestion publique de l'eau et de sa commercialisation, aussi bien que sur des dossiers comme celui des cyanobactéries[4].

La crise interne au Bloc Québécois (février 2018)[modifier | modifier le code]

À l’ouverture du congrès du Bloc Québécois, en février 2018, Martine Ouellet, dans son discours d’ouverture, a parlé  des « résistances au changement » de certains députés du bloc[10] et du « coulage » d’informations.

Dans la semaine précédant le congrès, plusieurs médias québécois avaient dévoilé le salaire d’un peu moins de 100 000$ par année que demandait Mme Ouellet. Pour la cheffe, le parti serait plus efficace si « les joueurs/joueuses de notre propre équipe ne scoraient pas dans nos propres buts ».

Moins de 15 jours après le congrès, 70 % de la députation du BQ quittent le parti en siégeant comme un bloc de députés indépendants voulant défendre les intérêts du Québec[11],[12].

Pour le député démissionnaire Louis Plamondon, « La nouvelle orientation, préconisée par la chef du Bloc québécois, subordonne les intérêts du Québec à la promotion de l’indépendance. Or, nous sommes justement indépendantistes parce que nous sommes convaincus que c’est dans l’intérêt du Québec ! »[13],[14].

Martine Ouellet, qui siège toujours comme députée indépendante à l’Assemblée nationale du Québec, a annoncé qu'elle « restait en place ». « Des gens disent que je suis contrôlante. Je suis mille fois moins contrôlante que Gilles Duceppe », a confié Martine Ouellet au Journal de Montréal. Pour Mme Ouellet, « j'ai l'appui du bureau national, j'ai eu l'appui du conseil général le 17 février, j'ai l'appui du forum jeunesse du Bloc québécois, du comité de la citoyenneté du Bloc québécois. »[15] Pour elle, « il y a beaucoup d'espace pour les députés qui souhaitent pouvoir continuer à plus se limiter à défendre les intérêts du Québec. »[16]

Devant l'insistance de Martine Ouellet de demeurer cheffe, les appels au départ de Martine Ouellet à la tête du Bloc québécois se multiplient. L'ex-chef du BQ Gilles Duceppe croit que Mme Ouellet devrait admettre sa défaite et de se retirer: « Un chef qui se voit contesté par 70 % du caucus devrait comprendre le message. Moi, être là, je comprendrais que je n’y ai plus ma place » déclare l'ex-chef [17],[18]. Pour le successeur de Gilles Duceppe, Daniel Paillé : « le fondamental du parti [...], est resté à mon avis entre les mains de Plamondon et de Rhéal Fortin, et des autres. »[19] Cependant, pour Mario Beaulieu (ex-chef du BQ, actuel député bloquiste de La Pointe-de-l’île et président du BQ depuis 2014) « parler de souveraineté ne signifie pas de ne pas défendre les intérêts du Québec. Les deux notions sont complémentaires » et souhaite le retour au caucus des sept députés démissionnaires[20].

Le 3 juin 2018, elle est défaite lors d'un vote de confiance ouvert à l'ensemble des 15 000 membres du parti : elle ne recueille alors que 32 % de suffrages favorables[3]. Le lendemain, elle annonce qu'elle quittera son poste de chef le 11 juin, après avoir participé à son dernier Bureau national du Bloc québécois[21].

Résultats électoraux[modifier | modifier le code]

Élection partielle du 5 juillet 2010 (Vachon)[modifier | modifier le code]

 Élection partielle québécoise de juillet 2010
Nom Parti Nombre
de voix
% Maj.
     Martine Ouellet Parti québécois 7 863 59,2 % 4 627
     Simon-Pierre Diamond Libéral 3 236 24,3 % -
     Alain Dépatie Action démocratique 879 6,6 % -
     Sébastien Robert Québec solidaire 727 5,5 % -
     Yvon Rudolphe Vert 419 3,2 % -
     Denis Durant Indépendant 98 0,7 % -
     Régent Millette Indépendant 71 0,5 % -
Total 13 293 100 %  
Le taux de participation lors de l'élection était de 29,2 % et 174 bulletins ont été rejetés.

Élection générale de 2012 (Vachon)[modifier | modifier le code]

Élections générales québécoises de 2012
Nom Parti Nombre
de voix
% Maj.
     Martine Ouellet (sortante) Parti québécois 14 824 39,6 % 3 729
     Jean-François Roberge Coalition avenir 11 095 29,6 % -
     Linda Langlois Saulnier Libéral 7 966 21,3 % -
     Sébastien Robert Québec solidaire 1 890 5 % -
     Pierre-André Beauchemin Vert 808 2,2 % -
     Sylvain Gauthier Option nationale 670 1,8 % -
     Marc Joseph Coalition constituante 197 0,5 % -
Total 37 450 100 %  
Le taux de participation lors de l'élection était de 78,7 % et 571 bulletins ont été rejetés.

Élection générale de 2014 (Vachon)[modifier | modifier le code]

Élections générales québécoises de 2014
Nom Parti Nombre
de voix
% Maj.
     Martine Ouellet (sortante) Parti québécois 11 983 33,1 % 176
     Michel Bienvenu Libéral 11 807 32,6 % -
     Stéphane Robichaud Coalition avenir 9 164 25,3 % -
     Sébastien Robert Québec solidaire 2 644 7,3 % -
     Hugo Boutin-Sinotte Bloc pot 371 1 % -
     Josée Létourneau Option nationale 280 0,8 % -
Total 36 249 100 %  
Le taux de participation lors de l'élection était de 75 % et 662 bulletins ont été rejetés.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Marco Fortier, « Martine Ouellet – Devenir députée pour les bonnes raisons », Rue Frontenac,‎ (lire en ligne)
  2. a et b http://www.lapresse.ca/actualites/politique/politique-canadienne/201703/18/01-5079983-ouellet-decoche-des-fleches-a-lendroit-de-certains-souverainistes.php
  3. a et b Zone Politique - ICI.Radio-Canada.ca, « Martine Ouellet perd son vote de confiance comme chef du Bloc québécois », sur Radio-Canada.ca (consulté le 3 juin 2018)
  4. a b c d e f g et h « Qui est Martine Ouellet? », sur martineouellet.org, (consulté le 7 juillet 2010)
  5. Alec Castonguay, « Martine Ouellet, celle qui n’aurait jamais dû être chef », L’actualité, {{Article}} : paramètre « date » manquant (lire en ligne)
  6. Denis Lessard, « Énergie NB et Hydro: transaction de 3,2 milliards annulée », La Presse, Montréal,‎ (lire en ligne)
  7. http://www.assnat.qc.ca/fr/deputes/ouellet-martine-8431/index.html
  8. http://www.journaldemontreal.com/2017/02/05/martine-ouellet-fera-connaitre-ses-intentions
  9. http://www.journaldemontreal.com/2017/03/18/martine-ouellet-officiellement-designee-chef-du-bloc-quebecois
  10. « Martine Ouellet dit sentir de la «résistance» au sein du Bloc québécois », sur Le Devoir (consulté le 28 février 2018)
  11. « Sept députés sur dix claquent la porte du Bloc québécois », Huffington Post Québec,‎ (lire en ligne)
  12. « Nouvelle crise au Bloc québécois », sur Le Devoir (consulté le 28 février 2018)
  13. « Plamondon quitte le Bloc Québécois - Le Courrier Sud », Le Courrier Sud,‎ (lire en ligne)
  14. Sympatico, « Louis Plamondon réagit à la crise au Bloc québécois », Sympatico, {{Article}} : paramètre « date » manquant (lire en ligne)
  15. « Martine Ouellet persiste et signe », TVA Nouvelles, {{Article}} : paramètre « date » manquant (lire en ligne)
  16. « Aucun retour possible au Bloc tant que Martine Ouellet y sera | Maxime Bergeron | Politique canadienne », La Presse,‎ (lire en ligne)
  17. « Le caucus du Bloc explose: Ouellet devrait partir, croit Duceppe | Maxime Bergeron et Philippe Teisceira-Lessard | Politique canadienne », La Presse,‎ (lire en ligne)
  18. (en) Graham Slaughter, « Duceppe urges Bloc Quebecois leader to resign », CTVNews,‎ (lire en ligne)
  19. « Crise au Bloc québécois: «Elle devrait partir», dit Gilles Duceppe | Philippe Teisceira-Lessard | Politique canadienne », La Presse,‎ (lire en ligne)
  20. « Mario Beaulieu se range derrière Martine Ouellet », Métro, {{Article}} : paramètre « date » manquant (lire en ligne)
  21. « Martine Ouellet quitte son poste de chef du Bloc québécois », TVA Nouvelles, {{Article}} : paramètre « date » manquant (lire en ligne)