Martine Chartrand

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Martine Chartrand
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Réalisatrice, illustratrice, peintre, professeure d'arts plastiques, scénariste, animatriceVoir et modifier les données sur Wikidata
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Martine Chartrand est une réalisatrice et une artiste visuelle québécoise d'origine haïtienne, née à Montréal en 1962. Ses films Âme noire et MacPherson sont des courts métrages d'animation qui utilisent la technique de peinture sur verre[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Des arts visuels au cinéma d'animation[modifier | modifier le code]

Martine Chartrand obtient un baccalauréat en arts visuels à l'Université Concordia en 1986 et un certificat en enseignement des arts à l'UQAM en 1988[2]. Elle illustre la couverture du livre La lumière blanche par Anique Poitras paru en 1993.

D’abord peintre-illustratrice, affichiste et professeur d'arts plastiques, Martine Chartrand débute dans le domaine de l’animation en travaillant comme coloriste, conceptrice de décors[3], illustratrice ou animatrice pour des sociétés de production telles que Crawley Films, CinéGroupe ou encore Bleu Réflex.

Elle est artiste pigiste à l’ONF en tant que coloriste[4] et assiste alors Pierre M. Trudeau durant le tournage d’Enfantillages, puis collabore à Jours de plaine, réalisé par Réal Bérard et André Leduc[5]. En 1992, elle y réalise le film d’animation T.V. Tango, dans le cadre de la série Droits au cœur qui illustre les droits de l’enfant tels que définis dans la Convention des Nations Unies en 1990[4].

En 2019, son film Âme noire (2000) fait partie des 80 films sélectionnés pour souligner le 80e anniversaire de l'ONF.

L'apprentissage de la peinture sur verre en Russie[modifier | modifier le code]

En 1990, lors du Festival international du film d’animation d’Ottawa, Martine Chartrand est impressionnée par le film La Vache, d’Alexandre Petrov[6]. Elle décide alors d’apprendre le russe avec pour objectif de faire un stage de peinture sur verre auprès du cinéaste[6]. Elle part à Iaroslavl quatre ans plus tard, en 1994, grâce à une bourse du Conseil des arts et des lettres du Québec et du Conseil des Arts du Canada, et y réalise un stage de trois mois au sein de l'atelier d'Alexandre Petrov[5]. À cette occasion, elle anime des séquences qui seront utilisées dans son film Âme noire puis prolonge son séjour en Russie pour préparer avec Alexandre Petrov le scénario du film Le vieil homme et la mer[7]. Alexandre Petrov réalise ce film au Québec, qui est une coproduction entre le Canada (Productions Pascal Blais, IMAX), le Japon (Imagica Corps, Dentsu Tex, NHK) et la Russie (Panaroma Animation Film Studio of Yaroslavl)[7].

Des films d'animation voués à l'identité noire[modifier | modifier le code]

Inspirée par cette expérience en Russie, Martine Chartrand choisit dès 1994 de se consacrer à la réalisation d’un deuxième film d’animation, Âme noire/Black Soul, en utilisant la technique de la peinture sur verre et en l’animant directement sous une caméra 35 mm[3]. Ce film, portant sur la mémoire de l’histoire des peuples noirs, est produit par l’ONF et remporte 23 prix internationaux, dont l'Ours d'or de Berlin en 2001[5],[8].

Poursuivant à l’ONF, Martine Chartrand y réalise un troisième film d’animation, MacPherson, toujours en peinture sur verre. Ce film s'inspire d’une chanson de Félix Leclerc, elle-même née de l’amitié entre le poète et Frank Randolph MacPherson, un ingénieur-chimiste jamaïcain venu s'installer au Québec[5],[8]. Pendant une dizaine d'années, le réalisateur Serge Giguère suit la cinéaste durant le processus d’élaboration et de recherche de ce film, pour réaliser en 2014 un documentaire intitulé Le mystère MacPherson. Serge Giguère filme la technique utilisée par la cinéaste pour réaliser ses images, et se penche sur la motivation qui la pousse à créer Le Mystère MacPherson et à s'intéresser à Frank Randolph MacPherson[9]. Le court métrage MacPherson a quant à lui remporté plusieurs prix internationaux dont le Premier prix du court métrage et le Prix du public pour le meilleur court métrage canadien au Festival des Films du Monde de Montréal de 2012[3].

En parallèle de la réalisation de ses films, Martine Chartrand donne des conférences, des classes de maître et des ateliers de peinture sur verre dans des universités et festivals de films à travers le monde, notamment au Canada, aux États-Unis, en Europe, en Amérique du Sud, en Corée du Sud, à Cuba et en Jamaïque[3].

Réalisations de films[modifier | modifier le code]

Illustrations[modifier | modifier le code]

Expositions[modifier | modifier le code]

  • 2001 : Maison de la culture Rosemont - La Petite-Patrie
  • 2002 : Âme noire: tableaux et dessins de Martine Chartrand, Cinémathèque québécoise
  • 2016 : MÉMOIRES ANIMÉES, dessins et films de Martine Chartrand, Cinémathèque québécoise
  • 2019 : Subalternes (avec Shanna Strauss, MALICIOUZ, Po B. K Lomami, Claire Obscure, Valérie Bah, Marie-Laure S. Louis, Michaëlle Sergile, Zanele Muholi, Constance Strickland, Renata Cherlise, Mykki Blanco et Adinah Dancyger), Centre de diffusion et d'expérimentation (CDEx) - UQAM, 4 au dans le cadre du Mois de l'histoire des Noirs à Montréal[10]

Conception d'affiches[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Martine Chartrand, cinéaste d'animation / Animation Filmmaker », sur martinechartrand.net (consulté le 1er février 2017)
  2. « Macpherson. Dossier de presse. »,
  3. a b c et d « Martine Chartrand, cinéaste d'animation / Animation Filmmaker », sur martinechartrand.net (consulté le 22 mars 2018)
  4. a et b Cinéma.TV - La référence du cinéma québécois, « Accueil », sur cinemaquebecois.telequebec.tv (consulté le 22 mars 2018)
  5. a b c et d « MARTINE CHARTRAND CRÉATRICE TOTALE REINE DE L’ANIMATION », Alavo, un Blog pour la vie,‎ (lire en ligne, consulté le 22 mars 2018)
  6. a et b Carrière, Bruno., Jean, Marcel, 1963-, Poirier, Anne-Claire, 1932- et Association des réalisateurs et réalisatrices du Québec., Métier réalisation, Association des réalisateurs et réalisatrices du Québec, (ISBN 2-89540-304-X, OCLC 70675093, lire en ligne)
  7. a et b « Une soirée avec Martine Chartrand », sur sway.com (consulté le 1er avril 2018)
  8. a et b « 2 histoires vraies de Martine Chartrand », sur Réalisatrices Équitables (consulté le 23 octobre 2019)
  9. Nicolas Gendron, « De la famille des hommes / Le Mystère MacPherson de Serge Giguère, Québec, 2014, 77 min », Ciné-Bulles, vol. 32, no 3,‎ , p. 12–13 (ISSN 0820-8921 et 1923-3221, lire en ligne, consulté le 13 juin 2020)
  10. « Des femmes noires sortent de l’ombre », sur Le Devoir (consulté le 19 juin 2019)
  11. Âme noire à ONF.ca
  12. Luc Chaput, « Vues d’Afrique 2001 — Fiction : Hier et aujourd’hui », Séquences : La revue de cinéma, no 214,‎ (ISSN 0037-2412 et 1923-5100, lire en ligne, consulté le 28 mars 2018)
  13. (en) « ONF/Distribution - Office national du film du Canada », sur www.onf.ca (consulté le 1er février 2017)
  14. « Martine Chartrand, lauréate du Prix René-Jodoin 2020 | Maîtrise en arts visuels et médiatiques | UQAM », sur Maîtrise en arts visuels et médiatiques, (consulté le 25 novembre 2020)

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Yves Avalo, Tribune juive, , p. 46.
  • Bruno Carrière. Métier réalisation : textes et entretiens / sous la direction de Bruno Carrière ; textes, direction éditoriale, Anne Claire Poirier ; entretiens, recherches et entrevues, Marcel Jean. Montréal : Association des réalisateurs et réalisatrices du Québec ; Les 400 Coups, 2006, ix, 287p. (pp.65-75).
  • Blei, Irene. Canadá cuadro a cuadro : animadores y animadoras del National Film Board. Florida : Wolkowicz, 2014, 301, [4]p.(pp.81-77).
  • Martine Chartrand, « Des racines et des films. », Cap-aux-Diamants, numéro 79, automne 2004, p. 46-50. lire en ligne
  • Dé et Kadé, « Femmes, artiste(z)-vous! : Sensibilités, un amalgame multiculturel au féminin. », Ottawa, Les Éditions l'Interligne, Liaison, Dossier L'art au féminin, numéro 122, printemps 2004, p. 13. lire en ligne

Filmographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]