Martin Noth

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Martin Noth, né le à Dresde et mort le à Schivta dans le désert du Néguev, est un historien et exégète protestant allemand, spécialiste de l'Israël pré-monarchique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Martin Noth était le fils du principal de lycée Lic. Gerhard Noth et de Célestine Hochmuth. L'un de ses frères, Gottfried Noth, devint par la suite évêque.

De 1909 à 1913, Noth fréquenta la Volksschule de Dresde, puis de 1913 à 1921 le lycée de la Sainte-Croix. De 1921 à 1925 il étudia la théologie et l’orientalisme scientifique à Erlangen, Rostock et Leipzig. Ses professeurs les plus influents furent Rudolf Kittel et surtout Albrecht Alt.

En 1925, il obtenait son premier diplôme en théologie, et en 1927 soutint sa thèse de doctorat, qui est la base d'un travail qui sera récompensé au concours, institué par Kittel en 1922, sur la signification des patronymes d'Israël. Johannes Hempel (de) assura la relecture de son article, ainsi que celle de sa thèse d’habilitation, soutenue à peine cinq mois plus tard. La thématique choisie reprenait une de ses premières monographies[1] parue en 1927.

Quelque temps privat-docent à l’université de Greifswald, Noth passa une nouvelle habilitation en 1928 à Leipzig. En décembre 1929, il obtenait enfin la succession du Pr Max Löhr à l’université de Königsberg, et en 1938 il fut admis comme membre titulaire de la classe des sciences religieuses de l'Académie de Kœnigsberg.

Il fut appelé sous les drapeaux de 1939 à 1941 puis de 1943 à 1945. Sa bibliothèque et ses écrits disparurent pendant la guerre. Après la capitulation de 1945, il trouva refuge auprès de sa famille à Halle, jusqu'à ce qu'on l'appelle à prendre la succession d’Anton Jirku (nommé professeur émérite) à l’université de Bonn. Il reçut ensuite des propositions de l’université de Göttingen, de Tübingen, de Hambourg et de Bâle, qu'il refusa.

Le 1er octobre 1964, on confia à Martin Noth la direction de l’Institut protestant allemand de l'Antiquité en Terre Sainte, qui venait de rouvrir à Jérusalem. Exactement trois ans plus tard, il était promu professeur émérite. Le 30 mai 1968, alors qu'il effectuait une excursion dans le désert du Néguev, il succomba à une thrombose des coronaires ; on l’enterra à Bethléem.

Postérité scientifique[modifier | modifier le code]

Noth est l'auteur de plusieurs hypothèses, dont trois au moins ont bouleversé les idées reçues sur l'Histoire sainte.

Une amphictyonie en Israël[modifier | modifier le code]

Sa théorie la plus connue est celle de la chefferie originelle d'Israël, qu'il apparente au modèle de l’amphictyonie des Hellènes. Il se fonde pour cela sur l'existence d'une ligue de tribus qui se seraient fédérées autour de la vénération d'un même sanctuaire.

La tradition du Pentateuque[modifier | modifier le code]

Se penchant sur l'histoire du Pentateuque, Noth a émis l'hypothèse que ce livre résultait de l'agrégation progressive de plusieurs textes indépendants, classés thématiquement, et non de la réécriture de différentes strates d'un Pentateuque originel (hypothèse de la trame narrative, en allemand Erzählfäden).

La tradition deutéronomique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire deutéronomiste.

Enfin Noth est l'auteur de la thèse, toujours très débattue, de la « tradition deutéronomique » (Deuteronomistischen Geschichtswerk), qui affirme qu'un auteur isolé, le Deutéronomiste (souvent abrégé par le Dtr), aurait composé une « histoire d'Israël » à partir de documents dont il disposait et de fragments du Livre de Josué, du livre des Juges, des livres des rois et de Juda.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Die israelitischen Personennamen im Rahmen der gemeinsemitischen Namengebung, Stuttgart, Kohlhammer, coll. « Beiträge zur Wissenschaft vom Alten und Neuen Testament », (réimpr. 2010).
  • Das System der 12 Stämme Israels (BWANT IV,1), Stuttgart, Kohlhammer,
  • Le Livre de Josué [« Das Buch Josua »], Tübingen, J. C. B. Mohr (Paul Siebeck), coll. « Handbuch zum Alten Testament. 1re série, vol. 7 », (réimpr. 2e éd. augm., 1953 ; 3e éd., 1971).
  • Die Welt des Alten Testaments : Einführung in die Grenzgebiete der alttestamentlichen Wissenschaft, vol. 3, Berlin, Töpelmann, coll. « Töpelmann Theologische Hilfsbücher / 2e », (réimpr. 1962, et éd. critique augm. de Hans Walter Wolff (de) des éd. Herder-Spektrum à Fribourg-en-Brisgau, 1992).
  • Überlieferungsgeschichtliche Studien. 1re partie : Die sammelnden und bearbeitenden Geschichtswerke im Alten Testament (Schriften der Königsberger Gelehrten Gesellschaft, Geisteswissenschaftliche Klasse 18,2), Halle: Niemeyer 1943.
  • Überlieferungsgeschichte des Pentateuch, Stuttgart, Kohlhammer, .
  • Das zweite Buch Mose: Exodus. Übersetzt und erklärt von Martin Noth, (Das Alte Testament Deutsch 5); Göttingen: Vandenhoeck & Ruprecht, 5e éd. 1973; (ISBN 3-525-51115-9).
  • Das vierte Buch Mose: Numeri. Übersetzt und erklärt von Martin Noth, (Das Alte Testament Deutsch 7); Göttingen: Vandenhoeck & Ruprecht, 2e éd. 1973; (ISBN 3-525-51127-2).
  • Geschichte Israels, Göttingen, Vandenhoeck & Ruprecht), (réimpr. 6e éd. 1966).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (de) Otto Plöger, « Zum Gedenken an Martin Noth », dans Zeitschrift des Deutschen Palästina-Vereins, vol. 84, 1968, (ISSN 0012-1169), p. 101-103
  • (en) C. H. de Geus, « The Tribes of Israel: An Investigation into Some of the Presuppositions of Martin Noth's Amphictyony Hypothesis », dans Studia Semitica Neerlandica, 1976
  • (en) Steven L. McKenzie, « The History of Israel's Traditions. The Heritage of Martin Noth », dans JSOT (Supplement), 1996

Notes et références[modifier | modifier le code]

(de) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en allemand intitulé « Martin Noth » (voir la liste des auteurs).

  1. Martin Noth, « Gemeinsemitische Erscheinungen in der israelitischen Namensgebung », Deutschen Morgenländischen Gesellschaft, no 81,‎ , p. 1-45 (lire en ligne).