Martial Caillebotte

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Martial Caillebotte
G. Caillebotte - Jeune homme au piano.jpg

Gustave Caillebotte, Jeune homme au piano (Martial Caillebotte) (1876), musée d'art Bridgestone, Tokyo.

Naissance
Décès
(à 56 ans)
Paris
Nationalité
Activité
Maître
Lieu de travail
Mouvement
Fratrie

Martial Caillebotte (né le à Paris – mort le dans la même ville) est un compositeur et pianiste français de la fin du XIXe siècle, précurseur de la musique impressionniste.

Biographie[modifier | modifier le code]

Frère de Gustave Caillebotte, célèbre peintre impressionniste, et fils de Martial Caillebotte (1799-1874) remarié en troisièmes noces à Céleste Daufresne (1819-1878), il est issu d'une riche famille bourgeoise propriétaire d'une entreprise prospère de négoce de draps aux armées. En 1860, son père acquiert une propriété de villégiature à Yerres où la famille passe ses étés. En 1867, la famille emménage dans un hôtel particulier construit par son père à l'angle[1] des rues de Miromesnil et de Lisbonne. Martial Caillebotte étudie le piano et la composition au conservatoire de Paris et fut l'élève d'Antoine François Marmontel pour le piano et de Théodore Dubois pour l'harmonie. Il a composé de nombreuses pièces pour piano, quelques œuvres pour orchestre, de la musique religieuse (dédiée à son demi-frère Alfred, curé de Notre-Dame-de-Lorette), des mélodies dans la veine d'Ernest Chausson ou de Camille Saint-Saëns. La plupart de ses œuvres sont restées inédites et à l'état de manuscrit. La position de Martial Caillebotte, très largement éclipsée par l'écrasante puissance de son aîné Gustave avec qui il partagea presque tout, reste aujourd'hui à considérer. Ils sont aussi passionnés de nautisme et s'inscrivent an 1876 comme membres du Cercle de la voile de Paris qui se trouve à Argenteuil, à l'époque haut lieu de la voile prisé des habitants de la capitale et des peintres impressionnistes (dont Monet ou Renoir).

Après la mort de leur mère (le 20 octobre 1878), Gustave et Martial vendent la villa d'Yerres et emménagent ensemble dans un luxueux appartement du 31 boulevard Haussmann[2], au coin de la rue Gluck, juste derrière l'Opéra. Ils disposent dès lors d'un héritage suffisamment important pour vivre à l'abri du besoin tout en se consacrant à leurs nombreuses passions. Martial Caillebotte se rend avec Renoir à Bayreuth à l'été 1886 pour communier dans la musique de Wagner dont il est un fervent admirateur[3]. Ils visitent ensuite Dresde et ses collections de tableaux. Martial Caillebotte se marie civilement le 6 juin 1887 et le lendemain religieusement avec Marie Minoret (1863-1931)[4] en l'église Saint-Paul-Saint-Louis, c'est son demi-frère, l'abbé Alfred Caillebotte (1834-1896) qui célèbre la cérémonie[5]. Ayant toujours habité avec son frère, il emménage juste en face à un jet de pierre, 9 rue Scribe, avec sa femme qui lui donne un fils, Jean (1888-1917), et une fille, Geneviève (1890-1986)[6], descendante qui possède ensuite la majorité des toiles de Gustave Caillebotte. Les deux frères continuent de se rencontrer, mais seuls, car Marie Caillebotte refuse de voir le peintre qui vit en concubinage avec Charlotte Berthier[7]. Gustave Caillebotte a représenté son frère dans au moins quatre tableaux: Jeune homme au piano (1876); Les Orangers (1878); Les Joueurs de cartes (1880) et La Partie de bésigue (1881). En 1892, Martial Caillebotte achète une villa à Pornic près de la plage de Noëveillard pour passer les vacances[4].

Après la mort de son frère (en 1894), Martial aide Renoir, exécuteur testamentaire de Gustave, à faire accepter par l'État le legs Caillebotte, composé de soixante-sept œuvres dont quarante seront acceptées. À cette occasion, l'amitié entre les deux hommes se renforce. Renoir peint un tableau de Jean et Geneviève en 1895, tandis que Martial le photographie plusieurs fois.

Également photographe (art qu'il découvre en 1890 grâce à son beau-frère Maurice Minoret[8]), les photos originales de Martial Caillebotte ont été exposées au musée Jacquemart-André puis au musée national des beaux-arts du Québec entre mars 2011 et janvier 2012, à l’occasion du centenaire de sa disparition. Martial Caillebotte était aussi collectionneur de faïences.

Il meurt le 16 janvier 1910 à son domicile du 9 de la rue Scribe.

Philatélie[modifier | modifier le code]

Lui et son frère ont constitué, à partir de 1878, une collection de timbres-poste (majoritairement de 1840 à 1880) qui est devenue une des plus importantes de leur temps. Ils ont travaillé avec Thomas Tapling sur l'étude d'émissions importantes, notamment le timbre de 2 pence australien Vue de Sydney[9]. Cette collection a été vendue en 1887 pour la somme considérable de 400 000 francs de l'époque[10].

Galerie d'images[modifier | modifier le code]

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Compositions musicales[modifier | modifier le code]

  • 1875 — L'Éventail, opéra comique (manuscrit)
  • 1878
Valse pour piano (éditeur : Veuve Girod)
Don Paez, poème dramatique d'après Alfred de Musset (éditeur : Veuve Girod)
  • 1882 — Dies Irae[11], pour soli, chœur et orchestre (éditeur : Hartmann)
  • 1884
L’Enfant prodigue, épisode biblique pour soli, chœur et orchestre — livret de Charles Grandmougin (éditeur : Hartmann)
Scènes et Mélodies, piano-chant (éditeur : Hartmann)
  • 1887
Psaume CXXXII - Ecce quam bonum[11], pour soli, chœur et orchestre (éditeur : Hartmann), dédié à l'abbé Alfred Caillebotte[12]
Airs de ballets, pour piano (éditeur : Hartmann)
  • 1889
Le Désespéré, pour soli, chœur et orchestre - poème de Charles Grandmougin (éditeur : Hartmann)
Une journée, scène pour chœur et orchestre — poème d’ Édouard Blau (éditeur : Hartmann)
— Martial Caillebotte commence la composition de Roncevaux, son opéra resté manuscrit
  • 1891 — Livret de Roncevaux, drame symphonique en trois parties, poème d’Édouard Blau (imprimerie Chaix)[12]
  • 1893 — Deux moines, scène pour basse et piano d'après les « Légendes chrétiennes de la Basse Bretagne » de F. M. Luzel
  • 1896 — Messe solennelle de Pâques[13] (manuscrit)
  • 1906 — Les Deux cortèges, mélodie pour soprano et piano, poème de Joséphin Soulary (1887)

Autres compositions de Martial Caillebotte, manuscrites et non datées[modifier | modifier le code]

  • Guido et Ginevra, scène et final
  • Le Dieu et la Bayadère, entrée d'Olofar
  • Hans Carvel, mélodie pour basse et piano, poème de Jean de la Fontaine
  • Trio bouffe, pour ténor, baryton, basse et piano

Discographie[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Collectif, Dans l'intimité des frères Caillebotte, Skira-Flammarion, (ISBN 9782081257061)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. 77 rue de Miromesnil, hôtel particulier aujourd'hui détruit.
  2. « Gustave Caillebotte », sur Flickr (consulté le 24 février 2017)
  3. Sa fille Geneviève qualifiera plus tard sa musique de wagnérienne.
  4. a et b La dynastie Caillebotte
  5. Marina Ferretti Bocquillon, op. cit., p. 27
  6. Elle épouse en 1915 Albert Chardeau.
  7. Eric Bietry-Rivierre, « Un après-midi chez les Caillebotte », sur Le Figaro,
  8. Les frères Caillebotte. Reflets entre le peintre et le photographe, Entretien avec Nicolas Sainte-Fare Garnot, conservateur du Musée Jacquemart-André, Canal Académie, 26 juin 2011
  9. (en)"The Late M. Georges Caillebotte" in The London Philatelist, Vol. III, No. 27, March 1894, p. 61-62.
  10. Marina Ferretti Bocquillon, op. cit., p. 39, article de Paula Luengo
  11. a et b Première mondiale par le Chœur régional Vittoria d'Île-de-France le vendredi 16 janvier 2015 à l'église Saint-Eustache, direction Michel Piquemal.
  12. a et b « Gustave et Martial Caillebotte », sur anacoledaalderop.free.fr (consulté le 24 février 2017)
  13. Première mondiale par le Chœur régional Vittoria d'Île-de-France le vendredi 15 février 2013 à l'église Saint-Eustache, direction Michel Piquemal.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

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