Marthe Boël

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Marthe Boël
Biographie
Naissance
Décès
(à 78 ans)
Bruxelles
Nom de naissance
Marthe de Kerchove de Denterghem
Nationalité
Belge
Activités
Famille
Père
Conjoint
Autres informations
Parti politique
Parti libéral (en)Voir et modifier les données sur Wikidata

Marthe Boël, née de Kerchove de Denterghem à Gand, le et morte le à Bruxelles) est une féministe belge.

Biographie[modifier | modifier le code]

Elle est la troisième fille du Comte Oswald de Kerchove de Denterghem, avocat, puis sénateur et gouverneur de la province du Hainaut, et de Marie Lippens, fille d’Auguste Lippens. Elle étudie à Gand et à Paris, où elle obtient le Brevet supérieur en 1895. En 1898, elle se marie à Pol Boël, directeur des Usine Gustave Boël (en) à La Louvière. Elle s’engage dans différentes œuvres de charité et fonde le Cercle des Dames Libérales. Elle préside dès 1904 une société de secours mutuels pour des ouvriers et participe, en 1912, à la création d'une consultation pour nourrissons puis, l'année suivante à la création d'une mutualité féminine[1].

Par son père, elle entre en contact avec le milieu féministe belge où elle rencontre Hélène Goblet d’Alviella et Jane Brigode. Lorsque la Première Guerre mondiale éclate, elle commence à travailler comme nurse et rejoint l’Union patriotique des femmes belges, dirigée par Jane Brigode. Elle rejoint la résistance. Elle crée, avec son mari, différentes œuvres chargées d'aider la population. Elle organise également un service postal clandestin et gratuit entre les soldats et leurs parents[1].

Elle est arrêtée en même temps que son mari en . Elle est jugée et condamnée à Charleroi et emprisonnée à Siegburg. Sa santé se détériore durant son séjour en prison et en 1917, elle est échangée contre Frau von Schnee, l'épouse du gouverneur de l'Afrique de l'Est allemande. Elle vit le reste de la guerre en exil à Gstaad (Suisse) avec ses trois plus jeunes enfants tandis que son fils aîné s'engage dans l'armée belge à 17 ans[2].

En tant qu’héroïne de guerre, elle est l’une des rares femmes autorisées à voter en Belgique lors des élections nationales d’après-guerre. Jane Brigode l’introduit dans le Parti libéral, où, en 1919, elle devient membre de la Commission des problèmes des femmes sous Paul-Emile Janson. Déçue par la réticence des partis politiques à accorder le droit de vote aux femmes, elle organise en 1920 la première Conférence des femmes, avec Jane Brigode. En 1921, Jane Brigode et elle fondent l’Union des femmes libérales de l’arrondissement de Bruxelles et en 1923, elles fondent, avec Alice De Keyser-Buysse, la Fédération Nationale des femmes libérales, dont elle devient la première Présidente. Elle démissionne cependant en 1936 car elle souhaite élargir son horizon et travailler au-delà des frontières des partis politiques[3].

En 1921, elle devient membre du Conseil National des Femmes Belges (CNFB), fondé par Marie Popelin en 1904 et elle y succède à Marguerite Van de Wiele en tant que présidente en 1935. Elle y apporte ses lettres de respectabilité et attire une nouvelle génération de jeunes universitaires, ce qui permet de donner un second souffle au CNFB[4]. Elle ouvre également les portes du CNFB aux premières femmes inscrites au Barreau.

En 1936, lors de la conférence de Dubrovnik, elle est élue présidente du Conseil international des femmes. En tant que membre de l’Union belge pour la Société des Nations, elle a des contacts avec Paul Hymans, Pierre Orts et Jules Destrée. Elle est nommée Présidente de la Commission pour l’émancipation des femmes et le rôle politique international des femmes par la Ligue des Nations.

Au début de la Seconde Guerre mondiale, elle se retire dans sa propriété de Chenoy où son mari décède en 1941. Lorsque l’Université Libre de Bruxelles doit fermer ses portes à cause des nazis, elle fournit un espace dans son domaine et un lieu de rencontre. Elle prépare un projet de réforme de l'enseignement repris ultérieurement par le parti libéral[5]. Après la guerre, en 1947, elle démissionne de son poste de Présidente au Conseil international des femmes. En 1952, elle prend la parole pour la dernière fois à une conférence du Conseil, à l’Acropole, depuis le Panthéon, le temple de Pallas Athéna[6].

Elle a été honorée à de nombreuses occasions pour son travail. Elle décède le à Bruxelles.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marthe Boël, 1920-1950. Trente ans d'activité féminine. Extrait de discours et de messages, Paris-Bruxelles, A l'enseigne du Chat qui pêche, 1950.
  • Marthe Boël et Christiane Duchène, Le féminisme en Belgique 1892-1914, Bruxelles, Editions du Conseil national des femmes belges, 1955.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b C. Duchène, « Marthe Boël », dans Biographie Nationale, vol. XXXIV, Bruxelles, Académie Royale des Sciences, des Lettres et des Beaux Arts, , col.87-93.
  2. « Les descendants de Marthe de Kerchove de Denterghem », sur frerealbert.be
  3. B. D'hondt, Gelijke rechten, gelijke plichten. Een portret van vijf liberale vrouwen, Liberaal archief
  4. Catherine Jacques, Le féminisme en Belgique de la fin du 19eme siècle aux années 1970, in Courrier hebdomadaire du CRISP, 2009/7-8, n°2012-2013, p. 5 à 54
  5. Suzanne Van Rokeghem, Jacqueline Aubenas, Jeanne Vercheval-Vervoort, Des femmes dans l'histoire en Belgique, depuis 1830, Luc Pire, , 304 p., p. 111-112
  6. Le Flambeau, jg. 39, 1956, nr. 2, Huldenummer Marthe de Kerchove de Denterghem baronne Boël

Liens externes[modifier | modifier le code]