Martha Gellhorn

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Martha Gellhorn
Gellhorn Hemingway 1941.jpg
Martha Gellhorn et Ernest Hemingway en Chine durant la Guerre sino-japonaise (1941)
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 89 ans)
LondresVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
John Burroughs School (en)
Bryn Mawr CollegeVoir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Mère
Conjoints
Ernest Hemingway (de à )
T. S. Matthews (en) (de à )Voir et modifier les données sur Wikidata
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A travaillé pour
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Distinction

Martha Gellhorn () est une journaliste, correspondante de guerre et écrivain, née à Saint-Louis dans le Missouri et morte à Londres[1]. En tant que journaliste, elle a couvert tous les grands conflits mondiaux du XXe siècle, de la Guerre d'Espagne à l'invasion du Panama par les États-Unis[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Née le dans une famille « bavarde » d'origine juive[3], son père, George Gellhorn, est une personnalité progressiste et un des gynécologues les plus connus de Saint-Louis[2]. Sa mère, Edan Fischel Gellhorn est avocate pour les personnes privées de leurs droits, une militante féministe[2] et une ancienne camarade de classe Eleanor Roosevelt[4]. Très proche de sa mère, elle lui écrira quotidiennement durant toute sa vie[1].

Elle est diplômée de la John Burroughs School (en) de Saint-Louis en 1926 et commence ses études supérieures au Bryn Mawr College près de Philadelphie. Un an plus tard, elle abandonne l'université sans être diplômée pour se lancer dans le journalisme.

Elle part en France en 1930 sur un navire de la Holland America Line avec juste sa machine à écrire et 75 dollars[5]. Vivant à Paris entre 1930 et 1934, elle rencontre Bertrand de Jouvenel, beau-fils de la romancière Colette[6], et l'épouse[3]. À propos de Colette, elle avouera à ses amis Donna Tartt et Nicholas Shakespeare : « C’était une affreuse femme. L’enfer absolu. Elle m’a détestée dès le premier abord, cela sautait aux yeux. Elle était allongée sur un transat ; on aurait dit une odalisque. Ses yeux de chat étaient ombrés de vert, et sa petite bouche méchante avait un pli amer. »[6].

Elle rencontre Harry Hopkins en 1931 à une soirée à Washington et commence à travailler pour lui[7]. Elle voyage à travers les États-Unis pour faire des rapports sur la vie des petits gens face à la Grande Dépression, rapports qui sont réunis par la Federal Emergency Relief Administration qui vient en aide aux plus démunis[2]. Au cours de ses pérégrinations, elle travaille avec la photographe Dorothea Lange pour décrire la vie au jour le jour des travailleurs pauvres[8]. Ses portraits deviendront plus tard un recueil, sous le titre J'ai vu la misère : Récit d'une Amérique en crise.

Au bout d'un an, elle est renvoyée pour avoir incité des travailleurs ruraux sans emploi à manifester dans l'Idaho. Elle est alors invitée par Eleanor Roosevelt, épouse du président des États-Unis, à venir s'installer à la Maison-Blanche. Elle passe alors deux mois dans ce qui s’appellera, plus tard, la chambre de Lincoln[2].

En 1936, elle rencontre Ernest Hemingway à Key West. L'année suivante, ils décident de s'envoler pour Madrid pour couvrir la Guerre d'Espagne aux côtés des Républicains espagnols pour le compte du magazine Collier's avec seulement 50 dollars en poche[6]. Dans ses articles, elle raconte comment vivent les Madrilènes sous les bombes et le froid[6].

En 1939, elle achète une ferme à Cuba, la Finca Figía qu'elle rénove elle-même[6]. C'est dans cette maison qu'elle écrit deux de ses nouvelles, A Stricken Field et Liana[2]. Après leur divorce en 1945 parce qu'elle refuse d'être « une note de bas de page dans la vie de quelqu'un d'autre »[9],[5], Hemingway refuse de lui renvoyer ses affaires et ses manuscrits, qu'elle a laissés dans la maison[6]. Dans les années 1960, la ferme devient le Museo Hemingway Finca Vigía, consacré à son ex-mari Ernest Hemingway[2].

Correspondante de guerre, elle est la seule femme à participer au Débarquement de Normandie avec les troupes américaines à bord d'un navire-hôpital[6],[2]. Elle participe aussi à des bombardements britanniques au dessus de l'Allemagne et accompagne les troupes Alliées lors de la libération du Camp de concentration de Dachau[10]. Elle a aussi couvert la Guerre d'Espagne, la Guerre d'Hiver en 1939, la Guerre du Viêt Nam ainsi que celle au Salvador en 1983[6]. En 1989, alors âgée de 81 ans, elle couvre l'invasion du Panama par les États-Unis pour ce qui sera son dernier reportage de guerre[10]. Lorsque le conflit dans les Balkans débute au début des années 1990, elle décide de ne pas y aller, se considérant comme trop âgée[10].

Après la Seconde Guerre mondiale, elle travaille pour The Atlantic pendant près de trente ans[10]. En 1961, elle couvre pour eux le procès d'Adolf Eichmann en Israël puis, deux ans plus tard, elle part en reportage en Allemagne sur la reconversion idéologique du peuple allemand depuis la Seconde Guerre mondiale[10].

Pendant sa vie, elle écrit aussi cinq romans, quatorze nouvelles. The Smell of Lilies reçoit le O. Henry Award en 1958[11]. Le roman raconte les relations entre un homme adultère et sa femme gravement malade[10].

Atteinte d'un cancer, elle se suicide le 15 février 1998[6] en avalant une capsule de cyanure de potassium[12].

Postérité[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

De Martha Gellhorn[modifier | modifier le code]

  • What a Mad Pursuit, 1934
  • The Trouble I've Seen, 1936
traduit en français sous le titre J'ai vu la misère, récits d'une Amérique en crise par Denise Geneix, éditions du Sonneur, 2017, (ISBN 9782373850611)
  • A Stricken Field,1940
  • The Heart of Another, 1941
  • Liana, 1944
  • The Undefeated, 1945
  • Love Goes to Press: A Comedy in Three Acts, 1947 (avec Virginia Cowles)
  • The Wine of Astonishment, 1948
  • The Honeyed Peace: Stories, 1953
  • Two by Two, 1958
  • The Face of War, 1959 (collection d'articles sur la guerre)
traduit en français sous le titre La Guerre de face par Pierre Guglielmina, Les Belles Lettres, 2015, (ISBN 9782251310152) ; réédition chez Tempus Perrin, 2017, (ISBN 978-2262067816)
  • His Own Man, 1961
  • Pretty Tales for Tired People, 1965
  • Vietnam: A New Kind of War, 1966
  • The Lowest Trees Have Tops, 1967
  • Travels with Myself and Another: A Memoir, 1978
  • The Weather in Africa, 1978
  • The View From the Ground, 1989

Recueils d'articles traduits en français[modifier | modifier le code]

Sur Martha Gellhorn[modifier | modifier le code]

  • Paula McLain, Madame Hemingway, Paris, Buchet/Chastel, , 480 p. (ISBN 978-2-283-02531-4)
  • (en) Meg Waite Clayton, Beautiful Exiles: A Novel,
  • (en) Angelia Hardy Dorman, Martha Gellhorn: Myth, Motif and Remembrance,
  • (en) Kate McLoughlin, Martha Gellhorn: The War Writer in the Field and in the Text,
  • (en) Caroline Moorehead, Martha Gellhorn: A Life,
  • (en) Carl Rollyson, Beautiful Exile: The Life of Martha Gellhorn,
  • (en) Carl Rollyson, Nothing Ever Happens to the Brave: The Story of Martha Gellhorn,

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Irène Omélianenko, « Une vie, une oeuvre - Martha Gellhorn – Raconter la guerre, toute sa vie (1908-1998) » [audio], sur France Culture
  2. a b c d e f g et h (en-US) « The Extraordinary Life of Martha Gellhorn, the Woman Ernest Hemingway Tried to Erase », Town & Country,‎ (lire en ligne)
  3. a et b « Martha Gellhorn », LExpress.fr,‎ (lire en ligne)
  4. « Martha Gellhorn, reporter de terres », Libération.fr,‎ (lire en ligne)
  5. a b et c « L'épouse d'Hemingway sur tous les fronts », LExpress.fr,‎ (lire en ligne)
  6. a b c d e f g h i et j « Martha Gellhorn, frère d’armes », Libération.fr,‎ (lire en ligne)
  7. (en) Kert, Bernice, The Hemingway Women: Those Who Loved Him – the Wives and Others, New York, W.W. Norton & Co.,
  8. (en) Gourley, Catherine, War, Women and the News: How Female Journalists Won the Battle to Cover World War II, New York, Atheneum Books for Young Readers,
  9. I do not see myself as a footnote in someone else's life., cité par (en) Margaret Barra, « Imagining Hemingway's marriage », sur The Atlantic, (consulté le 12 avril 2016)
  10. a b c d e et f (en-US) « Remembering Martha Gellhorn », The Atlantic,‎ (lire en ligne)
  11. « St. Louis Walk of Fame - Martha Gellhorn », sur www.stlouiswalkoffame.org (consulté le 3 novembre 2018)
  12. (en-GB) India Sturgis, « John Simpson on his plan to commit suicide - and why he refuses to be an old bore », The Telegraph,‎ (ISSN 0307-1235, lire en ligne)
  13. (en) « Episode 7: Martha Gellhorn »
  14. (en) « Martha Gellhorn Prize for Journalism - American Media Institute American Media Institute », sur americanmediainstitute.com (consulté le 3 novembre 2018)
  15. « Stamps honor distinguished journalists », sur usatoday30.usatoday.com (consulté le 3 novembre 2018)

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Liens externes[modifier | modifier le code]