Marta Abba
| Naissance |
Milan, Italie |
|---|---|
| Nationalité | Italienne |
| Décès |
(à 87 ans) Milan, Italie |
| Profession | Actrice |
Marta Abba, née le à Milan en Italie et morte le dans la même ville, est une actrice italienne de théâtre et de cinéma, égérie de Luigi Pirandello.
Biographie
[modifier | modifier le code]Marta Abba est la fille d'un commerçant de Milan, Pompeo Abba, et de son épouse Giuseppina Trabucchi ; sa sœur cadette, Cele (it) (1906-1992) sera également actrice.
Après une formation de trois ans à l'Accademia dei filodrammatici à Milan où elle a été admise à l'âge de 15 ans, Marta Abba fait ses débuts comme actrice en 1924 dans La Mouette d'Anton Tchekhov mise en scène par Virgilio Talli[1]. En 1925, Luigi Pirandello, après avoir lu une critique de Marco Praga qui louait ses qualités scéniques, l'engage comme actrice principale de sa compagnie, le Teatro d'Arte di Roma (it)[1].
Marta Abba a travaillé souvent avec Luigi Pirandello, contribuant aux succès de ses œuvres. Elle a joué en particulier le rôle d'Ersilia dans Vêtir ceux qui sont nus, celui de l'inconnue en 1929 dans Comme tu me veux[2]. Le même auteur dramatique a écrit pour elle, en 1932, la pièce Trovarsi [Se trouver][3]. Elle a été sa compagne et son inspiratrice[4],[5],[6] ; ils ont également eu une importante correspondance épistolaire jusqu'à la mort du dramaturge en 1936[2] ; environ 500 lettres ont été données à l'Université de Princeton, d'autres sont conservées à l'Istituto di studi pirandelliani e sul teatro contemporaneo à Rome ; cette correspondance a été publiée dans son intégralité à partir de 1994[7],[8],[9].
Capable de jouer indifféremment en italien, anglais ou français, elle est également retenue comme actrice principale par Max Reinhardt ou par la Compagnie Grandi Spettacoli d'Arte de Guido Salvini. Elle inclut dans son répertoire les pièces de Gabriele D'Annunzio, ou encore celles de Carlo Goldoni[2].
Elle publie son autobiographie, La mia vita di attrice, en 1936, année de la mort de Pirandello. Elle s'installe aux États-Unis, joue à Broadway en 1936-1937. En , elle épouse Severance Allen Millikin, un riche industriel et joueur de polo de Cleveland et s'installe dans cette ville de l'Ohio jusqu'en 1952, date à laquelle elle divorce et retourne en Italie. Elle fait quelques rares retours sur les planches dans les années 1950[2].
Théâtre
[modifier | modifier le code]- : Sagra del Signore della Nave (it), pièce en 1 acte de Luigi Pirandello, par la compagnie de Pirandello, Teatro d'Arte di Roma, Teatro Odescalchi, Rome
- Marta Abba joue le rôle principal.
- : Nostra Dea (en), pièce de Massimo Bontempelli, par la compagnie de Pirandello, Teatro d'Arte di Roma, mise en scène de Pirandello, musique de l'auteur, Teatro Odescalchi, Rome
- Marta Abba joue le rôle-titre, avec Lamberto Picasso, Enzo Biliotti, Egisto Olivieri et Gino Cervi.
- : Diana e la Tuda (en), tragédie de Luigi Pirandello, Teatro Eden, Milan
- création de la version en italien[N 1]. Marta Abba, à qui la pièce est dédiée, joue le rôle principal.
- : L'amica delle mogli (en), comédie de Luigi Pirandello, Teatro Argentina, Rome
- Marta Abba joue le rôle principal.
- 1930 : Come tu mi vuoi, drame de Luigi Pirandello, Teatro dei Filodrammatici (it), Milan.
- Marta Abba joue le rôle de L'ignota.
- : Trovarsi (it), de Luigi Pirandello, pièce écrite pour Marta Abba qui crée le rôle principal de l'actrice Donata Genzi[3], Teatro dei Fiorentini, Naples.
- : création en Italie de Quando si è qualcuno (en) de Luigi Pirandello[N 3].
- 1934 :
- La figlia di Iorio, tragédie de Gabriele D'Annunzio, mise en scène de Pirandello, scénographie de Giorgio de Chirico, Teatro Argentina, Rome ; Marta Abba joue le rôle-titre, avec Ruggero Ruggeri.
- Le Marchand de Venise de William Shakespeare, mise en scène de Max Reinhardt, Campo San Trovaso, lors de la XIXe Biennale de Venise[10].
- : Hommage à Luigi Pirandello, Théâtre des Mathurins, Paris
- mise en scène d'extraits de plusieurs pièces de Pirandello ; Marta Abba joue Mme Perella dans L'homme, la bête et la vertu[11].
- - : Tovaritch, pièce de Jacques Deval, version anglaise de Robert E. Sherwood, rôle de la grande-duchesse Tatiana Petrovna, avec John Halliday et Frederick Worlock, Plymouth Theatre, Broadway, New York[12],[1].
Filmographie
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- 1933 : Il caso Haller de Alessandro Blasetti : La Rossa, prostituéee.
- 1934 : Teresa Confalonieri de Guido Brignone : Teresa Confalonieri.
Notes et références
[modifier | modifier le code]Notes
[modifier | modifier le code]- ↑ La pièce a été créée dans une version en allemand Diana und die Tud au Schauspielhaus de Zürich le .
- ↑ La pièce a été créée dans une version en anglais le au théâtre de Huddersfield dans une traduction de C. K. Scott Moncrieff.
- ↑ La pièce a été créée le au Teatro Odeon à Buenos Aires.
Références
[modifier | modifier le code]- 1 2 3 Alessandro Tinterri 2014.
- 1 2 3 4 A. Pavia 2013.
- 1 2 Bertrand Poirot-Delpech, « Se Trouver de Pirandello », Le Monde, (lire en ligne)
- ↑ Daniela Bini 1998.
- ↑ « Italie », Le Monde, (lire en ligne).
- ↑ André Barsacq, « De la médiocrité à la grandeur tragique », Le Monde, (lire en ligne).
- ↑ Pietro Frassica 1994.
- ↑ Benito Ortolani 1995.
- ↑ Dina Saponaro et Lucia Torsello 2021.
- ↑ (it) D. Orecchia, « Appunti su Shylock e la scena teatrale italiana. Da Ernesto Rossi a Memo Benassi attraverso Max Reinhardt », dans Vittorio Pavoncello (dir.), Shylock e il suo mercante, Aracne, (ISBN 978-88-548-9389-4), p. 95-114.
- ↑ « Hommage à Luigi Pirandello », sur Les Archives du spectacle.
- ↑ (en) Ken Bloom, The Routledge Guide to Broadway, New York, Routledge, (ISBN 978-0-415-97380-9), p. 86–89.
Bibliographie
[modifier | modifier le code]- (en) Daniela Bini, Pirandello and his muse : the plays for Marta Abba, Gainesville, University press of Florida, coll. « Crosscurrents », , XIV-230 p. (ISBN 0-8130-1548-0).
- Dominique Budor, « Abba Marta », dans Michel Corvin (dir.), Dictionnaire encyclopédique du théâtre à travers le monde, Paris, Bordas, (ISBN 9782047312957), p. 15.
- (it) Carlo Ferrucci, La musa ritrosa : Pirandello e Marta Abba, Bologne, CLUEB, coll. « Biblioteca delle lettere » (no 33), , 169 p. (ISBN 978-88-491-3366-0).
- (it) Ottorino Gurgo, Marta e il maestro. Dietro il sipario, San Remo, Leucotea, , 235 p. (ISBN 978-88-97770-47-3).
- A. Pavia, « Abba, Marta (Milan 1900 - id. 1988) », dans Béatrice Didier, Antoinette Fouque, Mireille Calle-Gruber (dir.), Le dictionnaire universel des créatrices, Éditions Des femmes, , p. 5-6.
- (pt) Martha Ribeiro, « Marta Abba, a vamp virtuosa do último Pirandello », Revista USP, no 90, , p. 172-180 (lire en ligne
).
- (it) Dina Saponaro (dir.) et Lucia Torsello (dir.), L'attrice ideale : Marta Abba nella vita e nell'arte di Luigi Pirandello, Rome, De Luca editori d'arte, , 119 p. (ISBN 9788865574164).
- (it) Alessandro Tinterri, « Abba, Marta », dans Dizionario biografico degli Italiani, Rome, Istituto dell'Enciclopedia Italiana, (lire en ligne).
- Édition de la correspondance
- (it) Pietro Frassica (éditeur scientifique), Caro Maestro... : lettere a Luigi Pirandello (1926-1936) / Marta Abba, Milan, Mursia, coll. « Prima persona. Carteggi », , 406 p. (ISBN 88-425-1250-8).
- (it) Benito Ortolani (éditeur scientifique), Lettere a Marta Abba di Luigi Pirandello, Milan, Arnoldo Mondadori, coll. « I Meridiani », , XLIII-1656 p. (ISBN 88-04-39379-3).
- (it) Dina Saponaro (éditeur scientifique) et Lucia Torsello (éditeur scientifique) (préf. Beatrice Alfonzetti), Stracci sempre per favore le mie lettere : la corrispondenza tra Marta Abba e Luigi Pirandello (1926-1936) con testimonianze inedite conservate negli archivi dell'Istituto di studi pirandelliani, Rome, Bulzoni editore, coll. « Pubblicazione dell'Istituto di studi pirandelliani » (no 17), , 549 p. (ISBN 9788868972677).
Liens externes
[modifier | modifier le code]- Ressources relatives à l'audiovisuel :
- Ressources relatives au spectacle :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :