Martín Almada

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Martín Almada
Description de cette image, également commentée ci-après
Martin Almada en 2008.
Naissance (81 ans)
Puerto Sastre, département de l'Alto Paraguay
Nationalité Paraguayen
Diplôme
doctorat en éducation
Profession
enseignant, avocat
Activité principale
militant des droits de l'homme
Formation

Martín Almada, né le à Puerto Sastre dans le département de l'Alto Paraguay, est un écrivain et avocat Paraguayen, également militant des droits de l'homme.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et formation[modifier | modifier le code]

Martín Almada doit vendre des pâtisseries dans la rue durant son enfance afin d'aider sa famille à subsister. Il parvient à mener à bien ses études et sort diplômé de l'université nationale d'Asuncion (es) en 1963. Il devient enseignant et épouse une collègue, Celestina Pérez. Ensemble ils fondent l'institut Juan Baustista Alberdi à San Lorenzo, près d'Asuncion[1].

Almada s'engage dans le syndicalisme. Il poursuit également des études de droit à l'université nationale et obtient son diplôme d'avocat en 1968. Grâce à une bourse, il part en Argentine étudier à l'université nationale de La Plata. En 1974, il obtient un doctorat en éducation. Sa thèse, titrée Paraguay: Educación y Dependencia, attire l'attention de la police paraguayenne. Le régime militaire d'Alfredo Stroessner, au pouvoir depuis le coup d'État du 4 mai 1954, le classe comme « terroriste intellectuel »[1].

Emprisonnement[modifier | modifier le code]

Martín Almada est arrêté en 1974 dans le cadre de l'opération Condor, menée par les gouvernements militaires d'Amérique latine. Il est torturé durant un mois[2],[3]. Son épouse Celestina Pérez de Almada meurt à l'âge de 33 ans durant son incarcération. Selon Martín Almada, les geôliers téléphonaient à sa femme pour lui faire écouter ses cris durant les séances de torture, lui ont fait parvenir ses vêtements tachés de sang et l'ont invité à venir récupérer son cadavre après avoir prétendu qu'il était mort. Almada est envoyé à la prison de l'Emboscada où il est détenu durant trois ans. Il mène une grève de la faim de 30 jours et des ONG, notamment Amnesty International, font pression pour obtenir sa libération, qui survient en 1977[1],[3].

Exil et retour au Paraguay[modifier | modifier le code]

Martín Almada quitte le pays accompagné de ses trois enfants et de sa mère. Il vit au Panama avant de s'établir en France et de rejoindre l'UNESCO[4]. Il raconte sa détention dans son livre Paraguay, la cárcel olvidada: el país exiliado[5]. Il retourne au Paraguay après l'établissement d'un régime démocratique en 1992[4]. En décembre de la même année, il découvre cinq tonnes d'archives secrètes de la police politique dans des bâtiments désaffectés de Lambaré, en périphérie d'Asuncion. Les documents mettent au jour l'existence de l'opération Condor et sont désignés sous le nom d'« archives de la terreur »[2],[3]. En 1993, Almada fonde la Commission nationale des droits de l'homme[2].

En 1997, Martín Almada est décoré par l'association argentine des grands-mères de la place de Mai (Abuelas de Plaza de Mayo). Le prix Nobel alternatif lui est décerné en 2002[5]. Il est membre du comité de parrainage du tribunal Russell sur la Palestine dont les travaux ont commencé le 4 mars 2009.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) David Kohut et Olga Vilella, Historical Dictionary of the "dirty Wars", Rowman & Littlefield (no 40), , 405 p. (ISBN 9780810858398, lire en ligne), p. 14-17. 

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]