Marraine de guerre

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L'expression marraine de guerre désigne les femmes ou les jeunes filles qui entretiennent des correspondances avec des soldats au front durant la Première Guerre mondiale afin de les soutenir moralement, psychologiquement voire affectivement. Il s'agissait souvent de soldats livrés à eux-mêmes, ayant par exemple perdu leur famille. La marraine de guerre faisait parvenir des lettres à son soldat mais pouvait également envoyer des colis, des cadeaux, des photographies.

Cette institution populaire a laissé un souvenir marquant qui explique sa réapparition en 1939 lors de la Seconde Guerre mondiale.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les marraines de guerre voient le jour en 1915 avec la création, par Mme Marguerite de Lens le , de la La famille du Soldat, association catholique conservatrice qui bénéficie notamment du soutien de la publicité gratuite de L'Écho de Paris[1].

Par la suite, d'autres associations sont créées : Mon soldat, fondée par Mme Bérard et soutenue par Alexandre Millerand, ministre de la guerre.

En , le journal Fantasio lance une opération baptisée le flirt sur le front et propose de servir d’intermédiaire entre les jeunes hommes de l’avant et les jeunes femmes de l’arrière. Six mois plus tard, submergé de demandes militaires, le journal met un terme à son initiative.

Le , la revue La Vie parisienne, vitrine de l'agence Iris, officine de relations sentimentales, intermédiaire obligé, ouvre à son tour ses colonnes aux petites annonces des mobilisés. Le succès est tel que six mois plus tard, La Revue hebdomadaire fait paraître deux pleines pages d’annonces de filleuls en quête d’adoption[2],[3]. De 200 à 300 000 annonces seraient parues pendant la guerre[2]. Des poilus prennent l'initiative de publier des annonces dans d'autres journaux, tels que L'Homme libre, La Croix, Le Journal ou recherchent une marraine dans la famille ou les connaissances d'un compagnon de guerre[4].

Les motivations[modifier | modifier le code]

Les motivations, l'âge des marraines, de la fillette de 12 ans à la grand-mère, la nature des relations furent très diverses. Des mères de familles, des célibataires, des ouvrières, des bourgeoises furent marraines. Les relations se sont souvent limitées à des correspondances épistolaires apportant un réconfort moral. La motivation simplement matérielle de certains poilus était de bénéficier de colis. Des marraines espéraient trouver un mari et certaines devinrent effectivement les épouses de leur filleul[4].

Réactions[modifier | modifier le code]

Le but qui était initialement d'offrir un réconfort et un encouragement aux poilus a laissé place à des relations sentimentales entre jeunes hommes et jeunes femmes. À partir de 1916 le recrutement baisse et les demandes ne sont pas satisfaites car les marraines craignent d'être assimilées à des femmes légères. Les chefs militaires sont assez méfiants mais contrairement à l'armée britannique où cette pratique fut interdite, cette institution fut autorisée dans l'armée française, les autorités ayant conscience de l'importance du moral des combattants[5].

Les Lettres à sa marraine de Guillaume Apollinaire[modifier | modifier le code]

Guillaume Apollinaire a entretenu une correspondance avec sa marraine de guerre, Jeanne Burgues-Brun, entre le et le [6]. Ces lettres ont été publiées en 1948 par les éditions Pour les fils de roi puis, à partir de 1951, par les Éditions Gallimard.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Éric Alary 2013, p. 300
  2. a et b Pierre Darmon 2002, p. 76
  3. « Les marraines de guerre », sur cheminsdememoire.gouv.fr (consulté le 8 août 2016)
  4. a et b Éric Alary 2013, p. 301
  5. Éric Alary 2013, p. 305
  6. Frédéric Jacques Temple 2018, p. 264

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]