Marquis Robert de Wavrin

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Le marquis Robert de Wavrin

Le marquis (Robert) de Wavrin de Villers-au-Tertre est un ethnologue-explorateur belge et pionnier du cinéma belge, né le à Bottelare (Flandre-Orientale) et décédé à Uccle le . De 1913 à 1937, il a exploré l’Amérique du Sud, étudiant les peuplades indiennes sauvages, principalement dans les bassins de l’Orénoque et de l’Amazone. Il a entièrement financé ses explorations avec sa fortune personnelle. Il est issu d’une des plus vieilles familles de l’ancien comté de Flandre.

Biographie[1][modifier | modifier le code]

Le roi Léopold III et le marquis Robert de Wavrin
Le marquis de Wavrin avec un jeune ocelot qu'il avait apprivoisé lors d'une de ses expéditions
Le marquis de Wavrin avec un jeune ocelot

Le marquis de Wavrin a grandi au château de Ronsele (Flandre Orientale) avec ses trois sœurs. Très jeunes, les enfants se retrouvent orphelins et sans grands-parents.
À partir de 1913, le marquis de Wavrin passe de nombreuses années à explorer les régions les moins connues de l’Amérique du Sud. Rentré en Europe comme volontaire de guerre en 1917, il reste sous les drapeaux jusqu’en 1919. Il reprend ses explorations directement après sa démobilisation. Il passe ainsi près de 25 ans de sa vie à séjourner régulièrement en Amérique du Sud pour enregistrer avec l'appareil photo qu'il a en permanence avec lui, ou avec sa caméra, des régions, des cultures et des traditions de diverses ethnies dont le mode de vie sera peu à peu détruit par l'avancée inexorable de la civilisation moderne. Il observe également la faune et la flore, découvrant même des espèces jusqu'alors inconnues, comme le poisson Biotodoma Wavrini auquel il a donné son nom.
De 1913 à 1937, il parcourt toute l'Amérique du Sud pour documenter les traditions et les coutumes de nombreuses ethnies. L'intérêt de ses films réside notamment dans le fait qu’ils contiennent des documents de première main au sujet des tribus dont certaines ont depuis lors été décimées ou ont même complètement disparu.
Il a constitué une collection d’objets produits par les Amérindiens, réalisé 4 films longs métrages et 7 courts métrages et pris des milliers de photos. Son film le plus célèbre est « Au Pays du Scalp » (1931), qui évoque notamment la réduction des têtes humaines chez les Shuars (plus connus sous le nom de Jivaros). Il a également écrit de nombreux livres et articles consacrés à l’Amérique du Sud.
Au moment de la guerre 1940-1945, le marquis de Wavrin se trouve bloqué en Belgique et passe beaucoup de temps à finaliser ses notes et à rédiger des ouvrages. Il ne retournera plus en Amérique du Sud.
Très tôt, le roi Léopold III s’intéresse aux travaux du marquis de Wavrin. Il rédigera même ce qui tient lieu de préface à son livre posthume, ouvrage dans lequel figurent plusieurs photos de la collection privée du roi. Il écrira entre autres[2]: « Au cours de la période de 1913 à 1937, le Marquis de Wavrin a effectué de très grands et longs voyages. Il a parcouru en tous sens le vaste continent sud-américain. Toujours, il a su se concilier la sympathie et gagner la confiance des peuplades au milieu desquelles il fit des séjours de plusieurs années. Cette expérience exceptionnelle, jointe à un sens aigu de l’observation méticuleuse et scientifique, confère une valeur incontestable à son livre, où sont décrites et analysées les croyances religieuses et les pratiques magiques des Indiens. »
Le marquis de Wavrin a confié la plus grande partie de ses collections à divers musées, dont les Musées Royaux d’Art et d’Histoire à Bruxelles, l’Institut royal des sciences naturelles de Belgique, le Natural History Museum de Londres et le Musée de l’Homme à Paris.

Famille[modifier | modifier le code]

Le marquis (Robert) de Wavrin[3] est issu de l'ancienne maison de Wavrin. Son père, le marquis (Henri) de Wavrin Villers-au-Tertre (1852-1908), a épousé Marie Dons de Lovendeghem (1862-1893). Ils eurent quatre enfants :

  • Marie-Henriette (1887-1949), qui épousa en 1916 le comte Adrien van der Burch, commissaire général du gouvernement près des expositions internationales de Milan, Bruxelles (1910), Rio de Janeiro, Paris, Anvers, Bruxelles (1935);
  • Robert (1888-1971), qui épousa Marguerite le Maire un mois après la libération de Bruxelles (18 octobre 1944); Marguerite le Maire connaissait bien le Brésil pour y avoir vécu plusieurs années dans sa jeunesse; dans les années 1920, Marguerite le Maire avait été l'élève du compositeur belge Auguste De Boeck qui lui a dédié plusieurs compositions et avec qui elle a entretenu une longue correspondance[4];
  • Adrienne (1891-1964), qui épousa en 1912 le baron Waleran d’Erp de Holt et Baerlo; et,
  • Geneviève (1893-1945), qui épousa en 1913 Gaston de Behault.

Robert de Wavrin et son épouse eurent un fils, le comte Hellin de Wavrin de Villers-au-Tertre (1946-2016), qui s’est particulièrement distingué comme ornithologue et herpétologue. Il a également rassemblé une des plus importantes collections privées de fossiles en Belgique.

Publications[modifier | modifier le code]

En plus de nombreux articles dans des revues spécialisées, le marquis de Wavrin a notamment publié :

  • Mœurs et coutumes des Indiens sauvages de l'Amérique du Sud, Robert marquis de Wavrin, Payot, 1937 - 656 pages
  • Les Jivaros réducteurs de têtes, Robert marquis de Wavrin, Payot, 1941 - 212 pages
  • À travers les forêts de l'Amazone, Robert marquis de Wavrin, Payot, 1943 - 242 pages
  • Du grand Chaco à l'Amazone, Robert marquis de Wavrin, 1944 - C. Dessart, 270 pages
  • Les bêtes sauvages de l'Amérique du Sud. Vie Sociale, Robert marquis de Wavrin, Payot, 1951 - 301 pages
  • Mythologie, rites et sorcellerie des Indiens de l'Amazonie, Marquis de Wavrin, Éditions du Rocher, 1979 - 392 pages (ouvrage posthume)

Filmographie[modifier | modifier le code]

Longs métrages

  • Au Centre de l’Amérique du Sud inconnue, 1924
  • Au Pays du Scalp, 1931
  • Chez les Indiens Sorciers, 1934
  • Venezuela petite Venise, 1937

Courts métrages

  • Le Paraguay, 1925
  • Les Indiens du Gran Chaco, 1925
  • Les Chutes de l’Iguacu, 1925
  • Les Iles à guano, 1931
  • Les Sucreries du nord-ouest de l’Argentine, 1931
  • Du Pacifique à l’Atlantique, 1931
  • Le chemin de fer le plus haut du monde, date inconnue

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Notice publiée par le Ministère de l’Éducation Nationale et de la Culture, et la Maison de l’Amérique Latine à l’occasion d’une exposition sur « Les expéditions du Marquis de Wavrin » en 1961
  • Cinéma de Belgique, Paul Davay, Duculot 1973
  • Split Screen: Belgian Cinema and Cultural Identity, Philip Mosley, State University of New York Press, 2001

Liens internes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La biographie présentée ici est principalement basée sur les documents du Fonds Marquis Robert de Wavrin qui se trouvent aux Archives de la Cinémathèque Royale de Belgique http://www.cinematek.be/index.php?node=54&page=detail_personal&id=9674&searchtype=personal.
  2. Mythologie, rites et sorcellerie des Indiens de l'Amazonie, p. 9.
  3. Le titre de marquis est un titre français porté par l'aîné de la branche belge de la famille mais qui n'a jamais été reconnu en Belgique. Voir ce qui est dit à ce sujet dans l'article Maison de Wavrin.
  4. August De Boeck (1865-1937), compositeur, Joseph De Beenhouwer et Frank Teirlinck (éditeurs), Gemeente Merchtem, 2011, 464 p., ISBN 978-90-817-7810-7 (en néerlandais).