Marocains en Belgique

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Marocains en Belgique

Populations significatives par région
Drapeau de la Région de Bruxelles-Capitale Région de Bruxelles-Capitale 47,0 % des Marocains en Belgique
Drapeau de la Région flamande Région flamande 29,7 % des Marocains en Belgique
Drapeau de la Région wallonne Région wallonne 15,1 % des Marocains en Belgique
Population totale 600 000 (4 % de la population nationale) (2018)[1]
Autres
Régions d’origine Drapeau de la Belgique Belgique, Drapeau du Maroc Maroc
Langues français, tamazight, arabe marocain, néerlandais
Religions majoritairement islam, minorités chrétiennes, juives et athées

Les marocains en Belgique sont démographiquement le groupe ethno-culturel issu de l'immigration le plus important du pays[2]. Selon le recensement du Centre de recherche en démographie et sociétés de l'Université catholique de Louvain datant de 2018, 600 000 allochtones marocains, davantage issus de la deuxième génération que la première, vivaient en Belgique[1]. Une partie des Belges d'origine marocaine parlent à la maison l'une des langues berbères, principalement le rifain (ou tarifit). Une autre partie parle à la maison l'arabe marocain. La plus jeune génération, quant à elle, parle en Région flamande le néerlandais, en Région wallonne le français et à Bruxelles le Français en grande majorité (idem pour les parents qui ne comprennent pas le néerlandais). Une minorité, qui réside dans la Communauté germanophone de Belgique à l'est du pays, parle l'allemand. Le Maroc est le pays maghrébin qui domine de loin le nombre de maghrébins en Belgique (630 000 Marocains), suivis des Tunisiens (24 000)[3] et des Algériens (17 000)[4].

Histoire[modifier | modifier le code]

L’immigration marocaine en Belgique évoque bien sûr 50 ans de trajets personnels et collectifs, débutés dans les mines et l’industrie, pour s’épanouir ensuite dans une nouvelle réalité belge. Mais il s’intéresse aussi au contexte, en amont et en aval, de cette immigration. On y découvre ainsi les relations souvent ambiguës entre La Belgique et le Maroc au XIXe siècle. Mais surtout, les auteurs analysent les réalités tangibles de l’immigration aujourd’hui pour les deux pays. Au fil des textes, le livre aborde l’impact économique des vacances, les questions de l’âge et de l’inhumation, l’appartenance via le sport ou la culture, l’éducation ou la justice ainsi que la citoyenneté.

Histoire contemporaine[modifier | modifier le code]

À l'heure actuelle, on retrouve trois grands pays d’origine qui ont marqué l’histoire migratoire de la Belgique d’après-guerre : le Maroc, la Turquie et la République démocratique du Congo. Le point commun entre ces trois courants migratoires est qu’ils ont démarré au début des années 1960. Les migrants originaires de ces trois pays se sont progressivement installés en Belgique et ont donné naissance à des populations ayant chacune leurs propres caractéristiques démographiques. L’immigration marocaine a contribué à façonner de manière durable le visage de la Belgique sur le plan démographique, économique, social et culturel. Deux exemples sont particulièrement significatifs : les Marocains constituent à l’heure actuelle la première communauté étrangère en Belgique ; la loi du 19 juillet 1974 reconnaît le culte islamique parmi ceux qui doivent bénéficier d’un financement public. Il y a d’ailleurs concordance de date entre la reconnaissance de l’islam et l’arrêt de l’immigration. Le regroupement familial reste cependant autorisé, ce qui va permettre l’installation durable des immigrés marocains dans le pays et l’augmentation du nombre des fidèles de confession musulmane. D’où l’intérêt de revenir sur la convention belgo-marocaine relative à l’occupation de travailleurs marocains en Belgique, signée le 17 février 1964 et passée presque totalement inaperçue à l’époque. Certaines entreprises comme Caterpillar, apprennent l’existence de la convention en 1974, l’année même où l’immigration est arrêtée. Le citoyen belge moyen ignore jusqu’à son existence. Certains ouvrages spécialisés lui accordent une ligne[5].

À l'issue du 50e anniversaire de l'immigration marocaine en Belgique en 2014, le premier ministre belge Elio di Rupo s'est exprimé en français : «  Des milliers de travailleurs venus du Maroc sont venus mettre leurs bras et leurs talents au service de nos entreprises. Présents sur tous les chantiers, dans les mines et les usines, ils ont contribué à bâtir notre richesse actuelle. Nous leur devons une partie de notre prospérité ! Nos immeubles, nos hôpitaux, nos écoles, nos aéroports, notre métro, nos voies ferrées, nos routes, tout cela s’est construit avec une importante main-d’œuvre marocaine. Vous pouvez être fiers d’eux. Nous pouvons être fiers d’eux ! Au nom de la Belgique et du Gouvernement belge, je tiens à leur exprimer la reconnaissance de notre pays et les remercier du fond du cœur. […] Être là, devant vous, en tant que premier Premier ministre issu de l’immigration, est pour moi un moment très symbolique. Je connais l’ampleur des difficultés que certains d’entre vous rencontrent dans la vie de tous les jours. Je sais que les obstacles restent malheureusement trop nombreux. Des Belges issus de l’immigration subissent encore trop souvent des discriminations, par exemple pour trouver un emploi ou un logement. Une Belgique colorée, multiculturelle fraternelle et solidaire. Une Belgique fière de son histoire, de sa culture et de ses valeurs. Une Belgique heureuse d’offrir ce qu’elle a, et d’accueillir les apports du monde entier. Cette Belgique multiple, nous allons la bâtir ensemble. Elle est votre pays, elle est notre avenir. »[6].

Démographie[modifier | modifier le code]

La région du Rif, au nord du Maroc, d'où la plupart des Marocains en Belgique est originaire

Une grande majorité des Marocains en Belgique sont originaires des villes de Nador, d'Al Hoceima ,de Oujda ,de Tetouan ou encore de Tanger.

Certaines catégories de Marocains à l'immigrations tardive (étudiants universitaires par exemple étant restés en Belgique après leur cursus)

viennent des grandes villes universitaires du pays, Rabat ,Casablanca,

Discrimination[modifier | modifier le code]

Les Belgo-Marocains des deuxième et troisième générations se sentent plus Marocains que Belges, ont moins souvent un diplôme, un travail et se disent plus souvent victimes de discrimination. Le fait d'être né en Belgique a un impact négatif sur leur sentiment d'identification à la Belgique et à ses valeurs, et sur leur participation à la vie politique. Les espoirs déçus engendrent chez eux de la frustration et du repli sur soi, rarement une remise en question ressort-il d'une enquête de la Fondation Roi Baudouin[7]. La communautarisation prend de l'ampleur partout à Bruxelles, notamment dans la commune de Schaerbeek, d'Anderlecht ainsi que de Molenbeek où plus de la moitié des habitants ont des origines marocaines.

Terrorisme[modifier | modifier le code]

Le terrorisme en Belgique fait de plus en plus son apparition. Une organisation djihadiste belge a carrément été fondée en mars 2010 par des Belgo-Marocains qui porte le nom de Sharia4Belgium. Presque 90 % des Belges qui partent en Syrie sont d'origine marocaine[8]. Ce sont plus souvent les Belgo-Marocains qui sont les auteurs des actes terroristes commis en Belgique et en dehors du pays. Hassan el-Haski, Belgo-Marocain est l'auteur des Attentats de Madrid du 11 mars 2004 faisant 191 morts et 1 858 blessés. Le 13 décembre 2011, la Tuerie de Liège a eu lieu, faisant 7 morts ainsi que 125 blessés, le tueur, Nordine Amrani, d'origine marocaine se serait suicidé après avoir commis l'acte terroriste. Molenbeek, la commune majoritairement d'origine marocaine passe dans les Unes des journaux après les Attentats du 13 novembre 2015 en France. Une grande partie des pseudos-terroristes qui ont participé aux Attentats sont des Belgo-Marocains, tous passés par Molenbeek. Quelques jours après les attentats, la commune fait l'effet de la capitale du djihadisme en Europe[9]. Les autres terroristes belgo-marocains Bilal Hadfi, Brahim Abdeslam, Chakib Akrouh, Abdelhamid Abaaoud, ont tous été tués. Salah Abdeslam, le terroriste français né à Bruxelles d'origine marocaine a été l'homme le plus recherché d'Europe[10]. Il fut arrêté le 18 mars 2016 à Molenbeek[11]. Mohammed Amri, Hamza Attou, Ali Oulkadi et Mohamed Abrini deviennent alors les hommes les plus recherchés de Belgique ainsi que d'Europe[12]. Quatre jours après l'arrestation de Salah Abdeslam, l'Aéroport de Bruxelles et la station de métro Maelbeek explosent[13]. Elles font état de 35 morts et de 340 blessés (dont deux Marocains morts et six blessés)[14]. L'attaque est revendiquée par l'État islamique[15] et les auteurs des attentats Najim Laachraoui, Mohamed Abrini, Ibrahim et Khalid El Bakraoui seraient tous des Belges d'origine marocaine[16]. Le seul terroriste survivant Mohamed Abrini, fut arrêté le 8 avril 2016, dans la commune d'Anderlecht[17].

Culture[modifier | modifier le code]

Société[modifier | modifier le code]

D'après un portrait dressé par la Fondation Roi Baudouin[18], 60 % des Belgo-Marocains se sentent aussi Belges que Marocains, 21 % trouvent que leur identité d'origine est plus importante que l'identité belge. À priori, il semble logique que l’intégration au pays « hôte » et l’identification en l’occurrence à la Belgique et à ses valeurs s’accroissent au fil des générations. Ce que tendent à démontrer plusieurs études. Il ressort néanmoins ici que chez les jeunes Belgo-Marocains, le fait d’être né sur le sol belge a plutôt un impact négatif en termes d’inclusion et de participation à la société belge. Ainsi, par rapport aux Belgo-Marocains non nés sur le sol belge, les Belgo-Marocains nés en Belgique ont moins de chances d’être actif sur le marché de l’emploi, se montrent moins en accord avec les valeurs démocratiques, font preuve de moins d’intérêt pour la vie politique belge, possède un groupe d’amis globalement moins hétérogène, ressentent davantage la discrimination et ont plus l’impression d’être différents des Belgo-belges. C’est une des grandes conclusions des chapitres liés aux revenus et à l’enseignement notamment. On constate en effet une augmentation de la proportion de Belgo-Marocains possédant un diplôme de l’enseignement supérieur et une nette hausse des revenus par rapport aux dernières enquêtes. Une classe moyenne émerge : plus ou moins 20 % des Belgo-Marocains gagnent désormais plus de 3 000 euros bruts par mois (alors qu’en 2009 seuls 2,2 % des Belgo-Marocains rentraient dans cette catégorie !) La tranche de la population gagnant de 1 500 à 3 000 euros a aussi augmenté tandis que la classe la plus précaire (en dessous de 1 500 euros) a diminué.

95,4 % des Belgo-Marocains se disent musulmans. Une identité qui est d’ailleurs vécue comme forte et positive puisque trois quarts des répondants se disent fiers d’être musulmans. Les pratiques religieuses sont globalement très suivies. La fréquentation de la mosquée par exemple est majoritaire mais sa régularité est très variable. Ils ne sont plus que 10 % à se rendre dans ce lieu de culte tous les jours. Certains n’y vont que lors de la prière du vendredi ou de façon très occasionnelle. La prière quotidienne, le ramadan ainsi que la zakat (le don) sont aussi très observés. Idem pour la consommation halal et l’interdiction de boire de l’alcool. Le port du foulard, sujet de polémique par excellence, est observé par 52,4 % des Belgo-Marocaines. Mais 23 % des femmes belgo-marocaines le retirent sur leur lieu de travail.

Les chercheurs ont également sondé l’adhésion à une série importante de valeurs. Démocratie, séparation de l’Église et de l’État, liberté d’expression, égalité des sexes : autant de valeurs dont on met souvent en doute la compatibilité avec l’islam et qui rencontrent pourtant une adhésion majoritaire. D’ailleurs, 73 % des Belgo-Marocains pensent qu’ils doivent s’adapter à la société belge. 17 % des Belgo-Marocains estiment néanmoins que les « Belgo-belges » devraient s’adapter aux musulmans.

Le vrai tabou reste la sexualité. Ainsi, près de 7 sondés sur 10 sont opposés aux relations sexuelles avant le mariage, tant pour les filles que pour les garçons. Et 4 sur dix sont même contre le flirt avant une union officielle. Ensuite, pour 59 % des Belgo-Marocains, l’homosexualité n’est jamais justifiée. Globalement, 20 % pensent que c’est tolérable dans certaines circonstances et 20 % estiment que c’est toujours justifié.

Langues[modifier | modifier le code]

La Belgique possède trois langues officielles (le néerlandais 60 %, le français 39 % ainsi que l'allemand 1 %) dont le néerlandais qui est la langue la plus parlée dans le pays en (Région flamande (Sauf Bruxelles)). Bien qu'une grande partie de la première génération d'allochtones marocains en Belgique parlaient une des langues berbères, aucun enseignement n'a été institué pour ces langues. Le Maroc n'en garantissait ni le caractère officiel, ni leur enseignement dans les écoles. Aussi, de nombreux parents ont-ils privilégié à leurs enfants un apprentissage basique de l'arabe afin qu'ils puissent au moins comprendre le Coran, bien que l'arabe coranique diffère de l'arabe marocain. Conséquemment, les conceptions et pratiques de la foi islamique diffèrent entre la péninsule arabique et le Maghreb, et ne sont pas toujours compatibles entre elles. La communauté marocaine a ainsi organisé elle-même l'enseignement de l'arabe dans le but de contrer la progression du salafisme. À Bruxelles, une grande partie de la jeune communauté marocaine de la ville est trilingue. Elle parle les deux langues officielles du pays, le français et le néerlandais, ainsi que l'arabe ou le berbère à la maison. Une très petite communauté qui réside dans la Communauté germanophone de Belgique à l'est du pays, parle l'allemand dans les villes d'Eupen, Butgenbach et Raeren.

Personnalités[modifier | modifier le code]

Personnalités des lettres, des médias et du spectacle[modifier | modifier le code]

Hommes et femmes politiques[modifier | modifier le code]

Sportifs[modifier | modifier le code]

Criminels et terroristes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (fr) [1], Centre de recherche en démographie et sociétés de l'Université catholique de Louvain. Dernière consultation le 11 octobre 2015.
  2. http://www.lalibre.be/actu/belgique/12-siecle-d-immigration-belgo-marocaine-5300f9173570c16bb1ce4c49
  3. http://www.ote.nat.tn/fileadmin/user_upload/doc/Repartition_de_la_communaute_tunisienne_a_l_etranger__2012.pdf
  4. http://aida-association.org/diaspora/index.php
  5. http://www.crisp.be/librairie/catalogue/1470-convention-belgo-marocaine-17-fevrier-1964-relative-a-loccupation-travailleurs-marocains-belgique.html
  6. http://www.lesoir.be/470750/article/actualite/belgique/2014-02-17/elio-di-rupo-nous-pouvons-etre-fiers-des-immigres-marocains
  7. https://www.rtbf.be/info/dossier/dossier-diversite/detail_victimes-de-discrimination-les-belgo-marocains-de-2e-et-3e-generations-sont-demoralises?id=8984643
  8. http://www.rtl.be/info/video/569141.aspx
  9. https://www.rtbf.be/info/opinions/detail_le-chagrin-de-molenbeek?id=9210759
  10. https://www.franceinter.fr/depeche-salah-abdeslam-de-lhomme-le-plus-recherche-deurope-au-plus-attendu-de-france
  11. http://www.lesoir.be/1155316/article/actualite/belgique/2016-03-18/salah-abdeslam-arrete-en-10-minutes-videos-d-une-arrestation-musclee
  12. http://deredactie.be/cm/vrtnieuws.francais/Soci%25C3%25A9t%25C3%25A9/1.2558540
  13. http://www.lavenir.net/cnt/DMF20160322_00798892/deux-explosions-a-l-aeroport-de-zaventem
  14. https://france3-regions.francetvinfo.fr/nord-pas-de-calais/le-bilan-des-attentats-de-bruxelles-s-alourdit-35-morts-et-340-blesses-961979.html
  15. http://www.lesoir.be/1159204/article/actualite/belgique/2016-03-22/daesh-revendique-officiellement-double-attentat-bruxelles
  16. http://www.lalibre.be/actu/belgique/attentats-de-bruxelles-qui-sont-les-kamikazes-et-leurs-complices-presumes-56f6deb735708ea2d3f202c5
  17. http://www.lesoir.be/1175737/article/actualite/belgique/2016-04-08/mohamed-abrini-et-au-moins-un-complice-auraient-ete-arretes-ce-vendredi-direct
  18. http://www.lesoir.be/882224/article/actualite/belgique/2015-05-19/belgo-marocains-nes-en-belgique-se-sentent-moins-integres-societe

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]