Malbrough s'en va-t-en guerre

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John Churchill (Marlbrough)

Malbrough s'en va-t-en guerre ou Mort et convoi de l'invincible Malbrough est une chanson française traditionnelle.

Origine[modifier | modifier le code]

Les paroles de la chanson datent du XVIIIe siècle. Au XIXe siècle, certains auteurs disaient qu'il provenait d'Orient[1]. La mélodie a été adaptée par les Britanniques sous le titre For He's a Jolly Good Fellow. Ce chant aurait été le premier chant européen transmis aux aborigènes d'Australie d'après le folkloriste australien John Meredith.

Son protagoniste est John Churchill, le premier duc de Marlborough. Il a d'ailleurs laissé son nom au château de Malbrouck / Schloss Meinsberg, en Lorraine.

Contrairement à ce que laissent supposer les paroles de la chanson, chantée par les Français pour railler un ennemi, Churchill ne fut que blessé lors de la bataille de Malplaquet () à laquelle il est ici fait référence.

La chanson fut connue à partir de 1781, Beaumarchais l'ayant intégrée comme chanson du page dans sa pièce Le Mariage de Figaro. Cette pièce, après avoir été jouée à Versailles pour le futur tsar Paul 1er de Russie, avait été interdite sur ordre de Louis XVI. Pour alerter le public, l'auteur y introduisit cette chanson qui fut bientôt sur toutes les lèvres [2].

Geneviève Poitrine, la nourrice du premier dauphin l'avait apprise dans son village. Un jour qu'elle la chantait, la reine Marie-Antoinette voulut l'apprendre et la joua au clavecin. Les courtisans l'imitèrent et la chanson devint populaire [2].

La vogue en fut immense, et de nombreux objets furent dès lors décorés d'illustrations reprenant ce thème. On trouve ainsi divers éventails imprimés comportant les épisodes de la chanson, ses couplets et quelques portées de la musique.

On trouve aussi des rubans, coiffures, gilets et surtout chapeaux "à la Marlborough". Une tour du Hameau de la Reine fut aussi dénommée "tour de Marlborough" [2].

Dans une description du Carnaval de Paris 1783, on trouve cette musique interprétée par des instruments à vent accompagnant le cortège de la Promenade du Bœuf Gras[3].

En 1813, Beethoven l'orchestra pour l’inclure dans La Victoire de Wellington. Elle y symbolise les forces françaises — Rule Britannia représentant l’Angleterre.

Pérennité et adaptations[modifier | modifier le code]

  • La Romance chantée par Chérubin dans la scène 4 de l'acte II de la pièce de théâtre Le Mariage de Figaro de Beaumarchais, est sur l'air de Malbrough s'en va-t-en guerre.
  • Dans l'épisode de la série télévisée Les Simpson intitulé Un atome de bon sens, Bart chante cette chanson parce qu'il a été trop bruyant.
  • Dans le film des Monty Python La Vie de Brian, la version anglaise est entonnée par le Front de libération du peuple de Judée lors de la crucifixion de Brian.
  • Dans le jeu vidéo Portal 2, GLaDOS chantonne l'air de la chanson à l'issue d'une chambre de test, en faisant miroiter à Chell une « surprise » pour son anniversaire.
  • Cette chanson est aussi reprise dans l'épisode 3 de la première saison de Glee, par le groupe Acafellas.
  • Le compositeur et guitariste classique espagnol Fernando Sor composa en 1827 son Op.28 : Introduction et variations sur Marlborough s'en va-t-en guerre, reprenant le thème de cette chanson et en développant une introduction et cinq variations.
  • Ad bellum exit Ajax est l'adaptation latine de Malbrough s'en va-t-en guerre. C'est une chanson qui est généralement apprise par les élèves étudiant le latin[réf. nécessaire] (Paroles: Ad bellum exit Ajax - Edepol, edepol, Ajajajax - Ad bellum exit Ajax - Non timet proelia [x2][réf. nécessaire])

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Sophie-Anne Leterrier, « La Chanson de Malbrouck, de l’archive au signe », Volume !, vol. 2, no 2, 2003, rapporte que Chateaubriand aurait dit avoir entendu l'air en Orient, où, selon lui, il aurait été apporté par les Croisés. S.-A. Leterrier se réfère à Weckerlin. Dans le livre de Weckerlin qu'elle mentionne dans sa bibliogaphie : Chansons et Rondes Enfantines, Paris, s.d. (1885 ?), p. 42, Weckerlin dit : « Les Égyptiens et les Arabes connaissent l'air de Malbrough, Castil Blaze prétend même que cette chanson nous vient des Maures (...). » Weckerlin, à cet endroit, ne mentionne pas Chateaubriand.
  2. a, b et c Élisabeth Reynaud, Le Petit-Trianon et Marie-Antoinette : Miron ton, Paris, Éditions Télémaque,‎ , 288 p. (ISBN 978-2-7533-0105-4) p. 203
  3. Correspondance secrète, tome 14, page 189. Description citée page 109 de la Revue anecdotique des lettres et des arts : documents biographiques de toute nature, nouvelles des librairies et des théâtres, bons mots, satires, épigrammes, excentricités littéraires de Paris et de la province, bouffonneries de l'annonce, prospectus rares et singuliers, Librairie Poulet-Malassis, Paris 1858, volume 6, page 109.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]