Mark Alizart

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Mark Alizart
Mark Alizart.jpg
Biographie
Naissance
(43 ans)
LondresVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Britannique
Activité
Philosophe
Autres informations
Distinctions
Chevalier des arts et lettres

Mark Alizart est un philosophe français. Il a également exercé des fonctions dans différentes institutions liées à la création contemporaine.

Biographie[modifier | modifier le code]

Mark Alizart est né à Londres en 1975. Il a dirigé plusieurs ouvrages collectifs et catalogues (Fresh Théorie, Traces du Sacré), réalisé un film sur et avec Stuart Hall[1] et publié deux essais aux Presses Universitaires de France (Pop Théologie et Informatique Céleste). Il a également été chargé de programmation culturelle au Centre Pompidou (2001-2006), directeur adjoint du Palais de Tokyo (2006-2011), conseiller du ministre de la culture pour les arts plastiques (2011-2012[2],[3]) et chargé de mécénat chez LVMH (2012-2016). En 2016, il a participé à la création de la "Nuit des Idées" de l'Institut Français avec Mathieu Potte-Bonneville[4].

Œuvre[modifier | modifier le code]

Le travail de Mark Alizart se déploie comme une réflexion originale sur la crise de la modernité. Prenant à contre-pied les théoriciens du désenchantement du monde et du "déclin de l'Occident", il affirme que notre époque est le théâtre d'un renouvellement profond de la culture et même de la spiritualité, et constitue même à bien des égards l'accomplissement de la "vocation messianique" de l'humanité.

Pop Théologie jette les bases de cette réflexion en ancrant la modernité dans l'histoire religieuse de l'Europe, et particulièrement celle du protestantisme. Repartant de la thèse de Max Weber selon laquelle la crise de la modernité qui éclate au lendemain des révolutions libérales et industrielles se laisse comprendre comme une crise de la Réforme, davantage que comme la crise des Lumières popularisée par Theodor Adorno, le livre montre que le dix-neuvième siècle s'est justement employé à lancer une "réforme de la Réforme" qui a déjà commencé de porter ses fruits. Pour Mark Alizart, loin d'être l'expression d'un quelconque nihilisme, la postmodernité témoigne ainsi du déplacement et du réinvestissement des conduites ascétiques puritaines (notamment dans le sport, mais aussi dans la mode ou l'art)[5].

Informatique Céleste poursuit ce travail en concentrant son attention sur un produit très singulier qui est né de cette entreprise de "réforme de la Réforme": l'informatique. Sa thèse est que l'informatique n'est ni une invention spécifique au vingtième siècle, ni surtout une invention réductible au champ des mathématiques. Remontant au premier ordinateur jamais conçu en 1830, la machine de Charles Babbage, il montre que celui-ci s'inscrit pleinement dans le projet de dépasser la raison instrumentale des Lumières mûri par les Romantiques allemands dans les années 1800, et plus spécifiquement d'élaborer une raison informée par la foi: vivante, organique et holistique. Pour Mark Alizart, l'informatique finit ainsi de nous sortir de la crise de la modernité en s'offrant à nous comme ce nouveau paradigme capable de restaurer l'unité perdue du monde au moyen du concept d'information[6].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Fresh Théorie (dir.), Paris, Éditions Léo Scheer, 2005.
  • Stuart Hall (dir.), Paris, Éditions Amsterdam, 2007.
  • Traces du Sacré (dir.), Paris, Éditions du Centre Pompidou, 2008.
  • Pop Théologie, Paris, Coll. Perspectives critiques, Presses Universitaires de France, 2015.
  • Informatique Céleste, Paris, Coll. Perspectives critiques, Presses Universitaires de France, 2017.
  • Chiens, Paris, Coll. Perspectives critiques, Presses Universitaires de France, 2018.

Médailles et récompenses[modifier | modifier le code]

  • Chevalier des arts et lettres (2012)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Stuart Hall », sur centrepompidou.fr (consulté le 18 janvier 2017).
  2. Cf. le décret publié au Journal Officiel.
  3. « Le Journal des Arts N°355 », sur www.lejournaldesarts.fr (consulté le 8 juillet 2015).
  4. Jean-Marie Durand, « Les Inrocks - La seconde édition de la Nuit des idées est une réussite », sur Les Inrocks, (consulté le 27 janvier 2017).
  5. Thomas Mahler, « Mark Alizart - Pourquoi nous sommes tous (un peu) protestants », Le Point,‎ (lire en ligne).
  6. Robert Maggiori, « Mark Alizart, au début était le code », Libération.fr,‎ (lire en ligne).

Liens externes[modifier | modifier le code]