Marius d'Avenches
| Marius d'Avenches | |
| Saint ; premier évêque de Lausanne | |
|---|---|
| Date de naissance | vers 530 |
| Lieu de naissance | diocèse d'Autun |
| Date de décès | ou 594 |
| Lieu de décès | Lausanne |
| Autres noms | Maire, Maure |
| Vénéré à | Canton de Vaud en Suisse |
| Vénéré par | Église catholique romaine Églises orthodoxes |
| Fête | 31 décembre[réf. nécessaire] |
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Marius d'Avenches, en latin Marius Aventicensis, aussi connu comme saint Marius, saint Maire[1] ou saint Maure[2], est un homme d'Église du VIe siècle, évêque d'Avenches (actuel canton de Vaud, en Suisse), et peut-être premier évêque de Lausanne. Il est aussi l'auteur d'une chronique, source notable pour l'histoire de cette région à l'époque mérovingienne.
En tant que saint, il est fêté le [1].
Biographie
[modifier | modifier le code]Il naît peu de temps après la conquête (534) du royaume des Burgondes (où se trouve Avenches) par les rois francs mérovingiens successeurs de Clovis.
Problème de la datation de la vie de Marius
[modifier | modifier le code]Un seul document d'époque atteste son existence : les souscriptions du concile de Mâcon en 585[3], où il signe en tant qu'« évêque d'Avenches ».
Aucun autre document ne fournit directement les dates essentielles de la vie de Marius d'Avenches, mais on peut les reconstituer en partie.
En 1235, Conon d'Estavayer reprend les Annales de Flavigny et de Lausanne, texte du Xe siècle, pour évoquer la vie de saint Marius. Il indique notamment que celui-ci serait mort à l'âge de 64 ans[4],[5], « la même année que le roi Gontran ». Or Gontran est mort vraisemblablement vers 593, à la fin d'un mois de mars[6].
Selon l'historien suisse Justin Favrod (né en 1963), la clé qui permet de résoudre ce problème de datation se trouve dans la date de fondation de l'église de Payerne que Conon donne au[pas clair] « huit des calendes de juillet pendant la cinquième indication, la quatorzième année de son épiscopat sous le règne du Seigneur de Gontran[6]. », ce qui correspond au [6], soit un début d'épiscopat de Marius en 573.
Marius est donc probablement né aux alentours de 530, a probablement été ordonné prêtre en 567 et a reçu en la consécration épiscopale, devenant évêque d'Avenches ; son épiscopat a duré vingt ans et huit mois, donc jusqu'en [7], jusqu'au selon Favrod[8].
Origine et formation
[modifier | modifier le code]Selon le cartulaire du chapitre de Notre-Dame de Lausanne, Marius d'Avenches serait originaire d'Autun (actuel département français de la Saône-et-Loire), et serait d'ascendance gallo-romaine et non pas germanique[8].
Il entre très probablement dans les ordres avant sa dixième année.
Marius Besson émet l'hypothèse qu'il ait été tonsuré au monastère Saint-Symphorien d'Autun[8], mais il n'en existe aucune preuve catégorique et il aurait tout aussi bien pu entrer dans les ordres à l'église d'Autun comme à celle d'Avenches, ou bien commencer sa vie monastique au monastère de Saint-Maurice d'Agaune[9].[pas clair]
Évêque d'Avenches (à partir de 573 environ)
[modifier | modifier le code]Problème de la localisation réelle du siège épiscopal d'Avenches
[modifier | modifier le code]En général, les diocèses chrétiens de Gaule à l'époque mérovingienne[10] prennent la suite des diocèses de la fin de l'Empire romain, qui eux-mêmes avaient été établis dans le cadre des cités gallo-romaines (par exemple : la cité des Parisii, des Andécaves ou des Pétrocores).
Avenches (située dans l'actuel canton de Vaud en Suisse), alors appelée Aventicum, étant le chef-lieu de la cité des Helvètes dans l'Empire romain, il parait normal qu'elle soit encore siège épiscopal à l'époque mérovingienne (de même que, par exemple, Paris, Angers ou Périgueux).
Mais Avenches a subi dès le IIIe siècle une attaque d'envahisseurs germanique, des Alamans, et la ville, d'environ 20 000 habitants jusque-là, a périclité, de sorte que le siège du diocèse a oscillé entre Avenches et Windisch (Vindonissa) puis Lausanne[10].
Néanmoins, lors du second concile de Mâcon (585)[3], Marius se désigne comme « évêque d'Avenches »[11], ville dans laquelle il est le plus probable qu'il ait résidé[12] ; sa signature au concile servirait de preuve[13].
Marius a-t-il transféré le siège épiscopal à Lausanne ?
[modifier | modifier le code]On sait que le siège épiscopal de cette région est définitivement installé à Lausanne vers 650 ; rien n'atteste donc catégoriquement que Marius ait eu son siège à Lausanne[11].
Néanmoins, on attribue généralement le transfert à Lausanne du siège de l'évêché à Marius en se fondant sur les Annales de Flavigny et de Lausanne, qui désignent Marius comme « évêque de Lausanne ». Mais il s'agit d'un texte du Xe siècle,
On peut aussi se fonder sur le cartulaire du chapitre de Notre-Dame de Lausanne qui affirme que Marius a été inhumé dans l'église Saint-Tyrse. Mais cette église se trouvait dans l'enceinte de la ville et il n'était pas de coutume pour les Romains d'enterrer un mort dans la ville[pas clair][13]. De plus, les reliques de Marius n'ont jamais eu de culte dans cette église[13].
Les historiens situent donc le siège de son évêché tantôt à Avenches, quasiment à l'état de ruines à l'époque, ou à Lausanne où se trouvait un bourg fortifié.
Aperçu de l'épiscopat de Marius
[modifier | modifier le code]Après son ordination épiscopale, on attribue à Marius la construction de plusieurs églises dans son diocèse, dont certaines dédiées à des martyrs d'Autun, en référence à une tradition selon laquelle l'évêque aurait fait venir sur ses terres épiscopales des reliques provenant de son diocèse d'origine[9].
Son épitaphe renseigne aussi sur sa vie, mais de façon très générale et peu précise. Marius aurait vécu de façon ascétique et humble, effectuant les missions qui incombent à l'évêque comme rendre la justice, secourir les pauvres, diriger les clercs de son Église, célébrer les offices divins, etc.[9].
Il fonde l'abbaye Notre-Dame de Payerne le [6], construite sur une villa romaine, il en fonda peut-être d'autres dans son diocèse dédiées à des saints d'Autun.
Mort et funérailles
[modifier | modifier le code]Il est enterré dans l'église Saint-Thyrse de Lausanne où ses reliques sont conservées.
À la fin du VIe siècle, l'église change de patronage et devient l'église Saint-Maire[14]. Connu dans la tradition comme saint Maire ou saint Maure, il a laissé un important souvenir dans la région.
Après sa mort, le siège épiscopal reste vacant près de 45 ans ; ce n'est qu'en 639 qu'un nouvel évêque, Arricus, devient évêque de Lausanne.
La Chronique de Marius d'Avenches
[modifier | modifier le code]Marius est l'auteur d'une chronique universelle, couvrant les années 435 à 581, prolongeant celle de Prosper d'Aquitaine et s'inspirant de sources diverses et d'événements contemporains. Se considérant comme romain, il date les années en référence aux consuls et aux empereurs de l'Empire romain d'Orient, qui existe toujours, contrairement à l'Empire romain d'Occident (aboli en 476).
Cette chronique donne des indications précieuses, surtout pour l'histoire du royaume des Burgondes.
C'est le premier texte qui utilise le terme variola (variole) pour décrire une épidémie survenue en Gaule et en Italie en 570[15].
C'est aussi l'un des deux textes qui parle de l'éboulement du Tauredunum[16], à l'origine d'un tsunami du lac Léman.
Postérité spirituelle
[modifier | modifier le code]Marius d'Avenches est, avec Grégoire Palamas, le saint patron de la paroisse francophone orthodoxe du patriarcat de Serbie à Lausanne, la paroisse Saint Maire et Saint Grégoire Palamas[17].
Le château Saint-Maire, construit sur l'ancien couvent du même nom, porte le nom de l'évêque.
Notes et références
[modifier | modifier le code]- « Saint Marius : évêque d'Avenches-Lausanne en Suisse », sur nominis.cef.fr, Conférence des évêques de France (consulté le )
- ↑ Dénomination locale comme en témoignent les armoiries d'Avenches.
- Odette Pontal, Histoire des conciles mérovingiens, Paris, CNRS - Cerf - Institut de Recherche et d'Histoire des Textes, , 428 p. (ISBN 978-2-20403-191-2), p. 163 dans la version en allemand).
- ↑ Favrod 1993, p. 111
- ↑ Roulin 2004, p. 7
- Favrod 1993, p. 14
- ↑ Maxime Reymond, « Les fondations de Saint Maire : évêque de Lausanne », Revue historique vaudoise, vol. 12, no 11, , p. 347-355 (DOI 10.5169/seals-13317)
- Favrod 1993, p. 15
- Favrod 1993, p. 16
- Favrod 1993, p. 20
- Favrod 1993, p. 21
- ↑ Favrod 1993, p. 22
- Favrod 1993, p. 23
- ↑ Ernst Tremp, « Patronage (saints) » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du
- ↑ J-F Saluzzo, La variole, Paris, PUF, coll. « Que sais-je ? » (no 3690), , 127 p. (ISBN 2-13-053409-0), p. 16.Le texte porte « Marius, évêque d'Avranches », le contexte indiquant clairement qu'il ne peut s'agir que de Marius d'Avenches.
- ↑ Pierre Barthélémy, « Des chercheurs reconstituent le tsunami du lac Léman de l’an 563 », Passeur de sciences, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ « Paroisse orthodoxe Saint Maire et Saint Grégoire Palamas », orthodoxie.ch (consulté le )
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Éditions de la Chronique
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: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.
- Marc Szwajcer, Marius d'Avenches, Chroniques (455-481), texte original et traduction.
- Justin Favrod, La Chronique de Marius d'Avenches (455 ~ 581) : Texte, traduction et commentaires, Lausanne, Université de Lausanne, , 2e éd., 144 p.

Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Philippe Roulin (Coordinateur) et al., Oulens s/Echallens : village du Gros-de-Vaud à découvrir, Oulens-sous-Échallens, Commune d'Oulens, , 264 p.

- Patrick Braun, Helvetia Sacra : Section IV : Le diocèse de Lausanne (VIe siècle–1821), de Lausanne et Genève (1821–1925) et de Lausanne Genève et Fribourg (depuis 1925), Bâle, Helbing Lichtenhahn Verlag, , 564 p. (ISBN 3-7190-0998-X, lire en ligne [PDF]).
Articles connexes
[modifier | modifier le code]- Royaume des Burgondes, Royaumes francs
- Mary le confesseur
- Maris, Marthe, Audifax et Abacum
- Château Saint-Maire
- Liste des évêques de Lausanne, Genève et Fribourg
Liens externes
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- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :
- Évêque du VIe siècle
- Évêque de Lausanne
- Écrivain de langue latine
- Saint catholique et orthodoxe du VIe siècle
- Saint de Bourgogne
- Chroniqueur du haut Moyen Âge
- Personnalité religieuse liée au Morvan
- Personnalité du haut Moyen Âge par nom
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