Marius Lepage

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Marius Lepage
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Marius Lepage, né le à Château-Gontier (Mayenne) et mort le 1er juin 1972 est un écrivain français et franc-maçon.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origine[modifier | modifier le code]

Né dans le milieu paysan et abandonné par ses parents à sa naissance, Marius Lepage fut recueilli par un oncle, facteur à Laval. Il y poursuivit ses études et y fut initié à la franc-maçonnerie dans la « Loge Volney » du Grand Orient de France le 24 janvier 1926, qu'il dirigea sans interruption de 1946 à 1963[1]. Il dota cette loge d'un rituel assez particulier qu'elle continuera d'utiliser après qu'il en aura démissionné.

Excellent nageur, il est capitaine de l'équipe de water-polo du Stade lavallois. Volontaire pendant la guerre 1939-40, il combat encore trois jours après l'armistice.

Il entretient d'excellentes relations avec l'évêché de Laval[2], et Mgr Paul Richaud intervient en sa faveur près du Gouvernement de Vichy afin d'éviter sa révocation, alors que son nom vient d'être publié sur le Journal officiel dans la liste des franc-maçons.

Il fut l'un des proches collaborateurs d'Edouard Bonnefoy alors qu'il était préfet de la Mayenne pendant la Seconde Guerre mondiale.

Franc-maçonnerie[modifier | modifier le code]

Illustre franc-maçon, il est l'auteur de nombreux articles et de plusieurs ouvrages sur la franc-maçonnerie. Il fut en particulier le premier à établir une différence fondamentale entre l’« ordre maçonnique » dans son essence et les obédiences maçonniques qui n’en sont pour lui que les manifestations temporelles. Il le fit notamment dans une série d’articles qu'il publia dans la revue Le Symbolisme, créée en 1912 par Oswald Wirth, dont il devint rédacteur en chef en 1945 puis directeur de 1956 à 1971. Il réunit par la suite ces articles en un livre intitulé L'ORDRE et les Obédiences[3].

En 1961, à l'époque où se prépare le concile œcuménique Vatican II, il organise à Laval une conférence en loge, réservée aux francs-maçons[4], au cours de laquelle le Révérend Père jésuite Michel Riquet vient présenter le point de vue des catholiques sur l'athéisme. L'organisation de cette conférence reçoit l'accord de l'évêque de Laval ainsi que celui du Grand Orient de France. Toutefois le Grand Orient, à la suite de l'émotion suscitée dans ses rangs après que la presse nationale s'est fait l'écho de l'événement, demande que la conférence prenne la forme d'une simple réunion à caractère privé et qu'il n'y soit fait aucun usage de cérémonial maçonnique[5].

Cette conférence souleve cependant des réactions assez vives de nombreuses loges du Grand Orient, en particulier de celles du Sud-Ouest, ce qui aboutit dans un premier temps à une suspension de Marius Lepage et à sa convocation devant les instances disciplinaires de l'obédience, avant qu'il ne soit acquitté par celles-ci, en première instance le , puis, après l'appel interjeté par le Conseil de l'Ordre, définitivement le 18 décembre de la même année[6].

Marius Lepage démissionnera du Grand Orient de France pour une raison différente en 1963[7] avant de créer au sein de la Grande Loge nationale française la loge Ambroise Paré à l'orient de Laval. Au mois d'août 1969, il envisagera de quitter la Grande Loge nationale française qui le déçoit pour rejoindre la Loge nationale française, nouvelle fédération de loges que René Guilly vient de fonder le 26 avril 1968. Mais il ne mettra pas son projet à exécution[8].

Il est aussi l'auteur de plusieurs articles dans L'Intermédiaire des chercheurs et curieux.

Famille[modifier | modifier le code]

Son neveu Claude Lepage (né le 12 janvier 1927), va mettre en lieu sûr l'ensemble des documents maçonniques de la loge Volney pendant la Seconde Guerre mondiale. Il est initié dans cette loge en 1945. Il est à l'origine du Judo-Club de Laval en 1950, et de celui de Dinan en 1967[9]. Il effectue de nombreux métiers avant d'être Compagnon Charpentier des Devoirs du Tour de France. Il devient en 1961 professeur de sports à Laval. Il suit son oncle en 1961 à la loge Ambroise Paré. Inventif, il est à l'origine de la création de matériels de sports[10]. Il termine sa carrière en 1965 comme Conseiller Technique Régional Natation et Sauvetage pour l’Académie de Rennes et la 3e région militaire. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages sur la natation et sur Jigoro Kano, un grand Initié.

Publications[modifier | modifier le code]

  • Histoire de la Franc-maçonnerie dans la Mayenne (1756-1951). Le Mans, Imprimerie Monnoyer, 1951. (avec la collaboration d'André Bouton) ;
  • L'ORDRE et les Obédiences, Histoire et Doctrines de la Franc-maçonnerie. Paul Derain, Lyon, 1956, Dervy-Livres, 1978, 1993.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Alain Bernheim, Marius Lepage, vol. 65, coll. « Travaux de la Loge nationale de recherche Villard de Honnecourt », 2007a
  • Alain Bernheim, Marius Lepage, vol. 66, coll. « Travaux de la Loge nationale de recherche Villard de Honnecourt », 2007b

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (Bernheim 2007a, p. 219).
  2. Achille Ricker, Histoire de la franc-maçonnerie en France, p. 464, 1978.
  3. (Bernheim 2007a, p. 220).
  4. En France, ce genre de réunion est dite « Tenue blanche fermée ».
  5. (Bernheim 2007a, p. 223-224).
  6. (Bernheim 2007a, p. 242-250).
  7. (Bernheim 2007a, p. 254-258) reproduit in-extenso sa lettre de démission.
  8. (Bernheim 2007a, p. 265).
  9. [1]
  10. Les actuels buts de football, en 1958 ; rampe de plongée sous-marine; table de références pour la répartition ‘’des engagements cardiaques’’.