Marine Stewardship Council

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Le MSC vise aussi à aider et protéger la petite pêche artisanale qui ne surexploite pas les ressources halieutiques.
La taille des filets et des mailles, le respect des quotas, la prise en compte de la vulnérabilité des populations, l'impact sur les habitats, oiseaux, tortues et l'écosystème marins, etc. sont des critères importants, mais les aspects sociaux et économiques de la pêche sont également importants pour le MSC.

Le Marine Stewardship Council (en français « Conseil pour la bonne gestion des mers », abrégé en MSC) est un label supposé garantir au consommateur — par une certification indépendante et tierce-partie — que les produits de la mer et de la pêche titulaires du label ont été pêchés durablement, en respectant les stocks de poissons et les écosystèmes marins.

Le label fait l'objet de vives critiques de la part d'organisations non gouvernementales de protection de l'environnement marin qui le trouvent trop laxiste.

Gouvernance[modifier | modifier le code]

Le label MSC est mis en place et géré par une organisation à but non lucratif ; un conseil (Council) qui associe en trois « collèges » des acteurs volontaires de la filière pêche, du monde scientifique et des acteurs de l'environnement.

Des organismes de certification sont accrédités par l'Accreditation Services International (ASI) pour évaluer des pêcheries et des entreprises selon les référentiels du MSC. Au terme de l'évaluation, l'organisme de certification décide de délivrer ou non le label et le droit de l'utiliser dans le respect d'une liste de principes et critères de bonne gestion de la ressource et de traçabilité.

Le Marine Stewardship Council (MSC) est une organisation non gouvernementale à but non lucratif, créée afin de faire évoluer l'exploitation des produits de la mer vers la durabilité. Le MSC est l'un des rares programmes de certification et d'écolabellisation pour les pêcheries en milieu sauvage (avec Friend of the Sea (en)). Il est conforme au code de bonnes pratiques de l'organisation non gouvernementale ISEAL, relatif aux normes et labels sociaux et environnementaux, et aux directives de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) en matière d'étiquetage écologique du poisson et des produits des pêches de captures marines. Ces directives sont basées sur le code de conduite pour une pêche responsable de la FAO et exigent que les programmes de certification des pêcheries et d'écolabellisation fiables incluent :

  • une évaluation objective de la pêcherie, réalisée par un tiers et étayée par une démonstration scientifique ;
  • des processus transparents associés à des procédures de consultation et d'objection des parties prenantes ;
  • des normes basées sur la durabilité relative aux espèces et aux écosystèmes cibles et aux pratiques de gestion.

Les premiers produits de la pêche certifiés par le Marine Stewardship Council ont été mis sur le marché le .

Pourquoi ?[modifier | modifier le code]

Les gouvernements n'ont pas été en mesure d'enrayer la surpêche et l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) considère qu'en 2007 52 % des stocks de poissons de la planète étaient pleinement exploités ; 19 % des stocks étaient sur-exploités ; 8 % épuisés et 20 % sous ou moyennement exploités (FAO, 2008). Selon les dernières statistiques disponibles, près de 30 % de ces stocks sont surexploités, 57 % sont pleinement exploités (c'est-à-dire que les prises atteignent ou avoisinent le rendement maximal durable) et seulement 13 % ne sont pas pleinement exploités (FAO, 2008). En 1997, à la suite de l'effondrement des bancs de morue au large de Terre Neuve, le WWF s'est associé à Unilever, un puissant groupe dans le domaine alimentaire et gros acheteur de poisson congelé, pour créer le MSC, un organisme à but non lucratif devenu indépendant de ces deux organismes en 1999.

En , l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture considérait que la faune aquatique constituait 15 à 20 % des protéines animales consommées, 30 millions d'hommes vivaient de la pêche, dont 95 % dans les pays pauvres.

60 % des pêcheries de la planète sont déjà exploitées à la limite ou au-delà de leur viabilité.

Le total des pêches (mer et eau douce) s'est élevé à 95 millions de tonnes en 1996, soit un record et une hausse de 11 millions de tonnes par rapport à la moyenne annuelle des 5 années précédentes, alors qu'on savait déjà que la ressource se réduisait.

L'aquaculture telle que pratiquée est non viable à terme ; 1 kg de crevettes ou saumon exige environ jusqu'à 5 kg d'aliments sous forme de farine de poisson, les élevages sont polluants et posent des problèmes sanitaires ; les élevages de crevettes détruisent la mangrove.

Un quart de la pêche a été transformé en farines ou en huiles de poisson pour alimenter les élevages (animaux ou poissons).

Les États continuent pourtant à subventionner leur pêche. Les ministres de la pêche de l'Union européenne subventionnent leur industrie à raison de 14 000 euros par bateau et par an, refusant de suivre les conseils des scientifiques qui recommandent une diminution d'au moins 50 % des quotas. L'indicateur global pour les milieux marins reflète (pour 102 espèces marines) une baisse moyenne comparable, de 35 % environ sur la même période. Enfin la pêche reste un métier très dur et dangereux. La réglementation du travail n'y est pas toujours respectée.

C'est pourquoi, faute d'actions suffisantes ou fructueuses des États, des acteurs se sont unis pour proposer le MSC.

Comment ?[modifier | modifier le code]

Après une série de consultations internationales avec les principaux acteurs concernés — des pêcheurs aux milieux scientifiques en passant par les experts juridiques et détaillants — le MSC a développé les premières normes permettant de définir une bonne gestion de la pêche à l'échelle mondiale. Les pêcheurs désirant obtenir le nouveau label MSC pour leurs produits peuvent donc demander une évaluation de leurs pratiques sur la base des critères établis par le MSC.

Financements[modifier | modifier le code]

Le MSC est une organisation à but non lucratif, financée à 80,5 % par la redevance de l'utilisation du label et à 14,9 % (entre avril 2019 et mars 2020) par des donateurs, fondations et mécènes[1] (principalement Unilever, géant de l'industrie alimentaire).

Critiques[modifier | modifier le code]

Daniel Pauly, directeur du Fisheries Centre de l'université de Colombie-Britannique (Canada), affirme qu'acheter des poissons issus d'une pêche certifiée « durable » n'est pas une réelle garantie que l'espèce consommée n'est pas en danger[2],[3]. Il remet en cause le fonctionnement du Marine Stewardship Council (MSC), le principal label garantissant « une pêche durable et bien gérée » dans le monde. Selon lui le MSC apporte sa caution à des pêcheries industrielles destructrices de l'environnement. Dans le cas du colin d'Alaska, la plus grande pêcherie certifiée MSC dans le monde, le stock en mer de Béring a diminué de 64 % entre 2004 et 2009. Le stock de merlu du Cap, également certifié, a décru de 89 % depuis la fin des années 1980. Ces critiques sont partagées par des organisations de protection de l'environnement, comme Greenpeace, le Pew Environment Trust et de nombreux scientifiques[4],[5], qui jugent également le MSC trop laxiste.

Certaines organisations non gouvernementales vont plus loin et remettent complètement en cause l'intérêt d'un tel label. Ainsi, l'association BLOOM n'hésite pas à dire, à la suite de la certification d'une pêcherie qu'elle estime être « l'une des pêcheries les moins durables et les plus destructrices au monde », que « le MSC est officiellement devenu une imposture »[6].

En 2021, le film Seaspiracy épingle le MSC pour son inefficacité à réduire les dégâts causés par la pêche industrielle, dont il ne contribue qu'à aménager l'acceptabilité[7].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Our funding and finances », sur Marine Stewardship Council (consulté le ).
  2. Gaëlle Dupont, « Polémique autour de la pêche certifiée « durable » », Le Monde, .
  3. Jennifer Jacquet, Daniel Pauly, David Ainley, Sidney Holt, Paul Dayton et Jeremy Jackson, « Seafood Stewardship in Crisis », Nature, vol. 467, no 7311,‎ , p. 28-9 (DOI 10.1038/467028a, lire en ligne).
  4. Amélie Lescroël et Sylvain Angerand, Pêche durable : MSC, l'écolabel qui encourage le massacre, Rue89 Planète
  5. « Fishing for Data in the Ross Sea », (consulté le )
  6. « Le label de pêche durable MSC torpille définitivement sa crédibilité », sur BLOOM association, (consulté le ).
  7. Ali Tabrizi, « Seaspiracy : La Pêche en Question », sur allocine.fr, .

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]