Marina Abramović

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Marina Abramović
Marina Abramović - The Artist Is Present - Viennale 2012.jpg
Marina Abramović, Vienne (Autriche), 2012
Naissance
Période d'activité
Nationalités
Serbe
République Fédérale Populaire de Yougoslavie (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Activité
Formation
Académie des beaux arts de Belgrade (en) (jusqu'en )
Académie des beaux-arts de Zagreb (en) (jusqu'en )Voir et modifier les données sur Wikidata
Représentée par
Lisson Gallery, Sean Kelly Gallery (en), Electronic Arts Intermix (en), LIMA (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Partenaires
Lieux de travail
Mouvement
Conjoints
Ulay
Neša Paripović (en) (de à )
Paolo Canevari (en) (de à )Voir et modifier les données sur Wikidata
Distinctions
Prix Princesse des Asturies pour les arts
Décoration autrichienne pour la science et l'art (en) ()
Berliner Bär ()Voir et modifier les données sur Wikidata
Sites web
Œuvres principales
Série des Rhythm (1973–1974)
Œuvres avec Ulay (1976–1988)
Balkan Baroque (1997)
The Artist is Present (2010)

Marina Abramović (en serbe en écriture cyrillique : Марина Абрамовић), née le à Belgrade, est une artiste serbe performeuse[1].

Elle fait partie du courant artistique de l'art corporel.

Biographie[modifier | modifier le code]

Marina Abramović naît à Belgrade. Son père, Vojin Abramović, fait partie de la garde d'élite du maréchal Tito. Sa mère, Danica, est à la tête d'un institut chargé des monuments historiques et de l'acquisition d'œuvres pour les bâtiments publics, et dirige le musée de l'Art et de la Révolution[2]. Sa grand-mère maternelle, très pieuse, s'occupe d'elle jusqu'à ses 6 ans. Elle est ensuite de nouveau confiée à ses parents à la naissance de son frère Velimir, entre une mère stricte et un père absent.

Entre 1965 et 1970, elle étudie à l'académie des beaux-arts de Belgrade. Elle poursuit ses études à Zagreb dans l'atelier du peintre Krsto Hegedušić. Elle retourne à Belgrade en 1973 et elle donne des cours à l'Académie des arts de Novi Sad jusqu'en 1975.

En 1973, elle effectue ses premières performances avec des objets dangereux ainsi que des médicaments, afin de se mettre à l'épreuve. Elle participe en 1975 à la Biennale de Paris, commence sa collaboration avec Ulay (son compagnon entre 1976 et 1988[3]) et effectue des recherches sur les cultures archaïques et les principes dualistes lors de multiples voyages. En 1980, elle écrit avec Ulay Relation Work and detour.

Livre d'artiste, 1978, musée CODA.

Entre 1982 et 1985, elle participe à la documenta 7 à Cassel et la Biennale de São Paulo, Brésil. En 1988, elle met fin au travail avec Ulay après avoir fait une ultime collaboration, The Great Wall Walk, en Chine. En 1992, elle participe à documenta 9 à Cassel. En 1989, elle tente de passer de l'état de conscience individuelle à l'état de conscience collective à l'aide d'installations diverses composées de bois, de cristaux et de pierre. En 1990-1991, elle est professeur invitée à l'école des beaux-arts de Berlin et à l'Académie des beaux-arts de Paris. En 1992, elle a une chaire à l'Académie des beaux-arts de Hambourg. Entre 1992 et 1995, elle enseigne à l'École supérieure des beaux-arts de Hambourg. Elle gagne le Lion d'or de la meilleure installation à la Biennale de Venise en 1997 et commence à enseigner à l'École supérieure des beaux-arts de Brunswick et continue jusqu'en 2004.

En 2005, Marina Abramović présente Balkan Erotic à la Fondation Pirelli de Milan et dans la galerie Seán Kelly à New York. Au cours de la même année, elle est honorée par le musée Solomon R. Guggenheim de New York, où elle réalise la série de performances Seven Easy Pieces. En 2010, le MoMA de New York consacre à l'artiste la rétrospective The Artist Is Present[4]. L'année suivante, le Garage Center for Contemporary Culture de Moscou héberge une rétrospective de son travail.

En 2011, Marina Abramović participe comme protagoniste à la pièce de Bob Wilson The Life and Death of Marina Abramović.

Le documentaire Marina Abramović: The Artist is Présent est présenté pour la première fois en 2012 dans le cadre du Sundance Film Festival.

Vie personnelle[modifier | modifier le code]

Marina Abramović vit et travaille à New York.

En octobre 1971, à 25 ans, elle se marie avec l'artiste Neša Paripović (en), rencontré en 1965 à l'académie des beaux-arts de Belgrade[2] ; elle le quitte en 1976 pour l'artiste Ulay[3]. Elle est ensuite mariée pendant onze ans (jusqu'en 2010) avec l'artiste Paolo Canevari (en), âgé de 17 ans de moins qu'elle. Elle partage enfin une maison à Manhattan avec Riccardo Tisci, directeur artistique chez Givenchy. Elle vit depuis seule dans un appartement de Tribeca[3].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Marina Abramović, Seven Easy Pieces, New York, 2005.

Marina Abramović fait partie du courant artistique de l'art corporel, se retrouvant physiquement en danger, une fois, presque morte asphyxiée, sous un rideau de flammes[5], pendant des performances brutales et perturbantes. Elle dit à ce propos : « Je suis intéressée par l’art qui dérange et qui pousse la représentation du danger. Et puis, l’observation du public doit être dans l’ici et maintenant. Garder l’attention sur le danger, c’est se mettre au centre de l’instant présent.[6] » Soutenue à Belgrade pour sa rébellion contre l'éducation stricte et la culture répressive de la Yougoslavie d'après-guerre de Tito, ces premières pièces sont des rituels de purification conçus pour sa propre libération[7].

The Artist is Present, MoMA, mai 2010.

En 1975, l'artiste rencontre Ulay, avec qui elle collabore, douze ans, et dans Relation in Time, en 1977, collent leurs bouches l'une à l'autre, des microphones attachés avec du ruban adhésif près de leurs gorges, respireant, tour à tour, l'air des poumons de l'un l'autre, au point de n'échanger que de l'anhydride carbonique, jusqu'au point de suffocation. Dans une œuvre de 1980, Rest Energy, ils tendent un arc avec une flèche dirigée vers le cœur de Marina : seul le poids de leurs corps maintenant la tension ; des microphones enregistrant les accélérations rapides de leurs battements de cœur. Entre 1981 et 1987, ils s'installent comme des tableaux vivants dans des musées, pendant la performance: Nightsea Crossing. Leur dernier travail, La Grande Promenade de mur de 1988, nécessite que chacun marche 2 000 kilomètres le long de la Grande Muraille, démarrant aux extrémités opposées et se réunissant au milieu. À l'origine de ce projet, cette marche l'un vers l'autre symbolisait les retrouvailles d'un couple amoureux. Mais huit ans plus tard, le temps nécessaire pour obtenir les autorisations du gouvernement chinois et leur relation s'acheminant vers une rupture, leurs retrouvailles au milieu du mur donnent lieu à une longue accolade, avant qu'ils ne s'éloignent l'un de l'autre. En 2010, ils se retrouvent pendant une minute l'un en face de l'autre durant une performance de Marina Abramović au Museum of Modern Art (MoMA)[8]. Autoproclamée « grand-mère de l'art performance[9] », elle présente, en 1997, une installation et une performance nommée Balkan Baroque à la Biennale de Venise, où elle s'enferme durant quatre jours pour nettoyer un tas d’os sanguinolents alors qu'une vidéo projetée sur le mur de la pièce évoque l’histoire des guerres de Yougoslavie[10] et reçoit le Lion d'Or du meilleur pavillon.

En 2011, elle cocrée la pièce de théâtre autobiographique The Life and Death of Marina Abramovic sous la direction de Bob Wilson au Manchester International Festival. En 2013, elle participe à la création du Boléro de Ravel pour l’Opéra de Paris aux côtés de Sidi Larbi Cherkaoui et Damien Jalet, et en signe la scénographie[11]. En 2013, elle collabore avec la chanteuse Lady Gaga pour une expérience sensorielle visant à renforcer la sensibilité physique et mentale de l'artiste[12]. Dans un entretien publié en , elle déclare à ce sujet « Lady Gaga a 43 millions d’admirateurs. Aucun artiste ou plasticien n’a une telle audience. C’est une autre manière de propager l’art »[13]. Elle inspire également le chanteur Jay-Z, et apparaît à ses côtés dans la performance artistique vidéo Picasso Baby en 2013. Accusée de satanisme, pour sa performance Devils Heaven [Le Paradis du Diable], lors d'une soirée caritative au profit du Robert Wilson's Watermill Center, le [14] car depuis les années 1990, ses dîners Spirit Cooking évoquent des repas cannibales, comme en , où une poupée en gâteau baignant dans une sauce rouge est mangée par les convives[15].

En 2021, elle inaugure le monument, Mur de cristal en larmes (Crystal wall of crying), sur le site du Centre de commémoration de l’Holocauste de Babi Yar, en hommage aux victimes du Massacre de Babi Yar, à Kiev, en Ukraine [16].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Publications[modifier | modifier le code]

  • Balkan Epic, de Marina Abramović, éd. Skira, 2006
  • L'Art du XXe siècle, éd. Taschen, 2007
  • Walk Through Walls : A Memoir, de Marina Abramović, 2016
  • Marina Abramovic (trad. Odile Demange), Traverser les murs : Mémoires [« Walk through walls »], Paris, Fayard, , 444 p. (ISBN 978-2-213-70112-7)

Bibliographie sur Marina Abramović[modifier | modifier le code]

  • Helena Reckitt et Peggy Phelan, Art and feminism, Phaidon, 2001[17]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Marina Abramović sur Artnet.com.
  2. a et b Abramović, Marina, (1946- ...) et Demange, Odile, (1955- ...), Traverser les murs : mémoires (ISBN 978-2-213-70112-7 et 2-213-70112-1, OCLC 1006636967, lire en ligne)
  3. a b et c Marion Vignal, « La reine rouge : Marina Abramovic, gourou et diva de l'art contemporain », Vanity Fair no 44, mars 2017, pp. 116-123 et 168-169 [présentation en ligne].
  4. Michel Guerrin, « Au festival Images de Vevey, les yeux dans les yeux avec Marina Abramovic », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  5. (tr + en) KhanAcademyTurkce, « Marina Abramović: Performans Sanatı Nedir? (Sanat Tarihi / Global Çağdaş Sanat) » [vidéo], sur YouTube, (consulté le )
  6. « Marina Abramović, définition d'un art nouveau », sur Maze Magazine, (consulté le )
  7. Fabienne Dumont, « Marina Abramović », AWARE : Archives of Women Artists, Research and Exhibitions,‎ (lire en ligne)
  8. (tr) « Marina Abramović e Ulay - MoMA 2010 » [vidéo], YouTube, min 37 s.
  9. Sixtine Léon-Dufour, « Marina Abramovic sans limites », sur Madame Figaro,
  10. Jérémy Felkowski, « Marina Abramovic, l'art à corps et à cri », sur Le Zéphyr, (consulté le )
  11. Marina Abramović enflamme le Boléro - Philippe Noisette, Paris Match, 4 mai 2013.
  12. Lady Gaga nue pour Marina Abramovic - Anne-Sophie Leurquin, Le Soir, 8 août 2013
  13. « Marina Abramović – Guerrière de l’art contemporain », Workmag.me,
  14. (en) « Marina Abramovic on Right-Wing Attacks: “It’s Absolutely Outrageous and Ridiculous” » - Andrew Russeth, ARTnews, 11 avril 2016.
  15. (en-US) « Marina Abramović Dinner Party Mistaken for Satanic Ritual », sur artnet News, (consulté le )
  16. https://www.haaretz.com/life/.premium.MAGAZINE-marina-abramovic-has-healed-from-her-own-art-now-she-s-healing-visitors-to-babi-yar-1.10311958
  17. (en) Reckitt, Helena. et Phelan, Peggy., Art and feminism, Londres, Phaidon, , 304 p. (ISBN 0-7148-3529-3, 9780714835297 et 9780714863917, OCLC 48098625, lire en ligne)