Marielle Franco

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Marielle Franco
Marielle Franco.jpg
Fonction
Conseiller municipal de Rio de Janeiro (d)
-
Babá (en)
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 38 ans)
Rio de JaneiroVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Marielle Francisco da SilvaVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activités
Autres informations
Parti politique
Site web
Distinction
Medalha Tiradentes (d) ()Voir et modifier les données sur Wikidata

Marielle Francisco da Silva, dite Marielle Franco, née le à Rio de Janeiro et morte assassinée le dans la même ville[1], est une femme politique, sociologue[2] et militante des droits humains brésilienne.

Elle est membre du Conseil municipal de Rio de Janeiro, comme représentante du Parti socialisme et liberté (PSOL) de janvier 2017 à mars 2018.

Biographie[modifier | modifier le code]

Formation[modifier | modifier le code]

Diplômée en sciences sociales de l'université pontificale catholique de Rio de Janeiro (PUC-Rio)[3], Marielle Franco est titulaire d'une maîtrise en administration publique de l'Université fédérale de Rio[4]. Son militantisme en faveur des droits Humains et contre les actions violentes dans la favela commence à la suite de la mort d'une amie, victime d'une balle perdue lors d'une fusillade impliquant la police et les trafiquants de drogue dans le quartier de Complexo da Maré, où Marielle est née et a vécu[5],[6],[4],[7].

Carrière politique[modifier | modifier le code]

En 2006, Marielle Franco intègre l'équipe de campagne que Marcelo Freixo, membre du Parti socialisme et liberté (PSOL), a choisie pour les élections à l'Assemblée législative de l'État de Rio de Janeiro. Après l'élection de ce dernier, elle est nommée conseillère parlementaire du député et assume la coordination de la Commission pour la défense des droits de l'homme et de la citoyenneté de l'Assemblée législative[5].

En 2016, pour sa première candidature, elle est élue conseillère à la Chambre municipale de la ville de Rio de Janeiro pour la coalition Mudar é possível (« changer est possible »), formée par le PSOL et le Parti communiste brésilien. En obtenant plus de 46 000 voix , elle est le cinquième candidat qui recueille le plus de suffrages sur l'ensemble de la ville[8].

Elle a souhaité faire de son mandat un lieu de débat sur le genre, la favela, la négritude. Elle a présenté 116 propositions et 16 projets de loi, dont un sur la garantie d'accès à l'avortement dans les cas prévus par la loi et un sur l'ouverture des crèches la nuit. Elle était présidente de la Commission de Défense de la Femme[9].

Elle dénonce, dans une critique publique, la violence de la police militaire de Rio de Janeiro dans les favelas[10],[11],[6].

Assassinat[modifier | modifier le code]

Le 14 mars 2018, Marielle Franco et son chauffeur, Anderson Pedro Gomes, sont assassinés par arme à feu dans le centre de Rio de Janeiro[12],[13],[3].

Selon Human Rights Watch, ce meurtre est lié à « l'impunité à Rio de Janeiro » et au « système de sécurité défaillant » dans l'État[14].

Sa mort donne lieu immédiatement à l'organisation de manifestations dans au moins dix villes du Brésil puis dans tout le pays[15],[2]. Le 26 mars 2018, un groupe d'experts indépendants des Nations unies, y compris Michel Forst, Rapporteur spécial sur la situation des défenseurs des droits de l'homme, ont relevé le caractère alarmant de sa mort et de la situation des défenseurs des droits de l'homme au Brésil et ont demandé qu'une enquête impartiale soit menée dans les meilleurs délais[16].

En mars 2018, la police trouve que les balles qui ont été utilisées dans l´assassinat de Marielle Franco sont les mêmes que celles utilisées lors de l´exécution simultanée de 17 personnes dans les villes de Barueri et Osasco dans l´état de São Paulo en 2015. Ces balles faisaient partie d´un lot vendu à la police fédérale de Brasilia en 2006[17]. Deux ex-militaires faisant partie des milices (organisations qui contrôlent le crime organisé) soupçonnés d'avoir pris part à son assassinat sont arrêtés en juillet[18].

Selon la presse brésilienne, trois hommes politiques — Edson Albertassi, Paulo Melo et Jorge Picciani — seraient impliqués dans l'assassinat de Marielle Franco. Ces trois députés de l’État de Rio de Janeiro appartiennent au Mouvement démocratique brésilien (MDB) du président Michel Temer[19]. Pour Richard Nunes, le secrétaire à la sécurité de l´état de Rio, Marielle Franco aurait été vue comme une menace par les milices qui contrôlent le cadastre des terres dans les bidonvilles et son assassinat planifié dès 2017[20].

D'après Armelle Enders, historienne au CNRS, « L’attentat contre Marielle Franco est survenu dans une conjoncture très particulière. Depuis le 16 février, la sécurité publique de Rio de Janeiro avait été placée sous la responsabilité de l’armée fédérale et non, comme la Constitution le prescrit, sous celle du gouverneur de l’État de Rio de Janeiro et de la police militaire régionale. Cette mesure a été prise par le président Michel Temer au prétexte que l’insécurité battait des records ».

Selon Amnesty international, la mort de Marielle Franco a suscité des commentaires d’une rare violence, notamment de la part de la droite extrême avec des réseaux sociaux saturés d’injures à l’égard de l’élue noire et lesbienne[21]. Durant la campagne électorale de 2018, Rodrigo Amorim, candidat et futur député de l´état de Rio du Parti social-libéral (le parti du président du Brésil, Jair Bolsonaro) a brisé une plaque commémorative de Marielle Franco en présence de Wilson Witzel, candidat du Parti social-chrétien, futur vainqueur de l´élection au poste de gouverneur de l´état de Rio de Janeiro[22]. Ce dernier présentera ses excuses à la famille de Marielle[23].

Références[modifier | modifier le code]

  1. (pt-br) Estado de Minas, « Saiba quem era Marielle Franco, vereadora assassinada a tiros no Rio », Estado de Minas,‎ (lire en ligne, consulté le 17 mars 2018)
  2. a et b « Marielle Franco, l'exécution qui révolte le Brésil », Politis.fr,‎ 20180315 19:33 (lire en ligne, consulté le 15 mars 2018).
  3. a et b « Marielle Franco, une voix des favelas de Rio étouffée par les balles », Libération.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 15 mars 2018)
  4. a et b (pt-br) « Da Maré, Marielle Franco chega à Câmara como a quinta mais votada », O Globo,‎ (lire en ligne, consulté le 15 mars 2018).
  5. a et b « Le Brésil s’émeut de l’assassinat d’une conseillère municipale de gauche à Rio », RFI,‎ (lire en ligne, consulté le 15 mars 2018).
  6. a et b Michael Lowy, « Assassinat de Marielle Franco », Club de Mediapart,‎ (lire en ligne, consulté le 15 mars 2018).
  7. « Marielle Franco, une voix des favelas de Rio étouffée par les balles », Capital.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 15 mars 2018).
  8. (pt-br) « Marielle Franco 50777 (Vereadora) », sur Eleições 2016 (consulté le 15 mars 2018).
  9. (pt) « 'Estou viva. Mas a alma oca. A carne, ainda trêmula', diz assessora de Marielle », sur jb.com.br, (consulté le 18 mars 2018).
  10. (en-GB) « Outrage over murder of Rio councillor », BBC News,‎ (lire en ligne).
  11. (pt-br) « Vereadora Marielle Franco é assassinada no Rio; polícia investiga homicídio doloso - Notícias - Cotidiano », Cotidiano,‎ (lire en ligne, consulté le 15 mars 2018).
  12. (en) Associated Press, « Marielle Franco, councillor and police critic, shot dead in targeted killing in Rio », sur the Guardian, (consulté le 15 mars 2018).
  13. « Brésil : une conseillère municipale de Rio abattue en pleine rue », leparisien.fr,‎ 2018-03-15cet09:31:08+01:00 (lire en ligne, consulté le 15 mars 2018).
  14. (pt) « Declaração da Human Rights Watch sobre a morte da vereadora Marielle Franco e Anderson Pedro Gomes », Human Rights Watch,‎ (lire en ligne, consulté le 15 mars 2018).
  15. (pt-br) « Atos de protesto por Marielle Franco estão marcados em mais de 10 capitais », Justificando,‎ (lire en ligne).
  16. (en) « Brazil: UN experts alarmed by killing of Rio human rights defender who decried military intervention », Protecting Defenders,‎ (lire en ligne, consulté le 1er octobre 2018)
  17. (pt-br) « Munição que matou Marielle é do mesmo lote usado em chacina na Grande SP em 2015 », sur G1 (consulté le 25 janvier 2019)
  18. « Detienen en Brasil a sospechosos del asesinato de Marielle Franco », Telesur,‎ (lire en ligne, consulté le 25 juillet 2018)
  19. « Meurtre de Marielle Franco au Brésil : des hommes politiques impliqués », sur lci.fr,
  20. « Richard Nunes: milicianos mataram Marielle para que não atrapalhasse grilagem », sur O Dia - Rio de Janeiro (consulté le 25 janvier 2019)
  21. Amnesty International [1]
  22. (pt-br) « 'Ali perdi meu pai', diz filho de Witzel sobre ato que destruiu placa de Marielle », sur Folha de S.Paulo, (consulté le 25 janvier 2019)
  23. (pt-br) « Witzel pede desculpas à família de Marielle por quebra de placa », sur Folha de S.Paulo, (consulté le 25 janvier 2019)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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