Marielle Franco

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Marielle Franco
Marielle Franco.jpg
Marielle Franco en 2016.
Fonction
Councillor of Rio de Janeiro (d)
-
Babá (en)
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 38 ans)
Rio de JaneiroVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Marielle Francisco da SilvaVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activités
Autres informations
Parti politique
Site web
Distinction
Medalha Tiradentes (d) ()Voir et modifier les données sur Wikidata

Marielle Francisco da Silva, dite Marielle Franco, née le à Rio de Janeiro et morte assassinée le dans la même ville[1], est une femme politique, sociologue et militante des droits de l'homme brésilienne.

Elle est membre du Conseil municipal de Rio de Janeiro, comme représentante du Parti socialisme et liberté (PSOL) de janvier 2017 à mars 2018.

Biographie[modifier | modifier le code]

Formation[modifier | modifier le code]

Diplômée en sciences sociales de l'université pontificale catholique de Rio de Janeiro (PCU-Rio)[2], Marielle Franco est titulaire d'une maîtrise en administration publique de l'Université fédérale de Rio[3]. Son militantisme en faveur des droits de l'Homme et contre les actions violentes dans la favela commence à la suite de la mort d'une amie, victime d'une balle perdue lors d'une fusillade impliquant la police et les trafiquants de drogue dans le quartier de Complexo da Maré, où Marielle est née et a vécu[4],[5],[3],[6].

Carrière politique[modifier | modifier le code]

En 2006, Marielle Franco intègre l'équipe de campagne que Marcelo Freixo, membre du Parti socialisme et liberté (PSOL), a choisie pour les élections à l'Assemblée législative de l'État de Rio de Janeiro. Après l'élection de ce dernier, elle est nommée conseillère parlementaire du député et assume la coordination de la Commission pour la défense des droits de l'homme et de la citoyenneté de l'Assemblée législative[4].

En 2016, pour sa première candidature, elle est élue conseillère à la Chambre municipale de la ville de Rio de Janeiro pour la coalition Mudar é possível (« changer est possible »), formée par le PSOL et le Parti communiste brésilien. En obtenant plus de 46 000 voix, elle est le cinquième candidat qui recueille le plus de suffrages sur l'ensemble de la ville[7].

Elle a souhaité faire de son mandat un lieu de débat sur le genre, la favela, la négritude. Elle a présenté 116 propositions et 16 projets de loi, dont un sur la garantie d'accès à l'avortement dans les cas prévus par la loi et un sur l'ouverture des crèches la nuit. Elle était présidente de la Commission de Défense de la Femme[8].

Elle dénonce, dans une critique publique, la violence de la police militaire de Rio de Janeiro dans les favelas[9],[10],[5].

Assassinat[modifier | modifier le code]

Le 14 mars 2018, Marielle Franco et son chauffeur, Anderson Pedro Gomes, sont assassinés par arme à feu dans le centre de Rio de Janeiro[11],[12],[2].

Selon Human Rights Watch, ce meurtre est lié à « l'impunité à Rio de Janeiro » et au « système de sécurité défaillant » dans l'État[13].

Sa mort donne lieu immédiatement à l'organisation de manifestations dans au moins dix villes du Brésil puis dans tout le pays[14],[15]. Le 26 mars 2018, un groupe d'experts indépendants des Nations unies, y compris Michel Forst, Rapporteur spécial sur la situation des défenseurs des droits de l'homme, ont relevé le caractère alarmant de sa mort et de la situation des défenseurs des droits de l'homme au Brésil et ont demandé qu'une enquête impartiale soit menée dans les meilleurs délais[16].

Deux anciens militaires soupçonnés d'avoir pris part à son assassinat sont arrêtés en juillet[17].

Selon la presse brésilienne, trois hommes politiques — Edson Albertassi, Paulo Melo et Jorge Picciani — seraient impliqués dans l'assassinat de Marielle Franco. Ces trois députés de l’État de Rio de Janeiro appartiennent au Mouvement démocratique brésilien (MDB) du président Michel Temer[18]. D'après Armelle Enders, historienne au CNRS, « L’attentat contre Marielle Franco est survenu dans une conjoncture très particulière. Depuis le 16 février, la sécurité publique de Rio de Janeiro avait été placée sous la responsabilité de l’armée fédérale et non, comme la Constitution le prescrit, sous celle du gouverneur de l’État de Rio de Janeiro et de la police militaire régionale. Cette mesure a été prise par le président Michel Temer au prétexte que l’insécurité battait des records ». L’enquête traîne en longueur. Sa sœur Anielle affirme en octobre 2018 : « Je suis très triste d'avoir à dire cela, mais à ce jour, avec Bolsonaro et son entourage à la tête du Brésil, je ne sais pas si on arrivera à savoir un jour qui l'a tuée ». Selon Amnesty international, la mort de Marielle Franco a suscité des commentaires d’une rare violence, notamment de la part de la droite extrême avec des réseaux sociaux saturés d’injures à l’égard de l’élue noire et lesbienne[19]

Références[modifier | modifier le code]

  1. (pt-br) Estado de Minas, « Saiba quem era Marielle Franco, vereadora assassinada a tiros no Rio », Estado de Minas,‎ (lire en ligne)
  2. a et b « Marielle Franco, une voix des favelas de Rio étouffée par les balles », Libération.fr,‎ (lire en ligne)
  3. a et b (pt-br) « Da Maré, Marielle Franco chega à Câmara como a quinta mais votada », O Globo,‎ (lire en ligne).
  4. a et b « Le Brésil s’émeut de l’assassinat d’une conseillère municipale de gauche à Rio », RFI,‎ (lire en ligne).
  5. a et b Michael Lowy, « Assassinat de Marielle Franco », Club de Mediapart,‎ (lire en ligne).
  6. « Marielle Franco, une voix des favelas de Rio étouffée par les balles », Capital.fr,‎ (lire en ligne).
  7. (pt-br) « Marielle Franco 50777 (Vereadora) », sur Eleições 2016 (consulté le 15 mars 2018).
  8. (pt) « 'Estou viva. Mas a alma oca. A carne, ainda trêmula', diz assessora de Marielle », sur jb.com.br, (consulté le 18 mars 2018).
  9. (en-GB) « Outrage over murder of Rio councillor », BBC News,‎ (lire en ligne).
  10. (pt-br) « Vereadora Marielle Franco é assassinada no Rio; polícia investiga homicídio doloso - Notícias - Cotidiano », Cotidiano,‎ (lire en ligne).
  11. (en) Associated Press, « Marielle Franco, councillor and police critic, shot dead in targeted killing in Rio », sur the Guardian, (consulté le 15 mars 2018).
  12. « Brésil : une conseillère municipale de Rio abattue en pleine rue », leparisien.fr,‎ 2018-03-15cet09:31:08+01:00 (lire en ligne).
  13. (pt) « Declaração da Human Rights Watch sobre a morte da vereadora Marielle Franco e Anderson Pedro Gomes », Human Rights Watch,‎ (lire en ligne).
  14. (pt-br) « Atos de protesto por Marielle Franco estão marcados em mais de 10 capitais », Justificando,‎ (lire en ligne).
  15. « Marielle Franco, l'exécution qui révolte le Brésil », Politis.fr,‎ 20180315 19:33 (lire en ligne).
  16. (en) « Brazil: UN experts alarmed by killing of Rio human rights defender who decried military intervention », Protecting Defenders,‎ (lire en ligne)
  17. « Detienen en Brasil a sospechosos del asesinato de Marielle Franco », Telesur,‎ (lire en ligne)
  18. « Meurtre de Marielle Franco au Brésil : des hommes politiques impliqués », sur lci.fr,
  19. Amnesty International [1]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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