Marie von Wallersee-Larisch

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Marie von Wallersee-Larisch
Freiin Marie Wallersee.jpg
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 82 ans)
AugsbourgVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom dans la langue maternelle
Marie Louise Elisabeth von WallerseeVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Marie Louise Elisabeth MendelVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Actrice de cinéma, aristocrateVoir et modifier les données sur Wikidata
Père
Mère
Henriette Mendel (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint

Marie-Louise Elisabeth von Wallersee, née le 24 février 1858, décédée le 4 juillet 1940, devenue comtesse Larisch par son mariage, est une nièce de l'impératrice d'Autriche Élisabeth de Wittelsbach, dite Sissi. Compromise dans le drame de Mayerling, disgraciée, elle laissa des Mémoires controversées sur sa vie mouvementée.

Biographie[modifier | modifier le code]

La nièce morganatique de l'impératrice[modifier | modifier le code]

Marie-Louise est la fille illégitime de Louis-Guillaume en Bavière (1831-1920), duc en Bavière, et de l'actrice Henriette Mendel. L'année suivante, le duc a de sa maîtresse un fils qui ne vécut pas. Bravant les conventions de son milieu, il épouse la mère de ses enfants en 1859. La comédienne n'étant pas née princesse l'union reste morganatique, Leurs enfants reconnus légitimes mais non dynastes. La discrète Henriette est anoblie et porte le titre de baronne von Wallersee. Issue d'un mariage morganatique la petite Marie-Louise porte le nom et le titre de sa mère.

Bien éduquée, jolie et excellente cavalière, elle ne peut pas fréquenter la cour du fait de ses origines.

Paradoxalement, c'est à cause de ses origines, qu'elle plait à son excentrique "Tante Sissi", l'impératrice d'Autriche, elle aussi fervente cavalière, qui lui accorde sa protection et, par provocation, la fait pénétrer dans les cercles aristocratiques, au grand dam de ceux qui trouvent que cette fille d'actrice n'a pas sa place à la Cour.

L'impératrice confie à Marie-Louise, alors âgée de 15 ans, le rôle ambigu, voire humiliant, d'être une "compagne de jeu" et une confidente pour sa fille Marie-Valérie qui n'a que 7 ans.

Un grand mariage[modifier | modifier le code]

Marie von Wallersee

L'impératrice pousse encore l'avantage et se sert de Marie-Louise pour se venger de l'aristocratie tchèque qui, dans les premiers temps de son mariage, l'a humiliée. Elle arrange, seule et sans consulter personne - ni Marie-Louise, ni ses parents, ni même l'empereur - le mariage de Marie-Louise avec un riche aristocrate de Bohême. En 1877, à l'âge de 19 ans, Marie-Louise épouse, dans le palais hongrois de Gödöllö, propriété personnelle de l'impératrice, le comte Georges de Larisch-Moennisch (1855-1928) qui ne fait qu'obéir à sa souveraine et à ses propres ambitions.

Le couple s'installe à Troppau (Silésie) avant d'être nommés respectivement dame de la Cour et chambellan à Vienne, alors que les contacts avec l’impératrice s'espacent. Ce mariage est en fait un cadeau de rupture de la part de l'impératrice qui commence à se lasser de ses propres enfantillages et revient peu à peu à la raison.

Le comte, comme nombre de ses pairs, mène une vie dissolue où le jeu tient une place importante, la comtesse se console en menant une vie mondaine frivole et adultère.

Durant cette union peu harmonieuse naissent cinq enfants qui meurent avant leur mère :

  • Franz-Joseph Ludwig Georg Maria, Comte Larisch de Moennich, Baron d'Ellgoth et Karwin (1878–1937), futur océanographe il épouse l’américaine Mary Saterfield avec qui il a deux fils :
    • Hans-Heinrich George Ludwig Franz Maria Comte Larisch de Moennich
    • Demetre Johann Benedikt Ferdinand Franz Maria Comte Larisch de Moennich
  • Marie Valerie Franziska Georgine (1879–1915), mariée en union secrète avec Michael Carl David Maximilian Ernst, Vicomte Chevalier Visintin natif de la ville de Trente [1], elle a un fils avec lui. Ne pouvant plus avoir des enfants et étant séparée-divorcée depuis longtemps, elle devient avec la permission religieuse missionnaire, elle meurt d'une fièvre tropicale ;
    • Giovanni Vicomte Chevalier Visentin
  • Marie Henriette Alexandra (1884–1907) morte de la variole ;
  • Georges Heinrich Maria (1886–1909) se suicide en apprenant le rôle de sa mère dans la tragédie de Mayerling et qui était son père biologique ;
  • Friedrich Karl Ludwig Maria (1894–1929)

Bien que tous reconnus par son époux, seuls les deux aînés sont indiscutablement légitimes. Marie Henriette et Georges sont issus de sa liaison avec le beau Heinrich Baltazzi, l'oncle de la baronne Marie Vetsera ; Friedrich est lui le fruit de sa liaison avec Karl Ernst von Otto-Kreckwitz, conçu alors qu'elle vit séparée de son mari depuis 1889.

Le scandale de Mayerling[modifier | modifier le code]

La comtesse Larisch et la comtesse Vetsera

La comtesse Larisch, ainsi qu'elle fut appelée à la Cour, y fréquente son cousin du même âge, l'archiduc héritier Rodolphe et son cousin et complice l'archiduc Jean-Salvator de Toscane.

De sa cousine très dépensière, l'archiduc Rodolphe et Baltazzi règleront les nombreuses dettes. Rodolphe continue à le faire lorsque celui-ci décide qu’il avait suffisamment payé de "pension alimentaire". Redevable à son cousin dépressif, Marie-Louise lui présente la nièce de son amant Marie Vetsera, âgée de 16 ans.

Peu avant le Drame de Mayerling où il doit trouver la mort, l'archiduc Rodolphe remet à sa cousine un coffret de fer contenant des papiers personnels.

Compromise par son rôle d'entremetteuse, tout comme l'archiduc Jean-Salvator par ses relations politiques, la comtesse Larisch est disgraciée par sa tante, qui lui refuse le droit de s'expliquer et lui interdit de reparaître. Elle remet le coffret en fer à l'archiduc Jean-Salvator qui, exclu de la famille impériale, disparut en mer l'année suivante.

Son mari, refusant de reprendre la vie commune et, bien qu'ayant endossé la paternité de ses trois derniers enfants, afin de sauver les apparences, divorce en 1896.

Marie-Louise se retire dans sa "Villa Valérie" de Rottach-Egern en Bavière. Sa mère, la discrète Henriette Mendel, meurt d'un cancer de l'estomac, en 1891. Son père, toujours amateur de théâtre, se remarie avec une artiste de music-hall de 40 ans sa cadette. Marie-Louise, qui a 13 ans de plus que la nouvelle épouse de son père, rompt toute relation avec lui.

Second mariage[modifier | modifier le code]

En 1897, Marie-Louise von Wallersee-Larisch épouse à Munich Otto Brucks (1854-1914), chanteur lyrique dont elle a un fils, son sixième enfant, Otto Brucks Junior (1899–1977).

Son mariage avec "cette comtesse Larisch" au passé scandaleux subit l'acrimonie, voire les calomnies de la société, et brise la carrière d'artiste du célèbre ténor, il sombre dans l'alcoolisme. Ne pouvant plus paraître sur scène, il est nommé, en 1906, directeur du théâtre de Metz, alors ville allemande.

Marie-Louise perd, à court intervalle, ses deux enfants conçus avec Heinrich Baltazzi. En 1907, sa fille Marie Henriette meurt de la variole. En 1909, son fils Georges, apprenant qui est son père, et, accablé par le lien de sa mère avec le drame de Mayerling, se suicide à Naples.

En 1914, son second mari meurt des complications d'une cirrhose du foie.

My past[modifier | modifier le code]

Après l'assassinat de l'impératrice en 1898, Marie écrit My Past avec l'aide d'un journaliste anglais (mémoires qui seront contestées quant à leur véracité) pour se justifier. La Cour de Vienne lui demande de renoncer à les publier contre contribution d'une pension à vie. Mais elle trahit ses engagements et ses Mémoires paraitront en 1913.

La Première Guerre Mondiale éclate. Marie-Louise, âgée de 56 ans, s'engage comme infirmière.

Sa chère fille aînée Marie-Valerie décède, en 1915, d'une maladie tropicale attrapée dans les missions. L'empereur son oncle s'éteint, le 21 novembre 1916 à 86 ans.

Une page de l'histoire se tourne. Le 12 novembre 1918, la monarchie des Habsbourg-Lorraine vaincue s'effondre. Marie-Louise, veuve et rejetée de tous, est ruinée.

Troisième mariage[modifier | modifier le code]

Elle en est réduite à devoir travailler. Elle devient gouvernante à Berlin, et jouera même, en 1920, dans un film muet sur la vie de l'impératrice Élisabeth.

En 1924, alors qu'elle est âgée de soixante-six ans, est publié à New York un article relatant son triste destin et où elle se déclare prête à épouser tout homme qui pourra lui faire quitter l'Europe avec son fils survivant. Un homme se porte candidat et en 1924, elle épouse l'Américain William Meyers.

Cet agriculteur de Floride, qui se fait passer pour un naturopathe, est un homme violent et un imposteur qui pensait s'enrichir en épousant une comtesse européenne. Maltraitée, elle le quitte dès 1926 et fuit s'installer dans le New Jersey. Ils divorcent en 1928.

Âgée de 70 ans, sans argent, elle est employée comme cuisinière et femme de ménage. En 1929, elle retourne en Europe.

Une triste fin[modifier | modifier le code]

Elle se bat contre des éditeurs américains et allemands qui présentent sa biographie sous un mauvais jour ou tentent de la gruger, et continue à lutter pour sa réhabilitation. Son fils cadet Friedrich meurt, suivi, en 1937, de son aîné François-Joseph. Son premier mari est décédé en 1928.

Âgée de 82 ans, ayant survécu à ses trois maris et à ses cinq enfants, la baronne de Wallersee meurt, le 4 juillet 1940, dans un hospice d'Augsbourg, au début de la Seconde Guerre mondiale.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Brigitte Sokop, Jene Gräfin Larisch, Köln, Wien, Böhlau 1985, 4.ed 2006

Articles connexes[modifier | modifier le code]