Marie de Kerstrat

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Marie de Kerstrat
Biographie
Naissance
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Nom de naissance
Marie de TréouretVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité

Marie de Kerstrat, nom d'usage de Marie de Tréouret, épouse Grandsaignes d'Hauterive, née le au château de Trohanet à Langolen (Finistère) et morte le à Pont-l'Abbé, est une pionnière du tourisme dans la région de Pont-l'Abbé et de la diffusion des spectacles cinématographiques au Canada et aux États-Unis (1897-1910), puis aux Bermudes, à Saint-Pierre-et-Miquelon et à Saint-Malo.

Son père portait le titre de comte de Kerstrat,

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

Son père, Joseph-Louis de Tréouret (né le au manoir de Trohanet, décédé le ) a épousé Marie-Antoinette-Adélaïde Riquetti de Mirabeau (1818-1901), une petite-fille d'un compagnon de La Fayette, André Boniface Louis Riquetti de Mirabeau, surnommé Mirabeau-Tonneau et frère du célèbre Honoré-Gabriel Riquetti de Mirabeau.
Elle a 6 frères et sœurs, dont le plus notable est Charles Marie Arundel de Tréouret (né en 1841), comte de Kerstrat, qui participe à l'expédition du Mexique de Napoléon III.
En 1868, elle épouse à Paris, Louis Étienne Hermain Gustave Grandsaignes d'Hauterive, dont elle aura un fils unique, Henry Louis Marie Grandsaignes d'Hauterive, né le à Pont-l'Abbé et décédé le , à Paris. Il est receveur des douanes à Pont-l'Abbé.

Pionnière de l'accueil touristique en Pays bigouden[modifier | modifier le code]

Grâce à un héritage, elle aménage un lieu non cultivé au sein d'un paysage maritime à Pénanveur, en Loctudy, près de l'estuaire de la Rivière de Pont-l'Abbé et à proximité d'un moulin à marée, dit moulin du Suler, qui donne son nom à la propriété.
Elle y fait construire quatre villas dédiées à l'accueil des riches touristes, en particulier anglais, à partir de de 1882. Elle est parfois considérée comme l'inventrice du village de vacances. Comme hôtesse, elle doit imaginer des animations et des distractions : promenades sur terre et sur mer, soirées récréatives, jeux, etc.
En 1894 et 1895, le peintre Maurice Denis séjourne à Loctudy et y reviendra en 1901. Selon Serge Duigou, une dizaine de ses tableaux ont dû être réalisés depuis l'une des villas de Marie de Kerstrat, car l'anse de Penanveur et le moulin du Suler y figurent[1].
La côte de Loctudy semble être alors un lieu privilégié de résidence pour des familles aristocratiques, telles que les La Grandière qui, par l'amiral Pierre-Paul de La Grandière, deviendra propriétaire du château natal de Marie de Kerstrat, les Le Normant des Varannes, les Briant de Laubrière et les Penfentenyo, qui habitent la commune depuis longtemps.

Pionnière du cinéma aux Amériques[modifier | modifier le code]

En 1897, son mari ayant disparu et son fils, exerçant comme avoué, ayant perdu tout l'argent de sa dot, elle décide d'acheter un appareil cinématographique aux frères Lumière et de tenter l'aventure des spectacles au Canada, afin d'aider son fils à rembourser son épouse. Elle embarque, avec celui-ci, à Liverpool en octobre 1897 pour se rendre à Montréal.
Ils louent une salle de théâtre dans cette ville, mais finalement décident de faire des séances de projection itinérantes dans le Québec rural peuplé de paysans, de bûcherons et d'Amérindiens[2].
Marie de Kerstrat tient la caisse à l'entrée des salles, tandis que son fils improvise des commentaires et des accompagnements au piano pour les très courts films muets projetés par de qu'ils appellent "l'historiographe".
Il s'agit de films achetés en France à la société Lumière Georges Méliès et à Pathé[3].
À partir de 1901, ils étendent leurs tournées vers les États-Unis en direction de New York et même à Saint-Louis (Missouri), mais, une législation protectionniste, défavorable aux petits exploitants, les force à s'établir aux Bermudes (1910-1911) où Marie de Kerstrat ouvre une pension de famille et vend sans trop de succès ses ouvrages en dentelle à la mode bigoudène. Après un séjour à à Saint-Pierre-et-Miquelon, ils reviennent en France en 1913.

Vie en France après 1913[modifier | modifier le code]

C'est à Rouen, chez son fils, que Marie de Kerstrat vit pendant la guerre de 1914-1918 avant de tenter, à nouveau d'exploiter une salle de cinéma à Saint-Malo, « le Saint-Pierrais ». Elle ne résiste pas à la concurrence et revient à Pont-l'Abbé en 1920, trois mois avant d'y mourir.
Ni elle, ni son fils n'ont revendiqué leur rôle de pionniers dans la diffusion du cinéma, mais cela peut s'expliquer par leur mode de vie aristocratique dans un milieu qui n'avait pas d'estime pour des aventures inconfortables menées en direction des masses populaires.

Descendance de Marie de Kerstrat[modifier | modifier le code]

Son fils a été le père en 1896 d'un Robert Grandsaignes d'Hauterive qui a fait une carrière de juriste. Il ne doit pas être confondu avec un autre Robert Grandsaignes d'Hauterive (1881-1962), spécialiste des études romanes et de l'ancien français, connu justement pour son Dictionnaire d'ancien français : Moyen Âge et Renaissance (1947).

Hommages[modifier | modifier le code]

Des rues ou des allées Marie de Kerstrat existent à Langolen, Loctudy, Plonéis, Pont-l'Abbé et Quimper.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Serge Duigou, Germain Lacasse, Marie de Kerstrat, l'aristocrate du cinématographe : en 1897, deux Bretons à la conquête du Nouveau monde, Éditions Ressac, 1987. Réédité en 2002 par les Éditions Ouest-France
  • Serge Duigou, Germain Lacasse, L’Historiographe : Les débuts du spectacle cinématographique au Québec. Montréal : Cinémathèque Québécoise, 1985
  • Serge Duigou, Germain Lacasse, Marie de Kerstrat, Éditions Ouest-France, 2003
  • Serge Duigou, La Rivière sans nom, Éditions Les îles du désert, 2008
Essai artistico-littéraire avec des toiles de Jacques Godin et des photographies d'Olivier Garros
Bande dessinée où apparaît Marie de Kerstrat

Références[modifier | modifier le code]

  1. Serge Duigou, J.-M. Le Boulanger, Le Pays bigouden, Éditions Palantines, 2010, p. 127.
  2. http://www.cinemamuetquebec.ca/content/bio/41?lang=fr
  3. http://destinsdefemmes.over-blog.com/article-34531777.html

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]