Marie Tussaud

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Marie Tussaud
Marie Tussaud.jpg

Marie Tussaud.

Naissance
Décès
(à 88 ans)
Londres
Nom dans la langue maternelle
Anna Maria TussaudVoir et modifier les données sur Wikidata
Activité

Marie Tussaud, née Marie Grosholtz ( à Strasbourg - à Londres), est la créatrice du musée de cire Madame Tussauds qu'elle ouvrit à Londres à l'âge de 74 ans[1].

Madame Tussaud vécut chez un médecin-sculpteur suisse qui lui apprit l'art de modeler la cire. Douée et passionnée, elle réalisa très tôt des effigies de personnalités de l'époque, comme Voltaire, Benjamin Franklin ou Jean-Jacques Rousseau. La Révolution lui permit d'élargir ses talents avec la création de masques mortuaires de célébrités exécutées. Lorsqu'elle s'exila en Grande-Bretagne, les effigies de Louis XVI et de Marie-Antoinette furent prisées par le public anglais.

Biographie[modifier | modifier le code]

Marie Grosholtz (parfois écrit Grossholtz ou Großholtz) est née à Strasbourg en 1761 d'un père soldat, Joseph Grosholtz originaire de Francfort, tombé durant la Guerre de Sept Ans deux mois avant la naissance de Marie. Sa mère Anne Marie Walder dut abandonner la demeure familiale pour devenir femme de ménage à Berne chez le docteur Philippe Curtius (1741-1794). Ce dernier était un physicien, médecin et aussi un sculpteur sur cire, technique qu'il utilisait principalement pour illustrer l'anatomie. Il se lança plus tard dans les portraits. L'absence de son père et sa présence dans la maison du docteur Curtius firent que Marie l'appelait son oncle.Sa mère est morte en 1761.

En 1765, Curtius déménage à Paris pour y monter un cabinet de portraits en cire et laisse Marie et sa mère à Berne. Curtius réalise un portrait de Madame du Barry, la maîtresse de Louis XV. Ce portrait est le plus vieux modèle encore exposé.

En 1767, Curtius fait venir Marie et sa mère à Paris. En 1770, Curtius expose pour la première fois ses réalisations en cire et l'exposition attire une importante foule. L'exposition est déplacée dans le Palais-Royal en 1776. Curtius apprend à Marie l'art du modelage en cire, la fait travailler pour lui. Elle fait preuve d'un talent certain. Sa première réalisation est le visage de François Marie Arouet (dit Voltaire), en 1777. Elle réalisera aussi celui de Jean-Jacques Rousseau, en 1778 et à la même époque le portrait de Benjamin Franklin.

En 1782, Curtius ouvre un second lieu d'exposition sur le Boulevard du Temple, la Caverne des Grands Voleurs, un précurseur de la Chambre des horreurs.

Peu après, Paris est pris dans les tumultes de la Révolution française. Marie y participe à sa manière. Elle réalise à cette époque une grande partie de ses plus célèbres portraits dont Napoléon et Robespierre. Selon ses Mémoires enjolivés, elle est en très bons termes avec la royauté et en particulier de 1780 à 1788, elle aurait enseigné les arts à la sœur de Louis XVI. Toujours selon elle, sa présence est si appréciée qu'elle aurait vécu huit ans à Versailles[2].

Affiche pour l'exposition de Figures de Cire à Londres en 1835.

Le , les têtes de Necker et de Louis Philippe II, duc d'Orléans réalisées par Curtius sont portées au-devant d'une procession révolutionnaire deux jours avant la Révolution.

Marie Tussaud raconte dans ses mémoires romancés avoir été arrêtée par les révolutionnaires, dénoncée par un concurrent, Jacques Dutruy, grimacier et aide-exécuteur du bourreau Sanson. Elle prétend avoir attendu de passer à la guillotine dans la même cellule de prison que Joséphine de Beauharnais[3]. Alors que sa tête est déjà rasée pour son exécution, elle aurait été libérée, grâce à l'intervention du peintre David, en raison de ses talents en sculpture (en cire essentiellement) puis employée pour réaliser des masques mortuaires pour les victimes de la guillotine, certains étant de ses amis. Elle réalise notamment les masques de Marie Antoinette, Marat, et Robespierre.

En 1794, au décès de Curtius, ce dernier lègue sa collection d'œuvres en cire à Marie. Elle se marie l'année suivante, le à Paris, avec François Tussaud et donnera naissance à deux enfants, Joseph (1798-) et François.

En 1802, à la suite de la paix d'Amiens mettant fin à la Deuxième Coalition, Marie est invitée à Londres par le magicien de salon Paul Philidor (en), initiateur des spectacles de fantasmagorie avec des lanternes magiques et qui lui fait signer un contrat d'association[4]. Elle se rend dans la capitale britannique avec son fils aîné Joseph, âgé de 4 ans, pour présenter sa collection de portraits à travers la Grande-Bretagne et l'Irlande mais vit difficilement, la moitié de ses bénéfices étant engrangés par Philidor. Durant son périple, la Troisième Coalition l'empêche de retourner en France, si bien qu'elle continue son spectacle de musée de cire itinérant dans toutes les îles Britanniques[5].

En octobre 1822, le second fils de Marie, François, rejoint sa mère alors que cette dernière et son premier fils pensaient depuis 1817 que François s'était noyé lors d'une tentative de traversée de la Manche[6].

En 1835, Marie installe sa première exposition permanente dans une salle louée dans Baker Street, nommée Baker Street Bazaar, musée de cire qui deviendra le Madame Tussauds. L'une des principales attractions est la Chambre des horreurs (en), qui présente en deux parties les victimes de la Révolution française et les meurtriers.

En 1838, soucieuse de sa respectabilité sociale, elle rédige ses mémoires fort romancés : elle donne à son père une origine distinguée alors qu'il est issu d'une lignée d'aide-exécuteurs et de bourreaux officiant à Strasbourg, profession entachée d'infamie et victime d'un ostracisme populaire[7]. Elle réalise, en 1842, un autoportrait encore visible à l'entrée du musée qui conserve encore quelques sculptures réalisées par Marie elle-même.

En 1850, elle meurt dans sa demeure de Londres durant son sommeil à l'âge de 88 ans. Une plaque mortuaire en l'honneur de « Madame Marie Tussaud » est située sur le côté droit de la nef de l'église Saint Mary située Cadogan Street à Londres, et mentionne la date du 15 avril 1850 pour son décès.

Le musée de cire de Madame Tussaud, peu à peu devenu un incontournable lieu touristique de Londres, a étendu ses activités avec la création de musées à Amsterdam, Hong Kong (Victoria Peak), Las Vegas, Copenhague et New York.

Le musée et le Groupe Tussaud sont devenus, le , la propriété de Merlin Entertainments.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Madame Tussaud's Memoirs and Reminiscences of France, by Marie Tussaud, ed. by F. Hervé, London 1838.
  • 1976 : Madame Tussaud par Gabrielle Wittkop, éd. France-Empire
  • 1993 : Les masques de cire par André-Paul Duchâteau
  • 2002 : BD Terreur de René Follet

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Encyclopedia.com, « Encyclopedia.com articles about Marie Tussaud : Marie Tussaud facts, information, pictures - Opened London Wax Museum » [« Marie Tussaud faits, informations, images - Encyclopedia.com articles de Marie Tussaud - Musée de cire de Londres ouvert »] (consulté le 28 octobre 2016)
  2. (en) Pauline Chapman, Madame Tussaud's Chamber of Horrors, Constable, , p. 27.
  3. (en) Pamela Pilbeam, Madame Tussaud, A&C Black, , p. 60.
  4. (en) Pamela Pilbeam, Madame Tussaud, A&C Black, , p. 63.
  5. (en) Pamela Pilbeam, Madame Tussaud, A&C Black, , p. 75.
  6. (en) Pauline Chapman, Madame Tussaud's Chamber of Horrors, Constable, , p. 38.
  7. (en) Kate Berridge, Madame Tussaud: A Life in Wax, Harper Collins, , p. 10.

Liens externes[modifier | modifier le code]