Marie Rose Moro

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Marie Rose Moro
Biographie
Naissance Voir et modifier les données sur Wikidata (57 ans)
à Ciudad RodrigoVoir et modifier les données sur Wikidata
Pays de nationalité FranceVoir et modifier les données sur Wikidata
Thématique
Profession Psychiatre, psychanalyste et Professeur des universités – Praticien hospitalierVoir et modifier les données sur Wikidata
Distinctions Chevalier de la Légion d'honneur‎ (d) () et officier de l'ordre national du Mérite (d) ()Voir et modifier les données sur Wikidata

Marie Rose Moro, née le à Ciudad Rodrigo (Espagne), est une psychiatre, professeur des universités – Praticien hospitalier en psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent à l'université Paris Descartes et psychanalyste française. Elle dirige la maison des adolescents appelée « Maison de Solenn » à l’hôpital Cochin.

Biographie[modifier | modifier le code]

Formation[modifier | modifier le code]

Née en Espagne, elle arrive en France en 1962, dans les Ardennes, à l’âge de 9 mois[1]. Son père avait trouvé un emploi comme bûcheron aux Mazures. La famille s'installe quelques années plus tard à quelques kilomètres, à Pouru-aux-Bois, commune de 150 habitants, lorsqu'elle a 5 ans. Elle y passe son enfance et son adolescence avec ses quatre frères et sœurs[2] et lit La Hulotte[3].

L'école primaire de Pouru-aux-Bois accueille des enfants d'origine ardennaise, espagnole, polonaise ou maghrébine, situation qui sensibilise la jeune fille à la diversité culturelle. Elle se souvient que son instituteur lui a proposé, pour faciliter son intégration, de prendre le prénom de Marie Rose à l’école, tandis qu'elle est appelée Maria del Rosario chez elle, ce qui lui apprend à passer d'une place à l'autre[3],[4],[5],[2]. Elle continue son parcours scolaire au collège de Douzy, puis au lycée Pierre Bayle de Sedan, puis entreprend des études de médecine et de philosophie à Nancy, avant d'entamer un double cursus de psychiatrie et d'anthropologie. Elle soutient en 1988 une thèse de médecine avec spécialisation en psychiatrie, sous la direction de Philippe Mazet, intitulée Introduction à l'étude de la vulnérabilité spécifique de l'enfant de migrants, dans laquelle elle étudie les « interactions mère-enfants », et souligne « l'intérêt de prendre en compte la spécificité culturelle de la famille et la situation transculturelle de l'enfant, pour saisir sa réalité clinique, réalité singulière et complexe »[6].

Elle se spécialise en pédopsychiatrie, en suivant l’enseignement de Serge Lebovici, à l’hôpital Avicenne de Bobigny. Elle travaille avec Tobie Nathan, s'initiant grâce à lui aux principes de l'ethnopsychiatrie. En travaillant à Bobigny, elle découvre aussi la vie des immigrants en Île-de-France, différente de ce qu'elle a connu en pays sedanais et dans un milieu rural[3]. Son compagnon est médecin et énarque, ils ont deux enfants[2].

Médecin et psychanalyste[modifier | modifier le code]

Depuis 1989, elle est psychiatre de bébés, d'enfants et d'adolescents[1]. Elle a été chef de service de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent à l'hôpital Avicenne (Bobigny) de 2001 à 2013.

Elle est une pionnière de la consultation transculturelle pour les enfants de migrants et leurs familles[7],[8].

Depuis 2007, elle est psychanalyste, membre de la Société psychanalytique de Paris. Elle a fondé[9] et dirige l'Association internationale d'ethnopsychanalyse (AIEP).

Enseignante et chercheuse[modifier | modifier le code]

Elle soutient en 1991 une thèse de psychologie et, en 1996, une habilitation à diriger des recherches. Elle est recrutée comme chef de clinique et assistante des universités (1989), puis maître de conférences (1992-1996), et est nommée professeure de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent au CHU Avicenne (université Paris 13, 2000-2008), puis au CHU Cochin (Université Paris Descartes, (Sorbonne Paris Cité). Elle est directrice de recherches au laboratoire « Psychologie clinique, psychopathologie, psychanalyse » (PCPP - EA 4056)[10].

Elle est responsable du diplôme universitaire (DU) de psychiatrie et compétences transculturelles à l'université Paris Descartes, participe à la fondation d'un DU en urgences psychiatriques, aide à mettre en place un enseignement spécialisé européen en psychopathologie de l’adolescent. Elle collabore au diplôme universitaire de psychopathologie du bébé (Paris 13) et au diplôme inter-universitaire de médecine de l'adolescent. Elle anime une équipe de recherches transculturelles et une équipe de recherches sur l'adolescence[1].

Axes de recherche scientifique[modifier | modifier le code]

Ses travaux scientifiques concernent les adolescents, les forces et vulnérabilités des enfants de migrants, les dispositifs thérapeutiques, les métissages, le bilinguisme, le traumatisme psychiqueetc. Ses recherches l'ont amenée à théoriser la vulnérabilité et les besoins spécifiques de l'enfant de migrant mais aussi leur créativité. Cela est passé par la création d'une unité de soin transculturelle destinée aux familles migrantes en 1987, le premier dispositif de la sorte[8]. Dans ces dispositifs, la culture des patients, celle des thérapeutes et la différence culturelle sont utilisées pour soigner, comme levier thérapeutique[11].

Elle s'intéresse au rôle de l'école, à la réussite scolaire des enfants de migrants. Elle prône la valorisation de la langue maternelle « qui permet à l'élève d'être plus à l'aise dans sa langue seconde ». Elle s'indigne de ce que « la diversité et le métissage soient encore essentiellement vus comme des obstacles », et met en exergue les atouts que peuvent constituer des différences culturelles[12]. Elle mène des recherches sur les bébés, les enfants et les adolescents : enfants de migrants, enfants de couples mixtes, enfants bilingues, enfants adoptés, ou enfants expatriés.

Responsabilités institutionnelles et éditoriales[modifier | modifier le code]

Elle a dirigé le service de psychopathologie de l'enfant, de l'adolescent et de psychiatrie générale à Bobigny de 2000 à 2014 et y a créé, en 2004, une maison des adolescents, Casita, qui s'engage sur l'accompagnement des adolescents en difficulté. Elle a observé des évolutions dans la façon dont ces adolescents expriment leur malaise[12] : anorexie des prépubères, phobie scolaireetc. Depuis 2008, elle est chef de service de la Maison de Solenn, maison des adolescents de l'hôpital Cochin (AP-HP) à Paris[13].

Elle est fondatrice et directrice scientifique de la revue L'autre, Cliniques, Cultures et Sociétés [14],[15] et dirige la collection « La bibliothèque de l'autre », aux éditions La Pensée sauvage[16],[17].

Elle a été vice-présidente de Psynem, section française de l'association internationale WAIMH World Association for Infant Mental Health[18] de 2006 à 2012.

Elle s'est engagée au sein de l'ONG Médecins sans frontières (MSF), depuis le séisme de 1988 en Arménie[1],[19]. Elle y dirige aujourd'hui les recherches de psychiatrie en situation humanitaire[1].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

  • Avec nos Ados, Osons être parents. Paris : Bayard ; 2016 avec O Amblard.
  • La violence envers les enfants, approche transculturelle, coll. "Temps d'arrêt", Bruxelles, 2015 republié chez Fabert, Paris en 2016.
  • (Co-dir.) avec M. Feldman, H. Asensi, Eds Devenir des traumas d'enfance. Grenoble: Pensée sauvage; 2014.
  • (Dir.) Devenir adulte. Chances et difficultés. Paris : Armand Colin ; 2014.
  • (Dir.) Troubles à l’adolescence dans un monde en changement. Comprendre et soigner. Paris : Armand Colin ; 2013.
  • Avec C. Mestre, Je t'écris de (correspondance). Grenoble: Pensée sauvage éditeur; 2013.
  • Grandir en situation transculturelle, coll. "Temps d'arrêt", Bruxelles, 2013.
  • Les enfants de l'immigration. Une chance pour l'école. Entretien avec D. et J. Peiron. Bayard; 2012.
  • Les ados expliqués à leurs parents. Paris : Bayard ; 2010. Édition revue et augmentée publiée en 2015 avec O Amblard (en cours d'édition en italien).
  • Nos enfants demain. Pour une société multiculturelle. Paris : Odile Jacob ; 2010 (traduit en italien).
  • Aimer ses enfants ici et ailleurs. Histoires transculturelles. Paris : Odile Jacob ; 2007 (traduit en italien).
  • Enfants d'ici venus d'ailleurs. Naître et grandir en France. Paris : La Découverte ; 2002. 2nd édition en 2004 en poche chez Hachette Littératures dans la coll. « Pluriel » (traduit en italien et en grec).
  • Psychothérapie transculturelle des enfants de migrants. Paris : Dunod ; 1998 (coll. Thérapies). 2e et 3e éditions sous le titre Psychothérapie transculturelle des enfants et des adolescents (2000, 2004) (traduit en italien).
  • Parents en exil. Psychopathologie et migrations. Paris : P.U.F. ; 1994. 2e et 3e édition en 2002 (traduit en italien).
  • Avec Y. Mouchenik et T. Baubet, Manuel des psychotraumatismes. Cliniques et recherches contemporaines. Grenoble : La Pensée sauvage ; 2012.
  • Avec C. Mestre, Partir. Migrer. L'éloge du détour. Grenoble : La Pensée sauvage ; 2011.
  • Avec C. Mestre et H. Asensi Vivre c'est résister. Textes pour Germaine Tillion et Aimé Césaire. Grenoble : La Pensée sauvage ; 2010.
  • Avec R. Riand et V. Plard,Manuel de psychopathologie du bébé et de sa famille. Grenoble : La Pensée sauvage ; 2010.
  • Avec G. Devereux, P. Lurquin et al., Maltraitance et cultures, coll. « Temps d'arrêt », Bruxelles, 2007.
  • (Co-dir.) avec T. Baubet, C. Lachal, L. Ouss, Bébés et traumas. Grenoble : La Pensée sauvage ; 2006.
  • Avec Q. de La Noë & Y. Mouchenik, Manuel de psychiatrie transculturelle. Travail clinique, travail social. Grenoble : La Pensée sauvage 2006.
  • Avec C. Lachal, Les psychothérapies. Modèles, méthodes et indications. Paris: Armand Colin ; 2e édition revue et augmentée publiée en 2012 avec T. Baubet, B. Dutray et A. Perrier.
  • Avec I. Moro et al., Avicenne l'andalouse. Devenir psychothérapeute en situation transculturelle. Grenoble : La Pensée sauvage ; 2004.
  • Avec T. Baubet, Psychopathologie transculturelle. Paris: Masson ; 2009 (traduit en italien). 2e édition revue et augmentée en 2013.
  • Avec T. Baubet,(Eds), Psychiatrie et migrations. Paris : Masson ; 2003.
  • (Co-dir.) Avec T. Baubet, K. Leroch, D. Bitar D, Soigner malgré tout.
    • vol. 1 : Traumas, culture et soins. Grenoble : La Pensée sauvage ; 2003.
    • vol. 2 : Bébés, enfants et adolescents dans la violence. Grenoble : La Pensée sauvage ; 2003.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Classement par date de parution décroissante.

  • Claudia Courtois, « Claire Mestre, le goût des autres », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  • Rédaction de Slate, « Qui sont les 100 Françaises les plus influentes? Découvrez le classement établi par la rédaction de Slate, sur une idée du site AdopteUnMec. », Slate (magazine),‎ (lire en ligne). Marie Rose Moro figure au 35e rang de ce classement.
  • Sylvie Kerviel, « Rencontre avec... Marie Rose Moro », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  • Victoria Gairin, « Le réenchantement du monde ne réussira que par l'école », Le Point,‎ (lire en ligne).
  • Marie Depleschin, « La révoltée Marie Rose Moro », L'Express,‎ (lire en ligne).
  • Catherine Vincent, « La maison de Solenn, un centre de soins atypique », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  • Marie Auffret-Pericone, « Marie Rose Moro, au chevet des adolescents », La Croix,‎ (lire en ligne).
  • Rédaction du journal La Croix, « Marie Rose Moro en quelques dates », La Croix,‎ (lire en ligne).
  • Marie-Joëlle Gros, « En terre de déracinés. Marie-Rose Moro. Originaire de Castille, cette pédopsychiatre spécialiste des souffrances liées à l’exil dirige la Maison de Solenn », Libération,‎ (lire en ligne).
  • Geneviève Delaisi de Parseval, « Des enfants sur la bonne voix. L’ethnopsychiatre Marie Rose Moro se penche sur les parcours langagiers chez les migrants. », Libération,‎ (lire en ligne).
  • Dalila Kerchouche, « Marie Rose Moro et Lilian Thuram : conversation sur la diversité », Le Figaro Madame,‎ (lire en ligne).
  • Catherine Vincent, « Quand l'enfance est maltraitée », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  • Rédaction du Figaro, « Marie-Rose Moro à la tête de la Maison de Solenn », Le Figaro,‎ (lire en ligne).
  • Jonathan Chauveau, « Marie Rose Moro. Enfants d'ici venus d'ailleurs. », Libération,‎ (lire en ligne).
  • Rédaction Libé, « Pionnière », Libération,‎ (lire en ligne).
  • Marie Huret, « Les nouveaux Dolto », L'Express,‎ (lire en ligne).
  • Marie Huret, « Marie Rose Moro », L'Express,‎ (lire en ligne).
  • (de) Werner Egli, Vera Saller et David Signer, Neuere Entwicklungen der Ethnopsychoanalyse: Beiträge zu einer Tagung im Dezember 2001 in Zürich, LIT Verlag Münster, , 197 p. (lire en ligne).
  • Yakoub Saâdia, « Notes de lecture. Ouvrage : Michel Soulé (sous la dir.) et Maria Bet, Colette Chiland, Paul Denis, Gilbert Diatkine, Graziella Fava Vizziello, Bernard Golse, Marie-Rose Moro, Janine Noël, Françoise Peille, Rémy Puyuelo, Marcel Rufo, Les questions incontournables des enfants et les réponses évasives des adultes. Bréviaire à l'usage des parents, des éducateurs et des DDASS, Paris, ESF Ed., coll. « La Vie de l'enfant » », L'Enfance, vol. 48, no 3,‎ , p. 373 (lire en ligne).

Sources complémentaires sur le web[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]