Marie Quinodoz

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Marie Quinodoz
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Biographie
Naissance
Décès

Marie Quinodoz, dite Marie des collines, née le 2 décembre 1914 à Evolène et morte en 1979 est une tenancière[1], est une exploitante agricole, historienne autodidacte suisse et fondatrice de la Société de développement de La Sage[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Marie Quinodoz dite Marie des Collines est née le 2 décembre 1914 à Evolène dans le village de La Sage, situé dans le Val d'Hérens en Valais. Autodidacte, elle contribue au développement social et culturel de sa région. Ses parents sont Joseph Métrailler dit "le régent" et Marie Métrailler dite « La filleuse ». Marie Quinodoz épouse Pierre Follonier en 1947. Elle garde son nom de jeune fille selon la coutume régionale. Dans le patois d'Evolène les gens du pays la nomment « La Màrie Quinod » ou « La Màr'knod » dénominations difficiles à transcrire étant donnée l'oralité du patois. À partir de l'ouverture du Café des Collines en 1960 chacun l'appelle "Marie des Collines" en patois « La Màrie des Collines »[3].

La Petite Dent de Veisivi depuis la Grande Dent de Veisivi
Aiguilles Rouges d'Arolla (3646 m) versant ouest

Marie Quinodoz pratiqua l'alpinisme et le ski en compagnie de Andrée Weitzel[4], fondatrice du service complémentaire féminin de l'armée suisse (SCF). Elle gravit Les Aiguilles rouges, les Dents de Veisivi, le Pigne d'Arolla, la Dent Blanche, et le Cervin.

Enfance[modifier | modifier le code]

Dans l'impossibilité de suivre un cursus scolaire du fait de la maladie de son père, elle reprend seule la responsabilité du domaine familial à l'âge de 14 ans (1928)[5]. Ses responsabilités de cheffe de famille ne sont pas un obstacle au développement de sa passion pour l'élevage des abeilles, à tel point qu'elle obtient la Médaille valaisanne d'apiculture en 1933, à l'âge de 19 ans.

Pendant son enfance, Marie et sa famille côtoient de nombreux artistes peintres venus planter leur chevalet dans cette région, attirés pas la lumière du lieu et par la typicité des costumes traditionnels d'Evolène. Ils ont certainement vu à l’œuvre Ernest Bieler (1863-1948), Edouard Vallet (1876-1929), Raphy Dallèves[6] (1878-1940), Francois de Ribaupierre (1886-1981) ainsi que d'autres artistes appartenant à "l'école de Savièse".

Après le décès de son frère ainé en 1930, Marie Quinodoz est secondée dans ses tâches par Marie Maître. Cette dernière épouse en 1947 Pierre Georges. Ils ont un fils, André Georges, qui devient un guide de montagne connu pour ses ascensions dans les Alpes et ses expéditions dans l'Himalaya.

Le fait d'avoir du renoncer à ses projets d'études pour devenir institutrice n'a jamais été un frein à son désir d'apprendre. Elle use son intelligence pour tirer le meilleur parti de sa situation retirée.

Réalisations[modifier | modifier le code]

Autodidacte elle étudie de nombreux documents anciens de plusieurs siècles. Elle collecte et conserve des actes de transfert de propriété écrits en latin sur parchemin dont les premiers remonte au XIVe siècle. Simultanément elle répertorie de manière systématique les noms de lieux de la région en patois d'Evolène (langue orale), ainsi que les noms des plantes médicinales. Elle prend des notes sur les us et coutumes de la région, et sur la signification des costumes traditionnels. En 1977, Marie Quinodoz confie les photocopies de centaines de document aux Archives de l’état du Valais. Ces documents répertoriés de 1505 à 1759 regroupent actes notariés, testaments, actes de ventes, contrats de mariage. Des répertoires de noms locaux (toponymes) du territoire de la commune d'Evolène, des tableaux généalogiques provenant de l'abbé Antoine Gaspoz, accompagnés de notes concernant l'histoire religieuse et profane des villages du Val d'Hérens sont déposés dans ces archives.

En 1934 Marie Quinodoz, en compagnie de jeunes gens de La Sage, crée la Société de développement destinée à mettre en valeur les capacités touristiques de la région et donc de favoriser le tourisme régional.

En 1939 Marie Quinodoz fut nommée membre du comité de l'alpage de Zathey situé à 2480 m d'altitude. Elle participe à la rénovation des "chottes" sorte de cabanes destinées à protéger les bergers. Les travaux d'édifications en dur sont entrepris avec l'aide de l'armée suisse. Monsieur Roger Bonvin, capitaine et commandant de la Brigade de montagne 10 intervient en sa faveur et appuie sa démarche, ce malgré le début de la guerre. Les travaux se terminent en 1943. L'alpage est toujours utilisé de nos jours.

En 1960 Marie Quinodoz ouvrit à La Sage un café littéraire et philosophique[7]. Ce lieu attira des artistes et musiciens tels que Maurice Aufair, Henri Dutilleux, Emile de Ribeaupierre, L'architecture de ce lieu n'a guère changé. L’architecture intérieure et extérieure n’a guère changé depuis 1960. Le matériau principal en est le bois de mélèze[8]. La poutre maîtresse porte une inscription latine tirée d'un poème d'Horace. « Lucis amans gens es noctem tenebrasque perosa » (« Tu es d'une race qui aime la lumière et déteste la nuit et les ténèbres »)

Publications[modifier | modifier le code]

Les publications de Marie Quinodoz peuvent être consultées[9] danse le réseau de bibliothèques publiques du canton du Valais en Suisse.

  • Marie Follonier Quinodoz, Olèïnna : dictionnaire du patois d'Evolène ; texte original revu et préparé pour la publication par Pierre Knecht, La Sage/Evolène : Ed. par la famille de l'autrice, 215 p, 2004 (réédition)
  • Marie Follonier Quinodoz, Après un an et demi de récession, comment nous sentons-nous? , in Annuaire de la Nouvelle Société Helvétique, 47, 1976 p 183-189
  • Marie Follonier Quinodoz, Relations entre citadins et paysans, in annales Valaisannes, Sion, Série 2, année 45 (1970) p 147-154
  • Marie Follonier Quinodoz, Les conditions d'existence du paysan de la montagne et ses rapports avec le citadin en villégiature : exposé fait à La Sage, le 1er octobre 1966 au "Chapitre d'été" des Comices agricoles de Sion

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Article - Le Café des Collines | notrehistoire.ch », sur www.notrehistoire.ch (consulté le 3 juin 2016)
  2. « Marie des Collines, bistrotière érudite et visionnaire de La Sage », Le Temps,‎ (lire en ligne)
  3. Jean-Michel Quinodoz, Marie des Collines, Genève, Slatkine, , 174 p. (ISBN 2-8321-0196-8)
  4. « femme dans l'armée suisse », sur dictionnaire historique de la suisse, (consulté le 5 juin 2016)
  5. Jean-Michel Quinodiz, Marie des Collines, Genève, slatkine, (ISBN 2-8321-0196-8), p. 31
  6. Armorial valaisan, « les d'Allèves », dictionnaire historique de la suisse e-DHS, no 19,‎ , p. 50 à 53
  7. « le café des collines », sur archives de la rts, (consulté le 5 juin 2016)
  8. Marie-Hélène Bornet, « Marie des Collines », Le Nouvelliste,‎ , p. 2
  9. « http://opac.rero.ch/gateway?skin=vs&inst=11&submittheform=Search&usersrch=1&beginsrch=1&elementcount=3&function=INITREQ&search=FREEFORM&rootsearch=FREEFORM&lng=fr-ch&pos=1&fltset=submsn&host=virtua.rero.ch%252B8801%252BDEFAULT&t1=a%253A%2522follonier%2520quinodoz%2520marie%2522 », sur opac.rero.ch (consulté le 4 septembre 2016)