Marie Politzer

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Politzer.
Marie Politzer
Surnom Maï Politzer
Naissance
Biarritz
Décès
Auschwitz
Première incarcération
Prison de la Santé, puis fort de Romainville et déportation à Auschwitz
Type de militance Résistance, communisme
Hommages « Mort pour la France »
Une rue à Paris porte son nom et celui de son mari.
Famille épouse de Georges Politzer

Marie Politzer (née Larcade[1] ou Fourcade[2]), également connue sous le nom de « Maï ou Maïe Politzer », née le à Biarritz (France) et morte le à Auschwitz (Pologne), est une militante communiste et une résistante française, mariée à Georges Politzer, philosophe français d'origine hongroise.

Biographie[modifier | modifier le code]

Maï Politzer est la fille d'un cuisinier, ancien chef à la cour d'Espagne, installé à Biarritz après la chute d'Alphonse XIII[2]. Seule fille (elle a deux frères, l'un plus jeune, l'autre plus âgé[1]) elle est une enfant « choyée[2]. » La famille est catholique pratiquante[1]. Jeune, Marie Politzer est passionnée par le théâtre et met en scène des pièces avec ses amies[1]. Après avoir fait ses études secondaires dans un couvent de Biarritz, elle suit une formation se sténo-dactylo à Bayonne, fait des études ce commerce par correspondance[1] puis elle part à Paris pour entrer dans une école de sage-femme[2]. Elle est diplômée de la Pitié-Salpétr!ère en 1929 et ses parents lui donnent leurs économies pour lui acheter une clinique située dans le XXe arrondissement de Paris[1]. Elle rencontre Georges Politzer, son futur mari, dans un train en rentrant pour les vacances[2], en 1929[1]. Il divorce pour l'épouser et le couple se marie le [1].

Son mari étant communiste, elle adhère à ses idéaux et entre en clandestinité avec lui durant l'occupation, en , après avoir confié leur fils de sept ans à ses parents[2]. Il écrit des articles pour des journaux de résistants. Elle prend en charge le transport des textes aux imprimeries clandestines et, alors qu'elle est blonde, elle se teint les cheveux en brun pour être moins reconnaissable[2].

Georges et Marie Politzer sont arrêtés à leur domicile clandestin dans le 18e arrondissement de Paris le par les brigades spéciales[2]. Elle reste au dépôt jusqu'au , puis est détenue au secret à la prison de la Santé où elle voit une dernière fois Georges Politzer avant qu'il soit fusillé le . Elle est ensuite transférée au Fort de Romainville en [2].

Elle est transférée à Auschwitz par le convoi du , convoi qui contient entre autres des résistantes françaises, la plupart non juives et en majorité communistes, parmi lesquelles de nombreuses veuves de fusillés, telle Hélène Solomon-Langevin, femme de l'écrivain Jacques Solomon.

Elle porte à Auschwitz le numéro 31 680[2]. Danielle Casanova, arrivée par le même convoi qu'elle, et qui a pris la fonction de dentiste au camp, arrive à lui trouver un poste de médecin au revier du camp, bien qu'elle ne soit que sage-femme[2]. Les conditions sont difficiles, mais un peu moins mauvaises que dans le reste du camp : les médecins n'ont pas à subir d'appel, sont abrités du froid et mangent correctement[2]. Elle y meurt du typhus[3] le 6 mars 1943[2].

C'est par Marie-Claude Vaillant-Couturier, elle aussi déportée par le convoi du , que la famille de Maï Politzer apprend sa mort, après la libération des camps[2].

Comme pour Georges Politzer, la mention « mort pour la France » fut accordée à Maï Politzer le . Les titres d'interné et déporté résistant lui furent reconnus le [1].

Hommages[modifier | modifier le code]

En 1998, une rue du 12e arrondissement de Paris prend son nom et celui de son époux (rue Georges-et-Maï-Politzer), ainsi que le centre municipal de santé d'Arcueil.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h et i Fiche de Marie Politzer sur le site Mémoire vive.
  2. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m et n Charlotte Delbo, Le Convoi du 24 janvier, Éditions de Minuit,‎ 1965 (réédité en 2002), 304 p. (ISBN 2-7073-1638-5), p. 236-237.
  3. Le typhus avait été apporté à Auschwitz, en , par des détenus transférés de la prison de Lublin. Il frappa de dix à quinze mille hommes et femmes au camp central (Auschwitz 1) au cours de l'année. À Birkenau, l'épidémie atteignit son intensité maximale durant l'hiver 1943-1944. Voir sur le site curagiu.com.