Marie Le Franc

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Marie Le Franc
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Marie Le Franc

Naissance
Saint-Germain-en-Laye (Yvelines)
Décès
Sarzeau (Morbihan)
Activité principale
Distinctions
Auteur
Langue d’écriture Français

Œuvres principales

Compléments

Son nom a été donné à la médiathèque de sa commune natale, Sarzeau, ainsi qu'à la place sur laquelle se trouvait la maison de ses parents.

Marie Le Franc, née le à Sarzeau dans le Morbihan en France et décédée le à Saint-Germain-en-Laye dans les Yvelines, est une romancière française qui a passé une grande partie de sa vie au Québec. Elle a obtenu le prix Femina en 1927 pour Grand-Louis l'innocent et a publié par la suite huit romans, cinq recueils de nouvelles, un essai et un recueil de souvenirs.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance[modifier | modifier le code]

Marie Perrine Le Franc, née Botuha, mère de Marie Le Franc.
Louis le Franc, père de l'écrivaine, quelques années avant sa mort.

Marie Le Franc naît le soir du 4 octobre 1879, dans le petit village de Banastère, à Sarzeau (Morbihan). À quatre ans, hébergée temporairement par ses grands-parents maternels à Pencadénic, au Tour-du-Parc, elle accompagne souvent son grand-père, passeur entre la cale de Pencadénic et celle de Pénerf, à Damgan, distantes de seulement plusieurs centaines de mètres par la mer mais de 24 kilomètres par la route. La petite Marie est très complice avec le vieux passeur qui la laisse aller parmi les parcs à huîtres. Sa grand-mère lui apprend des chansons et également à lire sur son missel, rempli de mots latins auxquels la petite fille ne comprend rien.

À sept ans, après une hospitalisation assez longue à Vannes pour une brûlure au cuir chevelu, Marie rentre à Sarzeau où ses parents se sont installés. Plus tard, l'auteure parlera peu de sa mère, dont elle dit l'avoir vue toujours occupée. Son père, douanier, est décrit comme un homme passionné par la mer. "Ce n'était pas la mer qui lui prêtait son aventure. C'était lui qui apportait à la mer, chaque jour sa jeunesse renouvelée, son enthousiasme. Du moment où il y trempait les pieds, tout son corps se redressait, et l'on voyait son visage se lever vers le ciel."

Études et débuts[modifier | modifier le code]

Cet homme qui a appris des rudiments de lecture et d'écriture auprès de son grand-père et des moines tenait à ce que ses enfants fussent instruits. Il envoie donc sa fille étudier chez les sœurs de Sarzeau (actuel collège Sainte-Marie, fondé en 1890), puis à l'École Normale de Vannes. Elle obtient son diplôme d'institutrice en 1897, à l'âge de 18 ans. Nommée successivement à la Trinité-Porhoët et à Muzillac, elle écrit ses premiers poèmes qui paraissent dans des journaux locaux. Mais, éloignée des siens, elle rêve d'espaces nouveaux.

L'aventure de Fachoda[modifier | modifier le code]

Sa vie monotone est rompue par un évènement marquant. Dans un magazine colonial, Marie est fascinée par le portrait du capitaine Jean-Baptiste Marchand, le héros de la Crise de Fachoda, auquel la France venait de faire un accueil triomphal à son retour du Soudan égyptien. Elle s'éprend de ce "cavalier du désert", comme elle se plaisait à le surnommer. Elle ose lui écrire des lettres et le militaire l'invitera même à venir passer quelques jours dans sa demeure parisienne au mois de mai 1900 [1]. Le souvenir de cette aventure restera longtemps en elle et affleure dans certain de ses récits : "Elle lui est reconnaissante de l'avoir aimé et d'avoir heurté à cause de lui, les limites successives de l'espoir et du désespoir. Avec le temps, elle a compris que si leurs désirs étaient à l'unisson, eux, n'étaient pas sur le même plan du monde et ne pouvaient se rencontrer dans l'amour." [2]

Départ pour le Canada[modifier | modifier le code]

Titularisée en 1901, Marie Le Franc est nommée à Vannes, puis à Colpo en 1903, où elle doit assurer tous les niveaux d'une classe unique. Elle se remet à rêver d'horizons lointains.

Elle entre en correspondance à la même époque avec le journaliste canadien Arsène Bessette, rédacteur en chef du journal Le Canadien-Français. Enthousiasmé par les lettres de Marie, il lui parle abondamment du Canada, du métier de journaliste, et lui propose peu après de l'épouser. À vingt-cinq ans, elle décide de se lancer dans l'aventure. Elle demande en janvier 1906 un congé d'un an qui lui est accordé.

Elle accoste à New-York sous la neige et prend le train pour Montréal. Désorientée, elle peine à se faire comprendre avec le peu d'anglais scolaire qu'elle connaît. Elle se présente donc dans un état d'épuisement physique, les vêtements froissés et le visage tiré, à Arsène Bessette venu l'attendre à la gare. Ce dernier, sensible à l'apparence physique et à l'aisance de comportement, fut choqué et ne dissimula pas sa déception. Leur relation pseudo-amoureuse prit fin rapidement.

Seule et sans ressources, elle trouve un logement grâce à l'aide du consul de France, puis enchaîne les petits boulots, en donnant des leçons particulières de français et en publiant quelques articles. Elle devient par la suite professeur de français à l'école Gardner de 1908 à 1913, puis à la Weston School en janvier 1914. Satisfaite de son sort, elle y restera seize ans. Elle ne cesse dès lors de faire des allers-retours entre France et Canada, "ses deux patries". Elle commence à écrire des romans et des nouvelles, dont Grand-Louis l'innocent qui obtient le Prix Femina en 1927. Ce roman est inspiré par la rencontre à Port-Navalo, lors d'un de ses retours sur la presqu'île de Rhuys, "avec un curieux personnage qui remuait beaucoup d'air et se faisait remarquer par son air simplet et content de lui" [1].

En , elle accompagne des pionnières dans le Témiscamingue et partage avec elles leurs vies et leurs difficultés. Cette expérience lui inspirera le roman La Rivière solitaire. Le ministre des Terres et Forêts du Québec lui offre en décembre 1934 un lac qui porte aujourd'hui son nom, en récompense de son travail sur le Québec dans ses romans.

La seconde guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Début janvier 1939, Marie est prévenue de l'état de santé alarmant de sa mère. Elle quitte alors précipitamment le Québec, pour arriver le plus vite possible auprès de sa mère mourante. Marie-Perrine Le Franc, née Botuha, décède le 24 janvier. Cette disparition est très difficile à vivre pour l'écrivaine, qui aimait retrouver sa mère à chaque retour en Bretagne. Mais il n'est plus question de rentrer au Québec, la Seconde Guerre Mondiale éclatant en septembre 1939. Pendant la « Drôle de Guerre », les premiers mois de la guerre sans restrictions matérielles importantes, elle continue à écrire des nouvelles. En 1940, elle se dévoue beaucoup à aider les réfugiés qui affluent à la suite de l'offensive des Allemands. Elle héberge une famille chez elle et est nommée présidente du Comité d'Aide aux Réfugiés. Elle collecte des vêtements et organise le logement et le ravitaillement de ce surcroit de population, n'hésitant pas à parcourir de nombreux kilomètres à pieds dans la campagne.

Toutefois, la séparation avec le Canada lui pèse, elle ne peut plus recevoir de nouvelles de ses amis. En 1943, elle effectue dans des conditions difficiles un voyage jusqu'à Paris pour faire accepter son manuscrit Dans la tourmente, qui ne sera publié que six semaines après le Débarquement. À la Libération, elle crée une colonie pour les enfants juifs déportés et tente de retrouver leurs familles. Elle reçoit de nombreux colis d'aides depuis le Québec qu'elle distribue autour d'elle. Elle y rentre en août 1947.

Vieillesse et mort[modifier | modifier le code]

Après la guerre, Marie Le Franc continue de faire de fréquents aller-retour entre le Québec et la Bretagne jusqu'à ses soixante-dix-neuf ans en 1958, date à laquelle elle quitte le Canada pour la dernière fois. En 1960, elle se voit attribuer le titre d'hôte permanent au château du Val-Saint-Germain, elle y séjourne alors, très malade. Elle y meurt le et est enterrée au cimetière de Sarzeau dans le Morbihan.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Œuvres[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Marie Le Franc, sa vie, son œuvre,par Sylvie Rosée, in Enfance Marine, Marie Le Franc, Liv'éditions, 1996.
  2. Grand-Louis le Revenant, Marie Le Franc, 1930