Marie Koré

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Marie Koré est considérée[Par qui ?] comme l'une des figures de proue de la politique ivoirienne des premières heures. Il lui a été octroyé[Par qui ?] le titre de première résistante ivoirienne, pour sa hargne dans la lutte pour l'émancipation politique du territoire ivoirien. Elle est considérée[Par qui ?] comme martyre de la lutte pour les indépendances et l'une des premières figures politiques féminine du PDCI-RDA. Son nom reste gravé dans la plupart des annales d'histoire[Lesquelles ?] qui parlent des manifestations de février et décembre 1949, des dates décisives dans l'histoire de la Côte d'Ivoire.

Biographie[modifier | modifier le code]

Zogbo Céza Galo Marie, connue sous son nom de femme mariée, Marie Koré, est née vers 1912 et a passé l’arme à gauche en 1953[1]. Originaire du village de Gossa, dans la sous-préfecture de Gbogué, à Daloa, Marie Galo tente l’aventure en Basse-Côte, comme de nombreux jeunes gens de son époque. Une fois en Basse-Côte, elle fait la rencontre d’un français qu’elle épouse en première noce. Mais ce mariage fut de courte durée. Après son mariage, quand souffle le vent des mouvements anticolonialistes impulsés par le RDA, dirigé en Côte d’Ivoire par le président Houphouët-Boigny, elle intègre le parti. Son mari que cet engagement politique semble déranger, demande le divorce.

Parallèlement à sa vie politique, elle avait construit un allocodrome (lieu de vente de bananes plantains frits) à Treichville. Ce lieu accueillait des personnes de toutes les couches socioprofessionnelles. La jeune femme semblait avoir réussi son rêve abidjanais. Leader de ce commerce, elle dirigeait plusieurs jeunes femmes du centre-ouest de la Côte d’Ivoire(sa région natale) qui étaient au four et au moulin pour satisfaire la clientèle[1].

C’est au sein de cet allocdrome qu’elle rencontre son futur époux, René Sery koré. L’homme étant déjà en couple, Marie Koré accepta de s’accommoder à un foyer polygamique[1].Cependant, aux yeux du grand public, l’unique épouse de René demeure Marie Koré, à cause de la renommée qu’elle a acquise par son militantisme, au sein du RDA.

La militante du RDA[modifier | modifier le code]

Après son divorce d’avec son conjoint français, Marie redouble d’efforts au sein du parti, au point de se faire élire présidente du comité Féminin du PDCI, à Treichville[2], en 1947. Marie Koré a participé aux manifestations devant le palais du Gouverneur Péchoux en 1949, comme à celles qui eurent lieu les 22,23, 24 décembre de la même année[3]. En effet, elle fut l’une des têtes de file parmi les femmes qui marchèrent sur Grand-Bassam en vue de faire libéré les militants du PDCI incarcérés sans jugement ou d’obtenir un procès... Les plus connus de ces hommes étaient : Bernard Dadié, Mathieu Ekra, Jacob Wiliam, Jean Baptiste Mokey, Albert Paraiso, René Séry Koré, Lama Kamara, Phillipe Vieyra, …

Les manifestations devaient avoir lieu devant le palais de justice d’une part, et la prison civile, d’autre part.  Les autorités, dès qu’elles réalisèrent la portée du mouvement des femmes vers Grand-bassam, interdirent aux taxis et cars de les transporter. Malgré l’interdiction et la présence de gendarmes partout dans la ville d’Abidjan, Marie Koré et ses camarades parvinrent à atteindre Grand-bassam par petits groupes. Selon l’ouvrage de Henriette Diabaté sur la marche de Grand- bassam, Marie était, le 22 décembre, à la tête du groupe bété qui parvint à rejoindre la ville de Grand- bassam à pieds[4]. Une fois à Bassam, les manifestations se tinrent, effectivement, en deux lieux : l’une, au palais de justice, l’autre, à la prison civile. Marie et ses camarades devait manifester devant le deuxième lieu.

Le soir du 23 décembre, devant le refus constant du procureur d’entendre les représentantes des femmes, elles décidèrent de se rendre toutes à la prison, en utilisant comme atout l’obscurité. Le lendemain, dès l’aube, les femmes se rendent à la prison par petits groupes de 200 environ. Certaines avaient longer la mer pour s’y rendre, d'autre, avec à leur tête Marie Koré, avait emprunté la rue principale. Le groupe de Marie Koré dû affronter des gendarmes, des policiers, des gardes cercles parce que découvertes par le dispositif placé par la gendarmerie pour éclairer la voie. Les forces de l’ordre repoussèrent les manifestantes et formèrent un barrage sur le pont qui traverse la lagune Ouladine. Certaines des femmes, qui étaient bloquées derrière le pont, essayaient de forcer le barrage, tandis que d’autres lançaient des projectiles divers en direction des hommes. La riposte des forces de l’ordre fut encore plus violente : des jets d'eau mélangée à de la vase et à des tessons de bouteilles. Beaucoup de femmes furent blessées. Mais Marie maintenait haut le moral des troupes[5], les encourageant à braver les jets d’eau, posant, elle-même, les premiers pas sur le pont, alors qu’elle portait sa fille Denise sur son dos[6]. Les premières femmes à ses côtés réussirent à franchir, avec elle, la barrière dressée par les gendarmes. Mais elle glissa et tomba. Dans sa chute, l’enfant sur son dos se détacha et tomba aussi. Un gendarme se mit à la frapper. Elle lui rendit ses coups. Pour cette action, Elle fut battue par plusieurs hommes en armes, arrêtée, conduite au commissariat, puis au parquet avec quelques-unes de ses camarades et sa fille Denise. Elle fut, finalement, enfermée au cachot. Subséquemment aux multiples bastonnades subies, elle fut hospitalisée, puis jugé le premier février, une date ultérieure à celle du jugement de ses camarades de lutte, car elle était hospitalisée au moment du procès. le verdict fut une condamnation à deux mois de prison[7].

Trois mois plus tard, les hommes du PDCI incarcérés passaient en jugement et furent condamnés à des peines atténuées. En mémoire de cette marche, le pont sur la lagune Ouladine fut baptisé : le pont de la victoire.

Marie Koré meurt en 1953, alors que sa fille n’a que sept ans. Pour certains auteurs, Marie perdit la vie à la suite des sévices subis au cours de cette lutte[8]. Pour d’autres, elle mourut à la suite d'une intervention due à un panaris. Pour ces derniers, Marie Sery Koré souffrant d’un panaris au doigt, se rendit à l’hôpital Annexe de Treich-ville. Elle reçut une injection en guise d’anesthésie, puis une incision au doigt. Malheureusement la femme mourut les heures qui suivirent l’intervention. Ses proches soupçonnent un assassinat commandité par les colons à cause de son engagement politique[2].

Postérité[modifier | modifier le code]

Même si la militante de première heure du PDCI-RDA meurt très tôt. En sa mémoire, un billet de 1000 francs CFA, un timbre postal à son effigie immortalise son combat. Vue la description qui est faite d’elle par Henriette Diabaté, il se pourrait même que la femme, portant l’enfant au dos dans la statue, représente Marie Koré. De plus, une école primaire dans la commune d’Adjamé, un sous quartier dans la commune de Marcory et plusieurs associations féminines portent son nom.

Citations[modifier | modifier le code]

Lors de la marche sur Grand-Bassam, Marie Koré encourageait ses camarades en ces termes :

« Mes sœurs bété, baoulé, dioula, et de partout, n'ayez pas peur ! Chez nous aussi nous n'avons pas peur de l'eau, nous avons l'habitude de travailler dans l'eau ce n'est pas parce qu'on nous envoie un jet d'eau avec du sable que nous devons nous décourager car une personne qui veut aller au secours de son époux, de son frère, de son fils ne doit pas reculer devant si peu de chose. »[8].

Lors d’une fouille à son domicile par des hommes armés, Marie Koré se leva et cria

« Vive le RDA, vive le RDA. Vous ferez tout ; mais n’arriverez pas à nous atteindre. »

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Hommes et destins : dictionnaire biographique d'outre-mer,Volume 9, l'Université de Virginie , Académie des sciences d'outre-mer, 1975 - 539 pages.
  • Assoi ADIKO(dir), Almanach du centenaire, 1893 à nos jours : les grandes dates des événements politiques, économiques, sociaux, culturels et sportifs : la Côte d’ivoire, L'Almanach du centenaire et la Société ivoirienne d'imprimerie, 1997, 138 pages.
  • ZANHOUYA, Roger-Camille, De 1946 à 1996 : les souvenirs d'un parti politique, Editions Plein Air, 1996, 86 pages.
  • DIABATE, Henriette, La marche des femmes sur Grand-Bassam, Nouvelles Éditions africaines, Abidjan, 1975, 62 pages.
  • PETRARCA, Valerio, Un prophète noir en Côte d’ivoire, Paris, KARTHALA Editions, 2008 - 272 pages.
  • Eburnéa, Numéros 97 à 108, Université de l'État de Pennsylvanie, Ivory Coast, 1976.
  • Éducation civique & morale : le PDCI-RDA, genèse, vie et structures, témoignages, trois discours du président, dix pionniers du part, l'Université de Virginie, Fraternité Hebdo Éditions, 1985, 207 pages.
  • GRAH, Frédéric, Félix Houphouët-Boigny: Le fulgurent destin d'une jeune proie (?-1960), l'Université du Michigan, Maisonneuve et Larose, 2003, 868 pages.

Notes et références[modifier | modifier le code]