Marie Bergström

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Marie Bergström
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Michel Bozon (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Marie Bergström, née en 1982, est une sociologue et chercheuse suédoise, travaillant en France pour l’Institut national d'études démographiques, spécialiste, à partir du début des années 2010, de l’analyse des rencontres amoureuses par les sites Internet.

Biographie[modifier | modifier le code]

Née en 1982, elle s’installe en France à 20 ans. Elle étudie à l'université Paris-VIII, à Panthéon-Sorbonne, puis rentre à Sciences Po Paris et s’intéresse à la sociologie. Michel Bozon, son professeur de sociologie à Sciences Po Paris, et codirecteur, avec Nathalie Bajos, d’une Enquête sur la sexualité en France publiée en 2008 aux éditions La Découverte, l’oriente, dès 2007, sur le sujet des rencontres amoureuses par les sites Internet, un usage en progression. L’étudiante, alors âgée de 25 ans, rentre au début avec quelques hésitations dans ce domaine d’étude, explique-t-elle : « Ni la technique ni la sociologie du numérique ne m’intéressaient. »[1].

Elle devient en France une pionnière dans ce domaine[1], soutenant fin septembre 2014 une thèse de doctorat intitulée « Au bonheur des rencontres : sexualité, classe et rapports de genre dans la production et l’usage des sites de rencontres en France »[2],[3]. Elle entre comme chargée de recherche à l'Institut national d'études démographiques (INED), et publie dans des revues scientifiques comme la Revue française de sociologie, Population & Sociétés, Population, Sociétés contemporaines, etc., seule ou en collaboration avec d’autres sociologues comme Dominique Pasquier. Elle est également sollicitée dans des médias, dès le début des années 2010, alors qu’elle prépare sa thèse, tels France Inter en 2011[4], ou Les Inrockuptibles en 2013[5], mais aussi, après la soutenance de sa thèse, dans des journaux tels Le Monde en 2018[6], ou encore Le Figaro[7] et Libération[8] en 2019. Considérée désormais comme une des expertes du sujet, elle est aussi par exemple l’une des invitées d’une table ronde organisée par le journal Le Monde en octobre 2018 sur le sujet suivant : « Le big data va-t-il tuer le hasard des rencontres ? »[6]. Elle est également sollicitée pour faire partie du conseil scientifique d'une exposition parisienne ouvrant fin 2019 au Palais de la découverte, intitulée De l'amour[1].

En 2019, elle publie un ouvrage, intitulé Les nouvelles lois de l'amour. Sexualité, couple et rencontres au temps du numérique, aux Éditions La Découverte, à Paris, synthétisant, après presque une décennie de communications diverses, ses travaux et ses analyses dans une présentation grand public, lui permettant de sortir du cercle du lectorat des revues scientifiques. L’ouvrage fait l’objet de commentaires et de comptes-rendus dans de nombreux médias[1],[9],[10],[11],[12],[13].

Approche[modifier | modifier le code]

Elle appuie ses travaux, à partir de la thèse, sur une enquête de terrain, sur les enquêtes de l'INED, sur des entretiens avec des utilisateurs et des développeurs, sur des analyses, mais aussi, et c’est plus spécifique, sur des données numériques obtenues d’un des principaux sites de rencontre français[13]. À la suite d’un accord avec le site de rencontres Meetic en 2011, elle a obtenu une extraction de millions de profils anonymisés (sans pseudo ni photo), de messages (avec uniquement les heures et dates d’envoi, pas de contenu) et d’interactions. « Je n’avais pas connaissance des contenus des conversations », indique-t-elle, mais je savais que X avait contacté Y tel jour à telle heure, que Y avait (ou non) répondu, quel jour et à quelle heure. », pouvant ainsi déterminer quel profil (même s’il reste strictement anonyme) s’intéresse à quel autre profil, et quel profil ne reçoit pas de message ou de réponse. Pour son responsable de thèse, Michel Bozon, « Je n’aurais jamais pensé qu’elle essaierait de travailler sur les données de Meetic, difficiles à aborder par leur gigantisme, ni qu’elle réussirait à les obtenir, à l’issue d’une longue négociation. Marie n’a peur de rien, et a ainsi eu un apport pionnier et rigoureux dans le domaine des usages d’Internet. »[1].

Les informations de profil sont du déclaratif et peuvent se révéler inexactes. Mais elle a pu les comparer, grâce aux volumes dont elle disposait, aux moyennes démographiques. Elle constate ainsi, par exemple, que le profil type de l’utilisateur ou de l'utilisatrice de Meetic varie de quelques centimètres ou de quelques kg de la moyenne nationale. Quant à l'âge affiché, beaucoup d'usagers, des deux sexes, « arrondissent leur année de naissance comme le montre leur pyramide des âges, disproportionnée sur les années finissant par 0 et 5 ». Des arrondis qui se veulent peut-être légèrement favorables, mais qui suggèrent que ces utilisateurs et utilisatrices de site de rencontre veulent avant tout rester crédibles lors d’une éventuelle rencontre[1].

Principales publications[modifier | modifier le code]

  • 2019 : Les nouvelles lois de l’amour. Sexualité, couple et rencontres au temps du numérique, Paris, Éditions La Découverte, 228 pages.
  • 2019 : Marie Bergström, Françoise Courtel & Géraldine Vivier, « La vie hors couple, une vie hors norme ? Expériences du célibat dans la France contemporaine », Population, vol. 74, n° 1, p. 103-130.
  • 2019 : Marie Bergström & Dominique Pasquier, « Genre & Internet. Sous les imaginaires, les usages ordinaires », RESET. Recherches en sciences sociales sur Internet, n° 8. URL : https://journals.openedition.org/reset/1329
  • 2018 : « De quoi l’écart d’âge est-il le nombre ? L’apport des big data à l’étude de la différence d’âge au sein des couples », Revue française de sociologie, vol. 59, n° 3, p. 359-422.
  • 2016 : « (Se) correspondre en ligne. L’homogamie à l’épreuve des sites de rencontres », Sociétés contemporaines, vol. 4, n° 104, p. 13-40.
  • 2016 : « Les rencontres en ligne : rapidement sexuelles, souvent occasionnelles », in Olivier Martin & Éric Dagiral (dir.), L’ordinaire d’internet. Le web dans nos pratiques et relations sociales, Paris, Armand Colin, p. 83-99.
  • 2016 : « Sites de rencontres : qui les utilise en France ? Qui y trouve son conjoint ? », Population & Sociétés, n° 530.
  • 2014 : « Au bonheur des rencontres : sexualité, classe et rapports de genre dans la production et l’usage des sites de rencontres en France », Marie Bergström, 2014, thèse de doctorat.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e et f Laure Belot, « Marie Bergström, sociologue de l’amour numérique », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  2. « Au bonheur des rencontres », sur Institut d'études politiques de Paris - Observatoire sociologique du changement}
  3. « Résumé de la thèse de Marie Bergström », sur Institut d'études politiques de Paris - Observatoire sociologique du changement,
  4. Guillaume Erner, « Marie Bergström. Les nouveaux sites de rencontres », France Inter, émission Service public,‎ (lire en ligne)
  5. Vincent Glad, « Sur les sites de rencontre comme ailleurs, qui se ressemble s'assemble », Les Inrocks,‎ (lire en ligne)
  6. a et b Martin Untersinger, « Les sites et les applications modifient le scénario de la rencontre », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  7. Claire Conruyt, « L’orthographe, cette arme de séduction », Le Figaro,‎ (lire en ligne)
  8. Anaïs Moran (ill. Aseyn), « Marie Bergström : Sur Tinder, les femmes aussi cherchent des relations pas prise de tête », Libération,‎ (lire en ligne)
  9. Édouard Couëtoux, « Marie Bergström, Les nouvelles lois de l’amour. Sexualités, couple et rencontres au temps du numérique », Lectures, Les comptes rendus,‎ (DOI https://doi.org/10.4000/lectures.34477, lire en ligne)
  10. Xavier de La Porte, « L’amour au temps du numérique : ce que Tinder, Meetic & Cie ont changé dans nos vies », L’Obs,‎ (lire en ligne)
  11. Guillaume Plaisance, « Les nouvelles lois de l’amour. Marie Bergström », sur la-philosophie.com
  12. Nicolas Celnik, « Marie Bergström : La rencontre fortuite est un mythe », Libération,‎ (lire en ligne)
  13. a et b Margot Déage, « Marie Bergström, Les nouvelles lois de l’amour : sexualité, couple et rencontres au temps du numérique, Paris, La Découverte, 2019, 220 p », Réseaux, vol. 219, no 1,‎ , p. 241-246 (lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]