Marie-Suzanne Roslin

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Marie-Suzanne Roslin
The artist Marie Suzanne Giroust.jpg

Marie-Suzanne Roslin, par Alexandre Roslin, 1770.

Naissance
Décès
(à 38 ans)
Paris
Nationalité
française
Activité
Peintre, miniaturiste et pastelliste
Maîtres
Conjoint

Marie-Suzanne Giroust-Roslin, né le à Paris, où elle est morte le , est une peintre, miniaturiste et pastelliste française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fille de de Marie-Susanne Le Roy et de Barthélemy Giroust, marchand mercier-joaillier de la garde-robe du roi demeurant près de Saint-Jacques-de-la-Boucherie, peut-être parente du peintre d’histoire Giroust, elle perdit son père le 21 février 1742 et sa mère le 17 mars 1745, restant aux soins d’un tuteur.

Très active dans les années 1750, remarquable par sa beauté, elle est remarquée, en 1754, chez son maitre Joseph-Marie Vien par un confrère de l’Académie, Alexandre Roslin, un peintre suédois qui était venu s’établir à Paris, rue La Feuillade, et s’y était fait une réputation. Il la demanda en mariage, mais leur mariage suscita l’opposition de la famille Giroust à cause de la confession protestante de Roslin. Il était néanmoins vivement épris et, le comte de Caylus ayant su décider la famille, il l’épousa après cinq ans d’attente, le 8 janvier 1759. Le contrat de mariage fut signé, entre autres, par l’ambassadeur de Suède.

Elle n’abandonna pas la peinture et, sous la direction de son mari, fit des portraits au pastel qui furent appréciés, et lui valurent la bienveillance de l’Académie qui l’admit, le même jour qu’Anne Vallayer-Coster[1], comme peintre de pastel, le 1er septembre 1770, sur le portrait de Pigalle comme morceau de réception. C’était alors une grande distinction car, ce jour-là même, l’Académie décida qu’elle ne pourrait admettre plus de quatre académiciennes. Roslin exposa, en qualité d’académicienne, au salon de 1771, mais ne jouit pas longtemps de sa position. Atteinte d’un cancer au sein, elle mourut l’année suivante, âgée seulement de trente-huit ans. Elle avait servi plusieurs fois de modèle à son époux, pour certains de ses portraits, comme la Dame au voile.

En 1786, plusieurs années après la mort de sa femme, Roslin fit présent à l’Académie du portrait en buste au pastel de Dumont le Romain, peint par elle, qui se trouve aujourd’hui au Louvre. Élève de Joseph-Marie Vien et Maurice-Quentin de la Tour, Marie-Suzanne Roslin s’inscrit dans la parfaite filiation de son maître dans son talent pour le pastel, dans lequel elle fait transparaître une fraîcheur et une vérité des coloris typique du grand pastelliste. Cet héritage est perceptible dans un Portrait du sculpteur Pigalle (Musée du Louvre, département des arts graphiques), pastel qui a fait dire à Diderot : « la couleur en est belle et vigoureuse[2] ». Grande portraitiste, Marie-Suzanne Roslin était connue pour sa capacité à exécuter des portraits ressemblants, notamment par des tons de carnation assez réalistes.

Galerie[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Leur succès et leur mode de vie les fit toutes deux accuser d’immoralité et de faire peindre ou retoucher leurs tableaux par des hommes. Voir Helen Tierney, Women's Studies Encyclopedia, t. 1, Greenwood Publishing Group, 1999, 1607 p. (ISBN 978-0-31329-620-8), p. 537.
  2. Denis Diderot, Œuvres complètes, Jules Assézat, Maurice Tourneux, 1876, p. 513.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marie-Jo Bonnet, « Femmes peintres à leur travail : de l’autoportrait comme manifeste politique (XVIIIe – XIXe siècle), Revue d’Histoire Moderne et Contemporaine, vol. 49, no 3, 2002, p. 140-167.
  • Roger Gaud, Les Femmes peintres au XVIIIe siècle : Musée Goya, 16 juin-16 septembre 1973, Castres, Musée Goya, 1973.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Augustin Jal, Dictionnaire critique de biographie et d’histoire : errata et supplément pour tous les dictionnaires historiques, Paris, Henri Plon, 1867, p. 1086-7.
  • Frédéric Reiset, Notice des dessins, cartons, pastels, miniatures et émaux exposés dans les salles du 1er étage [et du 2e étage] au Musée impérial du Louvre, Musée du Louvre, Département des peintures, des dessins et de la chalcographie, Paris, C. de Mourgues frères, 1869, p. 418-9.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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