Marie-Maurille de Sombreuil

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Marie-Maurille de Sombreuil
Mademoiselle Sombreuil et un verre de sang GHRF.jpg
Mademoiselle de Sombreuil et un verre de sang.
Titre de noblesse
Comtesse
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 55 ans)
AvignonVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité
AristocrateVoir et modifier les données sur Wikidata

Jeanne-Jacques-Marie-Anne-Françoise de Virot Sombreuil, comtesse de Villelume, dite « Marie-Maurille comtesse de Villelume », née au château de Leychoisier (où L'Eychoisier) à Bonnac-la-Côte, (Haute-Vienne) le et morte à Avignon le est une aristocrate française du XVIIIe siècle. Elle sera immortalisée par la légende sous le nom de « l'héroïne au verre de sang ».

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

La comtesse de Villelume est la fille aînée de Charles François de Virot, marquis de Sombreuil, maréchal de camp, puis gouverneur des Invalides ; et de Marie-Madeleine des Flottes de l'Eychoisier.

« L’héroïne au verre de sang »[modifier | modifier le code]

Dessin anonyme représentant la légende du « verre de sang », Paris, musée Carnavalet, fin du XVIIIe siècle.

En (au moment des massacres de Septembre), lors du procès houleux de trois cents détenus soupçonnés d’activisme anti-révolutionnaire (accusation d'avoir prêté main-forte aux gardes suisses des Tuileries) dont son père, elle le sauve provisoirement en s'interposant courageusement entre lui et la foule pour selon les uns implorer sa grâce, selon les autres en s'écriant : « Vous n'arriverez à mon père qu'après m'avoir tuée[1]. »

Son courage et sa beauté obtinrent cette grâce, au prix, raconta la rumeur, d’un terrible marché fixé par Stanislas Marie Maillard, dit « Tape-Dur » : son père serait épargné si elle buvait un verre de sang bleu frais. Tape-Dur plongea un verre dans un baquet, qui recueillait le sang des victimes décapitées (rempli du sang qui s'échappait de la tête de monsieur de Saint-Marsault selon le comte de Villelume[1]), le tend à mademoiselle de Sombreuil qui, sans hésiter, le boit d’un trait en criant « Vive la Nation ! », sauvant ainsi, provisoirement, son père.

Ce récit héroïque a inspiré les poètes et les romanciers (Victor Hugo, Jacques Delille, Gabriel-Marie Legouvé), mais également les historiens comme Edgar Quinet qui s'en fait l'écho dans La Révolution (tome I, p. 384). Un rosier thé grimpant porte son nom, 'Mademoiselle de Sombreuil' (Robert 1850).

MARIE-MAURILLE DE SOMBREUIL
L’héroïne au verre de sang
2 au 6 septembre 1792
On massacre partout, des Carmes à Montrouge.
Aux portes des prisons grouillent, le verbe haut,
Des égorgeurs en rage, aux forts relents de bouge…
Tu veux sauver ton père ? Alors, fais ce qu’il faut !

« Tu vois ce verre ? Il est rempli d’un beau sang rouge,
Tout juste recueilli là-bas, sous l’échafaud
Bien laqué, chatoyant, et presque encore chaud
Regarde, ne dirait-on pas qu’une âme y bouge ?

Eh bien ! fier rejeton du ci-devant Sombreuil,
Si tu veux épargner au marquis le cercueil,
Nous te mettons, ce verre, au défi de le boire ! »

Maurille, alors, fixant le breuvage vivant,
Le cœur entre les dents, s’exécute, inscrivant
Le plus beau trait d’amour filial de l’histoire.
Bernard Lallement

Toutefois il existe une autre version moins rocambolesque contée par Jacques Hillairet dans le Dictionnaire historique des rues de Paris[2] : le marquis de Sombreuil fut arrêté le et enfermé à la prison de l'Abbaye. Sa fille, Marie-Maurille, âgée de 25 ans, avait obtenu le surlendemain l'autorisation de le rejoindre.

La vue de la jeune fille en larmes qui enveloppait son père de ses bras en demandant sa vie avec des accents fort suppliants émut les massacreurs ; après une courte enquête, Stanislas Marie Maillard, président d'un tribunal improvisé de la prison de l'Abbaye, déclara monsieur de Sombreuil innocent.

Altérée, Marie-Maurille demanda un verre d'eau ; celui-ci lui arriva tout rougi d'être passé entre plusieurs mains sanglantes, d'où l'origine de la légende la représentant obligée de boire un verre de sang humain pour obtenir la grâce de son père.

Cette seconde version ne fait pas état de décapitation comme dans la première version. Il n'y a d'ailleurs jamais eu de guillotine à la prison de l'Abbaye.

Délivrée après le 9 Thermidor, elle épouse à Paris, église Saint-Roch le un émigré, le comte de Villelume, né au château de Morcheval (Chamborêt, Haute-Vienne) le et mort au château de Brazeux à Vert-le-Grand (Essonne) le 11 février 1837. Capitaine, il émigre dans l'armée de Condé en 1791, colonel le , nommé sous la Restauration commandant des Invalides d'Avignon le . Maréchal de camp le .

Elle meurt à Avignon le . Son cœur fut placé dans la chapelle des Célestins, et son corps inhumé au cimetière Saint-Roch, d’où il fut transféré au cimetière Saint-Véran. Elle y repose sous l’épitaphe que lui consacrèrent les militaires invalides de la succursale : le 6 novembre 1850, les invalides quittèrent la succursale d’Avignon à bord des navires L’Althen et Le Mogador, c’est à l’aumônier qu’a été confié le cœur de la comtesse de Villelume née Sombreuil. Les bateaux levèrent l’ancre le samedi 8 novembre et en utilisant le Rhône, les canaux et la Seine, arrivèrent à Paris le 25 novembre 1850. L’urne funéraire contenant son cœur a été déposée dans le caveau des gouverneurs de l’ hôtel des Invalides de Paris, où elle est la seule femme et excuse par sa présence l’absence de son père resté dans le charnier des martyrs de Picpus.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Dans la lettre du comte de Villelume, le fils de Jeanne, publiée par Le Grand Journal et citée par Jules Claretie dans son ouvrage Ruines et Fantômes (ISBN 1434630447), p. 52.
  2. Jacques Hillairet, Dictionnaire historique des rues de Paris, Paris, éditions de Minuit.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

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