Marie-Madeleine de Vignerot d'Aiguillon

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Marie-Madeleine de Vignerot d'Aiguillon
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Biographie
Naissance
Décès
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ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Salonnière, dame de compagnie, Gouverneur de NowogródekVoir et modifier les données sur Wikidata
Famille
Père
Fratrie

Marie-Madeleine de Vignerot, dame de Combalet, duchesse d’Aiguillon, née en 1604 à Glénay et morte en 1675 à Paris, est une salonnière française, nièce du cardinal de Richelieu.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fille de René de Vignerot de Pontcourlay et de Françoise du Plessis de Richelieu (sœur du cardinal de Richelieu), elle passa son enfance au château de Glénay jusqu'au décès de sa mère en 1615 et fut ensuite élevée par sa grand-mère au château de Richelieu.

Le château de Vincennes sous Louis XIII, dessin approximatif d'Alain Manesson Mallet, 1702.

Elle fut mariée à seize ans, en 1620, à Antoine de Beauvoir du Roure de Grimoard, seigneur de Bonnevaux et marquis de Combalet (en Vivarais, à La Bastide de Virac ou Saint-Paul-le-Jeune ?), neveu du connétable-duc de Luynes par sa mère Marie d'Albert de Luynes.

Elle conçut une telle aversion pour son époux que, lorsqu'il fut tué en 1622 au siège de Montpellier, au cours de la première des rébellions huguenotes, elle fit vœu de ne jamais se remarier et de se faire carmélite, de peur que, par quelque raison d’État, on ne la sacrifiât encore.

Guy Breton, dans ses "Histoires d'amour de l'Histoire de France" indique: "Au dire de Tallemant des Réaux, son mari, qui passait pour être le mieux fourni de la Cour, n'avait pas été capable de lui faire quitter l'état de demoiselle. Le poète Dulot s'était d'ailleurs amusé à démontrer, au moyen du jeu de l'anagramme, alors très en vogue, que le destin navrant de Mme de Combalet était écrit dans son nom de jeune fille. Avec Marie de Vignerot, il avait fait: Vierge de ton mari. Déçue par le mariage, elle avait pensé à entrer en religion. S'en étant ouverte à son oncle celui-ci lui aurait dit: " Votre place n'est pas au couvent, mon enfant, elle est près de moi". Le cardinal, qui avait au plus haut point l'esprit de famille, devint son amant. De cette liaison, qui dura jusqu'à la mort du Premier ministre, naquirent deux enfants".

Tallemant des Réaux lui a consacré l’une de ses Historiettes où il dépeint, entre autres, son avarice, sa dévotion outrée, sa relation ambiguë avec le cardinal de Richelieu : « on a fort médit de son oncle et d'elle ; il aimait les femmes et craignait le scandale. Sa nièce était belle, et on ne pouvait trouver étrange qu'il vécût familièrement avec elle. Effectivement elle en usait peu modestement ; car, à cause qu'il aimait les bouquets, elle en avait toujours, et elle l'allait voir la gorge découverte »[1]

En 1632, Marie de Médicis aurait projeté de faire enlever Mme d'Aiguillon au cours d'une promenade à Vincennes et de la mener en Flandres où la reine mère est réfugiée. Il s'agit de faire pression sur le cardinal de Richelieu pour empêcher l'exécution du duc de Montmorency[1].

Pierre Corneille lui dédie Le Cid en 1637, en hommage à la protection qu'elle lui apporta lors de la querelle du Cid.

Après avoir échoué dans plusieurs projets de mariage avec les premières maisons de France, le cardinal-ministre acheta le duché d’Aiguillon pour sa nièce en 1638. Elle fut dame d’atours de Marie de Médicis. On lui prête une relation avec son intendante et secrétaire, Madame de Vigean - qui vécut avec elle jusqu'à la fin de sa vie - ce qui lui vaut d'être moquée dans des satires qui circulent à la cour[2],[3].

Plan de Québec avec l'hôpital des Augustines (10), plan de Jean Bourdon, 1664.
Ville du Havre avec la citadelle construite par Richelieu, plan de Jacques-Nicolas Bellin, 1764.

Après la mort du cardinal, en 1642 - il déclare qu' «elle est la personne du monde qu'il a le plus aimée," - elle hérita d’une partie de ses biens — entre autres, le château de Rueil et le Petit Luxembourg — et employa presque toute sa fortune à soulager les pauvres et à fonder des établissements de charité.

Son petit-neveu Armand-Jean de Vignerot du Plessis fut gouverneur du Havre, mais, en raison de son âge, il fut placé sous sa tutelle de 1629 à 1646, avant de lui succéder. Nommée gouverneur à vie en 1653, elle démissionne en 1661[4].

Elle soutient activement la fondation des Missions étrangères de Paris, à travers des démarches auprès du roi et de Rome. Elle finance la fondation de l'Hôtel-Dieu de Québec, le premier hôpital de la Nouvelle-France, ouvert en 1639 par la congrégation des Augustines de la Miséricorde de Jésus.

En 1641, elle est dédicataire d'une étude sur le système décimal publié par la mathématicienne Marie Crous.

Guez de Balzac qui la détestait, notamment pour son avarice, la surnomme, dans une lettre de 1644, « la princesse au teint de safran ». En 2004, Françoise Hildesheimer écrit : «Les contemporains la décrivent comme cachant sous le masque de la modestie et de la dévotion son ambition inassouvie, à laquelle les projets matrimoniaux les plus brillants ou les plus fous élaborés par son oncle [...] ne donneront jamais satisfaction. Ajoutons à ce portrait une touche de préciosité -la dame est un des piliers de l'hôtel de Rambouillet-, qui habille cocassement sa fierté et son habileté manoeuvrière de discours patelins et affectés...» [5].

En 1675, son oraison funèbre fut prononcée par Jacques-Charles de Brisacier, dans la Chapelle des Missions Etrangères de Paris.[6].

Liens internes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Tallemant des Réaux, Historiettes, Bibliothèque de la Pléiade (ISBN 2-07-010547-4), notes P 983
  2. Michel Larivière, Dictionnaire historique des homosexuel-le-s célèbres, (œuvre écrite), La Musardine, Voir et modifier les données sur Wikidata
  3. Stéphanie Bee, « La Duchesse d’Aiguillon et Mme de Vigean, une amitié passionnée », sur Univers-L, (consulté le 2 avril 2021)
  4. Hervé Chabannes, Les manuscrits retrouvés de Jacques Augustin Gaillard : une histoire du Havre écrite de 1810 à 1824, Rouen, éd. PTC, 134 p. (ISBN 978-2-35038-019-3 et 2-35038-019-X), p. 124
  5. Françoise Hildesheimer, Richelieu, Paris, Flammarion, , p. 155-156
  6. Jacques-Charles de Brisacier, Discours funèbre pour Madame la duchesse d'Aiguillon, chez Charles Angot, 1675, 4 pages. Bibliothèque municipale de Lyon. Numérisé le 5 février 2015. Consulté le 13 mars 2017.

Sources[modifier | modifier le code]