Marie-Louise Dubreil-Jacotin

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Marie-Louise Dubreil-Jacotin
Naissance
Paris (France)
Décès
Paris (France)
Nationalité française
Domaines algébriste
Institutions Caisse nationale de la recherche scientifique
Université de Rennes
Université de Poitiers
Université de Paris
Diplôme Faculté des sciences de l'Université de Paris, École normale supérieure (Paris)

Compléments

première mathématicienne française professeur d'université

Marie-Louise Dubreil-Jacotin, de nom de jeune fille Marie-Louise Jacotin, née le à Paris, en France et décédée le à Paris, est une mathématicienne française, spécialiste d'algèbre.

La rue Marie-Louise-Dubreil-Jacotin dans le XIIIe arrondissement de Paris porte son nom. Sur le campus de l'université de Poitiers, une rue porte également son nom.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fille d'un juriste, Marie-Louise Jacotin fait des études secondaires au lycée Jules Ferry de Paris où elle a comme professeur de mathématiques la sœur d'Élie Cartan. Après l'obtention du baccalauréat série mathématiques élémentaires en 1924 elle suit la classe de mathématiques spéciales du collège Chaptal, dont le directeur est le père d'une de ses meilleures amies. Le début de ses études supérieures s'avère semé d'embuches : Elle se présente en 1925 au concours d'entrée à l’École normale supérieure, qui sert également de concours pour les bourses de licence des départements. Elle est suffisamment bien classée pour obtenir une bourse de licence mais est incitée par son professeur de mathématiques à refaire une année de préparation pour pouvoir être reçue à l’École normale supérieure. Elle est effectivement reçue seconde en 1926, cependant à la suite de la circulaire du 2 mars 1912 qui considère l'école réservée aux hommes, dans le décret d'admission elle est rétrogradée à la 21e place, juste après les 20 premiers du classement, qui sont admis. En compensation, on lui accorde une bourse de licence. Or une de ses anciennes camarades de lycée est la fille du rédacteur en chef du Journal de l'École normale supérieure, Fernand Hauser, qui intervient auprès du ministre de l'Instruction publique, Édouard Herriot, et du directeur de l'enseignement supérieur. Saisi de cette question, le Conseil supérieur de l'Instruction publique autorise fin janvier 1927 son inscription comme élève externe en surnombre, ce qui est entériné par arrêté du 7 février 1927. Elle peut alors suivre les conférences de l’École en parallèle des cours de la faculté des sciences de l'université de Paris, en particulier les cours de mécanique des fluides d'Henri Villat, où elle obtient la licence ès sciences mathématiques[1]. Nommée professeur agrégé de mathématiques en 1929, Marie-Louise Jacotin obtient, avec l'aide du directeur des études de l'époque, Ernest Vessiot, une bourse pour entreprendre des recherches de physique mathématique à Oslo auprès du professeur Vilhelm Bjerknes.

Elle épouse Paul Dubreil à Paris en juin 1930 et suit celui-ci, alors boursier de la Fondation Rockefeller, en Allemagne où sa rencontre avec Emmy Noether est déterminante pour la suite, et en Italie où elle rencontre Levi-Civita qui travaillait dans le même domaine qu'elle. Durant l'été 1931 le couple rejoint le groupe de recherche dirigé par Hilbert et Weyl à Göttingen. À la rentrée 1931 son mari succède à Henri Cartan à la faculté des sciences de Lille. Elle soutient sa thèse de doctorat ès sciences mathématiques en 1934 devant un jury de la faculté des sciences de l'université de Paris composé d'Ernest Vessiot, Gaston Julia et Henri Villat. Elle devient l'année suivante chargée de recherche de la Caisse nationale de la recherche scientifique (précurseur du Centre national de la recherche scientifique) à Rennes et est chargée du cours Peccot au Collège de France. Après la physique théorique, elle s'oriente vers l'algèbre et la théorie des nombres.

Son mari est nommé à Nancy. Elle est nommée chargée de cours à la faculté des sciences de l'université de Rennes en 1938, puis maître de conférences de mathématiques générales à Lyon de 1939 à 1941, avant d'être transférée à nouveau à Rennes par échange de poste. En octobre 1943 elle est nommée professeur titulaire de la chaire de calcul différentiel et intégral à la faculté des sciences de l'université de Poitiers. Elle réunit autour d'elle une communauté de chercheurs qui comprend Arbault, Croisot, et Lesieur, enrichie, pour la théorie des demi-groupes, par Marcel-Paul Schützenberger[2]. Directrice de recherche du Centre national de la recherche scientifique durant l'année 1954-1955, elle est nommée maître de conférences à la faculté des sciences de l'université de Paris en 1956, chargée de la préparation au concours d'agrégation féminine de mathématiques, puis professeure titulaire à titre personnel deux ans plus tard.

Marie-Louise Dubreil-Jacotin est victime d'un accident de la circulation en 1972 et décède cinq semaines plus tard d'un infarctus.

Travaux[modifier | modifier le code]

Sa thèse portait sur la mécanique des fluides. Après la rencontre avec Emmy Noether, elle travaille sur des problèmes d'algèbre, incluant les ensembles ordonnés, les demi-groupes, la théorie des idéaux[3]. Elle forme une école à Poitiers, et après sa nomination à Paris, contribue à côté de son mari au rayonnement de l'algèbre. De ses deux livres, ce sont les « Leçons d'algèbre moderne » qui ont une diffusion large, y compris une traduction en anglais.

Elle s'intéresse également à la place des femmes dans les mathématiques et les sciences. et publie des articles sur des femmes scientifiques célèbres. Elle a contribué un chapitre intitulé « Figures de mathématiciennes » au livre de François Le Lionnais, « Les grands courants de la pensée mathématique »[4].

Livres[modifier | modifier le code]

  • Paul Dubreil et Marie-Louise Dubreil-Jacotin, Leçons d'algèbre moderne, Paris, Dunod, , 2e éd., vii+401 p.
  • Paul Dubreil et Marie-Louise Dubreil-Jacotin (trad. A. Geddes), Lectures on modern algebra, Edinburgh, Oliver & Boyd, coll. « University Mathematical Monographs » (no 6), , 2e éd., xii+364 p.
  • Marie-Louise Dubreil-Jacotin, Léonce Lesieur et Robert Croisot, Leçons sur la théorie des treillis des structures algébriques ordonnées et des treillis géométriques, Paris, Gauthier-Villars, , viii+385 p.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean Leray, « Marie-Louise Dubreil : 7 juillet 1905 - 19 octobre 1972 », Annuaire des Anciens Élèves de l'École Normale Supérieure (1972).
  2. Léonce Lesieur, « Marie-Louise Dubreil-Jacotin », Semigroup Forum 6 (1973), p. 1-2.
  3. Sa thèse et un certain nombre d'articles sont accessibles sur Numdam.
  4. François Le Lionnais, Les grands courants de la pensée mathématique : avec une préface de Bernard Teissier, un avant-propos de Jean Ballard et une lettre inédite de Paul Valéry, Paris, Hermann, coll. « Histoire de la Pensée », , 533 p. (ISBN 2-7056-6332-0).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

(en) John J. O'Connor et Edmund F. Robertson, « Marie-Louise Dubreil-Jacotin », dans MacTutor History of Mathematics archive, université de St Andrews (lire en ligne).