Marie-Germain-Christian Bruneau

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Officier général francais 2 etoiles.svg Marie-Germain-Christian Bruneau
Naissance
La Rochelle, France
Décès (à 69 ans)
Lyon, France
Origine France
Allégeance Drapeau de la France France
Arme Armée de terre française
Grade Général de brigade
Années de service 1905-1945
Commandement Forces françaises en Allemagne
Conflits Seconde Guerre mondiale
Faits d'armes Bataille de France
Distinctions Croix de guerre 1939-1945
Légion d'honneur

Marie-Germain-Christian Bruneau, né le à La Rochelle, mort le à Lyon[1], est un général de brigade français, commandant la 1re division cuirassée en mai 1940.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il fait partie de la promotion de l'école de Saint-Cyr "La Tour d'Auvergne" 1903-1905. Il obtient le grade de lieutenant-colonel le 25 décembre 1930 est instructeur à l'école supérieure de guerre de 1930 à 1934, de décembre 1934 à 1935, il travaille au Centre des hautes études militaires. Le 25 septembre 1935, il devient colonel et prend le commandement du 511e régiment de chars de combat jusqu'au 1er novembre 1938. Il travaille ensuite à l'Institut des hautes études de Défense nationale jusqu'au 10 mars 1939 puis dirige la 3e brigade blindé du 10 mars au 2 septembre. Il prend à cette date le commandement des unités blindés de la 3e armée française jusqu'en février 1940. Il est promu général de brigade le 8 décembre 1939[2].

Le 17 février 1940, le général Bruneau prend le commandement la 1re division cuirassée nouvellement constitué encore en formation lors du déclenchement de la bataille de France. Il manque l'occasion de participer à la contre-attaque contre la division Rommel le 14 mai lorsque celle-ci était vulnérable. L'ordre d'attaquer lui parvient avec retard et incomplet[3] et dans une situation défavorable jugée comme intenable par le général Bruneau[3] qui déjà savait avoir à sacrifier son unité, notamment par l'absence d'infanterie comme soutien. Puis quand il fait mouvement les routes sont encombrées et ralentissent la progression. Il doit ensuite attendre pour ravitailler, car il a placé ses camions-citernes tout à l'arrière de sa division[4],[5] comme le prescrivait alors le règlement, malgré ses demandes de remorques permettant de transporter le carburant[3], ce qui s'est révélé être une erreur stratégique que l'on peut imputer à la doctrine militaire de l'époque[3]. Lors de la bataille de Flavion le lendemain 15 mai, la moitié de sa division ne peut pas manœuvrer, par manque d'essence. Il s'organise cependant en défense et réussit à mettre hors de combat « de nombreux chars ennemis » mais les siens sont finalement anéantis, plus puissants mais moins bien dirigés à cause de la faiblesse des communications radio françaises et n'ayant pas de canons antiaériens[3] ni le soutien de l'aviation[3], et beaucoup d'entre eux se trouvant immobilisés, en panne d'essence[5]. À l'issue de ses combats à Flavion, la 1re Division cuirassée a perdu environ 100 chars, le 28e BCC est anéanti et il ne reste plus qu'une compagnie aux 26e et 37e BCC. De leur côté les Allemands ont perdu entre 60 et 100 chars, 20 automitrailleuses et 20 canons antichars[6]. Sa division est anéantie « corps et biens »[7]. Il est fait prisonnier quelques jours plus tard[8], le 18 mai. Il est transféré au camp Oflag IV-B situé dans la Forteresse de Königstein d'où il tente de s'échapper. Libéré à la fin de la guerre le 11 mai 1945, il quitte aussitôt l'armée.

Il est entendu le 6 juillet 1948 par la commission d'enquête chargée d'enquêter sur les événements survenus en France de 1933 à 1945[3] où il expose son point de vue sur cet campagne en indiquant en préambule l'improvisation de la création des divisions cuirassées. Il y décrit l'ambiance dans laquelle il se trouvait, le rôle limité au soutien d'infanterie[3] (accompagnement) de l'arme blindée dans l'armée française de l'époque, l'inadéquation du matériel en ce qui concerne les transmissions, et les ordres contradictoire qu'il a reçu ayant conduit à la déroute décrite ci-dessus. Le général Bruneau y juge l'infériorité de l'arme blindée française comme n'ayant pas été organisée de façon convenable: "on ne les avait pas orientés, pas outillés, pas instruits, pas mobilisés pour faire la guerre de mouvement. Au contraire (...) on avait voulu en faire des engins d'accompagnement"[3]. Se rajoutent à ces constatation le fait que la 1re division cuirassée était une unité de formation, insuffisamment instruite et amalgamée. Les efforts mis en place pour préparer au mieux cette division en un minimum de temps ont été contrés par quantité de facteurs dont notamment le refus hiérarchique de constituer des régimes de permissions par équipage et non séparées, ce qui a diminué le rendement de la formation des équipes. A cela s'est ajouté le prélèvement d'éléments de choix pour constituer les 3e et 4e divisions cuirassées.

Ce rapport indique également que le général Bruneau a été pris par le général Estienne dans son état-major et avoir travaillé avec lui jusqu'à ses derniers jours sur la question des chars et avoir été mêlé à l'ensemble des études réalisées sur le char B. Le refus du commandement d'attribuer des moyens de communication adéquats dans les chars y est également détaillé. M. Charles Serre de la commission y a reconnu que le général Bruneau ne disposait pas des moyens nécessaires pour mener cette unité cuirassée à la bataille. M. Dehrs confirme ne voir personne d'autre à l'époque comme ayant été en mesure de participer à une manoeuvre importante avec l'arme blindée française.

Y est décrit également lors des expériences de Sissone après avoir donné "le bien aller" à ses unités de chars B pour démontrer la supériorité de l'arme blindée, s'être fait réprimandé par le général Dufieux [9] alors inspecteur général de l'infanterie et des chars, en ces termes: "Quant aux chars B, le moins qu'on en puisse dire, c'est qu'ils n'ont pas exécuté l'ordre et ont fait cavalier seul". Evénement illustrant la méfiance de l'état-major français quant à l'utilité de l'arme blindée avant la seconde guerre mondiale.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Christian Bruneau », sur https://gw.geneanet.org/ (consulté le 5 février 2018).
  2. (en) « Bruneau, Marie-Germain-Christian » (consulté le 5 février 2018).
  3. a b c d e f g h et i Les Événements survenus en France de 1933 à 1945 : Rapport fait au nom de la Commission chargée d'enquêter sur les événements survenus en France de 1933 à 1945, vol. 4, Presses universitaires de France, (lire en ligne), Séance du 6 juillet 1948, p. 1163-1190.
  4. (en) Julian Jackson, The Fall of France: The Nazi Invasion of 1940, Oxford University Press, 2004, p. 50-52.
  5. a et b Dominique Lormier, La bataille de France au jour le jour, Le Cherche-midi, 2011.
  6. Lormier, Dominique., Comme des lions : mai-jin 1940, l'héroïque sacrifice de l'armée française, Calmann-Lévy, (ISBN 2702134459 et 9782702134450, OCLC 70054088, lire en ligne)
  7. André Beaufre, Le drame de 1940, Plon, 1965, p. 237.
  8. Jean-Paul Pallud, Blitzkrieg à l'Ouest : mai-juin 1940, Éditions Heimdal, , 480 p., p. 209.
  9. « Général Dufieux », sur Revue des Deux Mondes (1829-1971), (1er novembre 1959), pp. 28-37 (consulté le 17 septembre 2018)

Bibliographie[modifier | modifier le code]