Marie-Claire Kirkland-Casgrain

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Marie-Claire Kirkland-Casgrain
Illustration.
Marie-Claire Kirkland-Casgrain en 1971.
Fonctions
Ministre de la Culture du Québec
Gouvernement Gouvernement Robert Bourassa (1)
Prédécesseur François Cloutier
Successeur Denis Hardy
Ministre du Tourisme et de la Pêche du Québec
Gouvernement Gouvernement Robert Bourassa (1)
Ministre des Transports et des Communications du Québec
Gouvernement Gouvernement Jean Lesage
Ministre sans portefeuille du Québec
Gouvernement Gouvernement Jean Lesage
Biographie
Nom de naissance Marie-Claire Kirkland
Date de naissance
Lieu de naissance Palmer, Massachusetts
Date de décès (à 91 ans)
Nationalité Canadienne
Conjoint Philippe Casgrain, avocat
Enfants 3

Marie-Claire Kirkland-Casgrain (née le à Palmer (Massachusetts) et morte le [1]) est une avocate, femme politique, puis juge québécoise. Elle a été la première femme députée de l'Assemblée législative du Québec, la première femme membre du Conseil des ministres ainsi que la première femme à obtenir des funérailles nationales au Québec.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfant unique de Rose Demers et de Charles-Aimé Kirkland[2], elle naît le 8 septembre 1924 à Palmer, dans l'état du Massachusetts aux États-Unis, près de l'université Harvard où son père, jeune médecin, se spécialise. Elle passe son enfance à Ville-St-Pierre (aujourd'hui fusionnée à Lachine) où son père pratique la médecine.[1]

Dès 7 ans elle sera pensionnaire d'un établissement de la Congrégation Notre-Dame, puis demi-pensionnaire au Couvent Villa-Maria. Elle débute ses études universitaires en droit à l'Université McGill en 1947, y obtient un baccalauréat ès arts et sa licence en droit[3]. Puis elle parfait sa formation en droit international à Genève et devient avocate en 1952. Elle pratique sa profession à Montréal au cabinet de Mes Cerini et Jamieson jusqu'en 1961 et reçoit des clients à la maison le soir.

En 1954, Claire Kirkland épouse l'avocat Philippe Casgrain avec qui elle aura trois enfants : Lynne-Marie (qui a pratiqué le droit au cabinet Grey Casgrain Avocats avec son mari Julius Grey et est maintenant ombudsman au CUSM[4]), Kirkland (lui-même juge à la Cour Supérieure du Québec[5]) et Marc. Le couple divorcera 17 années plus tard en 1971[6].

Marie-Claire suit avec intérêt la carrière politique de son père, le docteur Charles-Aimé Kirkland, député de Jacques-Cartier. Elle s'implique tôt dans les affaires politiques. Elle est conseillère de la Jeunesse libérale de la circonscription de Jacques-Cartier, présidente du Comité de la constitution du Club Mariana B. Jodoin et de la Fédération des femmes libérales du Québec. De plus, elle est membre-fondatrice de l'Association des femmes avocates de la province de Québec. Durant ces mêmes années, elle écrit aussi dans la revue Châtelaine la chronique "Ce que j'en pense"[7].

L'élection partielle, en 1961, suscitée par la mort de son père, marque le début d'une carrière politique riche en accomplissements pour Kirkland-Casgrain.

Elle s'illustre dans la défense des causes féminines et dans l'adoption de certaines lois. En 1964, elle présente le projet de loi 16, Loi sur la capacité juridique de la femme mariée qui permet d'exercer des actes juridiques sans le consentement de l'époux, comme par exemple signer un bail ou ouvrir un compte bancaire. De 1964 à 1966, elle est nommée Ministre des Transports et des Communications. Elle est réélue en 1966, cette fois dans la circonscription de Marguerite-Bourgeoys qu'elle représentera jusqu'en 1973.

En 1969, alors qu'elle est dans l'opposition officielle, elle fait adopter la Loi concernant les régimes matrimoniaux et l'établissement de la société d'acquêts qui privilégie le partage de la valeur des biens accumulés pendant le mariage tout en permettant à chacun des époux d'exclure certains biens qui leur sont propres[8]. Le 17 décembre de la même année elle est créée Conseil en loi de la reine[9].

De 1970 à 1972, elle est nommée Ministre du Tourisme, de la Chasse et de la Pêche sous le premier gouvernement de Robert Bourassa et élabore un livre blanc sur l'accessibilité des territoires de chasse et de pêche, qui s'est traduit par la création des réserves fauniques du Québec. Alors qu'elle est Ministre des Affaires culturelles de 1972 à 1973, elle préside également l'adoption de la Loi sur les biens culturels et la Loi 63 établissant un Conseil du statut de la femme. Cette dernière sera d'ailleurs adoptée à la session parlementaire de juillet, en l'absence de Marie-Claire qui démissionnait en février[10].

Kirkland-Casgrain détient plusieurs titres de « première » en politique québécoise. Elle est la première femme élue députée de l'histoire du Québec en 1961, la première à être nommée ministre lorsque Jean Lesage lui confie un ministère sans portefeuille en 1962 ; la première femme à se présenter devant le Comité des projets de loi privés de l'Assemblée législative du Québec (en 1964 avec la Loi 16); la seule femme membre du gouvernement provincial du Québec de 1961-1973 ; la première femme à être nommée Premier ministre intérimaire d'un gouvernement provincial durant l'absence du représentant en 1972. Elle aura aussi été la première québécoise à avoir droit à des funérailles nationales[11].

Kirkland-Casgrain quitte la scène politique à la suite de sa nomination à titre de juge de la cour provinciale (unie à la Cour des sessions de la paix et au Tribunal de la jeunesse pour former la Cour du Québec en 1988[12]) et présidente de la Commission du salaire minimum, le 14 février 1973. Sous sa présidence, la Commission augmente de 35% le taux de salaire minimum dès la fin de l'année 1973[13]. En 1980 elle devient juge dans le district judiciaire de Montréal, puis elle prend sa retraite en 1991 à l'âge de 67 ans. Le 14 décembre 2001, lors du 40e anniversaire de sa première élection, les membres de l'Assemblée Nationale du Québec lui ont rendu un hommage vibrant[14]. Pour l'occasion une salle du restaurant Le Parlementaire, située dans l'hôtel du Parlement, a été nommée en son honneur.

En 2007 elle se marie à Wyndham Strover, un confrère de classe d'université revu plusieurs années plus tard, lui-même avocat à Rothersay au Nouveau-Brunswick, avec qui elle passera les dernières années de sa vie[15].

En 2012, un monument érigé près de l'Assemblée nationale lui rend hommage en compagnie d'autres pionnières de la lutte des femmes au Québec : Idola Saint-Jean, Marie Gérin-Lajoie et Thérèse Casgrain[16].

Marie-Claire Kirkland-Strover décède le 24 mars 2016 à l'âge de 91 ans. Le même jour, le Premier ministre du Québec Philippe Couillard annonce la tenue de funérailles nationales "pour souligner l’engagement et le dévouement de Mme Kirkland-Casgrain qui, en tant que première femme à exercer des fonctions dans les domaines politique et juridique au Québec, a mis ses convictions au service de l’égalité entre les femmes et les hommes"[17].

Engagement social[modifier | modifier le code]

Outre ses engagements déjà mentionnés (Jeunesse libérale, Club Mariana B. Jodoin, Fédération des femmes libérales du Québec, Association des femmes avocates de la province de Québec, revue Châtelaine), Marie-Claire Kirkland fût aussi Vice-présidente du conseil exécutif de la Ligue de sécurité de la province de Québec, membre directrice de l'Orchestre de chambre de McGill, gouverneure à vie de la Corporation de l'Hôpital Douglas et fondatrice et présidente du chapitre canadien de l'Alliance internationale des femmes[18].

Legs[modifier | modifier le code]

En 1964, elle fait adopter la Loi sur la capacité juridique de la femme mariée permettant aux femmes mariées d'exercer des actes juridiques sans le consentement de leur mari. On lui doit aussi la création de l'Institut de tourisme et d'hôtellerie du Québec (ITHQ), fondé par le gouvernement en 1968 sur sa proposition alors qu'elle est ministre du Tourisme, de la chasse et de la pêche[19]. En 1969 elle fait adopter la Loi concernant les régimes matrimoniaux et l'établissement de la société d'acquêts, en 1972 la Loi sur les biens culturels[20] (devenue en 2011 la Loi sur le Patrimoine culturel) qui permet au ministre des Affaires culturelles de classer un bien même contre l'avis de son propriétaire et en 1973 la Loi 63 établissant le Conseil du statut de la femme, organisme ayant pour but de conseiller le gouvernement sur les enjeux liés aux femmes québécoises et de sensibiliser la population[21].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Allaire, Emilia B., Têtes de femmes : essais biographiques, Québec, éditions de l'Équinoxe, 1964, p. 89-94.
  • Claire Kirkland-Casgrain, A woman in politics, my own story, Châtelaine, no 49 (septembre 1976) p. 47, 99-103.
  • Guylaine Boucher, « Avocate défenderesse de la démocratisation d’une société, Marie-Claire Kirkland », Journal du Barreau, vol. 37, n° 10 (1er juin 2005).
  • Josiane Lavallée, La députation féminine au Parti libéral et au Parti québécois. Un parcours de 50 ans : 1961–2011, Bulletin d’histoire politique, vol. 20, n° 2 (automne 2011) : 25-45.
  • Janice Paskey, A conversation with Marie-Claire Kirkland, McGill News Alumni Quarterly, Spring 1998.
  • International Who’s who of women 2002. 3eédition. Europa publications, 2002.

Honneurs[modifier | modifier le code]

Monument en hommage aux femmes en politique, colline parlementaire de Québec.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Claire Kirkland-Casgrain : Décès de la première femme députée à Québec », sur Le Huffington Post Québec, (consulté le 24 mars 2016)
  2. « Me Marie-Claire Kirkland | Barreau de Montréal », sur www.barreaudemontreal.qc.ca (consulté le 29 août 2018)
  3. « Généalogie Philippe Casgrain », sur www.nosorigines.qc.ca (consulté le 7 septembre 2018)
  4. Lise Ravary, « Merci, madame Kirkland-Casgrain », Le Journal de Montréal,‎ (lire en ligne)
  5. Barreau du Québec, « Volume 35 - Numéro 13 », sur http://www.barreau.qc.ca (consulté le 7 septembre 2018)
  6. « PHILIPPE CASGRAIN A renaissance man passes - The Métropolitain », sur www.themetropolitain.ca (consulté le 7 septembre 2018)
  7. Télévision - Radio-Canada.ca, « 5 décembre 1962 | Quelle histoire! | Radio-Canada.ca », sur Quelle histoire! | Radio-Canada.ca (consulté le 7 septembre 2018)
  8. « La société d’acquêts », Éducaloi,‎ (lire en ligne)
  9. « Généalogie Philippe Casgrain », sur www.nosorigines.qc.ca (consulté le 7 septembre 2018)
  10. « 40 ans de présence et d'action - À travers l'oeuvre de ses présidentes », sur www.csf.gouv.qc.ca (consulté le 30 août 2018)
  11. Gabrielle Duchaine, « Funérailles nationales pour la première femme députée Claire Kirkland-Casgrain », La Presse,‎ (lire en ligne).
  12. « Décès de Claire Kirkland-Casgrain, première femme à l'Assemblée nationale », Le Soleil,‎ (lire en ligne)
  13. « L'histoire du salaire minimum », sur travail.gouv.qc.ca, (consulté le 5 septembre 2018)
  14. Josiane Lavallée, « Claire Kirkland-Casgrain », The Canadian Encyclopedia,‎ (lire en ligne)
  15. (en-US) « Homage to Claire Kirkland-Casgrain : Law | Focus online », sur publications.mcgill.ca (consulté le 7 septembre 2018)
  16. Josiane Lavallée, « Claire Kirkland-Casgrain », The Canadian Encyclopedia,‎ (lire en ligne)
  17. Secrétariat ? la Condition féminine, « Détail du communiqué », sur www.scf.gouv.qc.ca, (consulté le 7 septembre 2018)
  18. « Généalogie Philippe Casgrain », sur www.nosorigines.qc.ca (consulté le 17 septembre 2018)
  19. « http://www.assnat.qc.ca/Media/Process.aspx?MediaId=ANQ.Vigie.Bll.DocumentGenerique_135363&process=Default&token=ZyMoxNwUn8ikQ+TRKYwPCjWrKwg+vIv9rjij7p3xLGTZDmLVSmJLoqe/vG7/YWzz », sur www.assnat.qc.ca (consulté le 17 septembre 2018)
  20. Ministère de la Culture et des Communications, « Histoire de la protection du patrimoine au Québec », sur www.mcc.gouv.qc.ca, (consulté le 17 septembre 2018)
  21. « Historique et présidentes – Conseil du statut de la femme (CSF) », sur www.csf.gouv.qc.ca (consulté le 17 septembre 2018)
  22. http://www.ordre-national.gouv.qc.ca/membres/membre.asp?id=255
  23. Secrétariat ? la Condition féminine, « Détail du communiqué », sur www.scf.gouv.qc.ca, (consulté le 7 septembre 2018)
  24. Secrétariat ? la Condition féminine, « Détail du communiqué », sur www.scf.gouv.qc.ca, (consulté le 7 septembre 2018)
  25. David A. Cruickshank, « Affaire « personne » », The Canadian Encyclopedia,‎ (lire en ligne)
  26. Secrétariat ? la Condition féminine, « Détail du communiqué », sur www.scf.gouv.qc.ca, (consulté le 7 septembre 2018)
  27. Josiane Lavallée, « Claire Kirkland-Casgrain », The Canadian Encyclopedia,‎ (lire en ligne)
  28. « Claire Kirkland-Casgrain - Assemblée nationale du Québec », sur www.assnat.qc.ca (consulté le 7 septembre 2018)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]