Marie-Caroline d'Autriche

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Marie-Caroline d’Autriche
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La reine Marie-Caroline vers 1790.

Titres

Reine consort de Naples


(30 ans, 8 mois et 11 jours)


(6 ans, 9 mois et 17 jours)

Prédécesseur Marie-Amélie de Saxe
Successeur Julie Clary

Reine consort de Sicile


(46 ans, 3 mois et 27 jours)

Prédécesseur Marie-Amélie de Saxe
Successeur Disparition du titre (monarchie duo-sicilienne)
Biographie
Dynastie Maison de Habsbourg-Lorraine
Naissance
Vienne (Autriche)
Décès (à 62 ans)
Vienne (Autriche)
Sépulture Crypte des Capucins
Père François Ier du Saint-Empire
Mère Marie-Thérèse d’Autriche
Conjoint Ferdinand Ier des Deux-Siciles
Enfants Voir liste ci-contre
Religion Catholicisme romain
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Reine consort de Naples et de Sicile

Marie-Caroline d’Autriche, née à Vienne le et morte dans la même ville le , est une archiduchesse d'Autriche qui devint en 1768 reine consort de Naples et de Sicile et le resta jusqu'à la prise de pouvoir de Joseph Bonaparte en 1806. Elle s'exila en Sicile jusqu'en 1813.

Famille[modifier | modifier le code]

Née le 13 août 1752 à Vienne, l'archiduchesse est la troisième fille du couple impérial à recevoir ce prénom après Marie-Caroline d'Autriche (1740-1741) et Marie-Caroline d'Autriche (1748). L'enfant est baptisée le jour même de sa naissance, recevant pour parrain et marraine les souverains Français Louis XV et Marie Lesczynska. Elle reçoit les noms de baptême de Marie-Charlotte Louise Jeanne Josèphe Antoinette, mais sera connue, après son mariage dans son royaume de Naples, comme la reine Marie-Caroline. Elle était la fille de François Ier, empereur, et de Marie-Thérèse, archiduchesse d'Autriche, « roi » de Bohême et de Hongrie et la sœur aînée de Marie-Antoinette, reine de France.

Mariage et descendance[modifier | modifier le code]

Elle est la troisième fille du couple impérial à être fiancée au roi Ferdinand IV de Naples et de Sicile, ses deux sœurs, Marie-Jeanne et Marie-Josèphe, étant mortes avant leurs noces. C'est Marie-Caroline, qui, le , épousa le souverain, très grand, fort laid et de plus doté d'un caractère brutal.

Mariée pour des raisons diplomatiques (affermir la réconciliation entre la maison d'Autriche et la maison de Bourbon), Marie-Caroline ne fut pas heureuse auprès de son époux. Cependant, elle remplit ses devoirs de reine, allant jusqu'à dominer un mari peu doué dans le domaine politique et donnant à la couronne dix-huit enfants :

Marie-Caroline et Ferdinand Ier, roi des Deux-Siciles, avec leurs enfants (tableau d'Angelica Kauffmann, 1783)

Possédant une forte personnalité, elle dominait son époux, le roi Ferdinand IV. C'est elle qui gouvernait en réalité. Le destin tragique de sa sœur cadette en fit une adversaire acharnée de la Révolution.

Poursuivant la politique de sa mère, l'impératrice Marie-Thérèse, elle chercha à renforcer les liens tissés par cette dernière entre les Maisons de Habsbourg-Lorraine et de Bourbon.

Pour ce faire, elle maria fort avantageusement ses enfants, accaparant les trônes d'Europe. Ses filles épousèrent leurs cousins : l'Empereur François, le grand-duc de Toscane, le prince des Asturies. Son fils aîné, l'héritier du trône, prénommé François en l'honneur de son grand-père maternel, épousa également ses cousines, d'abord Marie-Clémentine d'Autriche qui mourut prématurément en 1801, puis Marie-Isabelle d'Espagne qui lui donna une nombreuse progéniture. Bien avant la reine Victoria, Marie-Caroline est la grand-mère de l'Europe.

Premier exil[modifier | modifier le code]

Le soutien de son favori Joseph Acton et de l'ambassadeur britannique Hamilton lui permet d'engager en 1798 les hostilités contre les armées de la France révolutionnaire.

Les victoires de la France l'obligent à trouver refuge en Sicile. La vie pour elle est très pénible et elle ne parvient pas à s'adapter au climat. Des chroniqueurs disent qu'elle se drogue, notamment avec de l'opium. Elle déteste cette révolution napolitaine et tous les symboles de cette jeune république qui s'inspire de la Révolution française qui a guillotiné sa sœur.

Elle bouillonne de rage et d'amertume. La haine l'aveugle. L'amiral Nelson devient le bras armé de la vengeance de Marie-Caroline. Elle n'hésite pas à faire exécuter ses anciens amis et mène une répression féroce. Même Gorani, réfugié en Suisse, doit se déplacer fréquemment pour éviter la vengeance de ses agents[1] après avoir révélé, dans ses Mémoires secrets[2], un prétendu lesbianisme[3] et sa relation avec Lady Hamilton[4].

Retour à Naples[modifier | modifier le code]

La reine Marie-Caroline vers 1770 par Georg Weikert.

Elle lève une armée et place à sa tête le cardinal Ruffo. Pour les républicains, c'est la capitulation. Les mois suivants, avec un conseil nommé par Ferdinand, commencent les procès contre les républicains : sur les quelque 8 000 prisonniers, 124 ont été exécutés, 6 sont pardonnés, 222 condamnés à de l'emprisonnement, 322 à des peines mineures, 288 à la déportation et 67 à l'exil. Parmi les prisonniers, il y a quelques-uns des plus grands noms de la classe bourgeoise et intellectuelle de Naples, issus de plusieurs provinces du Midi qui ont donné leur appui à la République, parmi eux Pasquale Baffi, Francesco Mario Pagano, Eleonora de Fonseca Pimentel, Luisa Sanfelice Ignace Ciaia, Domenico Cirillo, Giuseppe Leonardo Albanese, Vincenzo Russo, Francesco Caracciolo, Michael Granata, Gennaro Serra di Cassano, Nicholas Charlemagne exécuté, Giustino Fortunato senior, évadé de prison, et Vincenzo Cuoco condamné à l’exil, peine aussi subie par Mgr Bernardo de la Torre, vicaire général de l'archidiocèse de Naples.

Elle fait une entrée triomphale à Naples où elle retrouve ses palais.

La reine de Naples complote et ne respecte pas le traité signé avec la France. Nelson, soutien de Marie-Caroline, meurt au combat à Trafalgar. Napoléon prépare Austerlitz et se retourne contre l'Autriche. Les Napolitains doivent se plier à la volonté de l'empereur, mais elle refuse de se soumettre.

Second exil[modifier | modifier le code]

Elle renforce son pouvoir et les liens qui la nouent déjà aux Maison de Bourbon et Maison de Habsbourg-Lorraine en mariant sa fille au prince des Asturies et son fils François, duc de Calabre à l'archiduchesse Marie-Clémentine d'Autriche. Ils seront les parents de la duchesse de Berry; La duchesse de Calabre meurt prématurément et le duc est remarié en 1803 à l'infante Marie-Isabelle d'Espagne. Cependant la rumeur prétend que le père de la jeune fille n'est pas le roi Charles IV mais l'amant de la reine Marie-Louise, Manuel Godoy et, dans ses accès de colère, la reine de Naples ne se privera pas de traiter sa bru de "bâtarde épileptique engendrée par le crime et la scélératesse."

En 1804, Napoléon Ier la contraint à se séparer de son favori et annexe le nord du royaume. Joseph Bonaparte devient le roi de Naples. Une fois de plus, elle se réfugie en Sicile et s'ouvre un deuxième exil à Palerme. En 1806, son mari est déchu du royaume de Naples par Napoléon.

Elle n'en marie pas moins ses deux filles en passe de rester célibataires, en 1807, Marie-Christine, 28 ans, épouse Charles Félix de Sardaigne et en 1809, Marie-Amélie 27 ans, épouse le duc d'Orléans (futur roi Louis-Philippe), tous deux princes en exil.

Entretemps, en 1808, elle tente, toujours avec l'aide de l'Angleterre, de mettre son plus jeune fils, Léopold-Michel, sur le trône d'Espagne, mais l'intervention française fait échouer ce projet.

Elle s'indigna, en 1810, du mariage de sa petite-fille et petite-nièce (enfant née du mariage de sa fille Marie-Thérèse de Bourbon-Sicile et de son neveu l'empereur François Ier d'Autriche), l'archiduchesse Marie-Louise d'Autriche, avec son ennemi juré, Napoléon Ier, et encore plus de la naissance de son arrière-petit-fils et petit-neveu, le roi de Rome[réf. nécessaire].

Nonobstant, après la première abdication de Napoléon (mars 1814), elle critique vertement la mollesse de sa petite-fille et petite-nièce Marie-Louise[réf. nécessaire].

En Sicile, les Anglais l'empêchent de plus en plus de jouer un rôle. En 1813, elle est chassée par les Anglais et se réfugie épuisée à Vienne. C'est une vieille femme. Elle est à Vienne au moment du Congrès. Elle représente l'Ancien Régime et l'ancienne diplomatie. Elle gêne. Elle trouve un peu de réconfort auprès de Marie-Louise et de son fils l'Aiglon, dont la naissance l’avait tant indignée.

Mort[modifier | modifier le code]

À 62 ans, en septembre 1814, au matin, elle est découverte morte par sa femme de chambre. Sa main est tendue vers la sonnette. Elle est sans doute morte d'une crise d'apoplexie. Elle est enterrée à Vienne aux côtés de sa mère, Marie-Thérèse.

Elle meurt avant de voir le retour des Bourbons à Naples. Son époux se remarie avant la fin de la même année et règne encore dix ans.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (it) Attilio Simioni, Una storica persecuzione, Maria Carolina di Napoli e Giuseppe Gorani, Padova, A. Draghi, 1925, 271 p.
  2. (en) Elena Puccinelli, « Gorani, Giuseppe », Dizionario Biografico degli Italiani.
  3. (en) Caroline Gonda, John C. Beynon, Lesbian Dames : Sapphism in the Long Eighteenth Century, Farnham ; Burlington, Ashgate, 2010, x, 214 p., (ISBN 978-1-40940-981-6), p. 127.
  4. (en) Robert Aldrich, Garry Wotherspoon, Who’s Who in Gay and Lesbian History, vol. 1 : From Antiquity to the Mid-Twentieth Century, Routledge, 2005, 528 p., (ISBN 9781134722150), p. 187.
  5. Le journal d'une reine - Marie-Caroline de Naples dans l'Italie des lumières sur decitre.fr (consulté le 2 mai 2017)
  6. « Naples au temps des Lumières », émission de La Fabrique de l'Histoire d'Emmanuel Laurentin du 1er mai 2017 sur France Culture (consulté le 2 mai 2017)

Ascendance[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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