Marie-Ève Malouines

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Marie-Ève Malouines est une journaliste et écrivaine française, née le à Karachi (Pakistan). Spécialiste de politique intérieure française depuis 1988 à Radio France, elle est nommée — le 6 mai 2015 — présidente de La Chaîne parlementaire pour un mandat de trois ans à compter du 8 juin 2015.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille et origines[modifier | modifier le code]

Marie-Ève Michèle[1] Malouines est née le 23 mai 1961 à Karachi (Pakistan)[2],[3]. Dans une interview donnée au quotidien Ouest-France en juin 2014, elle indique que son patronyme n'a pas de lien avec la ville de Saint-Malo, mais des origines antillaises de sa famille dont l'ancêtre était une esclave nommée Malvina[4].

Carrière professionnelle[modifier | modifier le code]

Radio-France[modifier | modifier le code]

Marie-Ève Malouines se spécialise dans le secteur de la politique intérieure française au bureau de Radio France. Elle débute à Marseille, à l'occasion des législatives de 1988 particulièrement suivies du fait des candidatures de Bernard Tapie et de Jean-Marie Le Pen dans la cité phocéenne. Elle rejoint ensuite la rédaction de France Inter en 1989, aux informations générales, avant d'intégrer le service politique en 1990. Après la présidentielle de 1995, elle est nommée au service politique de France Info, qu'elle dirige depuis 2004, tout en y assurant un éditorial tous les soirs depuis 2009 (dans le grand journal de 18h depuis septembre 2013).

En septembre 2008, elle lance sur France Info, à h 10, le premier « zapping » radio des déclarations politiques des invités des médias audio-visuels.

La Chaîne parlementaire[modifier | modifier le code]

Depuis 2008, Marie-Ève Malouines est vice-présidente de l'Association des journalistes parlementaires[5].

Depuis septembre 2004, elle est co-animatrice de l'émission Questions d’info sur La Chaîne parlementaire Assemblée nationale (LCP-AN), interview en 45 minutes d'une personnalité politique sur l'actualité de la semaine, présentée par Frédéric Haziza de LCP-Assemblée nationale, avec Françoise Fressoz du Monde et Frédéric Dumoulin de l'AFP.

En 2015, elle est candidate à la présidence de cette chaîne[6] où elle présente « un projet qui ouvre davantage la chaîne parlementaire aux jeunes en les faisant participer au débat démocratique »[7].

Le 6 mai 2015, le bureau de l'Assemblée nationale la « désigne en qualité de Président-directeur général de La Chaîne parlementaire » et pour une durée de trois ans[8],[9]. Elle a été choisie par l'Assemblée nationale pour remplacer Gérard Leclerc, qui occupait ce poste depuis 2009 et qui s'était porté candidat à sa succession[9]. Claude Bartolone, le président de l'Assemblée nationale, qui avait soutenu la candidature de Marie-Ève Malouines, note dans son communiqué que « cette nomination place ainsi pour la première fois, une femme à la présidence de La Chaîne »[10],[11].

La Société des journalistes (SDJ) de LCP et le personnel de la chaîne de la présence ont fait part de leur inquiétude au sujet de la présence de seulement deux candidats pour la présidence de la chaîne[12] — contre cinq à dix lors des éditions précédentes[13]. Marc Baudriller, journaliste de Challenges, estime que cette nomination « prend des allures de nomination soviétique » et explique que « personne n’a souhaité subir l’humiliation d’un échec dans une désignation jouée d’avance. Claude Bartolone répète en effet en privé depuis des semaines qu’il entend nommer une femme à la tête de La Chaîne parlementaire ». Marc Baudriller précise que, d'après Gérard Leclerc, Marie-Ève Malouines a également reçu le soutien influent du journaliste Frédéric Haziza[13]. Laurent Mauduit, journaliste à Mediapart, considère lui aussi que Claude Bartolone a « fait en sorte que Marie-Ève Malouines soit certaine de remporter la compétition, avant même que celle-ci ne s’engage »[12]. Marie-Ève Malouines et l'entourage de Claude Bartolone contestent ces allégations[12].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Marie-Ève Malouines a écrit cinq livres politiques consacrés à Jacques Chirac, François Hollande, Lionel Jospin, Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy :

  • Deux hommes pour un fauteuil, Chroniques de la cohabitation 1997-2001, 2001[O 1] ;
  • La Madone et le culbuto ou l'inlassable ambition de Ségolène Royal et François Hollande, 2006[O 2] ;
  • Ségolène Royal, l'insoumise, 2007[O 3] ;
  • François Hollande ou la force du gentil, 2010[O 4] ;
  • Nicolas Sarkozy : le pouvoir et la peur, 2012[O 5].

Elle est également scénariste d'une BD consacrée à François Hollande au palais de l'Élysée :

Distinction[modifier | modifier le code]

Le 31 décembre 2008, Marie-Ève Malouines est nommée chevalier de l'ordre national de la Légion d'honneur, pour ses 20 ans d’activités professionnelles et associatives, sur la liste présentée par Roger Karoutchi, secrétaire d'État auprès du Premier ministre, chargé des relations avec le Parlement[1]. Elle fait alors part de son « grand étonnement » de trouver son nom parmi les nommées : « Cette liste étant publique, je tiens à préciser que je n'ai jamais réclamé une telle distinction, ni même été sollicitée en vue d'une telle démarche. Je ne vois vraiment rien, dans mon parcours, qui puisse justifier une telle distinction, c'est pourquoi je me vois dans l'obligation de refuser cette prestigieuse décoration »[14]. La journaliste du Monde, Françoise Fressoz, est dans la même situation. L'entourage du ministre précise qu'elles ont été « recommandées au titre de leur appartenance à l'association de la presse parlementaire. […] La liste regroupe des personnalités diverses et parfaitement indépendantes, notamment plusieurs anciens parlementaires de gauche »[15].

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Marie-Ève Malouines, Deux hommes pour un fauteuil, Chroniques de la cohabitation 1997-2001, Fayard,‎ , 350 p. (ISBN 978-2-21361-053-5)
  2. Marie-Ève Malouines et Carl Meeus, La Madone et le culbuto ou l'inlassable ambition de Ségolène Royal et François Hollande, Fayard, coll. « LITT.GENE. »,‎ , 360 p. (ISBN 978-2-21362-354-2)
  3. Marie-Ève Malouines et Carl Meeus, Ségolène Royal, l'insoumise, Fayard, coll. « LITT. GENE. »,‎ , 345 p. (ISBN 978-2-21363-111-0)
  4. Marie-Ève Malouines, François Hollande ou la force du gentil, JC Lattès, coll. « Essais - Documents »,‎ , 240 p. (ISBN 978-2-70963-956-9)
  5. Marie-Ève Malouines, Nicolas Sarkozy : le pouvoir et la peur, stock, coll. « Essais et documents »,‎ , 240 p. (ISBN 978-2-23406-483-6)
  6. Faro (dessinateur) et Marie-Ève Malouines (scénariste), Moi, Président : ma vie quotidienne à l'Élysée, t. 1, Jungle ! (bande dessinée), coll. « Jungle SAS »,‎ , 56 p. (ISBN 978-2-82220-359-3)
  7. Faro (dessinateur) et Marie-Ève Malouines (scénariste), Moi, Président, t. 2, Jungle ! (bande dessinée), coll. « Jungle SAS »,‎ , 56 p. (ISBN 978-2-82220-807-9)

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b ORDRE NATIONAL DE LA LÉGION D’HONNEUR - Décret du 31 décembre 2008 portant promotion et nomination.
  2. « Marie-Ève Malouines », sur le site recopie du registre du commerce (consulté le 6 mai 2015).
  3. « Marie-Ève Malouines », sur le site mondanité.fr (consulté le 6 mai 2015).
  4. « Marie-Eve Malouines, en osmose avec la ville », sur le site du journal Ouest-France,‎ (consulté le 2 février 2015).
  5. « Presse parlementaire », sur le site internet de l'Assemblée nationale (consulté le 8 mai 2012).
  6. « LCP : le mail malencontreux d’Haziza », sur le site du journal Politis,‎ (consulté le 13 mars 2015).
  7. Paul Garlot, « Marie-Eve Malouines nommée présidente de LCP-AN », sur le site du magazine Stratégies,‎ (consulté le 6 mai 2015).
  8. « Décision du Bureau », sur le site de l'Assemblée nationale,‎ (consulté le 6 mai 2015).
  9. a et b « LCP : Marie-Eve Malouines nouvelle présidente », sur le site du journal Le Figaro,‎ (consulté le 6 mai 2015).
  10. « Nomination de Mme Marie-Eve Malouines à la présidence de LCP-AN », sur le site de internet de,‎ (consulté le 6 mai 2015).
  11. « Marie-Eve Malouines nommée présidente de LCP-Assemblée nationale », sur le site de BFM TV,‎ (consulté le 6 mai 2015).
  12. a, b et c Laurent Mauduit, « Bartolone a biaisé la désignation du prochain PDG de La Chaîne parlementaire », sur Mediapart,‎ (consulté le 30 août 2015)
  13. a et b Marc Baudriller, « Fait du prince ? L'étrange course à la présidence de LCP-AN », sur La Vie des Médias, blog associé à Challenges,‎ (consulté le 30 août 2015)
  14. « Francoise Fressoz et Marie-Ève Malouines refusent la Légion d'honneur », sur le site du journal Libération,‎ (consulté le 6 mai 2015).
  15. « Deux journalistes politiques refusent la Légion d'honneur », sur le site du magazine Le Point,‎ (consulté le 6 mai 2015).