Mariamne (fille d'Agrippa Ier)

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Mariamne, née en 34, était une princesse juive appartenant aux dynasties Hérodienne et Hasmonéenne.

Éléments biographiques[modifier | modifier le code]

Elle est la fille du dernier roi de Judée Hérode Agrippa Ier[1] et de Cypros, une fille de Phasaël frère d'Hérode le Grand. Son père Agrippa est un fils qu'Hérode le Grand a eu avec Mariamne l'Hasmonéenne. Elle est la sœur d'Hérode Agrippa II, de Bérénice, de Drusilla[2] et de Drusus un fils d'Agrippa qui est mort alors qu'il n'était qu'un enfant[3].

Son père, le roi Agrippa, l'a fiancée à Julius Archelaus, fils de Chelkias[1] (ou d'Helcias, hébreu Hilkija)[4], un officier de la cour d'Agrippa Ier[1]. Lorsque leur père Agrippa meurt en quatre jours à Césarée (44)[5], Mariamne et ses sœurs ont été la cible du mépris et de la dérision des habitants grecs de Césarée et samaritains de Sébaste. Ceux-ci descendent dans les rues pour manifester leur joie[6],[7]. Les plus audacieux prennent d'assaut les jardins royaux d'où ils arrachent les statues des trois filles du roi, Bérénice, Mariamne et Drusilla. Ils les emportent dans des lupanars et miment des actes de viol sur elles[7]. Flavius Josèphe indique « qu'après les avoir hissées sur la terrasse, ils les outragèrent de leur mieux en commettant des actes trop indécents pour être relatés[6]. »

Vers 53, le frère aîné de Marie, Agrippa II, alors encore roi de Chalcis (Liban)[8], « donne Mariamme à Archélaüs, fils d'Helcias[1], auquel son père Agrippa l'avait fiancée, et ils eurent une fille nommée Bérénice[9]. »

Au moment où sa sœur aînée Bérénice quittait son mari Polémon, roi de Cilicie[10] « Mariamne, après avoir quitté Archelaüs, s'unit à Démétrius, le premier des Juifs d'Alexandrie par la naissance et la fortune[1], qui était alors Alabarque[11] » de la ville[1]. L'Alabarque, correspond semble-t-il au poste de contrôleur général des douanes à Alexandrie. Alexandre Lysimaque, le frère de Philon d'Alexandrie réputé être très riche a occupé cette fonction. Son fils Marcus, marié à Bérénice, la sœur de Mariamne, lui a succédé, mais est très vite mort après ce mariage[12] (en 48). Mariamne a eu avec Démétrius un fils qu'elle nomma Agrippinus[11]. »

« Tous ces mariages résultent d'une même stratégie matrimoniale d'ensemble qui consiste à trouver l'époux le plus riche et le plus puissant. Selon Flavius Josèphe, les trois sœurs d'Agrippa II auraient sans cesse été en concurrence et Bérénice aurait été particulièrement jalouse de Drusilla lors de l'union de celle-ci avec Félix[1]. »

Bien que dans le XXe livre des Antiquités judaïques, Flavius Josèphe annonce qu'il reparlera de Mariamne ultérieurement, ce passage ne se trouve pas dans les versions que nous connaissons. Comme quatre autres relations annoncées dans ce XXe et dernier livre sont introuvables dans l’œuvre de Flavius Josèphe, il a été émis l'hypothèse que la fin de cette œuvre avait été tronquée.

Arbre généalogique[modifier | modifier le code]

 
 
 
Hérode le Grand
 
 
 
Mariamne l'Hasmonéenne
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Bérénice, fille de Salomé, sœur d'Hérode le Grand
 
Aristobule IV
 
Alexandre
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Hérode Agrippa Ier
 
Aristobule le Mineur
 
Mariamne
 
Hérodiade
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Hérode de Chalcis
 
Bérénice
 
Hérode Agrippa II
 
Mariamne
 
Drusilla
 
 


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f et g Christian-Georges Schwentzel, "Hérode le Grand", Pygmalion, Paris, 2011, p. 256.
  2. Flavius Josèphe, Guerre des juifs, Livre II, § 11.
  3. Flavius Josèphe, Antiquités judaïques, livre XVIII, § V, 4, (132).
  4. Peut-être « Helcias, général et ami du roi (Agrippa Ier)» qui est mentionné par Flavius Josèphe dans Antiquités judaïques, livre XIX, § VIII, 3, (353).
  5. Christian-Georges Schwentzel, "Hérode le Grand", Pygmalion, Paris, 2011, p. 240.
  6. a et b Flavius Josèphe, Antiquités judaïques, livre XIX, § IX, 1, (354-357).
  7. a et b Christian-Georges Schwentzel, "Hérode le Grand", Pygmalion, Paris, 2011, p. 241.
  8. Christian-Georges Schwentzel, "Hérode le Grand", Pygmalion, Paris, 2011, p. 255.
  9. Flavius Josèphe, Antiquités judaïques, livre XX, § VII, 1, (140).
  10. Fils de Marcus Antonius Polemo Ier, prêtre de Laodicée du Lycos, dynaste d'Olba puis roi en Cilicie.
  11. a et b Flavius Josèphe, Antiquités judaïques, livre XX, § VII, 3, (147).
  12. Christian-Georges Schwentzel, "Hérode le Grand", Pygmalion, Paris, 2011, p. 231.

Source[modifier | modifier le code]