Aller au contenu

Maria Pawlikowska-Jasnorzewska

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Maria Pawlikowska-Jasnorzewska
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 53 ans)
ManchesterVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Southern Cemetery (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Période d'activité
À partir de Voir et modifier les données sur Wikidata
Nationalités
autrichienne (jusqu'en )
Deuxième République de Pologne (à partir de )Voir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Famille
Père
Fratrie
Jerzy Kossak (en)
Magdalena SamozwaniecVoir et modifier les données sur Wikidata
Distinctions
Vue de la sépulture.

Maria Pawlikowska-Jasnorzewska est une poétesse et dramaturge polonaise née le à Cracovie et morte le à Manchester.

Enfance et études

[modifier | modifier le code]
Photographie.Visage de femme aux cheveux bruns, la tête inclinée vers l'arrière. Regard calme, pensif et séduisant
Maria Pawlikowska-Jasnorzewska - années 1920

Maria Janina Teresa Kossak naît le 24 novembre 1891 à Cracovie[1],[2]. Ses parents sont le peintre Wojciech Kossak (fils de Juliusz) et Maria Anna Kisielnicka-Kossak (pl)[3], son grand-père est Juliusz Kossak, également peintre[4],[5]. À la maison et parmi ses amis, on l'appelle Lilka[6]. Son frère aîné, Jerzy Kossak (pl), est peintre, et sa sœur cadette, connue sous le pseudonyme littéraire de Magdalena Samozwaniec, écrit des œuvres satiriques[4],[5].

Elle souffre de graves problèmes de santé dans son enfance, ce qui lui laisse une légère infirmité en raison d'un mauvais traitement d'une malformation de la colonne vertébrale. Elle ne fréquente pas l'école et reçoit une éducation soignée à domicile, apprenant plusieurs langues étrangères et étudiant de manière autonome les sciences naturelles, la philosophie et la littérature. Vers 1911, elle commence à écrire des poèmes[4].

Après avoir rompu avec Jan Brzowski, elle suit des cours à l'Académie des Beaux-Arts de Cracovie en tant qu'auditrice libre et peint des aquarelles[4],[7]. Avant 1920, son activité artistique en peinture est équivalente à son activité littéraire.

Dessin au pastel. Visage de femme dans des tons chauds. Des larmes sur les joues
Stanisław Ignacy Witkiewicz - Portrait de Maria Pawlikowska-Jasnorzewska, poétesse polonaise - 1924

Après son divorce avec Pawlikowski, Maria Pawlikowska s'associe avec le cercle de poètes de Varsovie Skamander, dont Julian Tuwim, Jan Lechoń, Kazimierz Wierzyński, et d'autres écrivains renommés comme Jarosław Iwaszkiewicz, Irena Krzywicka, Kazimiera Iłłakowiczówna et Tadeusz Boy-Żeleński[4]. Dans l'entre-guerre, elle publie douze volumes de poésie, et prend place parmi les poètes les plus innovants. Maria Pawlikowska-Jasnorzewska fait ses débuts publics en 1922 en publiant trois poèmes dans Skamander et continue à publier des poèmes dans ce magazine ainsi que dans d'autres revues littéraires[4]. Elle commence une carrière de dramaturge en 1924, avec sa première farce, Archibald le chauffeur, produite à Varsovie.

En 1927, elle entame une correspondance avec le pilote et poète portugais Sarmento de Beires (pl), qu'elle rencontre plus tard à Paris. Elle voyage en Europe et en Afrique du Nord[4]. Le 11 novembre 1934, elle obtient la Croix d'or du Mérite[8]. Le 5 novembre 1935, elle reçoit le Laurier d'Or de l'Académie polonaise de littérature[9],[3], et en 1937, le Prix Littéraire de la ville de Cracovie. Elle est membre du PEN Club polonais[4]. Elle est qualifiée de Sappho et de « reine de la poésie lyrique polonaise » dans la période de l'entre-guerre polonaise[10].

Entre 1936 et 1937, elle écrit également trois pièces radiophoniques : Biedna młodość, Pani zabija pana et Złowrogi portret. Elle collabore probablement avec Stanisław Ignacy Witkiewicz sur deux drames, Ostatnia godzina Heleny Pfeiffer et Koniec świata, dont les textes sont perdus. D'autres œuvres, comme Sztuka o rodzinie Skłodowskich et Gdy łubin zakwita, ne sont pas non plus conservées[4].

Après le début de la Seconde Guerre mondiale en 1939, elle s'échappe avec son mari à travers la Roumanie et l'Italie jusqu'à Paris. En 1940, elle devient membre du Conseil Théâtral au Ministère de l'Information du Gouvernement polonais. Elle commence à publier des poèmes dans les journaux Polska Walcząca et Wiadomości Polskie à Paris. Après la défaite de la France, elle vit d'abord à Londres, puis s'installe dans un hôtel à Blackpool, réquisitionné par les autorités britanniques pour les pilotes polonais et leurs familles. Elle continue son activité poétique, préparant de nouveaux recueils de poèmes : Róża i lasy płonące et Gołąb ofiarny. Zbiór wierszy[11]. Un autre recueil, Bagienne niezapominajki, est perdu chez l'éditeur qui fait faillite[4].

Elle tombe gravement malade et, à partir de 1944, réside principalement à l'hôpital de Manchester, où elle décède. Elle repose avec son mari au Southern Cemetery, à Manchester[12].

Elle écrit quinze pièces, dans lesquelles elle aborde des sujets comme l'avortement, l'infidélité, ou l'inceste, ce qui provoque des scandales. Pawlikowska-Jasnorzewska traite principalement du thème de l'amour, même dans ses drames lyriques joyeux[13]. Elle est comparée par des critiques à Molière, Marivaux, Oscar Wilde, George Bernard Shaw, et Witkacy[14]. Ses pièces montrent une approche non conventionnelle de la maternité, qu'elle comprend comme une pénible obligation qui met fin à l'amour partagé. Elle prend position pour le droit à choisir. Elle se distingue notamment par la sensibilité urbaine de ses poèmes[11].

Vie privée

[modifier | modifier le code]

En 1915, elle épouse Władysław Bzowski (pl), un lieutenant de l'armée austro-hongroise et chambellan impérial. Elle déménage avec lui à Mödling près de Vienne, puis à Weisskirchen (aujourd'hui Hranice en Moravie). Après environ un an, le mariage se rompt (annulé officiellement en 1919) et elle retourne à Cracovie[4].

En 1919, elle se marie avec Jan Gwalbert Henryk Pawlikowski (pl), un prosateur et alpiniste. Ils s'installent à Zakopane. Ce mariage ne dure pas longtemps non plus, et vers 1921, elle se sépare de son mari (divorce officiel en 1929[12]) et retourne vivre chez ses parents à Cracovie, bien qu'elle réside souvent à Varsovie pour des raisons littéraires[4].

En 1931, elle se marie avec Stefan Jasnorzewski (pl), un lieutenant de l'aviation, à Poznań. Ils vivent à Cracovie, puis dans une garnison près de Dęblin et à Varsovie[4].

Postérité

[modifier | modifier le code]
Buste de Maria Pawlikowska-Jasnorzewska sur l'allée de la Renommée à Kielce en Pologne.
Buste de Maria Pawlikowska-Jasnorzewska sur l'allée de la Renommée à Kielce en Pologne.

À l'occasion du 80e anniversaire de sa mort, par une résolution du Sénat de la République de Pologne de la XIe législature du 29 octobre 2024, l'année 2025 a été proclamée « Année Maria Pawlikowska-Jasnorzewska »[15],[16].

Publications

[modifier | modifier le code]
  • Niebieskie migdały, Cracovie 1922
  • Różowa magia, Cracovie 1924
  • Narcyz 1926
  • Szofer Archibald. Comédie en trois actes, première : Varsovie, Le nouveau Théâtre 1924, publication : "Świat" 1924
  • Kochanek Sybilli Thompson. Fantaisie futuriste en trois actes, première : Cracovie, Théâtre J. Słowacki 1926
  • Pocałunki, Varsovie 1926
  • Dancing. Karnet balowy, Varsovie 1927
  • Wachlarz, Varsovie 1927
  • Cisza leśna, Varsovie 1928
  • Paryż, Varsovie 1929
  • Profil białej damy, Varsovie 1930
  • Egipska pszenica. Pièce en trois actes, première : Cracovie, Théâtre J. Słowacki 1932
  • Mrówki (myrmeis). Pièce en trois actes, première : Cracovie, Théâtre J. Słowacki 1936
  • Referat. Farce en trois actes, première : TV polonaise 1968, publication : "Dialog" 1979
  • Zalotnicy niebiescy. Pièce en trois actes, première : Varsovie, Le nouveau Théâtre 1933, publication : Cracovie 1936
  • Surowy jedwab, Varsovie 1932
  • Powrót mamy. Comédie en trois actes, première : Varsovie, Le nouveau Théâtre 1935
  • Śpiąca załoga, Varsovie 1933
  • Dowód osobisty. Comédie en trois actes, première : Varsovie, Le nouveau Théâtre 1936
  • Nagroda literacka. Comédie en quatre actes, première : Varsovie, Le nouveau Théâtre 1937
  • Balet powojów, Varsovie 1935
  • Biedna młodość, pièce radiophonique, Radio polonaise 1936
  • Pani zabija pana, pièce radiophonique, Radio polonaise 1936
  • Krystalizacje, Varsovie 1937
  • Złowrogi portret, pièce radiophonique, Radio polonaise 1937
  • Baba-dziwo. Tragicomédie en trois actes, première : Cracovie, Théâtre J. Słowacki 1938, publication : "Dialog" 1966
  • Dewaluacja Klary. Comédie en trois actes, première : Poznań, Théâtre de Pologne 1939
  • Popielaty welon. Fantazja sceniczna w 9 obrazach, première : Varsovie , Teatr Narodowy 1939
  • Szkicownik poetycki. Varsovie 1939
  • Gołąb ofiarny, poèmes, Glasgow 1941
  • Róża i lasy płonące. Londres, 1941
  • Czterolistna koniczyna albo szachownica. Londres, 1980

Notes et références

[modifier | modifier le code]
  1. (en) « Jasnorzewska-Pawlikowska, Maria (1891-1945) », sur Répertoire international des sources musicales, (consulté le )
  2. (nl) « Maria Kossak-Jasnorzewska », sur Rijksbureau voor Kunsthistorische Documentatie, (consulté le )
  3. a et b (pl) « Pawlikowska-Jasnorzewska Maria » [html], sur Internetowa encyklopedia PWN (consulté le )
  4. a b c d e f g h i j k l et m (pl) Janusz Legoń, « Maria Pawlikowska-Jasnorzewska », sur Encyclopédie du théâtre polonais, (consulté le )
  5. a et b Kinga Siatkowska-Callebat, « Pawlikowska-Jasnorzewska, Maria (née Kossak) [Cracovie 1891 - Manchester 1945] », dans Béatrice Didier, Antoinette Fouque et Mireille Calle-Gruber (dir.), Dictionnaire universel des créatrices, Éditions Des femmes, , p. 3380-3881
  6. (pl) « Listy Marii z Kossaków Pawlikowskiej-Jasnorzewskiej i jej trzeciego męża, Stefana Jasnorzewskiego, to jedna z najpiękniejszych kart polskiej epistolografii. : Wstęp » [archive du ], sur cyfroteka.pl (consulté le )
  7. (lt) Juzef Šostakovski, « Maria Pawlikowska-Jasnorzewska », sur vle.lt (consulté le )
  8. (pl) « Zarządzenie o nadaniu Złotego Krzyża Zasługi » Accès libre [PDF], sur isap.sejm.gov.pl, (consulté le )
  9. (pl) « Zarządzenie Ministra Wyznań Religijnych i Oświecenia Publicznego z dnia 5 listopada 1935 r. o nadaniu odznaczenia "Wawrzyn Akademicki". » Accès libre [PDF], sur isap.sejm.gov.pl, (consulté le )
  10. (en-US) Barbara Bogoczek et Tony Howard, « About her », sur maria-pawlikowska-jasnorzewska.com (consulté le )
  11. a et b (en) « Maria Pawlikowska-Jasnorzewska | Modernist, Symbolist, Expressionist », sur Encyclopædia Britannica (consulté le )
  12. a et b Podraza 2007, p. 167–170.
  13. (de) « Maria Pawlikowska-Jasnorzewska », sur Brockhaus Enzyklopädie (consulté le )
  14. (en) Joanna Kot, « Maria Pawlikowska-Jasnorzewska's Baba-Dziwo: Experimenting with the Popular », Canadian Slavonic Papers, vol. 46, nos 3/4,‎ (ISSN 0008-5006, lire en ligne, consulté le )
  15. (pl) « Uchwała Senatu Rzeczypospolitej Polskiej z dnia 29 października 2024 r. o ustanowieniu roku 2025 Rokiem Marii Pawlikowskiej-Jasnorzewskiej » Accès libre [PDF], sur isap.sejm.gov.pl, (consulté le )
  16. (pl) « Senat ustanowił wybitnych pisarzy – Reymonta i Pawlikowską-Jasnorzewską – patronami roku 2025 », sur dzieje.pl, (consulté le )

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie

[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • [Podraza 2007] (pl) Rafał Podraza, Magdalena, córka Kossaka: wspomnienia o Magdalenie Samozwaniec, Państwowy Instytut Wydawniczy, (ISBN 978-83-06-03080-8). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • (ru) Maxime Malkov, « A. Akhmatova et M. Pawlikowska-Jasnorzewsak », Studia Polono-Rossica. Юбил. сб. к 80-летию проф. Е.З. Цыбенко., Moscou, изд-во МГУ,‎ , p. 387-402 (lire en ligne)
  • (de) Stehr, Eliza., Die polnische Dichterin Maria Pawlikowska-Jasnorzewska : Hauptmotive in ihrer Lyrik, Diplomica Verlag, (ISBN 978-3-8366-3657-5, OCLC 754715182, lire en ligne)
  • (de) Anna Milanowski, Über die Poesie von Maria Pawilowskaoa-Jasnorzewska-Anders, Vienne, WWGÖ, , 312 p. (ISBN 3-85369-847-6)

Liens externes

[modifier | modifier le code]