Marguerite de Witt-Schlumberger
| Présidente Union française pour le suffrage des femmes | |
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| jusqu'en | |
| Naissance | |
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| Décès | |
| Nom de naissance |
Marguerite Pauline Ernestine de Witt |
| Nationalité | |
| Activités | |
| Famille |
De Witt (en) |
| Père | |
| Mère | |
| Fratrie |
Pierre de Witt (d) |
| Conjoint |
Paul Schlumberger (d) |
| Enfants |
Jean Schlumberger Conrad Schlumberger Pauline Schlumberger (d) Marcel Schlumberger Maurice Schlumberger |
| Distinction |
|---|

Marguerite de Witt, née le à Paris et morte le à Saint-Ouen-le-Pin, Calvados), est une féministe française, présidente de l'Union française pour le suffrage des femmes.
Biographie
[modifier | modifier le code]Famille
[modifier | modifier le code]Marguerite de Witt est la fille de Conrad de Witt, maire de Saint-Ouen-le-Pin, puis député du Calvados, et de la philantrophe, fèministe et auteure Henriette Guizot, fille de François Guizot, académicien, homme politique français et ministre de Louis-Philippe.
Formation
[modifier | modifier le code]Marguerite et sa sœur Jeanne sont éduquées par leur mère Henriette Guizot-de Witt[1] dans la demeure familiale de leur grand-père François Guizot au Val-Richer où se côtoient les familles de Witt et Guizot.
Marguerite et Jeanne de Witt participent activement aux œuvres philanthropiques de leur mère Henriette Guizot-de Witt, l'une des fondatrices de l´Œuvre des détenues libérées de la prison Saint-Lazare. En 1865, un ouvroir pour jeunes filles est créé au Val-Richer, puis cinq ans plus tard, en 1870, une salle d'asile pour les enfants. Pendant vingt ans, Henriette Guizot-de Witt travaille comme visiteuse des prisonnières protestantes par le biais de l'Œuvre des détenues libérées de la prison de Saint-Lazare[1].
Mariage avec Paul Schlumberger
[modifier | modifier le code]Le , Marguerite de Witt épouse, à Paris, à 23 ans, Paul Schlumberger, issu d'une famille d'industriels alsaciens protestants dont l'ancêtre, Nicolas Schlumberger, a fondé au début du XIXe siècle une filature de coton. Ensemble, à Guebwiller (Haut-Rhin), ils ont cinq fils et une fille :
- Jean Schlumberger, fondateur de La Nouvelle Revue française, NRF
- Conrad Schlumberger (1878-1936), cofondateur de l'entreprise Schlumberger.
- Daniel (mort sur le front en 1915)
- Pauline Schlumberger (1883-1973)
- Marcel Schlumberger (1884-1953), cofondateur de l'entreprise Schlumberger
- Maurice Schlumberger (1886-1977), fondateur de la banque Schlumberger et Cie.
Vivant en Alsace annexée par l'Allemagne, la famille est consciente qu'à 15 ans, les garçons doivent s'inscrire sur les listes militaires allemandes ou s'exiler. À partir de 1893, les enfants quittent l'Alsace pour s'installer chez leur grand-mère Henriette Guizot-de Witt.
Philanthrope
[modifier | modifier le code]Marguerite de Witt-Schlumberger prend, à la suite de sa mère, la présidence de l'Œuvre de Saint-Lazare, devenue en 1891 le Patronage des femmes libérées et des pupilles de l'administration pénitentiaire. L'association est reconnue d'utilité publique par décret du . Marguerite de Witt-Schlumberger milite tout spécialement contre l'alcoolisme, la prostitution réglementée et la traite des blanches.
Féministe
[modifier | modifier le code]En 1909, elle rejoint Marie d'Abbadie d'Arrast qui vient de fonder une ligue contre l'avortement[2]. Elle est la présidente de l'Union française pour le suffrage des femmes. « Nous n’obtiendrons les réformes que nous demandons que lorsque nous aurons le suffrage et qu’on sera forcé de tenir compte de nos idées. »[3]. Elle poursuit en indiquant : « Nous avons compris que si cette question du suffrage devait aboutir, il fallut qu’elle fut soutenue et poussée par des femmes de toutes les parties de la société et que nous n’avons pas le droit, pas le droit, entendez-vous, de rester chez nous bien tranquillement, à notre chaud foyer, quand des millions de femmes ont besoin de notre aide ; pas le droit de nous demander si nous avions ou pas du talent de parole pour exposer nos idées, ou s’il nous était pénible de nous mettre en avant; mais que nous avions le devoir d’aller au feu comme tout bon soldat, tout simplement parce qu’il y a un poste à défendre et que le devoir est de marcher. »[3]
Activités durant la Première Guerre mondiale
[modifier | modifier le code]Le déclenchement de la guerre en arrête l'élan suffragiste de Marguerite de Witt-Schlumberger qui demande à chaque membre de l'USFS de « faire son devoir » et de donner « son aide au pays d'une manière quelconque »[4]. Elle se met au service des œuvres d'assistance aux victimes de la guerre[4].
Mort
[modifier | modifier le code]Marguerite de Witt-Schlumberger meurt le 23 octobre 1924 et est inhumée, comme le reste de sa famille, dans le cimetière protestant de Saint-Ouen-le-Pin, près de la propriété de François Guizot, dans le Calvados.
Le salon central du noviciat des Dominicains, du campus de l'Institut d'études politiques de Paris, porte son nom en son hommage[5].
Écrits
[modifier | modifier le code]- Le rôle des femmes de pasteurs en France pendant la guerre, Librairie Fischbacher, Paris, 1917.
Références
[modifier | modifier le code]- 1 2 Catherine Coste, notice biographique d'Henriette Guizot, in Laurent Theis (éd.), François Guizot, Lettres à sa fille Henriette (1836-1874), Perrin, 2002 (compte rendu : Raymond Huard, « François Guizot, Lettres à sa fille Henriette (1836-1874) », Cahiers d’histoire. Revue d’histoire critique, no 93, 2004, consulté le 28 avril 2019, [lire en ligne]
- ↑ Fabrice Cahen, Gouverner les mœurs : La lutte contre l'avortement en France, 1890-1950, Paris, INED, , 416 p. (ISBN 978-2-7332-1062-8, lire en ligne), p. 124-126
- 1 2 Allocution donnée à un « Congrès de Genève » de 1914, probablement de l'UFSF, citée in: En mémoire de Madame de Witt - Schlumberger (ouvrage collectif, sans date ni lieu de publication, c. 1924), p. 24-25.
- 1 2 Catherine Coste, « Marguerite de Witt-Schlumberger : une femme au service des victimes de guerre », Bulletin de la Société de l'histoire du protestantisme français, vol. 160, , p. 473-489 (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ « 1, Saint-Thomas », sur Nous soutenir (consulté le )
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Catherine Coste, « Marguerite de Witt-Schlumberger : une femme au service des victimes de guerre », Bulletin de la Société de l'histoire du protestantisme français, vol. 160, , p. 473-489 (lire en ligne, consulté le ).
- Anne Cova, Maternité et droits des femmes en France : XIXe – XXe siècle, Anthropos, Paris, 1997, 435 p. (ISBN 2-7178-3261-0)
- Geneviève Poujol, Un féminisme sous tutelle : les protestantes françaises, 1810-1960, Éditions de Paris, 2003, 286 p. (ISBN 9782846210317)
Articles connexes
[modifier | modifier le code]Liens externes
[modifier | modifier le code]- Ressource relative à la vie publique :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :
- « Les Schlumberger », sur Musée protestant (consulté le ).
- Naissance en janvier 1853
- Naissance dans l'ancien 1er arrondissement de Paris
- Féministe française du XIXe siècle
- Féministe française du XXe siècle
- Féministe chrétienne
- Personnalité française du protestantisme
- Présidente d'une association
- Famille Schlumberger
- Décès à Saint-Ouen-le-Pin
- Décès en octobre 1924
- Décès à 71 ans