Marguerite de Witt-Schlumberger

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir de Witt et Schlumberger.
Marguerite de Witt-Schlumberger
Marguerite de Witt-Schlumberger.jpg
Fonction
Dirigeante
Union française pour le suffrage des femmes
Biographie
Naissance
Décès
Nationalité
Activité
Père
Fratrie
Pierre de Witt (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfants
Jean Schlumberger
Marcel Schlumberger (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Marguerite de Witt, née le à Paris[1] et morte le au Val-Richer (Saint-Ouen-le-Pin, Calvados)[2], est une féministe française qui fut présidente de l'Union française pour le suffrage des femmes. Elle marqua aussi de sa forte personnalité la dynastie d'industriels protestants alsaciens, les Schlumberger.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

Elle est la fille de Conrad de Witt, maire de Saint-Ouen-le-Pin puis député du Calvados, et d'Henriette Guizot, elle-même fille de François Guizot, académicien, homme politique français et ministre de Louis-Philippe.

Marguerite et sa sœur Jeanne sont éduquées par leur mère, Henriette Guizot[3], femme de lettres[4] et philanthrope[5], au milieu de leurs cousins et cousines. La demeure familiale du Val-Richer voit se côtoyer les familles de Witt et Guizot, mais également la famille de Broglie, ou celle du britannique lord George Hamilton-Gordon, comte d'Aberdeen.

Le 30 juin 1876, Marguerite de Witt épouse à Paris Paul Schlumberger, issu d'une famille d'industriels alsaciens protestants, dont l'ancêtre Nicolas Schlumberger a fondé au début du XIXe siècle une filature de coton. Ils ont cinq fils et une fille qui naissent à Guebwiller (Haut-Rhin) : Jean (fondateur de la NRF), Conrad (1878-1936), Daniel (tombé au champ d'honneur en 1915), Marcel (1884-1953), Maurice (1886-1977) et Pauline. Vivant en Alsace annexée par l'Allemagne, la famille est consciente qu'à 15 ans, les garçons doivent s'inscrire sur les listes militaires allemandes ou s'exiler. À partir de 1893, les enfants quittent l'Alsace pour s'installer chez leur grand-mère Henriette Guizot. Malade, celle-ci doit accepter l'aide financière de son gendre Paul Schlumberger pour faire face aux dettes de son mari.

Conrad et Marcel se firent connaître par leurs inventions liées à la géophysique et au pétrole.

Marguerite de Witt est inhumée, comme le reste de la famille, au cimetière protestant de Saint-Ouen-le-Pin dans le Calvados, où se trouvait la propriété de François Guizot.
Elle compte parmi ses descendants les entrepreneurs Nicolas Seydoux, Jérôme Seydoux et Michel Seydoux.

Philanthropie et féminisme[modifier | modifier le code]

Marguerite et Jeanne de Witt participent activement aux œuvres philanthropiques de leur mère. En 1865, un ouvroir pour jeunes filles est créé au Val-Richer, puis cinq ans plus tard une salle d'asile pour les enfants. Pendant vingt ans, Henriette Guizot travaille comme visiteuse des prisonnières protestantes par le biais de l'Œuvre des détenues libérées de la prison de Saint Lazare[6]. Marguerite de Witt prend la suite de sa mère et préside l'Œuvre de Saint-Lazare, devenue en 1891 le Patronage des femmes libérées. L'association est reconnue d'utilité publique par décret du 28 janvier 1907.

Écrits[modifier | modifier le code]

  • Le rôle des femmes de pasteurs en France pendant la guerre, Librairie Fischbacher, Paris, 1917

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Acte de mariage, Archives de Paris
  2. http://www.archivesdufeminisme.fr/article.php3?id_article=53
  3. Selon Catherine Coste, Henriette Guizot "leur montra qu'une femme pouvait s'intéresser à la vie de l'esprit et gagner de l'argent pour faire vivre les siens, tout en remplissant le rôle que la société de l'époque lui assignait". Catherine Coste in François Guizot, Lettres à sa fille Henriette (1836-1874), 2002.
  4. Henriette et Pauline Guizot, Guizot.com, consultable sur http://www.guizot.com/fr/famille/enfants-de-guizot/henriette-pauline/
  5. Henriette Guizot fait partie des fondatrices de l'Œuvre des détenues libérées de Saint-Lazare.
  6. Catherine Coste, op. cit.

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Anne Cova, Maternité et droits des femmes en France : XIXe-XXe siècles, Anthropos, Paris, 1997, 435 p. (ISBN 2-7178-3261-0)
  • Geneviève Poujol, Un féminisme sous tutelle : les protestantes françaises, 1810-1960, Éditions de Paris, 2003, 286 p. (ISBN 9782846210317)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]