Marguerite d'Oingt

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Plaque en hommage à Marguerite d'Oingt à Oingt.

Marguerite d'Oingt, morte le , est une religieuse mystique qui a laissé deux ouvrages en langue francoprovençale. Elle est issue de la famille seigneuriale d'Oingt en Beaujolais, qui s'éteindra en 1382, faute d'héritier mâle. Vénérée localement jusqu'à la Révolution, Marguerite n'a cependant été ni canonisée ni même béatifiée officiellement.

Biographie[modifier | modifier le code]

On ignore la date de naissance de Marguerite ; on sait seulement qu'elle commença à écrire en 1286 et qu'elle devint prieure en 1288. Son père, Guichard d'Oingt, la mentionne dans son testament en 1297. Elle mourut le [réf. nécessaire].

Marguerite d'Oingt fit profession dans l'Ordre des Chartreux. Dès 1288, elle devient la quatrième prieure de la chartreuse de Poleteins (située près de Mionnay dans la Dombes). Cette maison avait été fondée en 1238 par Marguerite de Bâgé, mariée en 1218 à Humbert V de Beaujeu (Humbert Ier en Dombes), pour des moniales qui vivraient selon les coutumes des Chartreux. Il n'en subsiste aujourd'hui qu'un seul bâtiment.

Avec Marie de France (1160-1210) et Christine de Pisan (1364-1430), Marguerite d'Oingt est une des premières poétesses dont on ait trace en France. Moniale cultivée, elle écrit en latin une Pagina meditationum (Méditations) en 1286. Elle est également l'auteur de deux longs textes particulièrement remarquables en francoprovençal, les premiers écrits conservés dans cette langue. Il s'agit de Li Via seiti Biatrix, virgina de Ornaciu (Une hagiographie de Béatrice d'Ornacieux, moniale de Parménie) et de Speculum (« le Miroir »). Ses œuvres mystiques connaissant l’approbation du chapitre général de l'ordre chartreux.

Iconographie[modifier | modifier le code]

Le chœur de l'église d'Oingt comprend huit culots sculptés représentant des visages ; ils sont identifiés avec ceux des membres de la famille de Guichard IV d'Oingt, le père de Marguerite, dont on connaît la composition grâce au testament de Guichard IV conservé aux Archives nationales (P 1360 n° 888). D'après cette interprétation traditionnelle, le septième visage en partant du Nord pourrait être celui de Marguerite ; les autres représenteraient Guichard IV, son épouse Marguerite, et leurs autres enfants Guichard, Louis, Catherine, Agnès et Isabelle. Il s'agirait alors d'un rare exemple de portrait de la sculpture religieuse gothique.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marguerite d'Oingt : Expériences mystiques et récits édifiants Textes rédigés en francoprovençal et en latin par une moniale du XIIIe siècle, Edition bilingue (francoprovençal/latin - français) Edition EMCC, Lyon, 2012
  • Œuvres de Marguerite d’Oyngt, prieure de Poleteins, publiées d’après le manuscrit unique de la Bibliothèque municipale de Grenoble, par E. Philipon, élève de l’École des chartes, avec une introduction de M.-C. Guigue, Lyon, N. Scheuring, 1877. BNF : notice no FRBNF31047406
  • Les Œuvres de Marguerite d'Oingt, publiées par Antonin Duraffour, Pierre Gardette et Paulette Durdilly, Paris, Les Belles Lettres, 1965. BNF : notice n° FRBNF33090080
  • Essai sur les causes de la dépopulation de la Dombes et l’origine de ses étangs. Guigue M.-C., 1908 – Lyon, H. Georg
  • La Bienheureuse Béatrix d'Ornacieux, religieuse de Parménie, abbé C. Bouvier, Montsûrs, Résiac, 1982, 2e édition.
  • The writings of Margaret of Oingt, Medieval Prioress and Mystic. Renate Blumenfeld-Kosinski, 1990. Rochester, NY: Boydell & Brewer.
  • Rochet Q., Les filles de Saint Bruno au Moyen Âge, Les moniales cartusiennes et l’exemple de la chartreuse de Prémol (xiie-xve siècle), Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2013, coll. « Mnémosyne », 188 p.

Liens internes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]