Margarita Simonian

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Margarita Simonian
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Fonctions
Rédactrice en chef
Sputnik
depuis le
Rédactrice en chef
Rossia Segodnia
depuis le
Rédactrice en chef
RT
depuis
Biographie
Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (41 ans)
KrasnodarVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activités
Période d'activité
Depuis Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint
Tigran Kéossaïan (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
A travaillé pour
Rossiya 1 (depuis ), RT (depuis ), Rossia Segodnia (depuis le )Voir et modifier les données sur Wikidata
Parti politique
Membre de
Distinctions
Liste détaillée
Médaille « pour renforcer la fraternité militaire » ()
Ordre de l'Amitié ()
Ordre de l'Amitié (Ossétie du Sud) (d) ()
Certificat de gratitude du président de la Fédération de Russie (d) ()
Médaille Khorenatsi (en) ()
Ordre du Mérite pour la Patrie - 4e classe ()
Ordre d'Alexandre Nevski ()Voir et modifier les données sur Wikidata

Margarita Simonovna Simonian ou Simonyan (en russe : Маргари́та Симо́новна Симонья́н), née en 1980, est une journaliste russe, rédactrice en chef des publications en langue anglaise, de la télévision, et du réseau d'actualités RT (anciennement : Russia Today), et de l'agence gouvernementale d'informations Rossia Segodnia.

Biographie[modifier | modifier le code]

Elle est née le [1] dans la ville russe de Krasnodar, au sein d'une famille  arménienne[2]. Ses parents, propriétaires d'un restaurant dans la banlieue de Sochi[3], sont des descendants de réfugiés arméniens de l'Empire ottoman. La famille de son père, originaire de Trabzon, s'est installée en Crimée pendant le génocide arménien de 1915. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, cette famille a été déportée en Oural avec des milliers d'autres Arméniens de Hemşin. Son père est né à Iekaterinburg. Sa mère est née à Sotchi dans une famille arménienne qui a fui les massacres d'Arméniens à la fin du 19e siècle[4]. Elle a décidé très tôt de devenir journaliste. Elle a d'abord travaillé pour le journal local, et ensuite pour une station de télévision locale, avec des études de journalisme à l'université d'État du Kouban[5].

En 1996, elle séjourne un an à Bristol, dans le New Hampshire, bénéficiant d'un programme d'échange étudiant[6]. Elle dit avoir constaté dans cette période que les Russes et les Américains « sont tellement semblables en termes de culture, de valeurs familiales, de modes de vie, de réactions, de sens de l'humour »[7].

Elle couvre comme journaliste la Seconde Guerre de Tchétchénie et de graves inondations en Russie du sud pour sa station de télévision locale, recevant un prix pour son « courage professionnel ». En 2002, elle devient un correspondant régional pour la chaîne de télévision nationale Rossiya  et suit en 2004 la prise d'otages dans l'école de Beslan[8]. Elle est l'un des premiers journalistes témoin de la mort de 334 civils, dont 186 enfants. Elle déménage ensuite à Moscou et rejoint le pool de reporters russe du Kremlin. Elle devient vice-présidente de la fédération de l'association nationale de broadcaters de la télévision et de la radio russe et membre de la Chambre Civique de la Fédération de Russie.

Avec Vladimir Poutine dans les studios de Russia Today.

Elle a 25 ans lorsqu'elle est nommée rédactrice en chef de RT en 2005[9],[10]. Certaines sources la décrivent comme une proche de Vladimir Poutine[11],[12],[13]. Elle explique avoir bénéficié d'un renouvellement souhaité par les nouveaux médias parmi les journalistes.

RT a commencé à diffuser le avec un effectif de 300 journalistes, dont environ 70 à  l'extérieur de la Russie[14]. Lors de son lancement, elle déclare que le projet de RT est d'être un format «professionnel» comme la BBC, CNN et Euronews qui serait « le reflet de l'opinion de la Russie sur la situation internationale » et de présenter une « image plus équilibrée » de la Russie[15]. Elle a également dit à un journaliste que le gouvernement n'en dicterait pas le contenu et que la « censure par le gouvernement dans ce pays est interdite par la constitution »[16]. Elle a aussi indiqué au Moscow Times que la controverse est essentielle pour le développement de la station[17]. La station est critiqué à plusieurs reprises pour sa partialité. Elle est citée comme affirmant : « Il n'y a pas d'objectivité — que des approximations de la vérité par des voix diverses[18]. »

Le , elle a été nommée en tant que rédactrice en chef  de l'agence gouvernementale Rossiya Segodnya et intervient en tant que rédactrice-en-chef des deux organisations en même temps.

Controverses[modifier | modifier le code]

Elle a été mise en cause dans le rapport du renseignement américain, et citée à plusieurs reprises à propos des interactions russes pour peser sur l’élection présidentielle en 2016 aux États-Unis[19].

Le 10 mars 2020, la Fondation anti-corruption russe a diffusé une vidéo accusant Margarita Simonyan et son mari d'être directement impliqués dans le détournement de fonds publics (750 millions de roubles au total), le blanchiment d'argent et la corruption en association avec la production de l'émission de télévision Mejdounarodnaïa Pilorama[20].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Elle est mariée à un journaliste et réalisateur Andrey Blagodyrenko. Elle a donné naissance à leur fille, Mariana, en [21], puis en ,  à un fils, Bagrat, dont le père est le réalisateur de film Tigran Keosayan[22].

Elle parle couramment le russe et l'anglais, mais pas l'arménien : elle a expliqué que cette langue n'était pas parlée durant son enfance au domicile familial.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Margarita Simonyan biography », sur NewsExchange.org (consulté en 2012).
  2. (ru) « МАРГАРИТА СИМОНЬЯН », Echo of Moscow,‎ (lire en ligne, consulté le 8 octobre 2013)
  3. Max Seddon, « Déjeuner avec Margarita Simonyan, star des médias du Kremlin : Ce cliché que Russia Today serait une chaîne anti-Occident me fait sourire », Le Nouvel Économiste,‎ (lire en ligne)
  4. (hy) « Armenians of the World-Margarita Simonyan », Shant TV,
  5. (en) Julia Ioffe, « What is Russia Today? », Columbia Journalism Review,‎ september–october 2010 (lire en ligne)
  6. (en) « 20 years of FLEX », Future Leaders Exchange, (consulté le 3 octobre 2014)
  7. (en) Kara Rowland, « Russia Today: Youth served », The Washington Times,‎ (lire en ligne)
  8. (en) Artem Zagorodnov, « Today's woman who needs to be heard », The Moscow Times,‎ (lire en ligne)
  9. (en) Stephen Heyman, « A Voice of Mother Russia, in English », New York Times,‎ (lire en ligne)
  10. (en) « RT editor Simonyan to head Kremlin-backed news agency », BBC News,‎ (lire en ligne)
  11. (en) Julia Ioffe, « What is Russia Today? », Columbia Journalism Review,‎ (lire en ligne)
  12. (en) Shaun Walker, « Why the Russian revolution is being televised at last », The Independent,‎ (lire en ligne)
  13. (en) Andrew Osborn, « Russia's 'CNN' wants to tell it like it is », The Age,‎ (lire en ligne)
  14. (en) Julian Evans, « Spinning Russia », Foreign Policy,‎ (lire en ligne)
  15. (en) « RIA Novosti launches a TV channel, Russia Today] », Sputnik,‎ (lire en ligne)
  16. (en) Beth Knobel, « Russian News, English Accent: New Kremlin Show Spins Russia Westward », CBS News,‎ (lire en ligne)
  17. (en) « Russia Today courts viewers with controversy », Russia Beyond the Headlines,‎ (lire en ligne)
  18. (en) « The Guardian view on Russian propaganda : the truth is out there », The Guardian,‎ (lire en ligne)
  19. Isabelle Mandraud, « Margarita Simonian ou le visage d’une propagande russe décomplexée », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  20. https://www.youtube.com/watch?v=RfCZm_rdfZM
  21. (ru) Susanna Alperina, « Маргарита Симоньян родила дочь », Rossiyskaya Gazeta,‎ (lire en ligne)
  22. (ru) Елена ЛАПТЕВА, « Тигран Кеосаян и Маргарита Симоньян назвали сына Багратом », Komsomolskaïa Pravda,‎ (lire en ligne)
  23. (ru) « Указ Президента Российской Федерации от 27 июня 2007 года № 815 «О награждении государственными наградами Российской Федерации» »
  24. (ru) « СМИ: 300 журналистов получили от Путина награды за Крым »