Margaret Abbott

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Abbott.

Margaret Abbott
Image illustrative de l’article Margaret Abbott
Contexte général
Sport Golf
Biographie
Nationalité sportive Drapeau des États-Unis Américaine
Naissance
Lieu de naissance Calcutta
Décès (à 76 ans)
Lieu de décès Greenwich, Connecticut
Palmarès
Compétition Or Arg. Bro.
Jeux olympiques 1 0 0

Margaret Ives Abbott (Calcutta, - Greenwich, Connecticut, ) est une golfeuse américaine.

En 1900, elle remporte une médaille d'or en golf aux Jeux olympiques de Paris. C'est la première femme américaine médaillée d'or à des Jeux olympiques.

Biographie[modifier | modifier le code]

Margaret Ives Abbott est née le à Calcutta, en Inde[1],[2]. Elle est la fille de Charles Patterson Abbott[3], un marchand américain, et de Mary Perkins Ives[1]. Après la mort de son père, quand elle est très jeune, Margaret déménage à Boston avec sa mère et ses frères et sœurs[1]. Lorsqu’elle est adolescente, sa mère devient rédactrice littéraire au Chicago Herald et la famille déménage en Illinois[1].

En , la haute société de Chicago se passionne pour le golf[4]. Dès l’année suivante, Margaret rejoint le Chicago Golf Club de Wheaton[1]. Elle est 2 de handicap après un an de golf, et remporte des tournois locaux[1]. Grande et athlétique, elle symbolise l'émergence d’une génération de sportives américaines, qui commencent à s'affranchir des corsets et autres carcans, prémices du grand virage féminin des années 1920. En , elle part pour la France pour un long séjour programmé par sa mère, femme de lettres et éditrice, qui veut visiter l'exposition universelle de Paris et travaille sur un guide de voyage[1]. Étudiante en arts, elle suit, à Paris, les enseignements d’Auguste Rodin et d’Edgar Degas[1],[2],[5].

C'est sur le parcours de Compiègne, que Margaret Abbott entre dans l’histoire, un fait d'armes dont elle ne saura jamais rien. Elle pense alors s'être inscrit à un tournoi quelconque. Les Jeux de la IIe Olympiade débutent à Paris le [6]. Ces Jeux olympiques, les deuxièmes de l'histoire, ne sont pas encore un événement sportif majeur pour les différents États participants. Ils se déroulent sur six mois, sans cérémonie d'ouverture et de clôture, de façon relativement confidentielle, et dans une certaine confusion : ces compétitions sont organisées en marge de l'attraction principale de Paris cette année-là, l'Exposition universelle. De nombreux athlètes ne sont pas au courant que les compétitions auxquelles ils participent, en s'y inscrivant, se déroulent dans ce cadre, encore peu connu, des olympiades[1],[7]. À l'initiative du gouvernement français et contre l'avis du baron Pierre de Coubertin, des femmes participent, pour la première fois, à certaines compétitions[8]. Elles ne sont que vingt-deux sur les 997 participants connus[6]. Pierre de Coubertin n'y était pas favorable, affirmant : « Le véritable héros olympique est à mes yeux l'adulte mâle individuel. Les Jeux olympiques doivent être réservés aux hommes, le rôle des femmes devrait être avant tout de couronner les vainqueurs »[9].

En été , Margaret lit dans un journal une annonce relative à un tournoi de golf amateur ouvert aux femmes[10]. Elle décide de s’y inscrire et encourage ses amis à faire de même[10]. Le au plus tard, Margaret s’acquitte d’un droit d’entrée de 10 francs afin de participer à un « championnat de dames » : le « Prix de la ville de Compiègne » qu’elle croit n’être que l’épreuve féminine d’un tournoi international de golf organisé par la Société de sport de Compiègne et devant débuter au plus tôt le et s’achever au plus tard le [11]. Les épreuves de golf durent deux jours, mettant en lice trente hommes et treize femmes représentant cinq nations, sur le parcours de Compiègne qui est décrit par la presse américaine comme « un admirable 18 trous et des aménagements parfaits. De nombreux bunkers défendent les trous ; des arbres hauts, d'épais buissons et de hautes herbes rendent le jeu difficile. ». Margaret décroche son titre olympique sur neuf trous, avec un score de 47[1],[2]. Elle devient ainsi non seulement la première championne olympique de golf[1],[10],[12] mais aussi la troisième femme à remporter un titre olympique[8] et la deuxième dans une épreuve féminine[6],[8],[note 1]. En récompense, elle reçoit un bol en porcelaine de Saxe serti d'or ciselé[1],[10]. Elle déclare à la presse devoir sa victoire au fait que « les Françaises n'avaient pas l'air de savoir ce qu'était le golf, venues jouer en jupe étroite et talons hauts. »[13]. Le podium féminin est entièrement détenu par des sportives américaines. Sa mère a participé à la même compétition et s'est classée septième : c'est la seule épreuve olympique ayant vu la participation d'une mère et de sa fille[1].

À Paris, outre ses participations occasionnelles à des tournois de golf, et ses études artistiques, elle rencontre Finley Peter Dunne (en), qui va devenir un humoriste américain de renom. Ils se marient en 1902. En 1902 toujours, elle remporte la Coupe Femina 1902, à Paris, un tournoi précurseur des Championnats de France féminins de golf qui débutent en 1908. Puis elle rentre avec son époux à New York. Ils ont quatre enfants : trois fils — dont, en 1908, le futur scénariste hollywoodien Philip Dunne — et une fille[1]. Elle continue à jouer au golf mais, gênée par une douleur chronique au genou due à une chute de bicyclette dans son enfance, elle ne concourt plus sérieusement[14].

Margaret meurt le à Greenwich, dans le Connecticut[1],[2]. À sa mort, même ses enfants ignorent qu'elle est la première Américaine championne olympique. Le fait est mis en exergue ultérieurement par l'historienne du sport Paula Welch, professeur à l'Université de Floride et spécialiste de l'histoire olympique, qui, examinant les compétitions et les résultats des Jeux de Paris, prouve que ce simple tournoi de Compiègne a bien fait partie du programme olympique[12],[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La première femme à avoir remporté une épreuve féminine aux Jeux olympiques est la joueuse de tennis britannique Charlotte Cooper[6],[8]. La première femme à avoir remporté un titre olympique est la navigatrice américano-suisse Hélène de Pourtalès : elle partage avec son mari, Hermann, le titre en voile, dans la catégorie des bateaux de un à deux tonneaux[8].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n et o Fox 2018.
  2. a, b, c et d Mallon et Jerris 2011, s.v. « Abbot (-Dunne), Margaret Ives », p. 25.
  3. Leonard 1901.
  4. Welch 1982, p. 753, col. 2.
  5. Fuller 2016, p. 31.
  6. a, b, c et d Centre d'études olympiques 2011, p. 4.
  7. a et b Jean-Gabriel Bontinck, « Médaillée d'or à son insu », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  8. a, b, c, d et e Conseil économique et social et Leclercq 2007, p. II-16.
  9. Mustapha Kessous, Les 100 histoires des Jeux olympiques, Presses Universitaires de France, coll. « Que sais-je ? », (lire en ligne), chap. 3951
  10. a, b, c et d Encyclopædia Britannica 2006.
  11. Mérillon 1901, p. 75.
  12. a et b (en) « Margaret Abbott Biography and Olympic Results », sur sports-reference.com
  13. (en) Paula Welch, History Of American Physical Education And Sport, Charles C Thomas,,
  14. Welch 1982, p. 754, col. 2.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]