Claudius Marcellus

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Page d'aide sur l'homonymie. Cette page d’homonymie répertorie les différentes personnes de la Rome antique partageant un même nom.

Les Claudii Marcelli sont les membres d'une branche plébéienne de la gens des Claudii[1]. Cette famille est issue d'un chef de bande d'origine sabine, Attius Clausus, qui émigre à Rome avec sa troupe de clients en armes aux débuts de la République. Attius Clausus est admis dans l'Urbs, puis au Sénat, devenant ainsi patricien, son nom étant latinisé en Appius Claudius, tandis que ses clients sont installés sur l'ager publicus. Les Claudii sont la dernière famille étrangère à être admise au sein du patriciat[2]. Ils donnent leur nom à l'une des dix tribus rustiques à nom gentilice, la tribu Claudia[3].

Pour un article plus général, voir Claudii.

Origines de la branche familiale[modifier | modifier le code]

Dans son ouvrage De l'orateur[a 1], Cicéron évoque un procès qui a opposé la branche des Claudii Marcelli et la branche principale des Claudii à propos d'une querelle d'héritage. Tel que l'explique Cicéron, les arguments des Marcelli reposent sur un ancêtre fils d'affranchi, qui ne peut donc être patricien. Les Claudii, à qui seuls Cicéron accorde le qualificatif de patriciens, revendiquent eux par « droit de race », soit par la filiation du sang. L'historien moderne Albertini déduit de ce passage que les Claudii Marcelli ont dans un premier temps fait partie de la gens Claudia en tant que clients. Un autre argument de cette origine plébéienne peut être tiré de Tite-Live, dans son récit des prémices de la seconde guerre samnite, lors de l'intervention de Rome contre Capoue et Naples en Campanie. En 327 av. J.-C., le consul Quintus Publilius Philo mène encore le siège de Naples lorsque son consulat touche à sa fin. Afin de prolonger les pouvoirs du consul, le Sénat propose un proconsulat pour Philo et de remettre l'élection des deux prochains consuls à plus tard, Marcus Claudius Marcellus étant alors nommé dictateur durant cet période. Cette désignation à la dictature est contestée par les augures et Tite-Live explique ceci par le fait que le principal reproche adressé à Marcus Claudius Marcellus est son origine plébéienne[a 2].

Lors de son consulat, en 331 av. J.-C., éclate l'affaire des poisons, rapportée par Tite-Live : de nombreux citoyens de Rome meurent les uns après les autres, empoisonnés par leurs femmes. Une vingtaine de matrones sont prises en train de fabriquer du poison et doivent l'avaler. Cent soixante-dix autres sont condamnées[a 3].

L'ascension des Claudii Marcelli[modifier | modifier le code]

Si les circonstances et les étapes qui vont permettre aux Claudii Marcelli de s'affranchir de leur dépendance à l'égard de leurs patrons patriciens les Claudii puis d'accéder au consulat dès 331 av. J.-C. demeurent obscures, en revanche le cadre politique et historique qui va ouvrir les portes des hautes magistratures à la plèbe, brisant ainsi le monopole du patriciat sur la gestion des affaires de la cité est bien connue. Pendant plus de deux siècles, entre le tout début du Ve siècle av. J.-C., marqué par la première sécession de la plèbe en 494 av. J.-C., et la fin du IIIe siècle av. J.-C., patriciens et plébéiens vont s'affronter autour de la question de l'égalité des droits. Le règlement politique de ce conflit va passer par plusieurs étapes législatives, permettant, parmi d'autres familles plébéiennes, l'ascension des Claudii Marcelli. Ainsi, les lois dites « licinio-sextiennes » de 367 av. J.-C. ouvrent l'un des deux postes de consul à un plébéien[4]. Le premier Claudius Marcellus a accéder au consulat le fait un peu plus de trente ans après cette loi. Conséquence encore de la loi de 367 av. J.-C., le même exerce la dictature en 327 av. J.-C., soit une trentaine d'années après l'accession d'un premier plébéien à cette magistrature, en la personne de Caius Marcius Rutilus en 356 av. J.-C.[5].

C'est donc une à deux générations après les aménagements législatifs ouvrant les magistratures suprêmes aux plébéiens qu'un premier Claudius Marcellus accède au consulat puis à la dictature. Son fils, également appelé Marcus Claudius Marcellus, est lui aussi consul. C'est également durant cette période de promulgation des lois en faveur de la plèbe, puis d'accession des premiers plébéiens à la gestion des affaires de la cité, que la frontière entre patriciat et plèbe s'estompe. Les familles plébéiennes enrichies vont s'allier progressivement aux familles patriciennes, pour former une nouvelle élite patricio-plébéienne, la nobilitas[6]. C'est également dans le cadre de cette évolution sociale que s'inscrit l'ascension des Claudii Marcelli.

Membres connus des Claudii Marcelli[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  • Sources modernes :
  1. Albertini 1904, p. 251.
  2. Magdelain 1990, p. 482-483.
  3. Magdelain 1990, p. 488.
  4. Hinard 2000, p. 240-241.
  5. Hinard 2000, p. 241-242.
  6. Hinard 2000, p. 241-243.
  • Sources antiques :
  1. Cicéron, De l'orateur, I, 39 [lire en ligne]
  2. Tite-Live, Histoire romaine, VIII, 23 [lire en ligne]
  3. Tite-Live, Histoire romaine, VIII, 18 [lire en ligne]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • M. E. Albertini, « La clientèle des Claudii », Mélanges d'histoire et d'archéologie, vol. 24,‎ , p. 247-276 (lire en ligne)
  • André Magdelain, « La plèbe et la noblesse dans la Rome archaïque », Jus imperium auctoritas. Études de droit romain, Rome, Publications de l'École française de Rome,‎ , p. 471-495 (lire en ligne)
  • François Hinard, Histoire romaine : Tome I. Des origines à Auguste, Fayard,

Voir aussi[modifier | modifier le code]