Marcus Antonius Julianus

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Province de Judée de 6 à 39 (au moment du déclenchement de la révolte, les frontières de la province de Judée incluent la Pérée et la partie ouest de la Galilée, tandis que la partie est, fait partie du royaume d'Agrippa II)

Marcus Antonius Julianus était procurateur de Judée de 66 à 70, à l'époque de la grande révolte juive[1].

Nomination[modifier | modifier le code]

Julianus a succédé à Gessius Florus (en)[2], qui s'était montré incapable d'éviter le conflit avec les juifs. Il avait pris dix-sept talents dans le trésor sacré du Temple de Jérusalem « pour le service de l'empereur ». La population juive des alentours de Jérusalem étant en retard pour le paiement des impôts.

Julianus n'est mentionné qu'une seule fois par Flavius Josèphe. La veille de l'incendie du Temple de Jérusalem, il fait partie des hauts dirigeants participants au conseil convoqué par Titus, pour décider si oui ou non, le Temple serait incendié[3].

Il se peut que Marcus Antonius Julianus ait été un parent de Marcus Antonius Felix[1], gouverneur de la région de 52 à 60. Ce qui l'aurait aidé à mieux connaître la situation. Cependant Julianus a lui aussi échoué à empêcher la révolte de déboucher sur la guerre.

Mentions[modifier | modifier le code]

Le seul auteur de l'époque dont les écrits ont été conservés est Flavius Josèphe, qui indique que le pouvoir réel à l'époque a été exercé par le général Vespasien, puis à partir de 70 après que ce dernier soit devenu empereur, par son fils Titus[1].

L'écrivain chrétien Minucius Félix (Octavius 33,4), mentionne Antonius Julianus aux côtés de Flavius Josèphe, pour qu'un lecteur romain s'informe de la « méchanceté des Juifs ». Julianus a donc écrit une histoire en rapport avec les Juifs et la Judée, mais celle-ci est totalement perdue[4],[5]. Vu la période où il a été en fonction, on peut supposer qu'il abordait le déclenchement de la révolte. À la fin du IIe début du IIIe siècle son texte existait encore et a probablement disparu avec la conversion des empereurs romains au christianisme. La relation de ces événements faite par Flavius Josèphe à la demande des empereurs Vespasien et Titus convenait beaucoup plus aux chrétiens, au point qu'ils en ont fait parfois un « 5e évangile » dont le livre VI de la Guerre des Juifs figure dans certaines versions de la Bible.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c « Marcus Antonius Julianus », www.livius.org (consulté le 8 novembre 2012)
  2. « Marcus Antonius Julianus », www.swartzentrover.com (consulté le 8 novembre 2012)
  3. Flavius Josèphe, Guerre des juifs, livre VI, IV, 3 ; « Le lendemain (28 août), Titus donna l'ordre à une partie de ses troupes d’éteindre le feu et de rendre praticables les abords des portes, pour faciliter la montée des légions. Lui-même réunit les chefs, qui s'assemblèrent au nombre de six : Tiberius Alexander, commandant de toutes les troupes (Praefectus catrorum), Sextus Céréalis, Larcius Lepidus, Titus Frugi, chefs des cinquième, dixième et quinzième légions, et, d'autre part, Haterius Fronton, commandant des deux légions, d’Alexandrie, et Marcus Antonius Julianus, procurateur de Judée. Après eux se groupèrent des procurateurs et des tribuns. Titus tint conseil au sujet du Temple. Les uns étaient d'avis d'appliquer la loi de la guerre : jamais les Juifs ne cesseront de se révolter, tant que le Temple où ils se rassemblent de tous les endroits du monde subsistera. Quelques-uns conseillèrent de l'épargner, si les Juifs l'évacuaient et que personne n'y plaçât des armes, mais de l'incendier, s'ils y montaient pour combattre car ce ne serait plus alors un temple, mais une citadelle, et d'ailleurs le sacrilège serait imputable non à eux, Romains, mais à ceux qui les y contraignaient. Titus déclara que, même si les Juifs montaient sur le Temple pour combattre, lui-même ne se vengerait pas sur des objets inanimés de fautes commises par des hommes, et qu'il ne brûlerait jamais un si bel ouvrage. Ce serait une perte pour les Romains, comme du reste la conservation de ce monument ajouterait à la gloire de son principat. Alors, Fronton, Alexandre et Céréalis s'enhardirent et se rangèrent à l'opinion de Titus. Celui-ci congédia donc le conseil, donna l'ordre aux chefs de faire reposer les autres troupes, afin de les fortifier pour le combat, et manda à sa garde, composée de l'élite des cohortes, de frayer une route à travers les ruines et d'éteindre le feu. » Cette relation, qui cherche à innocenter Titus de la responsabilité de la chute du Temple est contraire à ce que disent d'autres sources et a été jugé hautement improbable, de même que la relation de Josèphe concernant la façon dont le Temple a été complétement détruit par les flammes à l'initiative d'un seul soldat.
  4. Note de Théodore Reinach à la traduction de la Guerre des Juifs par René Harmand, livre IV, note no 21.
  5. (en) Minucius Felix, Octavius 33, sur http://www.earlychristianwritings.com