Marche mondiale des Femmes

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Groupes féministes à la Marche mondiale des femmes de Rimouski (2010).

La Marche mondiale des Femmes est une initiative féministe lancée par la Fédération des femmes du Québec pour organiser concrètement une marche : la marche mondiale des femmes contre la pauvreté et la violence faite aux femmes. Celle-ci a reçu l'adhésion et la participation de 6 000 groupes de 161 pays différents.

La marche mondiale des femmes s'est également transformée en une plateforme d'associations qui rédigent des propositions, formulent des revendications. Des porte-paroles de la marche mondiale participent à différents forums sociaux ou à d'autres initiatives du mouvement altermondialiste.

Historique[modifier | modifier le code]

L'idée d'une marche mondiale vint de l'exemple donné en 1995 par la marche des femmes contre la pauvreté (du pain et des roses) au Québec. Quelque 850 femmes ont marché pendant dix jours pour neuf revendications à caractère économique. La fin de la marche rejoignit un rassemblement de 15 000 personnes.

Le forum des ONG de Pékin, suite à la quatrième Conférence mondiale sur les femmes, organisée à Pékin en 1995, a conforté l'idée d'organiser une marche réunissant des femmes de tous les pays. Diverses organisations se réunirent en 98 pour concrétiser le projet : la marche mondiale des femmes contre la pauvreté et la violence faite aux femmes en 2000, détaillée dans la section suivante.

Par la suite

  • Participation à des forums sociaux mondiaux : /// 2005, 2006
  • La marche mondiale de 2005
  • Un plan d’action politique de la MMF pour la période 2007-2010 a été adopté lors de la 6e Rencontre Internationale de la MMF en juillet 2006 à Lima (Pérou) et finalisé par le Comité International en décembre 2006. Les domaines abordés concernent : le bien commun et l'accès aux ressources ; le travail des femmes ; la violence envers les femmes ; la paix et la démilitarisation.

La marche mondiale des femmes contre la pauvreté et la violence faite aux femmes[modifier | modifier le code]

La coordination mondiale de la marche, située au Canada, regroupe des coordinations nationales ou continentales (selon les cas) qui regroupent elles-mêmes les groupes participants.

Organisée en 2000, cette marche a débuté le 8 mars, journée internationale des Femmes pour se terminer le 17 octobre, journée internationale pour l'élimination de la pauvreté (décrétée par l'ONU).

En octobre, plusieurs manifestations continentales vinrent couronner la fin de la marche : Bruxelles (pour l'Europe) Bombay, Québec .../// à compléter

À New York, le 17 octobre, après la marche finale dans la ville avec des participantes, une délégation a remis les signatures d'une pétition internationale à des représentants de l'ONU ainsi qu'un ensemble de propositions à mettre en œuvre pour aider à supprimer les problèmes de pauvreté et de violence.

Revendications et propositions de la marche mondiale (2000)[modifier | modifier le code]

Revendications mondiales[modifier | modifier le code]

Les revendications mondiales ont été présentées en deux volets : les propositions pour éliminer la pauvreté et les propositions pour éliminer la violence faite aux femmes. Quelques propositions pour éliminer la pauvreté sont semblables aux revendications altermondialistes. La marche mondiale des femmes a cependant formulé très précisément des revendications féministes.

Propositions : éliminer la pauvreté[modifier | modifier le code]

Six propositions dont voici un bref aperçu :

  • stratégies nationales pour l'élimination de la pauvreté, l'accès aux ressources (eau...)
  • application de mesures : taxe Tobin, investissement de 0,7 % du produit national brut (PNB) des pays riches dans l'aide aux pays en voie de développement,  ;
  • annulation de la dette des pays du tiers monde
  • formule 20/20 entre pays donateurs et pays récepteurs de l'aide internationale (c’est-à-dire 20 % de l'argent versé par les pays donateurs doit être affecté au développement social et 20 % des dépenses de l'État qui reçoit des dons doit être consacré aux programmes sociaux)
  • organisation politique mondiale avec une parité entre pays pauvres et pays riches et une représentativité paritaire entre les femmes et les hommes.
  • levée des embargos des pays riches sur plusieurs pays où les principales victimes sont les femmes et les enfants

Propositions : éliminer la violence faite aux femmes[modifier | modifier le code]

11 propositions : bref aperçu

  1. que tout gouvernement se réclamant des droits humains condamne tout pouvoir politique, religieux, économique ou culturel qui exerce un contrôle sur la vie des femmes et des fillettes
  2. toutes les formes de violence à l'égard des femmes sont des violations des droits humains fondamentaux et ne peuvent être justifiées par aucune coutume, religion, pratique culturelle ou pouvoir politique.
  3. que les États mettent en œuvre des plans d'action efficaces assortis des ressources financières et des moyens adéquats pour mettre fin aux violences faites aux femmes.
  4. que l'ONU fasse des pressions pour que tous les États ratifient sans réserve et appliquent les conventions et les pactes relatifs aux droits des femmes et des enfants notamment : le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes, la Convention des droits de l'enfant, la Convention internationale pour l'élimination de toutes les formes de discrimination raciale et la Convention sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants.
  5. que l'on mette rapidement en œuvre des protocoles et des mécanismes concrets pour appliquer et avoir valeur contraignante :
    1. la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes [1]
    2. la Convention relative aux droits de l'enfant
  6. la Convention de 1949 pour la répression et l'abolition de la traite des êtres humains et de l'exploitation de la prostitution d'autrui[2] soit assortie d'un mécanisme d'application.
  7. que les états reconnaissent la juridiction de la Cour pénale internationale et ses dispositions selon lesquelles notamment les viols et les agressions sexuelles constituent des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité.
  8. que les états mettent en œuvre des politiques de désarmement et ratifient tous la convention contre les mines antipersonnel[2] que l'ONU mette un terme à toutes formes d'interventions, agressions ou occupations militaires.
  9. que les état adoptent le droit d'asile pour les femmes victimes de discrimination, persécutions sexistes et/ou de violences sexuelles.
  10. que l'orientation sexuelle ne doit priver personne du plein exercice des droits prévus dans les instruments internationaux
  11. que les états adoptent le droit d'asile pour les personnes victimes de discrimination et de persécution en raison de leur orientation sexuelle.

Revendications spécifiques[modifier | modifier le code]

Dans chaque pays, les groupes ont élaboré des propositions de mesures à présenter à leurs gouvernements, adaptée à la législation concernée. Dans certains pays, se mena également une campagne de pétitions nationale.

Citation[modifier | modifier le code]

phrase de conclusion de la charte mondiale des femmes pour l'humanité :

« Par cette charte mondiale des femmes pour l'humanité et par les actions à venir, nous réaffirmons qu'un autre monde est possible, un monde rempli d'espoir, de vie, où il fait bon vivre et nous déclarons notre amour à ce monde, à sa diversité et à sa beauté. »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. texte de la charte mondiale des femmes pour l'humanité
  2. Convention sur l'interdiction des mines antipersonnel signée le 3 décembre 1997 à Ottawa (Voir aussi l'article sur les mines).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Femmes, enfants, face à la violence. Résistances du Nord au Sud ouvrage collectif. 1999. CADTM
  • La Marche mondiale des femmes, 1998 - 2008, Une décennie de lutte internationale féministe, Alessandra Ceregatti, Brigitte Verdière, Célia Alldridge, Miriam Nobre, Nathalia Capellini, Sao Paulo, 2008, ISBN 978-85-86548-18-5 Egalement disponible en anglais et en espagnol. info@marchemondiale.org