Marché de la Batte

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Marché de la Batte
La Batte Liège.JPG

Le marché en avril 2011, quai Sur-Meuse.

Emplacement
Quais de la Meuse
Liège
Drapeau de la Belgique Belgique
Propriétaire
Ouverture
Fréquentation annuelle
entre 4 et 5 millions
Surface commerciale
10 000 m2
Commerces
400 à 425
Autobus
TEC Liège-Verviers
Lignes 1, 4, 5, 6, 7, 10, 13, 18, 24, 34b, 76
Site web
Coordonnées
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Le marché de la Batte, communément appelé la Batte par les Liégeois, est un marché dominical, couru internationalement, situé le long de la rive gauche de la Meuse à Liège en Belgique.

Datant de 1561, c'est le plus ancien marché du pays et, avec ses 4 à 5 millions de visiteurs annuels, l'un des plus importants d'Europe.

Origine du nom[modifier | modifier le code]

En wallon liégeois, batte[note 1] désignait à l'origine un « batardeau »[1] puis, par extension, ce terme a aussi acquis le sens de « digue » ou de « quai »[2],[3]. Le marché dominical de La Batte, bien qu'actuellement plus étendu, a conservé le nom du lieu où jadis il était uniquement installé : La Batte.

Historique[modifier | modifier le code]

Vers 1549, l'autorité communale décide d'élever un mur d'eau (une batte) le long de la Meuse permettant l'accostage des bateaux.

Cet ouvrage devient le plus important port fluvial de la Cité de Liège et permet au quartier de la paroisse intra muros de Saint-Jean-Baptiste de devenir le centre du commerce liégeois. C'est là que sont édifiés, en bord de Meuse, la bourse de commerce, le marché aux grains (appelé Muids ou Muyds), la grande Halle à Meuse pour le grain et le vin, la halle aux viandes et le poids public[note 2].

Dès 1561, le marché au bétail, qui se tenait sur la rive droite de la Meuse, est transféré sur La Batte, plus attractive en tant que centre de commerce. Il est rejoint quelques années plus tard par les marchands de fruits et légumes qui quittent le Grand marché pour y établir leurs étals.

C'est sur ce quai qu'à partir de 1594, une foire annuelle, instaurée par la volonté du prince-évêque Ernest de Bavière en septembre et en l'honneur de saint Lambert[note 3], amène camelots, forains, bateleurs, comédiens, bonimenteurs, vendeurs de remèdes divers et arracheurs de dents qui, selon l'historien liégeois Jean-Denys Boussart, seraient à l'origine des premiers théâtres publics liégeois[4]. Cette foire est l’ancêtre de l'actuelle plus grande fête foraine de Belgique : la foire de Liège, qui ne quittera La Batte qu'en 1859 pour son espace actuel[5].

En 1663, le prince évêque Maximilien-Henri de Bavière transfère la foire hebdomadaire aux chevaux du port fluvial de la place aux chevaux sur le port de La Batte car, par sa situation sur le lit principal du fleuve, plus aisé et direct d'accès. Les brocanteurs, chassés de la première cour du Palais des princes-évêques[Quand ?] rejoignent, à leur tour, les lieux.

Depuis , des autobus ayant remplacés les trolleybus de la ligne no 24[6], la circulation du transport en commun est déviée jusqu'à 18 heures.

Le , le marché est annulé par les autorités communales pour cause de concordance avec le premier jour de l'an (férié). Depuis qu’il existe des archives[Depuis quand ?], c'est la première fois qu’il n’y a pas de marché dominical le long de la Meuse[7].

Étant un centre crucial de la vie sociale, de nombreuses anecdotes ont émaillé l'histoire du marché telle celle, du , où il est le théâtre d’un duel à l’épée quand deux jeunes gens s'emparent de deux armes exposées dans un stand[8].

Description[modifier | modifier le code]

Dans les années 1950, quai de Hongrée (à l'avant plan) et La Batte (en arrière-plan).
En juillet 1986, quai de la Ribuée.

En activité tous les dimanches, c'est, avec ses 3,6 km d'étals et une superficie totale de vente qui avoisine les 10 000 m2, un des plus grands marchés d'Europe. Avec un chalandage pouvant atteindre, par beau temps, les 100 000 personnes, il est aussi l'un des plus attrayants. Sa réputation, qui s'exerce bien au-delà de la région liégeoise, attire aussi bien une fréquentation internationale d'Aixois et de Maastrichtois que de la région bruxelloise[9].
Avant l'introduction de l'euro comme monnaie unique, les prix étaient, par ailleurs, le plus souvent affichés en franc belge, en florin néerlandais et en mark allemand et les payements acceptés dans ces trois devises.

Si, au début des années 1990, plus d'un demi-millier de commerces s'y rassemblaient, on dénombre, en 2011, 350 marchands abonnés auxquels s'ajoutent, chaque dimanche, de 50 à 70 vendeurs occasionnels.

La diversité des articles mis en vente est très grande : antiquités, brocante, livres et disques compacts ou disques vinyles neufs et d'occasion, viande, volaille et poissons, vins, fromages, fruits et légumes, bijoux de fantaisie, colifichets, cuirs, bonneterie, vêtements, fleurs et plantes, oiseaux et poissons exotiques, animaux de basse-cour, chiens, chats, chèvres, articles ménagers ainsi que les inventions d'inventeurs amateurs et de nombreuses baracks (« petites boutiques », « échoppes » — entre autres — en wallon liégeois) proposant des spécialités culinaires allant des frites accompagnées de sauce aux mets les plus exotiques.

Bonimenteurs, camelots et autres marchands ambulants, souvent rejoints par des artistes de rue ou des étudiants en arts du spectacle testant leur savoir-faire[10],[11], font du marché dominical un spectacle vivant ouvert à tous les vents. Par leur tchatch (« loquacité » en wallon liégeois) et leurs boniments, le marché reste ce qu'il a toujours été : une longue fresque colorée et un endroit de mixité sociale privilégié où apprécier la nature humaine. Cette ambiance se prolonge dans les nombreux bistros, tel le typiquement liégeois Café Lequet (dont la spécialité est le boulet à la liégeoise), et les restaurants servant des cuisines issues des quatre coins de la planète qui jalonnent le marché.

Localisation[modifier | modifier le code]

De sa situation ancestrale limitée à La Batte, le marché occupe actuellement la rive gauche de la Meuse entre le quai Roosevelt et le quai Saint-Léonard (jusqu'à la rue de la Linière) ainsi que la rue de la Cité[12].

Horaire et accès[modifier | modifier le code]

Polémique[modifier | modifier le code]

Le projet du retour du tram à Liège suscite la polémique quant au tracé de la ligne no 1 entre la place Saint-Lambert et Coronmeuse[14]. Elle est plus particulièrement centrée sur l'impact négatif en termes de nuisances, pendant la durée des travaux, et de places disponibles, après leur réalisation, vis-à-vis du marché[15],[16].

Émulations[modifier | modifier le code]

  • À Bomal, le marché dominical, créé en 1994, porte le nom de La petite Batte[17].
  • À Wahlwiller, est organisée dans les ruelles une reconstitution de la Batte, appelée Luikse markt feesten, chaque premier week-end d'août[18].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Batte est une substantivation du verbe batt (« battre », « frapper »). Jusque dans la moitié du XIXe siècle, ce substantif féminin s'écrivait, comme le verbe, sans la voyelle finale « e » (cf. les dictionnaires wallon-français de Laurent Remacle de 1839 et de J.-Martin Lobet de 1854). C'est dans le dictionnaire français-wallon de Gustave Gothier de 1879 qu'apparait cet « e ».
  2. Le poids public était établi à l'actuelle intersection du quai de la Goffe et de la rue de la Cité.
  3. Saint Lambert fut assassiné un 17 septembre non postérieur à 705.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Gustave Gothier, Dictionnaire français-wallon, Liège, Jean Gothier, , 237 p., 18 cm (OCLC 34070542, lire en ligne), « traduction de batardeau », p. 18
  2. J.-Martin Lobet, Dictionnaire wallon-français, Verviers, Typographie G. Nautet-Hans, , 688 p. (OCLC 697614801, lire en ligne), « traduction de batt », p. 87
  3. Laurent Remacle, Dictionnaire wallon-français, vol. 1, Liège, P. J. Collardin, , 2e éd. (lire en ligne), « traduction de batt », p. 193
  4. Eve-Marie Vaes et Pierre Hannaert, « Vagabondages (IV) La Batte, elle rit 5 heures-18 heures : une prouesse hebdomadaire », lesoir.be, Groupe Rossel,‎ (lire en ligne)
  5. « Foire d'octobre de Liège : Historique », sur Échevinat du développement économique de la ville de Liège, (consulté le 3 octobre 2012)
  6. « Liège (1930-1971) », sur trams-trolleybus.be, 2012 (consulté le 28 septembre 2012) : « Ligne 24 : Sainte Foy-Thier à Liège »
  7. Mélanie Geelkens, « Pas de Batte ce 1er janvier ! », lesoir.be, Groupe Rossel,‎ (lire en ligne)
  8. nc (non communiqué), « Duel à l’épée sur la Batte à Liège », lesoir.be, Groupe Rossel,‎ (lire en ligne)
  9. « Le marché de la Batte », JT 19h30, sur RTBF, (consulté le 28 septembre 2012) : « Vidéo, durée min 23 s »
  10. Patrice Imperatore, « La foire aux cadeaux », sur YouTube, (consulté le 28 septembre 2012) : « Vidéo, durée min 24 s »
  11. Olivia Cassereau, « Les Impromptus Chorégraphiques, La Batte Liège - 17 juin 2012 », sur YouTube, (consulté le 28 septembre 2012) : « Vidéo, durée min 9 s »
  12. « Marché hebdomadaire de la Batte, plan du marché [PDF] », Ville de Liège, (consulté le 28 septembre 2012)
  13. « Index des parcs de stationnement liégeois », sur liegecentre.be (consulté le 3 octobre 2012)
  14. « Par où passera le tram ? », sur tramliege.be, (consulté le 3 octobre 2012) : « Les différents projets »
  15. Philippe Bodeux, « Le MR regrette que les tracés alternatifs soient restés dans les cartons », lesoir.be, Groupe Rossel,‎ (lire en ligne)
  16. Benjamin Hermann, « Les commerçants de la Batte sont très inquiets », lavenir.net, Corelio,‎ (lire en ligne)
  17. « La petite Batte de Bomal. Le rendez-vous du dimanche matin ! », sur Fédération touristique du Luxembourg belge, Fédération touristique du Luxembourg belge (consulté le 28 septembre 2012)
  18. Daniel Conraads, « Le plus liégeois des villages néerlandais Chaque premier week-end d'août, Wahlwiller organise dans ses ruelles une reconstitution de la Batte. Le grand calme avant l'effervescence », lesoir.be, Groupe Rossel,‎ (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]