Marcel Lambert (architecte)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Marcel Lambert
Fonctions
Architecte diocésain
depuis
Architecte en chef des monuments historiques
Biographie
Naissance
Décès
Nom de naissance
Marcel-Noël Lambert
Nationalité
Formation
Activité
Enfant
Pierre-Édouard Lambert (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
A travaillé pour
Distinctions

Marcel-Noël Lambert, plus communément appelé Marcel Lambert, né le à Paris, où il est mort le [1], est un architecte français.

Premier grand prix de Rome en 1873, architecte en chef des monuments historiques, professeur à l'école des beaux-arts de Paris, il est pendant vingt-quatre ans — de 1888 à 1912 — l'architecte en chef du domaine de Versailles et des Trianons.

Biographie[modifier | modifier le code]

Diplômé des Beaux-Arts (promotion 1865), Marcel Lambert est l'élève d'Alexis Paccard et de Louis-Jules André[2]. Il remporte le premier grand prix de Rome à 26 ans, en 1873. Cette distinction lui permet de devenir pensionnaire pendant trois ans à la villa Médicis, à Rome, de 1874 à 1877[3].

Le règlement de l'académie de France à Rome l'autorisant à effectuer un séjour à l'école française d'Athènes[4], il part en Grèce en 1877 et y mène une campagne de fouilles sur l'Érechthéion[5]. Il conduit ensuite, en 1878, la restauration de la face ouest du Parthénon. Cette même année, il est récompensé par une médaille à l'exposition universelle de 1878[2]. Les envois[6] d'Athènes de Marcel Lambert sont aujourd'hui conservés à l'école nationale des Beaux-Arts[7].

Nommé architecte des bâtiments civils, il devient rapporteur au Conseil des bâtiments civils le [2].

En 1888, Marcel Lambert devient architecte en chef des palais de Versailles et de Trianon où il succède à Alfred Leclerc. Durant vingt-quatre ans, jusqu'à son départ en 1912, il effectue à ce poste un nombre considérable de travaux, bénéficiant des avis — parfois très vivement argumentés — de Pierre de Nolhac, conservateur en chef durant toute cette période (en fonction de 1892 à 1920). Dans son livre de souvenirs publié en 1937[8], Nolhac résume ainsi l'état de ses rapports avec Marcel Lambert :

« Il est remarquable que, vivant côte à côte et nous trouvant en opposition sur tant de points, nous ne soyons pas arrivés à nous détester ; cela fait l'éloge du caractère de Marcel Lambert qui était au reste un fort galant homme. »

Pour s'en tenir uniquement au décor sculpté extérieur des bâtiments, Béatrix Saule répertorie dans l'inventaire qu'elle a dressé[9] pas moins de vingt-trois campagnes de restauration à l'époque de Marcel Lambert. Certaines sont d'ordre majeur, telles la révision complète de l'aile du Midi ou la restauration générale de l'aile du Nord (achevée en 1925, après le départ de Lambert et l'interruption de la guerre). Toutes les constructions du domaine sont concernées : le château dans toutes ses parties, le Grand Trianon, le Petit Trianon, le Belvédère, le temple de l'Amour, l'Opéra royal, les cours, les murs de clôture, les Cent Marches

C'est également durant cette période que l'installation électrique est réalisée[10]. Enfin, activité traditionnelle d'un architecte en chef, on ne compte plus les plans et relevés de Versailles dressés par Lambert : plans du premier étage[11], du rez-de-chaussée[12], des attiques[13], du grand et du petit Trianon[14], des jardins[15], du système d'adduction d'eau[16], etc.

En 1900, Marcel Lambert ouvre un cours de stéréotomie et levée de plans à l'École nationale supérieure des Beaux-Arts. Cette même année, il reçoit le Grand prix de l'Exposition universelle de 1900. Il est enfin nommé architecte en chef des monuments historiques en 1907.

Parallèlement, il exécute des travaux d'architecture religieuse et il est nommé architecte de l'archidiocèse de Tours, fonction qu'il exerce jusqu'en 1917.

Famille[modifier | modifier le code]

Marcel Lambert est le père de l'architecte Pierre-Édouard Lambert (1901-1985)[17].

Publications[modifier | modifier le code]

  • Philippe Gille et Marcel Lambert, Versailles et les deux Trianons : Relevés et dessins par Marcel Lambert, Tours, Alfred Mame et fils, 1899-1900, 297 p., 2 vol. in-folio, 75 planches hors texte dont 21 en couleurs.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Base Léonore
  2. a b et c « Notice « Lambert, Marcel (1847-1928) » », Cité de l'architecture et du patrimoine
  3. Villa Medici, « Pensionnaire : Marcel Noël Lambert », Académie de France à Rome
  4. La charte de 1846 sur laquelle repose l'existence de l'École française d'Athènes est amendée par un arrêté du (confirmé le ), lequel institue une section « dont feront partie les élèves pensionnaires de l'Académie de France à Rome, désignés par M. le Ministre de l'Intérieur ».
  5. École française d'Athènes, Bulletin de correspondance hellénique, vol. 120, t. 1, Thorin et fils,
  6. Les envois sont les travaux (dessins, lavis, aquarelles, plans, relevés, etc.) « envoyés » de Rome ou d'Athènes par les pensionnaires.
  7. Marie-Christine Fraisse, Paris-Rome-Athènes : le voyage en Grèce des architectes français, École nationale supérieure des beaux-arts, , 436 p. (ISBN 978-2-903639-41-9)
  8. Pierre de Nolhac, La résurrection de Versailles : souvenirs d'un conservateur, 1887-1920, Perrin, 2002 (réédition), 250 p. (ISBN 978-2-262-01983-9), p. 10
  9. Béatrix Saule, « Chronologie IIIe République », sculptureversailles.fr
  10. « Éclairage », La Lumière électrique, vol. 25,‎ , p. 7
  11. Base Mistral, « Plan du premier étage »
  12. Base Mistral, « Plan du rez-de-chaussée »
  13. Base Mistral, « Plan des attiques »
  14. Base Mistral, « Plans du petit et du grand Trianon »
  15. Base Joconde, « Partie des jardins de Versailles »
  16. Base Mistral, « Plan du système d'adduction des eaux »
  17. « Notice « Fonds Lambert » », Cité de l'architecture et du patrimoine

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]