Marcel Haegelen

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Marcel Haegelen
Marcel Haegelen
Marcel Haegelen en 1932.

Nom de naissance Marcel Émile Haegelen
Naissance
Belfort
Décès (à 53 ans)
hôpital du Val-de-Grâce
Origine Drapeau de la France France
Grade Colonel
Années de service 1914-1945
Conflits Première Guerre mondiale,
Seconde Guerre mondiale
Distinctions Grand officier de la Légion d'honneur, médaille militaire, croix de guerre 1914-1918, croix de guerre 1939-1945
Autres fonctions pilote d'essai

Marcel Émile Haegelen[1] (1896-1950) est un as de l'aviation français de la Première Guerre mondiale et un pilote d'essai réputé pour ses performances aériennes.

Biographie[modifier | modifier le code]

As de la Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Né le à Belfort, ce fils d'un militaire de carrière (capitaine de l'Armée de terre) : Alfred Haegelen et de Marguerite Marie Chapuis, s'engage le au 27e régiment d'infanterie. Sa conduite au front lui vaut le grade de caporal et trois citations. Il est évacué le pour fièvre typhoïde.

Passé dans l'aviation le , Marcel Haegelen suit une formation à Dijon, puis à Avord le . Il reçoit son brevet de pilote militaire sous le no 2309 le . Affecté au Groupe des divisions d'entraînement (GDE) de Plessis-Belleville le , il est nommé caporal le 20. Pilote dans un premier temps à l'escadrille F8 du au , il est promu au grade de sergent le . Il vole sur Nieuport au sein de l'escadrille SPA 103 du groupe de combat n°12 de l'escadrille des Cigognes. Le , il remporte sa première victoire aérienne homologuée, au-dessus de Nauroy. Le lendemain, il récidive en abattant un avion ennemi au-dessus de Chenay. Il est blessé à la tête et à la poitrine lors d'un combat aérien où son avion touché fait une chute le .

Il est nommé adjudant le .

Le , il est promu sous-lieutenant à titre temporaire, et du au 5 novembre il est pilote de l'escadrille SPA100. Il pilote désormais un Spad XIII. Haegelen devra attendre le mois de mars 1918 pour connaitre à nouveau la victoire. Le 23 mars, il remporte un doublé en abattant deux Albatros D.V en compagnie de deux autres as français, Jean Chaput et Auguste Lahoulle.

Le , il devient as à son tour en abattant un ballon d'observation ennemi au-dessus de Le Charmel. Haegelen entame alors une série de 17 victoires en l'espace de quatre mois. En juin, il remporte trois nouvelles victoires, et le 28 du même mois il est nommé sous-lieutenant à titre définitif. En juillet, il remporte quatre victoires supplémentaires dont deux sur des ballons d'observation. En août, il abat deux nouveaux ballons et porte son nombre de victoires à 14. Le mois de septembre sera celui des records, il remporte six nouvelles victoires, dont un doublé le 15 septembre. Ce jour-là, il abat un premier ballon d'observation à 15 h 20 au-dessus de Chatel-Chéhéry, puis un second à 17 h 55 au-dessus de Brieulles-sur-Meuse. Il remporte ses trois dernières victoires au mois d'octobre 1918.

Il passe à l'escadrille SPA 89 du au et à la 1re brigade, escadre de combat no 1, dans l'escadrille SPA 48 du au . Pilote de l'escadrille SPA 162 du au de la 2e brigade, escadre de combat no 2. Au sein de cette dernière escadrille il est affecté à l'aviation polonaise le . Il est nommé instructeur à l'école d'aviation de Varsovie. Il est rayé des contrôles du 27e régiment d'infanterie, le il est affecté au 54e régiment d'infanterie classé hors cadres aéronautique au 4e régiment d'aviation, il est de retour en France le . Il prend alors un congé de trois ans sans solde.

À la fin de la guerre, le sous-lieutenant Haegelen totalise 23 victoires homologuées et trois probables, se classant ainsi au onzième rang des as français.

Pilote d'essai durant l'entre-deux-guerres[modifier | modifier le code]

Le , il est pilote de la Compagnie de la navigation aérienne franco-roumaine. Il est affecté au 3e régiment d'aviation de chasse qui s'installe à Châteauroux au lieu-dit La Martinerie. Cette unité comprends 800 officiers, sous-officiers et militaires du rang. Elle met en œuvre des SPAD, Caudron, Nieuport et Hanriot. Elle possède dix avions et elle est articulée en deux groupes de trois patrouilles.

Reconverti dans l'aviation civile, il fonde l’Aéro-club de la Côte-d’Or en 1923 à Longvic, près de Dijon. Puis il fait une période au Centre d'études de l'aéronautique (service des avions) à Versailles du au .

Il obtient le son brevet d'observateur en avion. Il est affecté au 37e régiment d'aviation volontaire pour le Maroc le . Il embarque à Bordeaux sur le vapeur Missouri à destination de Casablanca. Il est aussitôt affecté à la 7e escadrille du Maroc du au . Une nouvelle affectation l'envoie au 34e régiment d'aviation du au . Il effectue un stage de tir à la base aérienne 120 de Cazaux du 6 au . Il démissionne de l'armée d'active le , puis est promu lieutenant de réserve le .

Engagé comme pilote formateur et pilote d'essai par la firme d'aviation Hanriot, il implante en 1928 l'école de pilotage de sa société à Bourges, où elle est directement à l'origine de l'ouverture de l'aéroport, puis de l'implantation d'une usine d'avions dont Haegelen devient le pilote d'essai.

Il remporte la Coupe Michelin Internationale en 1931 et en 1932 aux commandes d'un monoplace Lorraine Hanriot LH-41/2. Il s'adjuge, la seconde fois, le record mondial de vitesse sur 2 000 km sans charge à 263,9 km/h.

Il avait échoué à remporter la Coupe Michelin en 1930. En effet, le , tandis qu’il participait à la célèbre épreuve, l’aviateur avait capoté à l’atterrissage sur le terrain d’aviation militaire de Courcy. Victime d’une commotion cérébrale, l’as de guerre avait aussitôt été transporté à l’hôpital de Reims. Quelques jours plus tard, Marcel Haegelen — qui, le jour de sa chute, s’était inquiété de sentir dans sa main droite un fourmillement de mauvais augure — reçut la presse et lui fit part de la satisfaction qu’il éprouvait à pouvoir remuer normalement l’index et le médium droit et de constater qu’il avait recouvré leur sensibilité normale. De nombreux témoignages de sympathie parvinrent à l’infortuné pilote. Charles Magny, préfet de la Marne, accompagné de son chef de cabinet, lui rendit visite le 1er juillet. Michel Détroyat, pilote d’essais chez Morane-Saulnier et vainqueur malgré lui de la compétition, adressa un télégramme à son concurrent malheureux : « Tu devais gagner la coupe. Ton accident me fait victorieux mais attriste ma victoire. » Marcel Haegelen reçut également, en provenance de Villacoublay, un télégramme expédié par les mécaniciens du constructeur Hanriot. Entre autres personnalités, Dieudonné Costes, Maurice Bellonte et Jean Vanlaere lui rendirent visite, ainsi que plusieurs officiers et sous-officiers du 12e régiment d’aviation de bombardement de Reims venus l’assurer de leur amitié.

Seconde Guerre mondiale et Résistance[modifier | modifier le code]

Tombe de Marcel Haegelen au cimetière de Ris-Orangis.

Redevenu pilote de chasse au début de la Seconde Guerre mondiale, le lieutenant-colonel de réserve Marcel Haegelen, à bord d'un Curtiss H.75 Hawk, abat un appareil allemand le .

Entré dans la Résistance, il est arrêté en 1943 et incarcéré à Bourges à la prison du Bordiot, où sa captivité est adoucie par Aloïs Stanke[2].

Marcel Haegelen est membre de la franc-maçonnerie[réf. nécessaire].

Il meurt le à Paris à l'hôpital du Val-de-Grâce et est inhumé à Ris-Orangis.

Appareils pilotés[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Iconographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]