Marc Mangin

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Marc Mangin en septembre 2015

Marc Mangin est un écrivain et photographe d'expression française, né à Fès (Maroc) en 1957.

Orléans[modifier | modifier le code]

Sa famille rentre en France en octobre 1958. Son père, Michel Mangin, sous-officier de l'armée de l'air, décède en janvier 1960 à l'âge de 31 ans en Algérie, l'enfant n'a pas trois ans. Il grandit à Fleury-les-Aubrais, dans la banlieue orléanaise[1]. Il quitte le circuit scolaire en 1974, sans diplôme, et intègre les Postes & Télécommunications en qualité d'auxiliaire électromécanicien. Il y reste douze mois avant d'enchaîner les petits boulots : électromécanicien, électricien du bâtiment, agent de manutention, chauffeur-livreur, offsettiste.

Engagé dans la lutte antiraciste, le Mrap dont il dirige la branche départementale du Loiret obtient, en 1976, la condamnation de la République du centre sur le fondement de la Loi du 1er juillet 1972 qui fait des discriminations fondées sur l'appartenance à une race, une ethnie ou une religion déterminée un délit. Une décision qui lui vaut les foudres du directeur du journal : le député-maire Roger Secrétain. En 1977, il est élu au Bureau national du Mrap. Il restera membre du secrétariat national de l'organisation (aux côtés d'Albert Lévy, de Jean-Louis Sagot-Duvauroux, de Jean-Pierre Garcia et de René Mazenod) jusqu'en 1985.

L'Afrique[modifier | modifier le code]

Il quitte Orléans pour Amiens en 1978 où il se lance dans le journalisme. Après avoir affûté sa plume dans les colonnes de petites publications locales, il alimente la rubrique "Musique" du magazine Afrique-Asie. Entre Amiens et Paris, la France et l'Afrique, il élargit le champ de ses collaborations à la radio puis à la télévision. Parallèlement à ses papiers culturels, Marc Mangin signe de longues enquêtes politiques, notamment sur l'Afrique australe alors sous le régime de l'apartheid. Il se voit refuser l'entrée dans l'Afrique du Sud de John Vorster puis celle de Pieter Botha et dans la Pologne du général Jaruselski. En octobre 1985, à la suite d'un article sur la nomination de la tête de liste communiste aux élections régionales en Picardie, Radio-France met un terme à sa collaboration. Cette rupture suspend provisoirement sa carrière de journaliste.

L'Extrême-Orient[modifier | modifier le code]

Recruté par l'association Frères des Hommes pour prendre en charge ses outils de communication, Marc Mangin passe alors de l'Afrique à l'Asie. Son premier séjour aux Philippines, fin 1987, lui permet de publier dans Le Monde diplomatique une grande enquête sur l'industrie sucrière de l'île de Negros[2]. Il retourne dans l'archipel philippin quelques mois plus tard pour réaliser une série de reportages sur le travail des enfants qui seront diffusés sur la Cinq et France2. En 1989, il s'installe à Manille d'où il assure des correspondances pour la presse francophone, notamment Les Echos, La Croix et Le Journal de Genève (devenu Le Temps). À son retour, en 1991, il fonde la lettre East Asian Affairs au sein du groupe Indigo Publication, puis la revue Dong Fang (1995). Grâce à ces travaux, Marc Mangin est reconnu comme un spécialiste de l'Extrême-Orient. Le groupe Le Monde le recrute, en 1996 pour assurer une chronique régulière dans Le Monde de l'économie, puis lui confie, en 1998, la direction de la rubrique Asie de la lettre Nord Sud Export qu'il vient de reprendre. Marc Mangin assure, en même temps, la parution du China Act & Fact, une lettre d'informations hebdomadaire de veille et d'analyse du marché chinois.

De 1996 à 2008, il consacre également une partie de son temps à la formation. Il anime des sessions du Centre de formation et de perfectionnement des journalistes (CFPJ) sur les techniques de rédaction, de secrétariat de rédaction et de mise en pages.

En 2009, Marc Mangin quitte définitivement la presse pour se consacrer à l'écriture et à la photographie. Commence alors un long voyage qui le conduit à travers l'Iran [3] et l'Asie centrale avant de s'arrêter en Inde en 2010. À son retour, il fonde, avec le docteur Anne Fourreau, les éditions Sipayat.

Photographie[modifier | modifier le code]

Marc Mangin découvre la photographie à l'adolescence avec un Zénith soviétique. Il restera, le demi-siècle suivant, fidèle à la technique argentique et au noir et blanc. Quelques années plus tard, il acquiert un Nikon FM2 et part à la découverte de l'Afrique. Dès le départ, il photographie des scènes de la vie quotidienne avec le souci de fixer sur sa pellicule ce que le temps emporte. Il cultive cette démarche aussi bien en Afrique qu'aux Philippines, en Chine où en Europe. En ce sens, il se rapproche du courant de la photographie humaniste et documentariste exploré avant lui par les grands noms de la photographie française.

Il présente sa première véritable exposition, en décembre 2002 au Press Club de France à Paris, à l'occasion de la parution de l'ouvrage Philippines : Instants d'années. Depuis 1991, Marc Mangin avait commencé à photographier Pékin. De la dizaine de voyages qu'il effectue dans l'empire du Milieu, entre 1991 et 2006, il rapporte plus de 7.000 clichés. Il en présente une sélection sous le titre En passant par la Chine, à partir de 2009. L'année suivante, il présente son travail en Iran sous le titre Tu m'as conquis tchador. La Maison de la culture d'Amiens lui propose alors de présenter son travail sous une approche transversale qu'il appellera Vagabondages. En 2013, Marc Mangin met en chantier un nouveau projet de fond autour de la Corée : Au sud de la frontière, labellisé dans le cadre des Années France-Corée (2015-2016) et présenté, fin 2015, à la Maison de la culture d'Amiens.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Expositions personnelles[modifier | modifier le code]

  • Quelques images d'Afrique (1984 : Amiens, Les jardins d'Aurélien)
  • Philippines : Instants d'années (2002 : Paris 8e, Press Club • 2003 : Paris 5e, Espace Le Scribe ; Orléans, Les Temps Modernes)
  • En passant par la Chine (2009 : Montreuil, La Raffinerie ; Paris 6e, Galerie du Lucernaire • 2017 : Lille, Galerie Voyageurs du monde)
  • Tu m'as conquis tchador (2010 : Amiens, Galerie Synapse-Picardie ; Paris 6e, Galerie du Lucernaire • 2011 : Paris 5e, Institut de recherche et d'études sur la Méditerranée et le Moyen-Orient – Iremmo)
  • Sales gosses (2011 : Paris 11e, L'Angora)
  • Vagabondages (2012 : Maison de la culture d'Amiens ; Paris 14e, Galerie de L'Entrepôt ; Prieuré de Las Canals, Aveyron ; Galerie L'Œil écoute, Lyon • 2015 : La Petite Galerie, Béziers • 2016 : Paris 14e, Fiap Jean-Monnet ; Douai, bibliothèque Marceline-Desbordes-Valmore)
  • South of the Border (2015 : Maison de la culture d'Amiens)

Expositions collectives[modifier | modifier le code]

  • Biennale de la photographie d'Auxerre (printemps 2006, musée d'art et d'histoire, abbaye Saint-Germain à Auxerre)
  • Chine, regards croisés avec Alix Laveau (été 2006, Paris 13e, La Petite Galerie)
  • Triptyques (juin 2011, Paris 6e, Galerie de l'Europe)
  • Carnets de routes vers l'Orient (hiver 2012, Paris 19e, Espace Belleville)
  • 6e Tashkent Internationale Biennale of Photography (octobre 2012, Tashkent House of Photography – Tashkent, Ouzbékistan)
  • Milan Image Art Fair (mai 2013, Milan – Italie)
  • Salon d'automne (novembre 2013, Paris – France)
  • 18e Biennale internationale de l'image (mai 2014, Nancy – France)
  • La Quatrième Image (octobre 2015, Paris – France)

Références[modifier | modifier le code]

  1. Voir l'ouvrage Instants damnés
  2. Le Monde diplomatique, février 1988
  3. Arrêté et assigné à résidence quatre jours à Ispahan après les émeutes post-électorales, il est prié de quitter le pays… le 14 juillet ! cf. Tu m'as conquis tchador

Liens externes[modifier | modifier le code]